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L’empire romain au 3ème siècle

lundi 15 février 2021 (Date de rédaction antérieure : 30 juillet 2012).

Ce siècle est une période peu connu, cet article est une ébauche. Toutes contributions ou rectifications, ajout seront les bien venus

L'empire romain a partir du début du règne de Dioclétien Au cours du 3ème siècle, l’Empire romain connut une grave crise, appelée par la tradition Anarchie militaire. Aux invasions barbares s’ajoutèrent dans de nombreuses provinces une crise économique, et au niveau de l’empire une dévaluation importante de la monnaie, une grande instabilité politique doublée de guerres civiles, les empereurs étant le plus souvent désignés par les armées, et mourant assassinés ou au combat.

De la mort de Sévère Alexandre en 235 au début du règne de Maximin à 285 à la mort de Carin, début du règne de Dioclétien, une grande crise eu lieu.

Au cours de ce demi siècle, l’Empire romain fut plongé dans une des plus difficiles phases de son histoire. Les souverains ne parvinrent pas à asseoir leur autorité, et de nombreux usurpateurs se proclamèrent Empereurs et l’Empire fut en proie aux invasions barbares.

En Orient, l’Empire parthe [1] déliquescent laissa la place à l’Empire Sassanide [2] dans le second quart du 3ème siècle. Cet empire puissant, bien structuré et agressif faisait peser une pression constante sur les provinces d’Asie [3]. Au nord-est de l’Europe, les Germains orientaux qui vivaient dans les régions de la Mer Baltique [4] entamèrent une lente migration vers le Sud et le Sud Est européen. Ce faisant, ils chassèrent les autres tribus qui se trouvaient sur les territoires qu’ils traversaient.

Cherchant à trouver refuge dans l’Empire romain en espérant y trouver de nouvelles terres et un riche butin, les incursions de ceux-ci mettent à jour la faiblesse de la stratégie défensive romaine. En effet, les légions étant massées aux frontières, une fois franchi le limes [5], les barbares pouvaient ravager sans presque aucune entrave les provinces.

A l’intérieur de l’empire, les difficultés étaient dues à l’éloignement de plus en plus grand des militaires prêts à imposer de lourds sacrifices aux civils pour protéger le limes et de la classe possédante qui acceptait difficilement l’accroissement de ses charges fiscales. Sur le plan politique, cela se traduisit par la montée de la classe équestre [6], titulaire des grandes préfectures et de plus en plus présente dans les provinces comme gouverneur à la place de la classe sénatoriale. De plus à partir de 250, l’Empire romain fut touché par une épidémie de peste qui entraîna une dépopulation et une crise économique dont souffrit principalement l’Occident déjà ravagé pat les incursions germaniques

Entre 235 et 268, 16 empereurs se succédèrent, faits et défaits par le sort des armes. Ainsi Maximin 1er le Thrace est le premier simple soldat à devenir empereur par la volonté seule de ses soldats. Il déploya une grande énergie pour sécuriser la frontière face aux Daces [7] et aux Sarmates [8] et persécuta les chefs de l’Église chrétienne à Rome. Il exigea de la classe sénatoriale et des provinces de lourds impôts pour faire face aux dépenses militaires et multiplia les amendes et les confiscations. Cette pression fiscale provoqua la révolte des grands propriétaires d’Afrique [9]. Ils armèrent leurs colons et leurs esclaves pour tuer un procurateur [10] impitoyable. En 238, ils portèrent au pouvoir Gordien 1er âgé de 80 ans en association avec son fils Gordien II reconnus rapidement par le sénat romain. Les 2 Gordiens furent rapidement battus. Maximin fut tué devant Aquilée [11] de même que Pupien et Balbin, choisis par le sénat comme nouveaux Augustes.

À la fin de 238, Gordien III, petit-fils de Gordien 1er, devient empereur à l’âge de 13 ans. Il périt assassiné à l’instigation du préfet du prétoire [12] alors qu’il menait campagne contre les Sassanides. Ce dernier devient empereur sous le nom de Philippe l’Arabe car d’origine indigène. Il célèbre le millénaire de la fondation de Rome avec faste et confit à l’énergique Messius Quintus Decius le soin de repousser les Goths [13] qui ravagent les Balkans [14]. Après sa victoire, les soldats de ce dernier le proclamèrent empereur à son corps défendant. C’est en le combattant que Philippe l’Arabe fut tué. Dèce, un illyrien [15] d’origine romaine chercha à gouverner en accord avec le sénat, fait rare dans ce siècle d’empereurs soldats. Ce fut le premier empereur tué par des barbares, lors de la lourde défaite d’Abrittus [16] face aux Goths en 251.

Trébonien Galle et Émilien se succèdent à un rythme rapproché. Ce dernier ne régnant que 88 jours.

Valérien âgé de 70 ans, régna associé à son fils Gallien. Celui-ci sera le dernier aristocrate à parvenir à l’Empire. Les deux hommes sont en effet issus d’une famille sénatoriale romaine. Ils se partagèrent la défense de l’empire, à Gallien l’Occident, à Valérien l’Orient. Ils durent faire face aux incursions des Alamans [17] et des Francs [18] en Gaule et à l’offensive du souverain sassanide Shapur 1er en Syrie [19]. En 260, Valérien fut fait prisonnier par les Perses et finit ses jours comme esclave en Iran. Gallien resté seul empereur parvint à stopper une invasion des Alamans en les battant en Italie du Nord. Il abandonna la Dacie conquise par Trajan qui était devenue trop difficile à défendre et fixa la frontière de l’Empire sur le Danube [20]. Mais il dut faire face à de nombreuses usurpations, celle de Macrien et de Quiétus en Orient, de Régilien en Pannonie [21] et de Postume en Gaule qui proclama l’Empire des Gaules. Odénath s’empara de nombreuses provinces orientales et déclara l’indépendance du royaume de Palmyre [22]. Gallien ne contrôlait plus que l’Illyrie et finit par succomber au complot d’un des nombreux usurpateurs.

Gallien entama une mutation profonde de la stratégie militaire. Il répartit en profondeur les moyens de défense en plaçant dans les principaux nœuds routiers de l’Illyrie des détachements des légions frontalières. Il constitua une importante cavalerie avec un commandement autonome. Il exclura les sénateurs des emplois militaires et les remplacera par des chevaliers [23]. Il fit entrer dans l’armée des barbares vaincus amorçant par la même la barbarisation de l’armée. L’armée absorbait une part toujours plus grande des ressources de l’État. Un impôt spécial, l’annone militaire, fut prélevé pour son entretien. Les fonctions de général en chef et de chef de guerre victorieux que tient traditionnellement l’empereur furent renforcées dans ces périodes de guerres incessantes.

Les difficultés de 3ème siècle donnent à penser aux Romains qu’ils ont été abandonnés par les dieux. Ils pensent donc que restaurer les cultes traditionnels est indispensable pour obtenir de nouveaux la faveur des dieux.

Dans ce cadre, le christianisme alors en pleine expansion apparaît comme le responsable de la rupture avec les divinités. Les chrétiens sont d’autant plus suspects qu’ils refusent le culte impérial. Dèce, en 250, impose à tous les citoyens de faire des sacrifices aux dieux pour le salut de l’empereur. Beaucoup de chrétiens obéissent. Ceux qui refusent sont persécutés jusqu’à la mort de Dèce en 251. Valérien renouvelle l’obligation de sacrifices entraînant des persécutions à l’égard de nombreux chrétiens.

Sa politique est aussi certainement due au désir de trouver de nouvelles ressources en confisquant les biens de chrétiens exécutés. En 260, son fils Gallien publie un édit de tolérance maintenu par ses successeurs pendant 40 ans.

Marcus Cassianus Latianus Postumus dit Postume, d’origine gauloise fut avec le futur empereur Aurélien un des principaux lieutenants de l’empereur Gallien. Lorsque Gallien doit se rendre en Pannonie combattre l’usurpateurDecimus Laelius Ingenuus, il confie son fils Valerianus Salonicus et la défense des frontières rhénanes au tribun [24] Sylvanus et non à Postume.

Postume et Sylvanus s’opposaient sur la stratégie de défense et la répartition du butin pris lors d’une expédition contre les barbares. Les troupes de Postume finissent par prendre Cologne [25] et assassine Sylvanus. Il fut désavoué et Gallien le tient pour responsable et le condamne.

Postume fut proclamé empereur des Gaules dans l’été 260. Le pouvoir central était affaibli par la capture de Valérien par les Sassanides et les provinces occidentales victimes d’invasions. En prenant Cologne Postume mettait la main sur un atelier monétaire et d’importantes réserves de métaux précieux, il prenait la tête d’un ensemble cohérent de provinces bien armée et prêtes, sous la menace des invasions, à accepter ce pouvoir impérial plus proche qui pouvait sembler plus protecteur.

Ayant repoussé l’invasion germanique à la bataille d’Arles contre les Alamans, Postume associa l’Espagne, la Grande Bretagne et la Germanie romaine à l’Empire gaulois. Il tenta de négocier un accord avec Gallien. Gallien ne peut réagir qu’en 264. il envoie une expédition sous les ordres de Manius Acillius Auréolus, mais un de ses officiers Marcus Piauvonnus Victorinus dit Victorin fait défection et se rallie à Postume. Ce dernier élève Victorien à la dignité d’empereur associé. Cette élévation n’est pas du goût des seconds de Postume, et Caius Ulpius Cornelius Laelianus dit Lelien s’insurge. Ses troupes le proclament Auguste.

Postume chasse Lelien de Mayence [26]. Mais ayant refusé le pillage de la ville il est massacré par ses propres troupes en juillet 267.

La mort de Postume devait logiquement profiter à Victorin. Mais sur la frontière rhénane, Lélien se maintient pendant 6 mois avant d’être assassiné par ses propres troupes en janvier 268. Elles se donnent alors un nouveau chef Marc-Aurèle Marius, lequel est soutenu par la propre mère de Victorin, Aurelia Victorina Pia dite Victorine. Marius fut assassiné à son tour par son état-major après 3 mois de règne.

Victorien estime alors que son tour est venu, mais il sera égorgé en 268 ou 271 à Cologne suite à une affaire privée.

Entre temps, en mars 268, Gallien est renversé par un coup d’état à Milan [27]. Il est mis à mort et remplacé par l’empereur Claude II le Gothique. Lassés de l’anarchie régnant en gaule, certaines régions font défection et se rallient à Claude II, l’Espagne, la Narbonnaise [28], et même une partie des Éduens [29]. Ces derniers cependant ne peuvent être aidés par les troupes de Claude II qui sont venues stationner dans la région de Grenoble sous la direction de Iulius Placidianus, après un long siège la capitale des Éduens, Autun [30] est prise et pillée par l’armée de l’empire gaulois.

Les empereurs qui règneront de 268 à 284 furent presque tous d’origine illyrienne. Ce sont presque tous des militaires à qui l’armée donna une grande rigueur et la foi en l’éternité de l’Empire romain. Claude II le Gothique parvint à vaincre les Alamans et les Goths d’où sont surnom. Par contre il laissa les souverains de Palmyre prendre la contrôle de tout l’Orient romain. Il meurt de la peste à Sirmium [31]. Quintillus en 270 ne règnera que 3 mois. Aurélien fut porté au pouvoir par ses troupes à Sirmium après avoir écrasé à Rome une révolte des ouvriers des ateliers de frappe monétaire, il entreprit de construire un vaste rempart pour protéger la ville, le mur d’Aurélien [32]. Il parvint à vaincre les barbares qui menaçaient l’Italie et mit fin au royaume de Palmyre en 273 et à l’Empire des Gaules en 274. Il périt assassiné par son entourage en 275. Marcus Claudius Tacite périt dans des circonstances mystérieuses alors qu’il partait combattre les Goths.

Probus porté au pouvoir par ses soldats remplaça l’éphémère Florien en 276. Il élimina les dernières menaces barbares mais périt assassiné par ceux-là mêmes qui l’avaient porté au pouvoir. Carus meurt mystérieusement en faisant campagne contre les Perses. Ses fils, Carin et Numérien furent victimes des intrigues de leur entourage.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Imago Mundi/ Histoire politique et sociale/ L’Empire romain et petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 1122

Notes

[1] L’Empire parthe (247 av. jc à 224 ap. jc), également appelé Empire arsacide, est une importante puissance politique et culturelle iranienne dans la Perse antique. Arsace 1er, chef des Parni, une tribu scythe d’Asie centrale, fonde définitivement l’Empire parthe au milieu du 3ème siècle av. jc lorsqu’il conquiert la Parthie dans le Nord-Est de l’Iran, une satrapie (province) alors en rébellion contre l’Empire séleucide. Mithridate 1er agrandit l’Empire en prenant la Médie et la Mésopotamie aux Séleucides. À son apogée, l’Empire parthe s’étend des sources de l’Euphrate, dans ce qui est aujourd’hui le Sud-Est de la Turquie, jusqu’à l’Est de l’Iran. L’Empire, situé sur la route de la soie reliant l’Empire romain, dans le bassin méditerranéen, à l’Empire han, en Chine, devient un carrefour culturel et commercial.

[2] Les Sassanides règnent sur le Grand Iran de 224 jusqu’à l’invasion musulmane des Arabes en 651. Cette période constitue un âge d’or pour la région, tant sur le plan artistique que politique et religieux. Avec l’Empire romano byzantin, cet empire a été l’une des grandes puissances en Asie occidentale pendant plus de quatre cents ans. Fondée par Ardashir (Ardéchir), qui met en déroute Artaban V, le dernier roi parthe (arsacide), elle prend fin lors de la défaite du dernier roi des rois (empereur) Yazdgard III. Ce dernier, après quatorze ans de lutte, ne parvient pas à enrayer la progression du califat arabe, le premier des empires islamiques. Le territoire de l’Empire sassanide englobe alors la totalité de l’Iran actuel, l’Irak, l’Arménie d’aujourd’hui ainsi que le Caucase sud (Transcaucasie), y compris le Daghestan du sud, l’Asie centrale du sud-ouest, l’Afghanistan occidental, des fragments de la Turquie (Anatolie) et de la Syrie d’aujourd’hui, une partie de la côte de la péninsule arabe, la région du golfe persique et des fragments du Pakistan occidental. Les Sassanides appelaient leur empire Eranshahr, « l’Empire iranien », ou Empire des Aryens.

[3] La province romaine d’Asie comprenait plusieurs des royaumes antiques d’Anatolie : la Carie, la Lydie, la Mysie, la Phrygie et la Troade. Elle avait une superficie d’environ 78 000 kilomètres carrés. Les villes étaient nombreuses : Pergame, Smyrne, Éphèse, Milet… Bien que le royaume de Pergame ait été légué par Attale III en 133 av. jc, elle ne fut organisée par Manius Aquilius qu’en 129 av. jc, après la guerre causée par la révolte d’Aristonicos. La province d’Asie couvre alors l’ancien royaume de Pergame, à l’exception de quelques districts de Phrygie et de Lycaonie, confiés au roi du Pont, Mithridate V, et de Cappadoce, Ariarathe VI. De 56 à 49 av. jc, les trois districts orientaux de Cibyra, Synnada (Şuhut) et d’Apamée (Dinar) en sont détachés au profit de la Cilicie. Jules César les lui rend et lui rattache la Pamphylie. En 36 av. jc, Marc Antoine en détache celle-ci au profit du royaume galate d’Amyntas. Sous l’Empire, devenue province sénatoriale, elle connut une période faste.

[4] La mer Baltique est une mer intracontinentale et intérieure de 364 800 km² située dans le Nord de l’Europe et reliée à l’océan Atlantique par la mer du Nord. Elle communique au sud-ouest avec la mer du Nord par le Cattégat et le Skagerrak. Trois golfes principaux intègrent cet espace : le golfe de Botnie au nord, le golfe de Finlande à l’est et le golfe de Riga au sud-est.

[5] Le limes est le nom donné par les historiens modernes aux systèmes de fortifications romains établis au long de certaines des frontières de l’empire. Le limes peut comporter deux significations :
- Dans le premier cas, le mot peut être considéré comme "frontière" ou "limite", avec comme équivalent la Grande Muraille de Chine ou plus tard la Ligne Maginot. Pour les Romains, ce terme signifie qu’il s’agit d’une barrière pour défendre l’intérieur de l’Empire romain. Dans le deuxième cas, ce terme peut signifier "chemin" ou "route", c’est-à-dire la voie qui mène vers des territoires nouvellement conquis ou à conquérir, comme par exemple le limes germanique sous Auguste, qui longe la rivière Lippe. Cette frontière était gardée par plusieurs places d’auxiliaires ou de légionnaires.

[6] Après l’assassinat de Commode en 192 et l’arrivée au pouvoir des Sévères en 193, une nouvelle conception de l’État se fait jour. Elle est systématisée par Dioclétien. Le pouvoir impérial s’affiche désormais comme un pouvoir sacré, séparé du commun des mortels par un cérémonial emprunté aux monarchies orientales, ce qui met fin à la fiction du principat augustéen. Le rôle du Sénat est par conséquent marginalisé, puisqu’il cesse d’être la source de la légitimité impériale. Les chevaliers retirent un grand bénéfice de cette évolution en accaparant notamment tous les grands commandements militaires et les hautes fonctions administratives. Désormais, le plus important des fonctionnaires équestres, le préfet du prétoire, fait office de « premier ministre » de l’empereur.

[7] La Dacie est, dans l’Antiquité, un territoire de la région carpato-danubiano-pontique correspondant approximativement à ceux des actuelles Roumanie, Moldavie et des régions adjacentes.

[8] Les Sarmates sont un ancien peuple scythique de nomades des steppes, appartenant sur le plan ethno-linguistique au rameau iranien septentrional du grand ensemble indo-européen. Ils étaient établis à l’origine entre le Don et l’Oural. C’est aux 3ème et 2ème siècles av. jc que les Sarmates supplantent ces derniers en Ukraine. Leur poussée vers l’ouest se poursuit jusqu’au 1er siècle. À partir du 1er siècle av. jc, alors qu’ils dominent la steppe européenne, les Iazyges, les Urges, les Roxolans et les Scythes royaux, qui reconnaissaient l’autorité d’un roi, vont former une coalition. Des lanciers sarmates sont recrutés par Rome au cours du 2èmesiècle. L’intégration de ces unités auxiliaires se traduit par l’adoption de l’armement et des techniques militaires steppiques ainsi que par la création d’unités spécialisés. À partir du 3ème siècle une partie des Sarmates fut soumise aux Goths. Dès lors, ils font partie d’une coalition de peuples germaniques et non-germaniques, connue sous le nom de culture de Tcherniakov. À la fin du 4ème siècle, sous la pression des Huns certains groupes de Sarmates prirent part aux migrations et s’installèrent sur le territoire romain.

[9] L’Afrique ou Afrique proconsulaire, est une ancienne province romaine qui correspond à l’actuelle Nord et sud Est Tunisien, plus une partie de l’Algérie et de la Libye actuelle. La province d’Afrique est créée en 146 av. jc, après la destruction de Carthage, au terme de la 3ème guerre punique ; ayant Utique pour capitale, elle est séparée du royaume de Numidie par une ligne de démarcation, la fossa regia. En 46 av. jc, Rome annexe la Numidie avec le nom de « nouvelle province d’Afrique » (Africa Nova) pour la distinguer de la première (Africa Vetus). Vers 40-39 av. jc, les deux provinces sont réunies dans la province dite d’Afrique proconsulaire ; ayant Carthage pour capitale, elle s’étend, d’ouest en est, de l’embouchure de l’Ampsaga (auj. l’Oued-el-Kebir, en Algérie) au promontoire de l’Autel des frères Philènes (auj. Ras el-Ali, en Libye). En 303, celle-ci est divisée par Dioclétien en trois provinces : la Tripolitaine, la Byzacène et l’Afrique proconsulaire résiduelle, aussi appelée Zeugitane.

[10] Dans la Rome antique le terme procurateur désigne au départ un personnage nommé par un autre pour s’occuper d’une tâche précise, mais l’usage le plus courant du terme, à partir d’Auguste désigne un fonctionnaire impérial choisi par l’empereur romain dans l’ordre équestre ou parmi ses anciens esclaves, on parle alors de procurateur affranchi.

[11] Aquilée est une commune de la province d’Udine dans la région du Frioul Vénétie julienne en Italie. Historiquement, la ville, fondée en 181 av.jc fut, à son apogée, une des villes les plus importantes de l’Empire romain. Aquilée a également été un centre religieux chrétien de premier plan, entre le 4ème siècle et le 15ème siècle, siège du patriarcat d’Aquilée.

[12] Le préfet du prétoire (præfectus prætorio) est l’officier commandant la garde prétorienne à Rome, sous le Haut-Empire, et un haut fonctionnaire à la tête d’un groupe de provinces, la préfecture du prétoire, dans l’Antiquité tardive.

[13] Les Goths faisaient partie des peuples germaniques. Selon leurs propres traditions, ils seraient originaires de la Scandinavie. Ils provenaient peut-être de l’île de Gotland. Mais ils pourraient également être issus du Götaland en Suède méridionale ou bien du Nord de la Pologne actuelle. Au début de notre ère, ils s’installèrent dans la région de l’estuaire de la Vistule. Dans la seconde partie du 2ème siècle, une partie des Goths migrèrent vers le sud-est en direction de la mer Noire. Dès le 3ème siècle les Goths étaient fixés dans la région de l’Ukraine moderne et de la Biélorussie où ils furent probablement rejoints par d’autres groupes qui ont été plus ou moins intégrés dans la tribu. Les Goths formaient un seul peuple jusqu’à la fin du 3ème siècle. Après un premier affrontement avec l’Empire romain dans le sud-est de l’Europe au début du siècle, ils se séparèrent en deux groupes : les Greuthunges à l’Est et les Tervinges à l’Ouest qui deviendront par la suite les Ostrogoths ou « Goths brillants », à l’Est, et les Wisigoths ou « Goths sages » à l’Ouest.

[14] Les Balkans sont une des trois « péninsules » de l’Europe du Sud, mais cette appellation traditionnelle est parfois contestée en l’absence d’un isthme : les géographes préfèrent le terme de « région ». Elle est bordée par des mers sur trois côtés : la mer Adriatique et la mer Ionienne à l’ouest, la mer Égée au sud et la mer de Marmara et la mer Noire à l’est. Au nord, on la délimite généralement par les cours du Danube, de la Save et de la Kupa. Cette région couvre une aire totale de plus de 550 000 km²

[15] L’Illyrie est un royaume des côtes de la rive orientale de l’Adriatique, correspondant à peu près à l’Ouest de la Croatie, de la Slovénie et de l’Albanie actuelle. Les Illyriens apparaissent vers le 20ème siècle av. jc. C’est un peuple de souche Indo-Européenne qui comprenait des Dalmates et des Pannoniens. Vers 1300 av. jc ils s’établissent sur les côtes Nord et Est de l’Adriatique. Les Illyriens sont les premiers avec les Grecs, à s’installer dans les Balkans et constituent un immense Royaume. Au 7ème siècle av. jc et 6ème siècle av. jc, l’Illyrie subit une forte héllénisation du fait de ses relations avec les Grecs, qui y ont fondé des comptoirs.

[16] La bataille d’Abrittus oppose les Goths aux troupes romaines de l’empereur Dèce en juin 251, dans l’actuelle plaine de la Dobroudja. Les Goths battent les Romains et Dèce devient le premier empereur romain à être tué dans une bataille contre des barbares. Son fils Herennius Etruscus, co-empereur, serait lui aussi décédé pendant cette bataille, ou quelques jours avant durant cette même campagne. Conséquence de cette défaite, les territoires daces du nord du Danube (Roumanie, etc.) vont devenir les premières provinces romaines à acquérir une indépendance politique et militaire (non pas ethnique ni économique, car le processus de romanisation continue jusqu’au 5ème siècle).

[17] Les Alamans ou Alémans étaient un ensemble de tribus germaniques établies d’abord sur le cours moyen et inférieur de l’Elbe puis le long du Main, où ils furent mentionnés pour la première fois par Dion Cassius en 213. Ces peuples avaient pour point commun de rivaliser avec les Francs, sans doute à l’origine un autre regroupement d’ethnies établies plus au nord sur la rive droite du Rhin. Le royaume alaman désigne le territoire des Alamans décrit à partir de 269.

[18] Les Francs constituent un peuple germanique apparaissant sous la forme d’une confédération au moment des grandes invasions. Une partie d’entre eux joue un rôle central dans l’histoire de France, celle des Pays-Bas, celle de la Belgique, celle du Luxembourg et celle de l’Allemagne à compter de leur sédentarisation en Gaule romaine. Ils ont donné leur nom à la France et aux Français ainsi qu’à de nombreuses places et régions en Allemagne, les plus connus étant la ville Francfort-sur-le-Main et la région nord de Bavière, Franken, Franconie en français. C’est en 254 que les Alamans attaquent une nouvelle fois le limes, qu’ils franchissent et ravagent la Gaule belgique et au même moment les Francs débutent leurs incursions sur le sol romain. Ils commencent par le pillage de la Germanie inférieure avant d’être repoussés par Gallien en 257. Profitant du départ de Gallien vers la Pannonie, ils reprennent leurs incursions, mais sont provisoirement battus par Postumus. Celui-ci se proclame empereur des Gaules et doit lutter contre Gallien, ce qui laisse le champ libre aux incursions terrestres des Francs, qui se lancent également dans des expéditions maritimes, ravageant la baie de Somme, le Cotentin, le Morbihan, les basses vallées de la Seine et de la Loire et même les côtes de la Lusitanie. Ce n’est qu’en 264 que Postumus réussit à mettre fin à ces raids, tant terrestres que maritimes. La mort de Postumus et les luttes de ses successeurs contre les empereurs légitimes laissent le champ libre aux Francs et aux Alamans qui reprennent leurs pillages en 269. Probus soumet les Alamans en 277, mais ne parvient pas à réduire ni les Francs occidentaux qui occupent la Batavie, ni les Francs transrhénans qui occupent la Toxandrie et les environs de Trèves

[19] La Syrie fut occupée successivement par les Cananéens, les Phéniciens, les Hébreux, les Araméens, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Arméniens, les Romains, les Nabatéens, les Byzantins, les Arabes, et partiellement par les Croisés, par les Turcs Ottomans et enfin par les Français à qui la SDN confia un protectorat provisoire pour mettre en place, ainsi qu’au Liban, les conditions d’une future indépendance politique.

[20] Le Danube est le deuxième fleuve d’Europe par sa longueur (après la Volga qui coule entièrement en Russie). Il prend sa source dans la Forêt-Noire en Allemagne lorsque deux cours d’eau, la Brigach et la Breg, se rencontrent à Donaueschingen où le fleuve prend le nom de Danube. La longueur du Danube dépend du point de départ considéré : 2 852 km pour la confluence de Donaueschingen mais 3 019 km à partir de la source de la Breg. Il coule vers l’est et baigne plusieurs capitales de l’Europe centrale, orientale et méridionale

[21] La Pannonie est une ancienne région de l’Europe centrale, limitée au Nord par le Danube et située à l’emplacement de l’actuelle Hongrie, et partiellement de la Croatie et de la Serbie. Les habitants originaux sont les Pannoniens, qui sont envahis par les Celtes et les Boïens au 4ème siècle av. jc. Vers 105 apr. jc, Trajan divise la province en Pannonie supérieure à l’ouest et Pannonie inférieure à l’est. Ces qualificatifs ne sont pas seulement déterminés par le sens du cours du Danube, mais aussi par l’éloignement par rapport à Rome en suivant les itinéraires routiers : le voyageur venant d’Italie rencontre d’abord la Pannonie supérieure, puis la Pannonie inférieure. Le Pannonien Maximien est associé au pouvoir en 285. Les tétrarques réorganisent les provinces pour en améliorer l’administration et la défense : la Pannonie inférieure est divisée en deux : au nord la Valeria, du nom de famille de Dioclétien, avec pour capitale Aquincum ; au sud, la Pannonia Secunda, avec pour capitale Sirmium

[22] L’Empire palmyrénien est un nom donné à une partie de l’Empire romain dont les dirigeants ont revendiqué de 271 à 273 la couronne impériale, pendant la crise du 3ème siècle. La capitale de cet éphémère empire était Palmyre. Il englobait les provinces romaines de Syrie, de Palestine, d’Égypte et de grandes parties de l’Asie Mineure. L’empire a été gouverné par la reine Zénobie avec son fils Wahballat.

[23] Les chevaliers sont un groupe de citoyens de la Rome antique appartenant à l’ordre équestre (equester ordo), sous la Royauté, la République et l’Empire. Choisis par les censeurs, ce sont les plus fortunés (au moins 400 000 sesterces du 2ème siècle av. jc jusqu’au début de l’Empire et les plus honorables des citoyens en dehors des sénateurs. Cette appartenance pouvait être théoriquement remise en cause à chaque censure. En pratique elle était héréditaire. Le chevalier se reconnaît à la bande de pourpre étroite cousue sur sa tunique (tunique dite angusticlave), et au port de l’anneau d’or. Les chevaliers se virent attribuer un poids politique supplémentaire au motif qu’ils étaient capables financièrement de s’équiper pour servir dans l’armée à cheval. De plus l’appartenance à l’ordre équestre était nécessaire pour accéder aux postes d’officier dans l’armée.

[24] Le tribun militaire est un officier supérieur qui sert dans la légion romaine sous la Rome antique. Sous le Haut Empire, le poste de tribun militaire reste une étape dans les débuts de carrière publique, rendue obligatoire par Auguste pour le cursus honorum tandis que son accès par la voie électorale tombe en désuétude. Il semble que l’empereur, en tant qu’imperator se réserve les nominations

[25] La ville doit son nom de Cologne à l’impératrice romaine Agrippine, épouse de l’empereur Claude, qui éleva son lieu de naissance au rang de colonie en l’an 50, sous le nom de Colonia Claudia Ara Agrippinensium. Les Romains y tenaient une garnison et des axes routiers convergeaient vers un pont de bateaux sur lequel transitait un important commerce avec toutes les régions de la Germanie. En raison de son importance stratégique sur le limes du Rhin et de la présence de l’armée et de la clientèle germanique, l’endroit attira de nombreux marchands et devint un foyer d’artisanat et de commerce. Centre militaire, la ville fut la résidence de l’empereur gaulois Postume de 260 à 268, et le lieu de l’usurpation éphémère de Silvanus en 355. Les Romains introduisirent le christianisme à Cologne, qui devint siège épiscopal à partir du 4ème siècle. Des Francs se sont regroupés au cours de la seconde moitié du 5ème siècle pour fonder un royaume à Cologne, qui est intégré dans le royaume franc de Clovis. À partir du 7ème siècle, ils sont désignés sous le nom de Francs ripuaires.

[26] Mayence fut, de 1619 à 1918, une forteresse et une ville de garnison. La présence des militaires et les fortifications étendues ont fortement marqué la vie des citoyens mayençais. En raison de sa position stratégiquement favorable, Mayence a joué un grand rôle dans le passé : d’un côté à l’autre de la frontière, on l’appelait le boulevard de la France ou das Bollwerk Deutschlands. La citadelle, une place forte érigée vers l’an 1619, fut transformée au cours des siècles en une véritable forteresse par les archevêques de Mayence. En particulier, Mayence fut successivement forteresse fédérale puis forteresse impériale. Plusieurs casernes et ouvrages de fortification subsistent encore aujourd’hui en ville. De nombreux noms de rue renvoient au passé de ville-forteresse. La citadelle de Mayence, principal vestige de la forteresse, est considérée comme un des édifices historiques importants de la métropole rhénane.

[27] Milan est une ville d’Italie située au nord de la péninsule, à proximité des Alpes. Chef-lieu de la région Lombardie, située au milieu de la plaine du Pô.

[28] La Gaule narbonnaise désigne pour les historiens une province de l’Empire romain fondée à partir de la première colonie créée par les Romains sur le territoire méridional de l’actuelle France, entre Alpes et Pyrénées dès 118 av. jc. Cette région coloniale obtient un statut de Provincia romana vers 70 av. jc. Elle était aussi appelée Braccata, ce nom faisant allusion aux braies portées par les habitants, en opposition à la Gaule Cisalpine, où le port de la tunique romaine s’était déjà imposé à la population, du moins dans les cités. Rome occupe la région en quelques campagnes entre 125 et 121av. jc, notamment celles de Gnaeus Domitius Ahenobarbus et Fabius Maximus Allobrogicus. La zone occupée s’étend jusqu’à Tolosa (Toulouse) et jusqu’au Léman, créant une liaison terrestre entre ses territoires en Espagne et la Gaule cisalpine. La colonie grecque de Massalia (Marseille) et son arrière-pays forment une enclave libre au sein de la Narbonnaise. La province ne reçut cependant peut-être son statut officiel (lex provinciae) qu’après le passage de Pompée dans les années 70 avant notre ère. En 109, cette région est ravagée par les Cimbres, les Teutons, les Ambrons durant l’épisode de la guerre des Cimbres. Jules César, proconsul de la Narbonnaise de 58 à 49, en fit sa base arrière pour la conquête des Gaules, et termina en 49 la conquête de la Narbonnaise en annexant Massalia et son territoire, qui avait pris le parti de Pompée. Avec l’Empire, à partir de 27 av. jc, avec le principat d’Octave devenu Auguste, Narbonne va prendre de l’importance.

[29] Les Éduens étaient un peuple de la Gaule celtique. Ils étaient établis dans les actuels départements français de la Nièvre et de la Saône-et-Loire ainsi qu’au sud de celui de la Côte d’Or et à l’est de celui de l’Allier. Bibracte était leur capitale. Ils étaient régis par un chef électif, le vergobret. Les Romains firent, dès le 1er siècle av. jc, alliance avec eux, et le sénat romain les proclama frères de la république. Rome profita de la rivalité qui divisait les Éduens et les Arvernes pour intervenir dans les affaires de la Gaule et l’asservir plus facilement.

[30] Autun est une commune française du département de Saône-et-Loire, située aux portes du Morvan. Sous-préfecture de Saône-et-Loire depuis 1790. Fondée par les Romains comme Augustodunum, sœur et émule de Rome au début du règne de l’empereur Auguste, capitale gallo-romaine des Éduens en remplacement de Bibracte, évêché dès l’Antiquité, Autun a été jusqu’à la fin du 15ème siècle une cité prospère et un centre culturel influent, en dépit des pillages et des invasions.

[31] Sirmium, aujourd’hui Sremska Mitrovica, dans la province de Voïvodine, en Serbie était une cité romaine située dans la province de Pannonie. Originellement fondée par les Celtes au 3ème siècle av. jc et conquise par les Romains au 1er siècle av. jc, elle fut la capitale économique de la province de Pannonie et l’une des quatre capitales de l’Empire romain au temps de la Tétrarchie.

[32] Le mur d’Aurélien est une enceinte fortifiée antique protégeant la ville de Rome, en Italie, construite entre 271 et 282, sous le règne des empereurs Aurélien et Probus. Cette protection n’empêcha pas plusieurs sacs de Rome au cours du 5ème siècle et fut mise à contribution lors des affrontements entre les Ostrogoths et le général Bélisaire au cours de la reconquête de l’Italie par Constantinople au 6ème siècle. En revanche, elle protégea efficacement Rome contre les raids sarrasins du haut Moyen Âge.