Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Accueil du site > Histoire du 3ème siècle > L’empire romain au 3ème siècle

L’empire romain au 3ème siècle

lundi 30 juillet 2012, par ljallamion

Ce siècle est une période peu connu, cet article est une ébauche. Toutes contributions ou rectifications, ajout seront les bien venus

Au cours du 3ème siècle, l’Empire romain connut une grave crise, appelée par la tradition Anarchie militaire. Aux invasions barbares s’ajoutèrent dans de nombreuses provinces une crise économique, et au niveau de l’empire une dévaluation importante de la monnaie, une grande instabilité politique doublée de guerres civiles, les empereurs étant le plus souvent désignés par les armées, et mourant assassinés ou au combat. De la mort de Sévère Alexandre en 235 au début du règne de Maximin à 285 à la mort de Carin, début du règne de Dioclétien, une grande crise eu lieu Au cours de ce demi siècle, l’Empire romain fut plongé dans une des plus difficiles phases de son histoire. Les souverains ne parvinrent pas à asseoir leur autorité, et de nombreux usurpateurs se proclamèrent Empereurs et l’Empire fut en proie aux invasions barbares.

L'empire romain sous Dioclétien fin du 3ème siècle En Orient, l’Empire parthe déliquescent laissa la place à l’Empire Sassanide dans le second quart du 3ème siècle. Cet empire puissant, bien structuré et agressif faisait peser une pression constante sur les provinces d’Asie. Au nord-est de l’Europe, les Germains orientaux qui vivaient dans les régions de la Mer Baltique entamèrent une lente migration vers le Sud et le Sud Est européen. Ce faisant, ils chassèrent les autres tribus qui se trouvaient sur les territoires qu’ils traversaient. Cherchant à trouver refuge dans l’Empire romain en espérant y trouver de nouvelles terres et un riche butin, les incursions de ceux-ci mettent à jour la faiblesse de la stratégie défensive romaine. En effet, les légions étant massées aux frontières, une fois franchi le limes, les barbares pouvaient ravager sans presque aucune entrave les provinces.

A l’intérieur de l’empire, les difficultés étaient dues à l’éloignement de plus en plus grand des militaires prêts à imposer de lourds sacrifices aux civils pour protéger le limes et de la classe possédante qui acceptait difficilement l’accroissement de ses charges fiscales. Sur le plan politique, cela se traduisit par la montée de la classe équestre, titulaire des grandes préfectures et de plus en plus présente dans les provinces comme gouverneur à la place de la classe sénatoriale. De plus à partir de 250, l’Empire romain fut touché par une épidémie de peste qui entraîna une dépopulation et une crise économique dont souffrit principalement l’Occident déjà ravagé pat les incursions germaniques

Entre 235 et 268, 16 empereurs se succédèrent, faits et défaits par le sort des armes. Ainsi Maximin 1er le Thrace est le premier simple soldat à devenir empereur par la volonté seule de ses soldats. Il déploya une grande énergie pour sécuriser la frontière face aux Daces et aux Sarmates et persécuta les chefs de l’Église chrétienne à Rome. Il exigea de la classe sénatoriale et des provinces de lourds impôts pour faire face aux dépenses militaires et multiplia les amendes et les confiscations. Cette pression fiscale provoqua la révolte des grands propriétaires d’Afrique. Ils armèrent leurs colons et leurs esclaves pour tuer un procurateur impitoyable. En 238, ils portèrent au pouvoir Gordien 1er âgé de 80 ans en association avec son fils Gordien II reconnus rapidement par le sénat romain. Les 2 Gordiens furent rapidement battus. Maximin fut tué devant Aquilée de même que Pupien et Balbin, choisis par le sénat comme nouveaux Augustes. À la fin de 238, Gordien III, petit-fils de Gordien 1er, devient empereur à l’âge de 13 ans. Il périt assassiné à l’instigation du préfet du prétoire alors qu’il menait campagne contre les Sassanides. Ce dernier devient empereur sous le nom de Philippe l’Arabe car d’origine indigène. Il célèbre le millénaire de la fondation de Rome avec faste et confit à l’énergique Messius Quintus Decius le soin de repousser les Goths qui ravagent les Balkans. Après sa victoire, les soldats de ce dernier le proclamèrent empereur à son corps défendant. C’est en le combattant que Philippe l’Arabe fut tué. Dèce, un illyrien d’origine romaine chercha à gouverner en accord avec le sénat, fait rare dans ce siècle d’empereurs soldats. Ce fut le premier empereur tué par des barbares, lors de la lourde défaite d’Abrittus face aux Goths en 251.

Trébonien Galle et Émilien se succèdent à un rythme rapproché. Ce dernier ne régnant que 88 jours.

Valérien âgé de 70 ans, régna associé à son fils Gallien. Celui-ci sera le dernier aristocrate à parvenir à l’Empire. Les deux hommes sont en effet issus d’une famille sénatoriale romaine. Ils se partagèrent la défense de l’empire, à Gallien l’Occident, à Valérien l’Orient. Ils durent faire face aux incursions des Alamans et des Francs en Gaule et à l’offensive du souverain sassanide Shapur 1er en Syrie. En 260, Valérien fut fait prisonnier par les Perses et finit ses jours comme esclave en Iran. Gallien resté seul empereur parvint à stopper une invasion des Alamans en les battant en Italie du Nord. Il abandonna la Dacie conquise par Trajan qui était devenue trop difficile à défendre et fixa la frontière de l’Empire sur le Danube. Mais il dut faire face à de nombreuses usurpations, celle de de Macrien et de Quiétus en Orient, de Régalien en Pannonie et de Postume en Gaule qui proclama l’Empire des Gaules. Odénat s’empara de nombreuses provinces orientales et déclara l’indépendance du royaume de Palmyre. Gallien ne contrôlait plus que l’Illyrie et finit par succomber au complot d’un des nombreux usurpateurs.

Gallien entama une mutation profonde de la stratégie militaire. Il répartit en profondeur les moyens de défense en plaçant dans les principaux nœuds routiers de l’Illyrie des détachements des légions frontalières. Il constitua une importante cavalerie avec un commandement autonome. Il exclura les sénateurs des emplois militaires et les remplacera par des chevaliers. Il fit entrer dans l’armée des barbares vaincus amorçant par la même la barbarisation de l’armée. L’armée absorbait une part toujours plus grande des ressources de l’État. Un impôt spécial, l’annone militaire, fut prélevé pour son entretien. Les fonctions de général en chef et de chef de guerre victorieux que tient traditionnellement l’empereur furent renforcées dans ces périodes de guerres incessantes.

Les difficultés de 3ème siècle donnent à penser aux Romains qu’ils ont été abandonnés par les dieux. Ils pensent donc que restaurer les cultes traditionnels est indispensable pour obtenir de nouveaux la faveur des dieux. Dans ce cadre, le christianisme alors en pleine expansion apparaît comme le responsable de la rupture avec les divinités. Les chrétiens sont d’autant plus suspects qu’ils refusent le culte impérial. Dèce, en 250, impose à tous les citoyens de faire des sacrifices aux dieux pour le salut de l’empereur. Beaucoup de chrétiens obéissent. Ceux qui refusent sont persécutés jusqu’à la mort de Dèce en 251. Valérien renouvelle l’obligation de sacrifices entraînant des persécutions à l’égard de nombreux chrétiens.

Sa politique est aussi certainement due au désir de trouver de nouvelles ressources en confisquant les biens de chrétiens exécutés. En 260, son fils Gallien publie un édit de tolérance maintenu par ses successeurs pendant 40 ans.

Marcus Cassianus Latianus Postumus dit Postume, d’origine gauloise fut avec le futur empereur Aurélien un des principaux lieutenants de l’empereur Gallien. Lorsque Gallien doit se rendre en Pannonie combattre l’usurpateur Decimus Laelius Ingenuus, il confie son fils Valerianus Salonicus et la défense des frontières rhénanes au tribun Sylvanus et non à Postume. Postume et Sylvanus s’opposaient sur la stratégie de défense et la répartition du butin pris lors d’une expédition contre les barbares. Les troupes de Postume finissent par prendre Cologne et assassine Sylvanus. Il fut désavoué et Gallien le tient pour responsable et le condamne. Postume fut proclamé empereur des Gaules dans l’été 260. Le pouvoir central était affaibli par la capture de Valérien par les Sassanides et les provinces occidentales victimes d’invasions. En prenant Cologne Postume mettait la main sur un atelier monétaire et d’importantes réserves de métaux précieux, il prenait la tête d’un ensemble cohérent de provinces bien armée et prêtes, sous la menace des invasions, à accepter ce pouvoir impérial plus proche qui pouvait sembler plus protecteur.

Ayant repoussé l’invasion germanique à la bataille d’Arles contre les Alamans, Postume associa l’Espagne, la Grande Bretagne et la Germanie romaine à l’Empire gaulois. Il tenta de négocier un accord avec Gallien. Gallien ne peut réagir qu’en 264. il envoie une expédition sous les ordres de Manius Acillius Auréolus, mais un de ses officiers Marcus Piauvonnus Victorinus dit Victorien fait défection et se rallie à Postume. Ce dernier élève Victorien à la dignité d’empereur associé. Cette élévation n’est pas du goût des seconds de Postume, et Caius Ulpius Cornelius Laelianus dit Lelien s’insurge. Ses troupes le proclament Auguste.

Postume chasse Lelien de Mayence. Mais ayant refusé le pillage de la ville il est massacré par ses propres troupes en juillet 267.

La mort de Postume devait logiquement profiter à Victorien. Mais sur la frontière rhénane, Lélien se maintient pendant 6 mois avant d’être assassiné par ses propres troupes en janvier 268. Elles se donnent alors un nouveau chef Marc-Aurèle Marius, lequel est soutenu par la propre mère de Victorien, Aurelia Victorina Pia. Marius fut assassiné à son tour par son état-major après 3 mois de règne.

Victorien estime alors que son tour est venu, mais il sera égorgé en 268 ou 271 à Cologne suite à une affaire privée.

Entre temps, en mars 268, Gallien est renversé par un coup d’état à Milan. Il est mis à mort et remplacé par l’empereur Claude II le Gothique. Lassés de l’anarchie régnant en gaule, certaines régions font défection et se rallient à Claude II, l’Espagne, la Narbonnaise, et même une partie des Éduens. Ces derniers cependant ne peuvent être aidés par les troupes de Claude II qui sont venues stationner dans la région de Grenoble sous la direction de Iulius Placidianus, après un long siège la capitale des Éduens, Autun est prise et pillée par l’armée de l’empire gaulois.

Les empereurs qui règneront de 268 à 284 furent presque tous d’origine illyrienne. Ce sont presque tous des militaires à qui l’armée donna une grande rigueur et la foi en l’éternité de l’Empire romain. Claude II le Gothique parvint à vaincre les Alamans et les Goths d’où sont surnom. Par contre il laissa les souverains de Palmyre prendre la contrôle de tout l’Orient romain. Il meurt de la peste à Sirmium. Quintillus en 270 ne règnera que trois mois. Aurélien fut porté au pouvoir par ses troupes à Sirmium après avoir écrasé à Rome une révolte des ouvriers des ateliers de frappe monétaire, il entreprit de construire un vaste rempart pour protéger la ville, le mur d’Aurélien. Il parvint à vaincre les barbares qui menaçaient l’Italie et mit fin au royaume de Palmyre en 273 et à l’Empire des Gaules en 274. Il périt assassiné par son entourage en 275. Marcus Claudius Tacite périt dans des circonstances mystérieuses alors qu’il partait combattre les Goths.

Probus porté au pouvoir par ses soldats remplaça l’éphémère Florien en 276. Il élimina les dernières menaces barbares mais périt assassiné par ceux-là mêmes qui l’avaient porté au pouvoir. Carus meurt mystérieusement en faisant campagne contre les Perses. Ses fils, Carin et Numérien furent victimes des intrigues de leur entourage.