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L’empire des gaules

lundi 30 juillet 2012

L’empire des gaules

L'Empire des Gaules sous Tetricus en 271

Dans la crise du 3ème siècle, la création improvisée de cet Empire des Gaules est initialement due à l’impossibilité pour Gallien de mater l’usurpation de Postume, qui lui-même ne pu venir l’affronter en Italie, chacun étant engagé dans la lutte contre les raids barbares. L’empire des Gaules persista ensuite grâce à une tolérance mutuelle plus ou moins convenue tacitement et imposée par la pression des barbares, à l’avantage de l’Empire romain. chacun, empereur en Gaule ou empereur en Italie, défendait un secteur de l’Empire contre les invasions, et s’abstenait de mener une offensive contre l’autre.

Les empereurs sont romains, ou plutôt gallo-romains. Ils agissent comme l’empereur légitime qui règne à Rome. Ils nomment des consuls, prennent les mêmes titres que l’empereur à Rome et frappent des monnaies romaines.

Une fois la situation militaire rétablie sur le Rhin et le Danube, l’Empire des Gaules n’opposa avec Tétricus qu’une résistance minime, voire symbolique. Caïus Pius Esuvius Tetricus dit Tetricus étai un gaulois de la région de Bordeaux. Il accède à l’ordre sénatorial, puis est nommé gouverneur d’Aquitaine sous Gordien III. Il soutient Victorien. A la mort de ce dernier une assemblée provinciale réunie à Bordeaux l’élit empereur des Gaules. La tâche de Tetricus fut compliquée par des défections successives, de nouvelles tentatives d’invasions germaniques, une épidémie de peste et surtout la révolte des Bagaudes en 270. Il se rapprocha de Claude II. A la mort de ce dernier de la peste en avril 270, Aurélien lui succède et des accords secrets sont conclus entre Tetricus et lui. En 273, il obtient à Châlons-sur-Marne, la reddition de Tetricus après un simulacre de bataille. Mis d’abord en résidence surveillée, Tetricus recouvrera sa qualité de sénateur romain.

A cette époque, la Gaule comme le reste de l’empire subissait la crise financière, causée par l’augmentation des dépenses militaires, la limitation des recettes fiscales et le manque de numéraire. Dès Caracalla puis à partir de Gordien III, les empereurs avaient réagi en frappant massivement une monnaie d’argent dévaluée, le double denier ou antoninien. L’augmentation temporaire de liquidités ainsi obtenue était rapidement annulée par l’inflation engendrée en réaction à la circulation d’une monnaie de moindre qualité.

Selon l’habitude impériale, Postume marqua son avènement par des gratifications à ses soldats. La Gaule connaissait la crise financière comme le reste de l’empire, mais il pu profiter de l’important stock de monnaies de l’armée du Rhin et des mines d’argent d’Espagne pour ouvrir des ateliers monétaires à Trèves et à Cologne, refondre les monnaies antérieures et produire en abondance des monnaies à son effigie et de meilleure qualité que celles émises par Gallien en Italie. Il tenta aussi d’accroître ses moyens de paiement en créant un double sesterce, légèrement plus lourd que le sesterce classique de 22 grammes contre 20 grammes, et reconnaissable par la couronne portée par Postume. L’émission de ce double sesterce cesse dès 262.

La spirale inflationniste pousse à l’accroissement massif du volume des émissions monétaires et contraint à partir de 265 à diminuer le poids des monnaies et la qualité des alliages. La production de monnaies imitées aggrave le phénomène.

Les troubles qui suivent la chute de Postume et celle de Gallien produisent en Gaule et dans le reste de l’Occident le même effondrement monétaire. Sous Tétricus et sous Claude II, les volumes d’émissions officielles et de copies explosent et l’antoninien ne contient pratiquement plus d’argent. En 274, Aurélien ferma l’atelier monétaire de Trèves et le transféra à Lugdunum, mais la pénurie de numéraire en Gaule fit durer la production des imitations jusqu’à la fin du 3ème siècle.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Imago Mundi/ Histoire politique et sociale/ L’Empire romain et petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 1122