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Marcus Cassianus Latinius Postumus dit Postume

mercredi 21 mars 2018 (Date de rédaction antérieure : 11 août 2011).

Marcus Cassianus Latinius Postumus dit Postume

Général gaulois - Empereur en Gaule de l’été 260 à juin 269

Gaulois d’origine modeste, il est vers 258, gouverneur d’une province de Gaule, lorsque le limes [1] rhénan fait l’objet d’une double attaque, les Alamans [2] envahissent la Rhétie [3], les Francs franchissent le Rhin inférieur. L’empereur Gallien organisa la défense, intervenant lui-même en Rhétie et confiant à Postume la contre-attaque sur les Francs.

Il bat brillamment les Francs, ses troupes enthousiastes sont prêtes à le proclamer empereur. Gallien par précaution nomme son fils Salonin Auguste [4], Postume réagit, il attaque Cologne [5], capture et exécute Salonin et Silvanus, puis prend le titre d’empereur dans l’été 260.

Contrairement à d’autres usurpateurs, il ne marche pas sur Rome pour faire confirmer son titre par le Sénat romain. De son côté, Gallien est trop accaparé par les Alamans, puis par l’usurpation de Régillien en Pannonie [6]. Un accord tacite de non-agression s’établit, à l’avantage de chacun.

Gallien est déchargé de la défense du Rhin, Postume contrôle sans compétiteur la Bretagne [7], l’Hispanie [8] et la majeure partie de la Gaule, sauf une partie de la Gaule narbonnaise [9] qui reste fidèle à Gallien.

Il crée ce que l’on appellera l’empire des Gaules [10], et établit sa capitale à Cologne. Il serait néanmoins aventureux de considérer cet empire comme une rébellion indépendantiste celte ou gauloise contre Rome. Postume est un Gaulois, mais parfaitement romanisé, ses monnaies sont conformes au monnayage impérial avec des devises en latin, il crée un sénat, nomme des consuls et se comporte comme un parfait imperator. Comme les autres empereurs, il tente de fonder une dynastie en donnant le titre d’Auguste à son fils Postume le jeune.

En 269,Lélien se révolte à Mayence [11]. Postume marche sur Mayence et fait prisonnier Lélien et l’exécute. Les soldats veulent se payer en butin en pillant Mayence.

Mais Postume refuse de livrer ainsi une cité romaine et une place forte défendant le Rhin. La querelle monte, une sédition massacre Postume, son fils Postume le Jeune et leur garde personnelle.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de empereurs-romains.net/ Empereurs gaulois

Notes

[1] Le limes est le nom donné par les historiens modernes aux systèmes de fortifications romains établis au long de certaines des frontières de l’empire. Le limes peut comporter deux significations :
- Dans le premier cas, le mot peut être considéré comme "frontière" ou "limite", avec comme équivalent la Grande Muraille de Chine ou plus tard la Ligne Maginot. Pour les Romains, ce terme signifie qu’il s’agit d’une barrière pour défendre l’intérieur de l’Empire romain. Dans le deuxième cas, ce terme peut signifier "chemin" ou "route", c’est-à-dire la voie qui mène vers des territoires nouvellement conquis ou à conquérir, comme par exemple le limes germanique sous Auguste, qui longe la rivière Lippe. Cette frontière était gardée par plusieurs places d’auxiliaires ou de légionnaires.

[2] Les Alamans ou Alémans étaient un ensemble de tribus germaniques établies d’abord sur le cours moyen et inférieur de l’Elbe puis le long du Main, où ils furent mentionnés pour la première fois par Dion Cassius en 213. Ces peuples avaient pour point commun de rivaliser avec les Francs, sans doute à l’origine un autre regroupement d’ethnies établies plus au nord sur la rive droite du Rhin. Le royaume alaman désigne le territoire des Alamans décrit à partir de 269.

[3] La Rhétie encore appelée Rhétie-Vindélicie est une province de l’Empire romain, limitée au nord par le Danube, à l’est par le cours de l’Inn et la province de Norique, à l’ouest par la Germanie supérieure, au sud la Gaule cisalpine. Elle couvre la partie de la Bavière au sud du Danube, l’est de la Suisse, de la source du Rhin au lac de Constance, et le Tyrol autrichien. Avant la conquête romaine, le Tyrol était occupé par les Rhètes, et la Bavière par les Vindéliciens.

[4] Auguste est le titre porté par les empereurs romains, par référence à la dignité accordée au premier d’entre eux, Auguste. Par la suite, ce titre fut utilisé par presque tous les empereurs romains qui suivirent (prenant la place de cognomen, le surnom des Romains), particulièrement à l’époque de la Tétrarchie où il y avait quatre empereurs : deux augustes et deux césars. Le titre d’Auguste, ainsi que les autres titres latins, furent abandonnés au début du 7ème siècle par l’empereur Héraclius, au profit du titre de basileus (roi, en grec).

[5] La ville doit son nom de Cologne à l’impératrice romaine Agrippine, épouse de l’empereur Claude, qui éleva son lieu de naissance au rang de colonie en l’an 50, sous le nom de Colonia Claudia Ara Agrippinensium. Les Romains y tenaient une garnison et des axes routiers convergeaient vers un pont de bateaux sur lequel transitait un important commerce avec toutes les régions de la Germanie. En raison de son importance stratégique sur le limes du Rhin et de la présence de l’armée et de la clientèle germanique, l’endroit attira de nombreux marchands et devint un foyer d’artisanat et de commerce. Centre militaire, la ville fut la résidence de l’empereur gaulois Postume de 260 à 268, et le lieu de l’usurpation éphémère de Silvanus en 355. Les Romains introduisirent le christianisme à Cologne, qui devint siège épiscopal à partir du 4ème siècle.

[6] La Pannonie est une ancienne région de l’Europe centrale, limitée au Nord par le Danube et située à l’emplacement de l’actuelle Hongrie, et partiellement de la Croatie et de la Serbie. Les habitants originaux sont les Pannoniens, qui sont envahis par les Celtes et les Boïens au 4ème siècle av. jc.

[7] La Bretagne ou Britannie est la province romaine qui, du premier au quatrième siècle, couvrait une partie de l’île de Grande-Bretagne correspondant à des territoires qui devinrent par la suite ceux de l’Angleterre, du pays de Galles et du sud de l’Écosse.

[8] L’Hispanie est le nom donné par les Romains à la péninsule Ibérique. Depuis le 15ème siècle l’Hispanie est l’hôte des États modernes espagnol et portugais. La conquête romaine de la péninsule est achevée, Auguste la divise en trois provinces : l’Hispanie ultérieure est divisée en Bétique, conquête ancienne bien romanisée qui devient une province sénatoriale et Lusitanie. L’Hispanie citérieure devient la Tarraconaise. Tarraconaise et Lusitanie sont encore occupées par des légions, et ont le statut de provinces impériales.

[9] L’expression Gaule narbonnaise désigne, chez certains historiens du 19ème siècle, une province romaine ainsi nommée dès 118 av. jc après la fondation de la colonie romaine de Narbonne. En réalité, la province a été successivement nommée : « Gaule transalpine » après sa conquête par Rome ; « Gaule romaine » après la conquête du reste de la Gaule par Jules César, pour la distinguer de la Gaule chevelue (mais l’expression « Gaule transalpine » a continué d’être utilisée) ; « Narbonnaise » après la réorganisation des Gaules par l’empereur Auguste, en même temps que sont créées les provinces de Gaule belgique, de Gaule lyonnaise et d’Aquitaine. À la suite de la réorganisation de l’Empire par Dioclétien (vers 300), sont créées les provinces de Narbonnaise première, de Narbonnaise seconde et de Viennoise.

[10] Au cours du 3ème siècle, l’Empire romain connut une grave crise, appelée par la tradition anarchie militaire. Aux invasions barbares s’ajoutèrent dans de nombreuses provinces une crise économique, et au niveau de l’Empire une dévaluation importante de la monnaie, une grande instabilité politique doublée de guerres civiles, les empereurs étant le plus souvent désignés par les armées, et mourant assassinés ou au combat. De la mort de Sévère Alexandre en 235 à l’avènement de Dioclétien en 285, 64 empereurs ou usurpateurs se succédèrent ou luttèrent les uns contre les autres. Parmi eux se trouvent quelques généraux qui prirent le contrôle des Gaules pendant une quinzaine d’années, assurèrent la défense du limes du Rhin et établirent un empire des Gaules qui dura de 260 à 274. Les empereurs des Gaules se considéraient néanmoins comme d’authentiques empereurs romains, avec la même titulature impériale que les empereurs légitimes.

[11] Mayence est une ancienne cité romaine, une ville universitaire et un archevêché ; son archevêque était l’un des sept (huit à partir de la réforme des institutions du Reich en 1648, puis neuf en 1692, et à nouveau huit en 1777) princes-électeurs du Saint-Empire romain germanique.