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Septimius Odaenathus dit Odénath

lundi 4 juin 2018, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 11 août 2011).

Septimius Odaenathus dit Odénath (vers 220-267)

Prince de Palmyre

L'empire de Palmyre sous Zénobie en 271.D’origine Nabatéenne [1], il fait partie de la dynastie de Hairainides, qui acquiert la citoyenneté romaine sous Septime Sévère.

Membre d’une famille ayant le droit de cité, mais restée très arabe dans ses traditions. Il acquiert le statut de sénateur sous Valérien et devient "vir consularis [2]" en 258. C’est sous Gallien qu’il acquiert, de fait, le pouvoir quasi absolu sur les provinces d’Orient à l’exception du Pont Bithynie [3] : Il est dans un premier temps "Dux Romanorum" [4] et vainc Macrien et ses fils et Balliste, usurpateurs contre Gallien.

Il est alors nommé par ce dernier "correcteur de tout l’Orient" et a le commandement de ce qui reste des 11 légions romaines de cette partie de l’Empire et de toutes les forces disponibles, et a droit de regard sur l’administration civile et fiscale de toute l’Asie Mineure [5], la Syrie [6], la Mésopotamie [7] et l’Arabie Pétrée [8]. Il lance 2 grandes campagnes militaires contre les Perses en 263, puis en 266-267 où il les écrase et les poursuit jusqu’à Ctésiphon [9], qu’il ne prendra toutefois pas, mais il contrôle alors la majeure partie des terres perses occidentales, avec Nisibe [10] et Carrhae [11]. Il se fait appeler "Roi des rois" à la manière perse ainsi que son héritier, Herodes, mais ne prend pas le titre d’"Auguste".

En 267, Odénath et Herodes sont assassinés à Emèse [12] par un parent proche. Ce meurtre a peut être été commis à l’instigation de Zénobie son épouse, qui souhaitait voir hériter son propre fils, ou de Gallien, inquiet du pouvoir d’Odénat en orient. Maeonius est alors tué par les soldats peu après s’être proclamé empereur et Wahballat, 2ème fils d’Odénath lui succède à la tête de Palmyre [13].

Zénobie profite de cette situation pour prendre le contrôle des armées d’Orient et pour conquérir des terres comme l’Égypte, à l’aide de son général, Zabdas, et rompt définitivement avec Rome.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article du petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 952

Notes

[1] Les Nabatéens étaient un peuple commerçant du sud de la Jordanie et de Canaan, et du nord de l’Arabie, dont les peuplements dans les oasis au temps de Flavius Josèphe ont donné le nom de Nabatène à la région frontalière entre la Syrie et l’Arabie, entre l’Euphrate et la mer Rouge. Leur capitale était la cité troglodytique de Pétra, située aujourd’hui en territoire jordanien. Leur commerce se déroulait principalement entre les oasis, où ils pratiquaient l’agriculture de manière intensive. Ces oasis étaient reliées par des routes commerçantes. Les frontières de cet ensemble n’étaient pas précisément définies. L’empereur romain Trajan soumet les Nabatéens définitivement et les incorpore à l’Empire, où leur culture se dissipe et disparaît.

[2] statut d’ancien consul

[3] La Bithynie est un ancien royaume au nord-ouest de l’Asie Mineure, actuellement situé en Turquie. Située au bord du Pont-Euxin, elle était limitée par la Paphlagonie à l’est, la Galatie et la Phrygie au sud, la Propontide et la Mysie à l’ouest. Les Bithyniens sont, selon Hérodote et Xénophon, d’origine thrace. Ils forment d’abord un État indépendant avant d’être annexés par Crésus, qui ajoute leur territoire à la Lydie. Ils passent ensuite sous domination perse, où la Bithynie est incluse dans la satrapie de Phrygie. Mais dès avant Alexandre le Grand, la Bithynie retrouve son indépendance. Nicomède 1er est le premier à se proclamer roi. Durant son long règne de 278 à 243av jc, le royaume connaît la prospérité et jouit d’une position respectée parmi les petits royaumes d’Asie Mineure. Cependant, le dernier roi, Nicomède IV, échoue à contenir le roi Mithridate VI du Pont. Restauré sur le trône par l’Empire romain, il lègue par testament son royaume à Rome en 74 av jc. La Bithynie devient alors province romaine. Sous Auguste elle devient province sénatoriale en 27av jc puis province impériale en 135.

[4] commandeur des romains

[5] L’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire, mais aujourd’hui elle désigne couramment toute la partie asiatique de la Turquie

[6] La Syrie est l’une des provinces les plus importantes de l’Empire romain, tant par sa richesse que sur le plan militaire. Étendue de la Méditerranée à l’Euphrate, elle constitue un riche creuset de civilisations, composées entre autres de Juifs, de Phéniciens, ou de Nabatéens, hellénisés pour la plupart d’entre eux. La Syrie est conquise par Pompée en 64 av. jc. En 63 av. jc, après avoir vaincu le roi Mithridate VI, il transforme le royaume de Syrie en province romaine, mettant ainsi fin à la dynastie séleucide. L’acquisition du territoire n’est cependant pas sa mission originelle. Le gouvernement de cette riche région constitue rapidement un enjeu majeur à Rome. Crassus, qui l’a obtenu, y trouve la mort en tentant une expédition militaire contre les Parthes en 53 av. jc, à Carrhes. Sous Auguste, la province est placée sous l’autorité d’un légat d’Auguste propréteur de rang consulaire, résidant à Antioche, la capitale. Les frontières de la province connaissent à plusieurs reprises des modifications. Le royaume de Judée, devenu province de Judée, est renommé Syrie-Palestine durant le règne de l’empereur Hadrien, mais n’appartient pas à la province de Syrie proprement dite. Les frontières varient aussi avec l’Arabie nabatéenne. La Syrie englobe l’Iturée et le territoire de Palmyre. Si les conquêtes de Trajan sont éphémères, la frontière sur l’Euphrate est durablement déplacée jusqu’à Doura Europos, lors de la guerre parthique de Lucius Verus, entre 161 et 166. À partir de la seconde moitié du 2ème siècle, le sénat romain comprend un nombre important de Syriens, comme Claudius Pompeianus ou Avidius Cassius sous Marc Aurèle. Dans la première moitié du 3ème siècle, des Syriens accèdent au pouvoir impérial, avec la dynastie des Sévères.

[7] La Mésopotamie est une région historique du Moyen-Orient située dans le Croissant fertile, entre le Tigre et l’Euphrate. Elle correspond pour sa plus grande part à l’Irak actuel.

[8] La province romaine d’Arabie ou Arabie pétrée est créée en 106 par la conquête du royaume Nabatéen (dont la capitale est Pétra) qui fut un des derniers royaumes du Moyen-Orient sous protectorat romain. Débouché des caravanes venues du Sud arabique ou du golfe Persique, il occupait une région importante pour les liaisons stratégiques des Romains entre l’Égypte d’une part, la Judée et la Syrie d’autre part.

[9] Ctésiphon est une ancienne ville parthe, située face à Séleucie du Tigre, sur la rive gauche du Tigre, à 30 km au sud-est de la ville actuelle de Bagdad, en Irak. La ville s’étendait sur 30 km².

[10] Nisibe est une ville du sud-est du Kurdistan située dans la province de Mardin, à la frontière turco-syrienne. Elle est un haut-lieu de l’histoire du christianisme de langue syriaque. C’est l’ancienne Antioche de Mygdonie. Elle fut le siège de l’École théologique de Nisibe, une des grandes écoles théologiques des premiers siècles du christianisme, en prenant la suite de l’école d’Édesse dite aussi école des Perses après la fermeture de celle-ci en 489.

[11] Harran ou Carrhes est une ville et un district de Turquie, au sud-est de la Turquie actuelle, au croisement des routes de Damas, de Karkemich et de Ninive. À l’époque de Septime Sévère, devenue colonie romaine, Carrhes posséda des ateliers frappant des monnaies de bronze. Enfin, la ville fut conquise par les Perses en 238, mais reprise par les armées romaines conduites par l’empereur Gordien III au printemps 243.

[12] Homs appelée Émèse dans l’Antiquité, est une ville et un centre industriel et économique syrien de haute importance. Sa situation géographique au centre du pays ainsi que les frontières de son district qui touchent le Liban et l’Irak expliquent cette importance.

[13] Palmyre est une oasis du désert de Syrie, à 210 km au nord-est de Damas. C’est au 1er siècle av jc que la cité est mentionnée dans les sources gréco-romaines. Elle faisait partie d’un réseau marchand reliant la Syrie à la Mésopotamie et à la côte méditerranéenne. La Bible attribue la construction de Palmyre au roi Salomon