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Marcus Claudius Tacite

vendredi 2 avril 2021 (Date de rédaction antérieure : 12 août 2011).

Marcus Claudius Tacite (vers 200-276)

Empereur romain de 275 à 276

Marcus Claudius Tacite Empereur romain de 275 à 276

Issu d’une famille sénatoriale originaire de Terni [1], en Ombrie [2]. De sa carrière nous savons seulement qu’il est consul en 273, et qu’il est un sénateur fort riche.

L’assassinat subit d’Aurélien laissa l’armée dans l’expectative. Les généraux les plus en vue comme Probus sont en mission, la charge d’empereur est une lourde et dangereuse responsabilité, comme le montre le sort tragique des précédents empereurs. Pendant 6 mois, les soldats ne trouvent aucun candidat. Ils finissent par demander au sénat romain la désignation d’un empereur, comme les sénateurs l’ont déjà fait en 98 avec Nerva. Le Sénat offre donc le titre impérial à son président, le princeps senatus [3] Tacite en septembre 275.

Il fait voter par le Sénat la divinisation de son prédécesseur Aurélien, et selon la coutume accorde un donativum [4] à l’armée. Pour renflouer les caisses de l’État, il y transfère toute sa fortune personnelle. Il rétablit aussi certaines attributions dont Gallien avaient privé les sénateurs.

En fin 275 ou début 276, il promeut Probus commandant de l’armée d’Orient, pour assurer la protection de la Syrie [5] et de l’Égypte [6]. Malgré son grand âge, il se met en route pour l’Asie Mineure [7], attaquée par les Goths [8] de la mer Noire [9], qui ont atteint la Cilicie [10]. Il nomme Florien préfet du prétoire [11] avec le commandement de contingents occidentaux. Les Goths sont vaincus, mais au retour il décède à Tyane [12] en Cappadoce, en juin 276.

Florien tente de lui succéder, mais le pouvoir revient logiquement à Probus.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de empereurs romains/ Tacite (M. claudius tacitus)

Notes

[1] Terni est une ville italienne, capitale de la « province de Terni en Ombrie.

[2] Le nom de la région est issu de la tribu des Umbri (Ombriens), un peuple qui a fini par être absorbé par l’expansion romaine. Leur langue était l’Ombrien, une des langues italiques. Les Umbri, comme les tribus voisines sont probablement issus de la culture Terramare et de Villanova d’Italie du nord et centrale, et ont pénétré dans le nord-est de l’Italie au début de l’âge du Bronze. Les Étrusques étaient en conflit avec les Umbri, et l’invasion étrusque est passée de la côte ouest vers le Nord et l’est (700 à 500 av. jc), en poussant les Ombriens vers les hautes terres des Apennins. Néanmoins, la population Ombrienne ne semble pas avoir été éradiquée dans les districts conquis. Après la chute des Étrusques, les Umbri ont tenté d’aider les Samnites dans leur lutte contre Rome (308 av. jc) ; toutefois les communications avec le Samnium ont été entravées par la forteresse romaine de Narni et la grande bataille de Sentinum,(295 av. jc). La victoire romaine de Sentinum, commence une période d’intégration sous les souverains romains, qui a mis en place des colonies (Spolète) et construit la via Flaminia (220 av. jc), qui est devenu le principal vecteur de développement romain en Ombrie. Au cours de l’invasion d’Hannibal de la deuxième guerre punique, la bataille du lac Trasimène a vu les Umbri conserver une certaine neutralité. Pendant la guerre civile romaine entre Marc-Antoine et Octave (40 av. jc), la ville de Pérouse, prise par Antoine fut presque entièrement détruite par ce dernier. Au temps de Pline l’Ancien, 49 communautés indépendantes existent toujours en Ombrie et l’abondance des inscriptions et la forte proportion de recrues dans l’armée impériale atteste de sa population. La région moderne de l’Ombrie, cependant, est très différente de l’Ombrie de l’époque romaine dont l’étendue débutait dans ce qui est maintenant les Marches du Nord, depuis Ravenne, excluait la rive occidentale du Tibre. Pérouse se situait donc en Étrurie, et les environs de Norcia dans le territoire des Sabins. Après l’effondrement de l’Empire romain, les Ostrogoths et les Byzantins ont lutté pour la suprématie dans la région. Les Lombards fondent le duché de Spolète, couvrant la majeure partie de l’Ombrie d’aujourd’hui.

[3] Le « princeps senatus » est le premier membre par préséance du sénat romain. Cette fonction entrée en existence autour de 275 av. jc était, à l’origine, honorifique. Il s’agissait du plus ancien des ex-magistrats présents au Sénat. Sous la République romaine, le princeps senatus n’était pas nommé à vie, mais sélectionné par chaque nouveau tandem de censeurs, c’est-à-dire tous les 5 ans et pouvait toutefois être confirmé pour une période supplémentaire de 5 ans. Sélectionné parmi les sénateurs patriciens jouissant du rang consulaire, généralement d’anciens censeurs, le candidat devait être un patricien respecté de ses collègues sénateurs au passé politique irréprochable. Cette dignité qui conférait un grand prestige et une autorité morale à celui qui en disposait : le privilège de parler le premier au sénat lors des délibérations dont il disposait lui permettait de donner le ton du débat et son avis influait généralement celui des sénateurs qui parlaient après lui et son nom était, à ce titre, inscrit en tête de l’album sénatorial.

[4] Sous l’Empire romain, un donativum est une récompense exceptionnelle accordée à un corps de troupe, généralement équivalente à plusieurs années de solde. Les prétoriens (garde personnelle de l’empereur) reçoivent fréquemment un donativum : lors de l’avènement d’un nouvel empereur, lors d’une naissance ou d’un mariage dans la famille impériale. Les autres corps de troupe (légions, troupes auxiliaires) en reçoivent moins souvent, voire jamais.

[5] La Syrie fut l’une des provinces les plus importantes de l’Empire romain, tant par sa richesse que sur le plan militaire. Étendue de la Méditerranée à l’Euphrate, elle constitua un riche creuset de civilisations, composées entre autres d’Araméens, et de Phéniciens, hellénisés pour la plupart d’entre eux.

[6] La Province romaine d’Égypte s’établit en 30 av. jc. Pour autant, le pays conserve un statut particulier durant tout l’Empire romain en étant un des principaux greniers à blé, ainsi que la source de matériaux utilisés à Rome, tels que le granite, extrait de la carrière de Mons Claudianus, et le porphyre, extrait de Mons Porphyrites, qui transitaient via Coptos. D’autre part, si la religion égyptienne continue de rayonner dans l’ensemble du bassin méditerranéen, le monothéisme gagne le pays, principalement dans la ville d’Alexandrie. Bénéfice non négligeable, la Pax Romana règne durant plusieurs dizaines d’années.

[7] L’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire, mais aujourd’hui elle désigne couramment toute la partie asiatique de la Turquie

[8] Les Goths faisaient partie des peuples germaniques. Selon leurs propres traditions, ils seraient originaires de la Scandinavie. Ils provenaient peut-être de l’île de Gotland. Mais ils pourraient également être issus du Götaland en Suède méridionale ou bien du Nord de la Pologne actuelle. Au début de notre ère, ils s’installèrent dans la région de l’estuaire de la Vistule. Dans la seconde partie du 2ème siècle, une partie des Goths migrèrent vers le sud-est en direction de la mer Noire. Dès le 3ème siècle les Goths étaient fixés dans la région de l’Ukraine moderne et de la Biélorussie où ils furent probablement rejoints par d’autres groupes qui ont été plus ou moins intégrés dans la tribu. Les Goths formaient un seul peuple jusqu’à la fin du 3ème siècle. Après un premier affrontement avec l’Empire romain dans le sud-est de l’Europe au début du siècle, ils se séparèrent en deux groupes : les Greuthunges à l’Est et les Tervinges à l’Ouest qui deviendront par la suite les Ostrogoths ou « Goths brillants », à l’Est, et les Wisigoths ou « Goths sages » à l’Ouest.

[9] La mer Noire est une mer située entre l’Europe et l’Anatolie. Large d’environ 1 150 km d’ouest en est et de 600 km du nord au sud, elle s’étend sur une superficie de 413 000 km². Elle communique au nord avec la mer d’Azov par le détroit de Kertch, et au sud-ouest avec la Méditerranée par le Bosphore, la mer de Marmara et le détroit des Dardanelles. Dans l’Antiquité, les Grecs la désignèrent d’abord par Skythikos Pontos. Les Scythes, peuple de langue iranienne, la désignèrent comme Axaïna, c’est-à-dire « indigo ». Les Grecs quand ses courants et ses vents leur devinrent familiers, la désignèrente comme Pontos Euxeinos, traduit en français par Pont-Euxin.Les Romains l’appelèrent Mare Caecili, terme qui fut traduit par la suite par les bulgares en « mer Cécile ».Au 13ème siècle, elle apparaît sur les portulans génois, dans les chroniques de Wavrin et de Villehardouin sous les noms de mer Majoure c’est-à-dire « grande mer ». Le terme de Noire apparu dans les textes et les cartes à partir du 15ème siècle.

[10] La Cilicie est une ancienne province romaine située dans la moitié orientale du sud de l’Asie Mineure en Turquie. Elle était bordée au nord par la Cappadoce et la Lycaonie, à l’est par la Pisidie et la Pamphylie, au sud par la Méditerranée et au sud-est par la Syrie. Elle correspond approximativement aujourd’hui à la province d’Adana : région comprise entre les monts Taurus, les monts Amanos et la Méditerranée. Vers 27, sous l’empereur Tibère, la Cilicie est rattachée à la province de Syrie. Certaines parties de la région restent néanmoins dirigée par des souverains locaux jusqu’à l’annexion complète par Vespasien en 74. La province est suffisamment importante pour qu’un proconsul y soit nommé.

[11] Le préfet du prétoire (præfectus prætorio) est l’officier commandant la garde prétorienne à Rome, sous le Haut-Empire, et un haut fonctionnaire à la tête d’un groupe de provinces, la préfecture du prétoire, dans l’Antiquité tardive.

[12] Tyane ou Tyana est une cité antique d’Anatolie, dans la Turquie actuelle. Durant l’Antiquité, la ville occupait une position stratégique sur la route de Syrie qui passait par les Portes de Cilicie. La ville fut renommée Antoniana colonia Tyana par Caracalla. Alliée à la reine Zénobie de Palmyre, elle fut prise par Aurélien en 272, qui ne permit pas que ses soldats la pillent : la légende dit qu’Apollonius lui serait apparu et l’aurait supplié de l’épargner. En 371, l’empereur Valens créa une seconde province en Cappadoce, la Cappadocia Secunda, et érigea Tyane en métropole de la nouvelle province. Cette érection provoqua une violente dispute entre l’évêque de Tyane, Anthime, et saint Basile de Césarée, chacun voulant avoir le plus grand nombre possible d’évêchés suffragants.