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Marcus Aurelius Severus Alexander dit Sévère Alexandre

mercredi 16 septembre 2015 (Date de rédaction antérieure : 11 août 2011).

Marcus Aurelius Severus Alexander dit Sévère Alexandre (209-235)

Empereur romain de 222 à 235

Sévère Alexandre Empereur romain de 222 à 235

Né à Arca [1] en Phénicie [2] et nommé Alexianus, il fut élevé par sa grand-mère Julia Mæsa, belle-sœur de Septime Sévère, et par sa mère Julia Mamaea. Il reçu une éducation soignée. Petit neveu de l’empereur Caracalla, il succéda à son Cousin Elagabal. Le nouvel empereur, sous l’influence de sa mère et de sa grand-mère, redonna un rôle important au Sénat dont 12 membres vont former un conseil de régence ou de gouvernement autour de l’empereur. Il s’entoura de conseillers éminents tels les juristes Ulpien qui devint préfet du prétoire [3] ou Papinien, Publius Herennius Dexippus, Modestinus. Il lança une politique d’urbanisation avec la construction de thermes qui s’élevèrent sur le Champ de Mars, installa des paysans soldats pour protéger les frontières avec obligation pour leurs fils de s’engager dans l’armée. La mort de Julia Maesa en 223 affaiblit l’empereur car cette femme avait une influence forte y compris auprès de nombreux officiers.

Les militaires, justement, voient d’un assez mauvais œil le rétablissement d’un régime politique dominé par les civils. Une révolte des prétoriens coûte ainsi la vie à Ulpien, tué sous les yeux de l’empereur, et l’ancien gouverneur de Pannonie [4], l’historien Dion Cassius préfère prendre sa retraite en Bithynie [5] sa province natale.

Mais il ne réussit pas à rétablir un régime civil stable et à rendre au sénat la direction des affaires. En politique étrangère, malgré son aversion pour la guerre, il fut confronté aux Perses. Ceux-ci avaient refait leur unité en 227 sous la conduite du roi Ardachîr 1er et pillèrent la Mésopotamie [6] et la Cappadoce [7] en 231. À la tête d’une armée considérable il entreprend contre les Perses une campagne qui ne sera qu’un demi-succès. Il fut souvent confronté à des révoltes sporadiques de ses troupes qui craignaient son irrésolution. De retour à Rome en 233, il donna des Jeux Persiques qui ne suffirent cependant pas à le rendre populaire.

En 234, il dut accourir sur le Rhin que les Germains venaient de franchir. Répugnant à combattre, il tenta d’acheter la paix à l’ennemi, mais les légions se révoltèrent et le massacrèrent et proclamèrent empereur l’un des siens, Maximin. C’est le début de la période d’anarchie militaire qui durera jusqu’aux règnes d’Aurélien et de Dioclétien.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de histoire de Sévère Alexandre - Empereurs romains/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 1207

Notes

[1] Tell Arqa, `Arqa1 ou Arka est un site archéologique situé près du village de Minyara au Liban à 12 km au nord-est de Tripoli.

[2] Le territoire de la Phénicie correspond au Liban actuel auquel il faudrait ajouter certaines portions de la Syrie et de la Palestine. Les Phéniciens étaient un peuple antique d’habiles navigateurs et commerçants. Partis de leurs cités États en Phénicie, ils fondèrent dès 3000 av jc de nombreux comptoirs en bordure de la Méditerranée orientale, notamment Carthage en 814. Rivaux des Mycéniens pour la navigation en Méditerranée au 2ème millénaire av jc, ils furent d’après ce qu’on en sait les meilleurs navigateurs de l’Antiquité. L’invasion des Peuples de la Mer va ravager les cités phéniciennes, de même que Mycènes et les autres territoires qu’ils traversent, mais c’est ce qui va permettre aux Phéniciens de trouver leur indépendance vis-à-vis des puissances voisines qui les avaient assujettis puisque celles-ci seront elles aussi détruites par ces invasions. La chute de Mycènes en particulier va leur permettre de dominer les mers. Après avoir supporté les assauts des Athéniens, des Assyriens, de Nabuchodonosor puis de Darius III, la Phénicie disparut finalement avec la conquête par Alexandre le Grand en 332 av jc.

[3] Le préfet du prétoire est l’officier commandant la garde prétorienne à Rome, sous le Haut Empire, et un haut fonctionnaire à la tête d’un groupe de provinces, la préfecture du prétoire, dans l’Antiquité tardive.

[4] La Pannonie est une ancienne région de l’Europe centrale, limitée au Nord par le Danube et située à l’emplacement de l’actuelle Hongrie, et partiellement de la Croatie et de la Serbie. Les habitants originaux sont les Pannoniens, qui sont envahis par les Celtes et les Boïens au 4ème siècle av. jc.

[5] La Bithynie est un ancien royaume au nord-ouest de l’Asie Mineure, actuellement situé en Turquie. Située au bord du Pont-Euxin, elle était limitée par la Paphlagonie à l’est, la Galatie et la Phrygie au sud, la Propontide et la Mysie à l’ouest. Les Bithyniens sont, selon Hérodote et Xénophon, d’origine thrace. Ils forment d’abord un État indépendant avant d’être annexés par Crésus, qui ajoute leur territoire à la Lydie. Ils passent ensuite sous domination perse, où la Bithynie est incluse dans la satrapie de Phrygie. Mais dès avant Alexandre le Grand, la Bithynie retrouve son indépendance. Nicomède 1er est le premier à se proclamer roi. Durant son long règne de 278 à 243av jc, le royaume connaît la prospérité et jouit d’une position respectée parmi les petits royaumes d’Asie Mineure. Cependant, le dernier roi, Nicomède IV, échoue à contenir le roi Mithridate VI du Pont. Restauré sur le trône par l’Empire romain, il lègue par testament son royaume à Rome en 74 av jc. La Bithynie devient alors province romaine. Sous Auguste elle devient province sénatoriale en 27av jc puis province impériale en 135.

[6] La Mésopotamie est une région historique du Moyen-Orient située dans le Croissant fertile, entre le Tigre et l’Euphrate. Elle correspond pour sa plus grande part à l’Irak actuel.

[7] La région historique de Cappadoce se trouve au centre de l’Anatolie, en Turquie.