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Ardachîr 1er ou Ardashir

lundi 26 janvier 2015 (Date de rédaction antérieure : 15 août 2011).

Ardachîr 1er ou Ardashir (mort vers 241)

Roi de perse de 224 à 241

Né dans un village proche d’Istakhr [1], fils cadet de Papak , roitelet de Khir, vassal du roi d’Istakhr [2], et d’une certaine Rôdak.

Nommé gouverneur de Darabgerd [3], il se lance vers 211 ou 212 dans une série de guerres contre les roitelets voisins qu’il soumet ou remplace par des hommes à lui. Papak de son côté se révolte contre son suzerain le roi d’Istakhr, le tue et prend le contrôle du royaume.

Papak meurt peu après et Ardashir se retrouve à la tête d’un puissant royaume en Perse, théoriquement vassal du roi des rois Artaban V. Poursuivant l’unification de l’Iran, il fonde sa nouvelle capitale royale à Gur [4] et la nomme Ardashir-Khurreh [5].

Mis en demeure de rentrer dans le rang par le roi des rois Artaban V, il dénonce son allégeance et répond par un défi. La rencontre entre les 2 armées a lieu le 22 ou 28 avril 224 à Hormizdaghan [6]. Secondé par son fils aîné Shapur ou Sapor, il triomphe des Parthes [7] et tue son ancien suzerain Artaban. La plus grande partie de l’aristocratie perse se rallie alors à sa cause.

En 226 il se fait couronner roi des rois à Ctésiphon [8], capitale de l’empire, et prend alors le nom de Dariardashir [9] car il prétend restaurer l’ancien empire des Perses Achéménides, renversé autrefois par Alexandre de Macédoine. Dans cette optique il revendique tout le Proche-Orient jusqu’à la mer Égée, ce qui l’amène à entrer en conflit direct avec l’Empire romain et le royaume d’Arménie dont le roi  [10], parent d’Artaban, tente de rallier les vassaux restés fidèles à la dynastie arsacide.

Malgré une offre de compromis proposée par l’empereur romain Sévère Alexandre, il maintient ses prétentions et la guerre est inévitable. En 232 une grande expédition romaine, soutenue par l’Arménie, pénètre en Médie [11] et en Mésène [12], mais échoue à prendre Ctésiphon et à renverser le nouveau régime. Les Romains se retirent mais Ardashir, affaibli, renoncera dès lors à revendiquer officiellement les provinces romaines d’Orient.

Installant le siège de son pouvoir à Ctésiphon, et construit face à la cité voisine de Séleucie du Tigre [13], autrefois pillée par les Romains, la ville nouvelle de Veh-Ardashir [14]. Il consacre les dernières années de son règne à réformer profondément l’ancien empire des Arsacides, devenu l’empire Sassanide, dans le sens d’une plus grande centralisation.

En 238, profitant sans doute d’une guerre civile chez les Romains, les Perses reprennent l’offensive vers l’ouest et pénètrent peut-être un moment en Syrie.

En 240 la cité arabe de Hatra [15] en Mésopotamie, alliée des Romains, est prise et détruite par son fils et héritier Shapur. C’est sans doute à cette occasion qu’il décide de faire couronner Shapur roi des rois, l’associant ainsi à son pouvoir.

Il meurt peu après, sans doute en 241, laissant à son fils Shapur 1er une situation encore instable, et la perspective d’une nouvelle guerre contre les Romains.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de P. Huyse, La Perse antique, Les Belles-Lettres, Guide des Civilisations, 2005.

Notes

[1] près de Persépolis, en Iran

[2] Istakhr est une ville antique de Perse (Iran) situé dans une vallée à plus de 1 600 m d’altitude. Le site est étroitement lié à celui de Naqsh-e Rostam qui recèle des tombes achéménides et d’importants bas-reliefs sassanides. Au-delà on entre dans la plaine de Marvdasht où se trouve le site de Persépolis, 5 km plus loin.

[3] Darab, Iran

[4] Firuzabad, Iran

[5] la gloire d’Ardashir

[6] dans la région d’Ispahan ou plutôt dans l’Ahwaz, non loin de Suse

[7] La Parthie est une région située au nord-est du plateau iranien, ancienne satrapie de l’empire des Achéménides, berceau de l’Empire parthe qui contrôle le plateau iranien et par intermittence la Mésopotamie entre 190 av.jc et 224 de notre ère. Les frontières de la Parthie sont la chaîne montagneuse du Kopet-Dag au nord, aujourd’hui la frontière entre Iran et Turkménistan, et le désert du Dasht-e Kavir au sud. À l’ouest se trouve la Médie, au nord-ouest l’Hyrcanie, au nord-est la Margiane et au sud-est l’Arie. Cette région est fertile et bien irriguée pendant l’antiquité, et compte aussi de grandes forêts à cette époque.

[8] Ctésiphon est une ancienne ville parthe, située face à Séleucie du Tigre, sur la rive gauche du Tigre, à 30 km au sud-est de la ville actuelle de Bagdad, en Irak. La ville s’étendait sur 30 km².

[9] Darius-Ardashir

[10] Tiridate II

[11] région de Hamadan, Iran

[12] sud de l’actuel Irak

[13] Séleucie du Tigre est une ville antique ruinée située en Irak, en face de Ctésiphon et à 35 kilomètres environ de Bagdad. Elle fut une des plus grandes cités de Mésopotamie à la fin de l’Antiquité, s’inscrivant dans l’histoire entre Babylone et Bagdad. Fondée par le successeur d’Alexandre le Grand, Séleucos 1er Nicator, elle devint rapidement une très grande ville et un centre commercial incontournable. Après son passage dans l’empire des Arsacides, elle resta fortement marquée par ses origines grecques, ce qui lui donnait une place à part dans l’empire et qui ne doit pas cacher le caractère très cosmopolite de l’agglomération.

[14] le Bienfait d’Ardashir

[15] Hadr en Irak