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Sapor 1er ou Shapour

lundi 12 août 2013 (Date de rédaction antérieure : 12 août 2011).

Sapor 1er ou Shapour

Roi sassanide de Perse de 240 à 272

Sapor 1er ou Shapour Roi sassanide de Perse de 240 à 272

Fils et successeur d’Ardachir 1er il fit ses premières armes aux côtés de son père lors de la bataille de Hormizdaghan [1] en 224, au cours de laquelle il renversa la dynastie parthe arsacide. Le 12 avril 240, il est couronné Roi des Rois et règne en association avec son père Ardachîr. En 241, à la mort de ce dernier, il reste seul sur le trône.

Il conforta les frontières orientales de l’empire et se retourna, à l’Ouest, contre la puissance romaine. En 243, il doit affronter une nouvelle expédition romaine conduite par l’empereur Gordien III et son préfet du prétoire Timésithée. Les Perses sont défaits à Rhesaïna [2] mais l’année suivante, en 244, il bat les Romains à Misikhè [3], faisant de nombreux prisonniers et contraignant Gordien à la retraite. L’empereur Philippe l’Arabe dut lui abandonner l’Arménie et la Mésopotamie en 244.

Cette victoire lui permet de consolider son autorité sur la plupart de ses vassaux, et de rallier certains qui soutenaient encore la dynastie arsacide.

Mais il lui faut toujours partir en guerre contre des rebelles, comme en 250 dans le Khorassan [4]. En 252, il fait assassiner le roi d’Arménie Tiridate II , et occupa immédiatement ce royaume où la plupart de l’aristocratie lui fit allégeance, tandis que d’autres vont se réfugier chez les Romains, emmenant avec eux les jeunes princes héritiers Khosrov II et Tiridate III , tout jeunes et derniers survivants de la famille arsacide. Shapur nomme son fils Hormizd roi d’Arménie, dans la tradition remontant au 1er siècle qui veut que le roi d’Arménie soit issu de la famille du Roi des Rois, au pouvoir à Ctésiphon [5].

Réagissant à ce coup de force, les Romains concentrent une armée en Syrie mais Shapur réunit ses vassaux et attaque le premier, avec le soutien de l’Arménie dirigée par son fils Hormizd et de Romains dissidents emmenés par Mariadès, un notable exilé d’Antioche. Il défait l’armée romaine en 252 à Barbalissos [6] sur l’Euphrate, puis à Chalcis [7], ravage toute la Syrie du Nord, et s’arrête devant Antioche où il laisse Mariadès prendre le pouvoir et lui faire allégeance. Odenath, chef des forces romaines installées à Palmyre [8], tente de l’amadouer mais refusa de lui faire formellement allégeance. Shapur ne tentera rien contre lui.

L’année suivante, en 253, il se ravise, fait occuper Antioche, détruit la ville et déporte des milliers de prisonniers civils. Il les installe sur des terres à mettre en valeur où ils créeront de nouvelles villes. En Syrie, il se heurte à la résistance locale et aux débris reformés de l’armée romaine dans la région d’Emèse [9], tandis que le nouvel empereur romain, Valérien, reprend pied à Antioche en 254 et rétablit l’autorité impériale sur les territoires romains. Il se replie sur Ctésiphon, ne conservant que Nisibe [10], ancienne capitale de la Mésopotamie romaine.

En 260 il envahit ce qui restait de la Mésopotamie et de l’Osrhoène [11] romaines, assiégeant Carrhes [12] et Edesse [13]. Valérien ayant réuni une armée importante à Samosate [14] marche contre lui mais fut battu et fait prisonnier et le garda en captivité jusqu’à sa mort. L’armée romaine ne fait rien pour récupérer son empereur et se replie immédiatement sur Emèse [15], laissant sans défense la Syrie du nord et le cœur de l’Asie mineure. Il s’engouffre dans cette brèche et envahit la Syrie et la Cappadoce [16],

Les souverains de Palmyre, alliés de Rome, le refoulèrent et lui reprirent la Mésopotamie en 264.

Il donna à la monarchie sassanide ses caractères définitifs et consacra le mazdéisme [17] religion d’Etat. Il meurt en mai 272, dans sa ville de Bishapour [18] près de Kazerun [19] en Iran. Ses fils Hormizd, Vahram 1er et Narseh lui succédèrent l’un après l’autre.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de herodote/ Couronnement de Sapor 1er/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 1179

Notes

[1] Hormizdaghan est le nom de la plaine, sans doute dans la région de Suse, en Iran, où se déroula le 28 avril 224 une bataille décisive entre le roi parthe arsacide Artaban V et le roi perse sassanide Ardashir, assisté de son fils et héritier Shapur. C’est Ardashir qui fut vainqueur, Artaban V fut tué, ce qui mit fin à la dynastie des Arsacides. Ardashir se fit couronner Roi des Rois deux ans plus tard à Ctésiphon, capitale de l’empire parthe arsacide.

[2] Ras el-Ayn, Irak

[3] Al-Anbar près de Falluja, Irak

[4] Le Khorassan est une région située dans le nord-est de l’Iran. Le nom vient du persan et signifie « d’où vient le soleil ». Il a été donné à la partie orientale de l’empire sassanide. Le Khorassan est également considéré comme le nom médiéval de l’Afghanistan par les Afghans. En effet, le territoire appelé ainsi englobait en réalité l’Afghanistan actuel, le sud du Turkménistan, de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan, ainsi que le nord-est de l’Iran. Dans sa longue histoire le Khorassan a connu de nombreux conquérants : Grecs, Arabes, Turcs, Mongols, etc.

[5] Ctésiphon est une ancienne ville parthe, située face à Séleucie du Tigre, sur la rive gauche du Tigre, à 30 km au sud-est de la ville actuelle de Bagdad, en Irak. La ville s’étendait sur 30 km².

[6] Bâlis, Syrie

[7] Qinnasrin, Syrie

[8] Palmyre est une oasis du désert de Syrie, à 210 km au nord-est de Damas. C’est au 1er siècle av jc que la cité est mentionnée dans les sources gréco-romaines. Elle faisait partie d’un réseau marchand reliant la Syrie à la Mésopotamie et à la côte méditerranéenne. La Bible attribue la construction de Palmyre au roi Salomon

[9] Homs, Syrie

[10] Nisibin, Turquie

[11] L’Osroène est une région du sud-est de l’Asie Mineure, nord-ouest de la Mésopotamie, bornée au nord par les Monts Taurus, au sud et à l’est par le Chaboras, à l’ouest par l’Euphrate, et qui eut pour capitale Édesse. Elle fut de 132 av.jc. à 216 de notre ère un petit royaume indépendant, dont les souverains portaient le plus souvent le nom d’Abgar. Il servit de tampon entre l’Empire romain et celui des Parthes. Ce fut un État important dès le 2ème millénaire av. jc. La région fut conquise par l’empereur romain Trajan.

[12] Harran ou Carrhes est une ville et un district de Turquie, au sud-est de la Turquie actuelle, au croisement des routes de Damas, de Karkemich et de Ninive. À l’époque de Septime Sévère, devenue colonie romaine, Carrhes posséda des ateliers frappant des monnaies de bronze. Enfin, la ville fut conquise par les Perses en 238, mais reprise par les armées romaines conduites par l’empereur Gordien III au printemps 243.

[13] Şanlıurfa (souvent appelée simplement Urfa) est une ville du sud-est de la Turquie. Elle fut d’abord nommée Urhai, puis Édesse (ou Édessa), puis Urfa et aujourd’hui Şanlıurfa ou Riha en kurde. Le nom antique d’Édesse est Osroé, qui provient peut-être du nom du satrape Osroès qui gouverna la région.

[14] Samsat, Turquie

[15] Homs appelée Émèse dans l’Antiquité, est une ville et un centre industriel et économique syrien de haute importance. Sa situation géographique au centre du pays ainsi que les frontières de son district qui touchent le Liban et l’Irak expliquent cette importance.

[16] La Cappadoce est une région d’Asie Mineure située dans l’actuelle Turquie. Elle se situe à l’est de la Turquie centrale, autour de la ville de Nevşehir. La notion de « Cappadoce » est à la fois historique et géographique. Les contours en sont donc flous et varient considérablement selon les époques et les points de vue. Hérodote considérait qu’elle était délimitée par le Taurus, l’Euphrate, le lac Salé et la mer Noire. Aujourd’hui, on désigne généralement par ce nom une région entre Kayseri et Aksaray.

[17] le mazdéisme, est une religion monothéiste, dont Ahura Mazdâ est le dieu. Elle a été créée et prophétisée par Zarathoustra, dont le nom a été transcrit Zoroastre par les Grecs. Elle a été fondée au cours du 1er millénaire av. jc dans l’actuel Kurdistan iranien, et est devenue la religion officielle des Perses sous la dynastie des Sassanides de 224 à 651, jusqu’à ce que la conquête arabe importe l’islam.

[18] Bishapour est une ancienne cité sassanide, à 23 km de Kazerun, dans le Fars, en Iran. La ville se trouvait sur la route reliant les villes d’Istakhr et Ctésiphon. Le site de Bishapour se situe dans une plaine cultivée au bord de la rivière Shapur, juste devant la gorge de Chowgan. Cette gorge étroite donne accès à la vallée de Shapur, de forme ovoïde, fermée par une seconde gorge et offrant ainsi un abri naturel et facilement contrôlable aux habitants de la ville et des environs, ainsi qu’à leurs troupeaux. La ville a été fondée par Shapur Ier, en même temps que sa voisine Kazerun. Il y avait fait auparavant réaliser le premier des bas-reliefs de la gorge de Chowgan. Shapur est alors au sommet de sa gloire après trois victoires sur l’Empire romain, dont la dernière, et la plus brillante, en 260, voit la capture de l’empereur romain Valérien.

[19] Kazerun est une ville de la province du Fars en Iran, située entre Shiraz et Bushehr. Le site archéologique de Bishapour se situe à une vingtaine de kilomètres de la ville.