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Marcus Aurelius Probus dit Probus

dimanche 8 mars 2015 (Date de rédaction antérieure : 11 août 2011).

Marcus Aurelius Probus dit Probus (232-282)

Empereur romain de 276 à 282

Né à Sirmium [1], capitale de la Pannonie [2], fils d’un tribun militaire, réputé honnête d’où son surnom de Probus. Valérien le remarqua et lui confia le commandement d’une légion. En fin 275 ou début 276, Tacite le promeut commandant de l’armée d’Orient, pour assurer la protection de la Syrie et de l’Égypte. À la mort de ce dernier en 276, les légions de Syrie le proclamèrent empereur. Il hérita d’un Empire romain réunifié et continua l’œuvre de sécurisation des frontières et de reconstruction économique entamée par Aurélien.

En 276 et 277, la Gaule était ravagée en profondeur par des raids des Francs et des Alamans [3]. Son armée intercepta ces groupes de Germains à leur retour vers le Rhin, et leur infligea de terribles défaites. En 277 et 278, il poursuit l’intervention romaine au delà du Rhin, et récupère le contrôle des Champs Décumates [4], saillant stratégique entre le Rhin et le Danube perdu en 268 sous Gallien. Il repoussa les Sarmates [5], battit les Isauriens [6], pacifia l’Egypte, protégea la frontière du Rhin contre les Alamans, la Rhétie [7] contre les Vandales [8], cette pacification des frontières s’acheva par la signature d’une trêve avec le roi de Perse Vahram II. Il entra en triomphe à Rome en 281.

Des révoltes locales, sont facilement matées, en 280, Saturninus fut proclamé à Alexandrie. Quand l’armée fidèle à Probus vient assiéger Saturninus à Apamée [9] en Syrie, ce dernier est assassiné par ses soldats qui préfèrent éviter l’affrontement. À Cologne Bonosus qui a laissé les Germains incendier la flotte du Rhin se proclame empereur pour éviter la châtiment de cette faute. Il fut battu et se suicida. En 281, les habitants de Lugdunum [10] proclament le riche propriétaire Proculus. Celui-ci arme 2000 esclaves. Dès que Probus marche sur Lugdunum, Proculus s’enfuit, et se réfugie chez les Francs. Ceux-ci le livrent à Probus, qui le fait exécuter.

Probus prend des mesures d’amélioration économique, il abolit l’édit de Domitien qui interdisait la plantation de nouvelles vignes hors d’Italie, autorisant ainsi l’extension de la production de vin en Espagne et en Gaule.

Il installe sur des terres agricoles abandonnées des petits groupes de Germains. De nombreux Francs et Alamans s’implantèrent aussi comme colons ou comme auxiliaires en Gaule Belgique et le long du Rhin.

Pour remédier à la crise économique et pour ne pas laisser les légions dans le désoeuvrement, il employa celles-ci à la bonification des terres, à l’assèchement des marais, à l’ouverture de routes et de canaux.

En 282, il confie la défense de l’Occident au préfet du prétoire [11] Carus et se met en route vers l’Orient, pour entreprendre la conquête de l’Arménie et de la Mésopotamie contre les Perses. En chemin, il charge les soldats de travaux d’assainissement autour de Sirmium [12]. Lors d’une inspection des travaux les soldats, irrités d’êtres chargés de pareils travaux, s’insurgèrent et le mirent à mort.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article des Empereurs romains, de François Zosso et Christian Zingg, 1995, Éditions Errance/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 1058

Notes

[1] Sirmium, aujourd’hui Sremska Mitrovica, dans la province de Voïvodine, en Serbie était une cité romaine située dans la province de Pannonie. Originellement fondée par les Celtes au 3ème siècle av. jc et conquise par les Romains au 1er siècle av. jc, elle fut la capitale économique de la province de Pannonie et l’une des quatre capitales de l’Empire romain au temps de la Tétrarchie.

[2] La Pannonie est une ancienne région de l’Europe centrale, limitée au Nord par le Danube et située à l’emplacement de l’actuelle Hongrie, et partiellement de la Croatie et de la Serbie. Les habitants originaux sont les Pannoniens, qui sont envahis par les Celtes et les Boïens au 4ème siècle av. jc.

[3] Les Alamans ou Alémans étaient un ensemble de tribus germaniques établies d’abord sur le cours moyen et inférieur de l’Elbe puis le long du Main, où ils furent mentionnés pour la première fois par Dion Cassius en 213. Ces peuples avaient pour point commun de rivaliser avec les Francs, sans doute à l’origine un autre regroupement d’ethnies établies plus au nord sur la rive droite du Rhin. Le royaume alaman désigne le territoire des Alamans décrit à partir de 269.

[4] Les champs Décumates constituaient l’extrême sud-ouest de la Germanie, entre Rhin, Main et Danube. Ce territoire correspond approximativement à l’actuel Bade-Wurtemberg.

[5] Les Sarmates sont un ancien peuple scythique de nomades des steppes, appartenant sur le plan ethno-linguistique au rameau iranien septentrional du grand ensemble indo-européen. Ils étaient établis à l’origine entre le Don et l’Oural. C’est aux 3ème et 2ème siècles av. jc que les Sarmates supplantent ces derniers en Ukraine. Leur poussée vers l’ouest se poursuit jusqu’au 1er siècle. À partir du 1er siècle av. jc, alors qu’ils dominent la steppe européenne, les Iazyges, les Urges, les Roxolans et les Scythes royaux, qui reconnaissaient l’autorité d’un roi, vont former une coalition. Des lanciers sarmates sont recrutés par Rome au cours du 2èmesiècle. L’intégration de ces unités auxiliaires se traduit par l’adoption de l’armement et des techniques militaires steppiques ainsi que par la création d’unités spécialisés. À partir du 3ème siècle une partie des Sarmates fut soumise aux Goths. Dès lors, ils font partie d’une coalition de peuples germaniques et non-germaniques, connue sous le nom de culture de Tcherniakov. À la fin du 4ème siècle, sous la pression des Huns certains groupes de Sarmates prirent part aux migrations et s’installèrent sur le territoire romain.

[6] L’Isaurie est une ancienne région d’Asie Mineure, située entre la Phrygie au nord, la Cilicie au sud, la Lycaonie à l’est et la Pisidie à l’ouest. Elle était située sur ce qui forme maintenant les monts Taurus en Turquie. Région rebelle à l’autorité grecque d’Alexandre le Grand, des Séleucides et du royaume de Pergame, l’Isaurie est conquise en 76 av jc par le Romain Publius Servilius Vatia Isauricus et fut définitivement incorporée à l’Empire romain en 279/280, sous Probus. Héritée par l’Empire byzantin, dont elle devient une région frontalière avec le monde musulman, elle est le berceau des empereurs byzantins Zénon et Léon III. Elle est conquise par les Turcs Seldjoukides au 11ème siècle et fait successivement partie des sultanats de Roum, de Karaman et de l’Empire ottoman.

[7] La Rhétie encore appelée Rhétie-Vindélicie est une province de l’Empire romain, limitée au nord par le Danube, à l’est par le cours de l’Inn et la province de Norique, à l’ouest par la Germanie supérieure, au sud la Gaule cisalpine. Elle couvre la partie de la Bavière au sud du Danube, l’est de la Suisse, de la source du Rhin au lac de Constance, et le Tyrol autrichien. Avant la conquête romaine, le Tyrol était occupé par les Rhètes, et la Bavière par les Vindéliciens.

[8] Les Vandales sont un peuple germanique oriental. Lors des Grandes invasions du 5ème siècle, leur migration les conduisit successivement en Gaule, Galice et Bétique en Espagne, Afrique du Nord puis dans les îles de Méditerranée occidentale Ils fondèrent également le « royaume vandale d’Afrique », ou « royaume de Carthage » L’origine des Vandales est scandinave. Les Sillings seraient originaires du Nord du Jutland, les Hasdings du golfe d’Oslo qu’ils quittent pour le Jutland également : ils sont mentionnés pour la première fois par Tacite. Entre le 1er et le 3ème siècle, ils sont établis en Germanie orientale, dans une région située entre la Vistule et l’Oder, au bord de la mer Baltique.

[9] Apamée, actuellement Qal`at al-Madhīq est un site archéologique en Syrie, située près de l’Oronte, à 55 km au nord-ouest de Hama. Elle se situe en bordure d’un plateau, à l’est du Ghāb, sur une éminence qui domine une vaste plaine fertile. Elle présente le type habituel d’urbanisme colonial qui se caractérise par un plan régulier à damier, avec des îlots rectangulaires, à l’intérieur d’une immense enceinte. La ville connut un brusque développement au 2ème siècle av. jc, signe d’accroissement démographique et de prospérité. On construisit alors un mur d’enceinte de près de 7 km de circonférence, et on prolongea la grande colonnade avec des portiques et des boutiques construites au-delà de la porte nord.

[10] Lugdunum est le nom gallo-romain d’origine celtique de l’actuelle ville de Lyon, fondée officiellement en 43 av.jc, capitale des Gaules à partir de 27 av.jc, par Lucius Munatius Plancus. Cependant, le site est occupé de façon continue depuis le 6ème siècle av. jc, soit bien avant l’arrivée des Romains. Ceux-ci établissent leur colonie au sommet de la colline de Fourvière, mais la cité va largement déborder du site initial et occuper les pentes de la colline de la Croix-Rousse et la presqu’île actuelle.

[11] Le préfet du prétoire est l’officier commandant la garde prétorienne à Rome, sous le Haut Empire, et un haut fonctionnaire à la tête d’un groupe de provinces, la préfecture du prétoire, dans l’Antiquité tardive.

[12] Sirmium, aujourd’hui Sremska Mitrovica, dans la provicnce de Voïvodine, en Serbie était une cité romaine située dans la province de Pannonie. Originellement fondée par les Celtes au 3ème siècle av. jc et conquise par les Romains au 1er siècle av. jc, elle fut la capitale économique de la province de Pannonie et l’une des 4 capitales de l’Empire romain au temps de la Tétrarchie.