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Cassandre de Macédoine

mercredi 15 janvier 2014 (Date de rédaction antérieure : 24 juillet 2011).

Cassandre de Macédoine (vers 358-297 av.jc)

Roi de Macédoine de 305 à 297

Cassandre de Macédoine Roi de Macédoine de 305 à 297Fils aîné du général macédonien Antipater, qui aida Alexandre le Grand à monter sur le trône de Macédoine à la mort de son père, Philippe II, en 336. Après la mort d’Alexandre, en 323 il est mêlé aux luttes pour le pouvoir des diadoques [1].

Il fut chargé de la régence de la Macédoine ainsi que de la Grèce en 334, durant les conquêtes de l’empire perse par Alexandre. Ses pouvoirs sont alors très étendus et il apparaît de fait comme le souverain aux yeux des Grecs. D’abord très proche d’Olympias, la mère d’Alexandre, il aida à l’accession au trône d’Alexandre en 336, il s’attira vite la méfiance de cette dernière qui voit d’un mauvais oeil ses excès d’orgueil et qui lui reproche d’étaler publiquement son scepticisme vis à vis de la politique conquérante de son fils. Celle-ci envoie de nombreuses lettres à son fils, Alexandre, dans lesquelles elle dénonce l’attitude indigne d’Antipater. Devant l’insistance de sa mère, Alexandre appelle Antipater à Babylone, afin qu’il puisse rendre compte de son attitude, mais celui-ci refuse et choisit d’envoyer son fils Cassandre, plaider sa cause.

Il rejoint Alexandre à Babylone en 324, soit quelques mois seulement avant la mort d’Alexandre, accompagné de son frère, Lolas. La coïncidence entre leur arrivée tardive et la mort brutale du roi alimente rapidement les suspicions quant à leur implication dans ce décès. Alexandre souhaitait en effet relever Antipater de ses fonctions et le voir remplacer par Cratère, un de ses fidèles.

Par ailleurs, Lolas était l’échanson d’Alexandre, c’est à dire l’officier chargé de servir à boire au roi, ce qui lui donnait nombre d’opportunités d’empoisonner le roi. La mort de Perdiccas en 321, conduit à une nouvelle répartition des postes. A la mort d’Alexandre, il avait été chargé de la tutelle des rois. Aussi, en 321, c’est à Antipater que revient cette nouvelle charge.

En temps que régent de Macédoine, il confie à Antigone, lui aussi ancien général d’Alexandre, le poste de “stratège d’Asie” alors que Cassandre lui est adjoint comme second et nommé chiliarque [2] de la cavalerie. Cassandre, qui n’accepte pas d’être ainsi placé au second rang, entre en conflit avec Antigone. Bien que les préférences d’Antipater aillent vers Antigone plutôt que vers son fils, il se laisse convaincre par ce dernier de revenir en Macédoine accompagné d’Alexandre, le jeune fils d’Alexandre le Grand, plutôt que de le laisser sous la tutelle d’Antigone, marquant ainsi sa défiance alors que la charge de la tutelle du jeune roi était censé revenir à Antigone.

Antipater prend soin d’établir un testament avant sa mort dans lequel il nomme Polyperchon, l’aîné des généraux macédoniens, à sa succession. Ce choix conduit à l’éviction volontaire et réfléchie de Cassandre, suivant ainsi la tradition qui veut que l’on confie la régence au stratège [3] le plus expérimenté.

Antipater meurt en 319, à 78 ans. Cassandre, placé sous la subordination de Polyperchon, refuse de se soumettre et revendique l’héritage de son père. Désireux de s’approprier l’héritage dont son père l’avait délibérément évincé, il obtient le soutien de Ptolémée, le satrape [4] d’Egypte. Ptolémée vient de s’emparer de la Syrie Phénicie face à Laomédon, qui avait pourtant été choisi pour cette tâche par le pouvoir central, Ptolémée est donc en difficulté avec Polyperchon. Antigone rejoint l’alliance alors qu’il est en conflit contre Eumène de Cardia, qui lui a le soutien de Polyperchon.

Face à cela, Polyperchon cherche de nouveaux appuis et promulgue un édit, en 318, dans lequel il proclame la liberté des Grecs, il annonce par ailleurs sa volonté de retourner aux institutions du temps de Philippe et d’Alexandre. De plus, Polyperchon reconnaît les difficultés auxquelles les Grecs ont été soumis, mais en retourne la responsabilité aux partisans de l’oligarchie, alors que Cassandre avait accordé son soutien à ces derniers.

Cet édit met en difficulté Phocion, le chef de la faction oligarchique d’Athènes ainsi que Nicanor, le frère de Cassandre, chargé de diriger la garnison macédonienne d’Athènes. Nicanor qui cherche à s’emparer du Pirée est battu par Alexandros, le fils de Polyperchon, qui lui aussi souhaitait mettre la main sur cette région. Cette victoire sur l’oligarchie est de courte durée, rapidement Cassandre s’empare du Pirée, malgré une armée peu conséquente. Polyperchon qui voit son prestige s’amoindrir choisit de se concentrer sur la cité de Mégalopolis [5], qui refuse d’appliquer son édit. C’est une nouvelle défaite pour Polyperchon, de plus en plus affaibli. De plus, Cassandre bénéficie en 317 de l’élection de Démétrios de Phalère comme “archonte décennal”, qui choisit d’instaurer une oligarchie modérée à Athènes et accepte de s’allier avec lui.

S’il n’a pas le contrôle à proprement parler d’Athènes, il n’en a pas moins gagné l’alliance que convoitait Polyperchon pour cette cité. C’est donc en bénéficiant d’une grande popularité qu’il rentre en Macédoine et obtient facilement les faveurs d’Eurydice, la reine de Macédoine en attendant la majorité du jeune Alexandre IV. Il se fait rapidement proclamer régent, alors que Polyperchon est déchu de ce titre et qu’Eurydice lui ordonne de rendre son armée à Cassandre.

Il marche donc contre Polyperchon en 317. Polyperchon appelle à l’aide Olympias, la mère d’Alexandre le Grand. Celle-ci profite de l’absence de Cassandre en Macédoine et s’empare de Philippe III, sans cependant qu’il n’y ait de réels combats, les soldats macédoniens renonçant à s’attaquer à la mère d’Alexandre le Grand. Elle le fait exécuter et contraint Eurydice, sa femme, au suicide. Olympias fait également exécuter 100 de leurs partisans, dont Nicanor, le frère de Cassandre. Celui-ci apprend la nouvelle alors qu’il combat à Tégée et, alors que ses officiers poursuivent les combats contre Polyperchon, il fait assiéger Pydna, où Olympias s’est réfugiée. Par crainte de l’influence encore forte de la reine mère, notamment face aux soldats macédoniens, qui ont renoncé à la combattre, il la fait exécuter en 316. il s’empare ensuite d’Alexandre IV et de sa mère, Roxane, et entre dans la dynastie d’Alexandre en épousant Thessaloniké .

En 316, il est régent de Macédoine et bénéficie d’un appui considérable en Grèce. Parallèlement à cela, Antigone se lance en conquête pour étendre au mieux son pouvoir sur l’Asie. Bien qu’il n’ait pas le titre de souverain, il agit comme tel et parvient à écarter les divers satrapes qui lui font face pour les remplacer par ses propres hommes, notamment en écartant Peucestas , un de ses fidèles, qui pourtant était à l’origine de sa victoire récente sur Eumène, mais qui bénéficiait d’une trop grande popularité. Sa puissance grandissante commence à inquiéter ses alliés, surtout qu’Antigone vient de mettre la main sur un trésor considérable à Kyinda, en Cilicie, s’imposant ainsi comme le plus riche et le plus puissant des diadoques.

Une coalition s’engage contre Antigone regroupant Cassandre, Lysimaque et Ptolémée. Les 3 hommes réclament un nouveau partage des satrapies, la Lycie [6] et la Cappadoce [7] pour Cassandre, la Phrygie [8] hellespontique pour Lysimaque, la Syrie pour Ptolémée. Antigone, qui est âgé de 68 ans environ, s’apprête à entrer en guerre. Il s’allie à Polyperchon et son fils Alexandros, qui se sont repliés sur des terres du Péloponnèse ainsi qu‘avec Eacides, roi d’Épire, un cousin d’Olympias, hostile à Cassandre. Enfin, il s’allie avec les partisans de la démocratie en Grèce, puisque Cassandre s’appuie sur la faction oligarchique d’Athènes pour gouverner.

C’est dans ce contexte de friction qu’Antigone établit la proclamation de Tyr, en 315 av.jc, à l’encontre de Cassandre. Il l’accuse de maintenir prisonniers à Amphipolis [9] Roxane , ainsi que le jeune roi Alexandre, mais aussi d’avoir contraint Thessaloniké au mariage, enfin il l’accuse ouvertement du meurtre d’Olympias, dénonçant un procès bâclé ainsi que l’hypocrisie de Cassandre, qui avait promis à la reine mère de l’épargner si elle se rendait, ce à quoi elle s’était résignée. Antigone profite de cette proclamation pour s’auto proclamer régent. Les combats commencent en Grèce en 315. Il engage le combat contre Polyperchon et son fils, Alexandros, dans le Péloponnèse. Alexandros fut rapidement massacré par les démocrates de Sicyone [10]. Polyperchon, affaibli, choisit de se rallier à la cause de Cassandre. En 314, il gagne plusieurs victoires et reprend les cités de Leucade [11], d’Appllonie [12] et d’Epidamme. Mais Télesphore débarque en Grèce en 314 qui vient apporter son soutien à Antigone. Celui-ci bénéficie du soutien d’îles de la mer Egée et remporte plusieurs succès en 313, mais Cassandre parvient notamment à écraser les Épirotes. La victoire de Cassandre fut de courte durée alors qu’en 313, un autre neveu d’Antigone intervint en Grèce, Polémée, qui parvint à prendre la Grèce à Cassandre. Très affaiblis, Cassandre et Lysimaque acceptèrent le traité de paix qu’Antigone leur proposa en 312, alors que la guerre se poursuivait en Asie entre Antigone et Ptolémée.

Un traité de paix est signé en 311 entre tous les diadoques, épuisés par les 4 ans de guerres qui viennent de s’écouler. Il établit que chacun d’entre eux garde ses possessions et que l’on accorde aux Grecs leur liberté. Antigone fut par ailleurs nommé stratège d’Asie, alors que Cassandre obtient le titre de stratège d’Europe, tout en gardant la tutelle du roi.

La majorité du jeune roi approchant marque une menace forte pour l’ensemble des diadoques. Or, le traité de 311 garantit à Cassandre de conserver le titre de stratège d’Europe jusqu’à la majorité du fils d’Alexandre le Grand. Cette garantie est une condamnation indirecte du jeune roi qui est assassiné en 310, ainsi que sa mère, Roxane.

Parallèlement, Polyperchon entre de nouveau en conflit contre Cassandre. Il prend sous sa protection le jeune Héraclès, le second fils d’Alexandre. Cassandre ne fait pas le poids face à l’armée de 20 000 hommes levée par Polyperchon, aussi plutôt que de s’engager dans un combat perdu d’avance, Cassandre propose à Polyperchon un partage de la Grèce et le jeune Héraclès est assassiné.

En 307, Cassandre avait repris l’offensive en Grèce, afin de se réapproprier l’ensemble du territoire qu’il avait accepté de partager avec Polyperchon. Démétrios, le fils d’Antigone, met alors fin au siège de Rhodes, pour se concentrer sur Athènes. Polyperchon quant à lui, parvient à récupérer l’emprise qu’il avait perdue sur le Péloponnèse. En 304, il parvient enfin à repousser les Etoliens, mais sa victoire est de courte durée puisqu’il fait face à l’arrivée de Démétrios, qui vient de finir le siège de Rhodes et le repoussa jusqu’aux Thermopyles. Il est alors littéralement dépouillé de son royaume. Il perd Sicyone et Corinthe alors que Démétrios parvient également à prendre le Péloponnèse, affirmant son pouvoir en Méditerranée. La montée en puissance de Démétrios fait peur aux diadoques qui, plus par stratégie que par bonté d’âme, apportent leur soutien à Cassandre en montant une nouvelle coalition contre Antigone. Celle-ci regroupe alors Séleucos, roi de Syrie, Lysimaque, Ptolémée et Cassandre et met fin à la nouvelle avancée d’Antigone qui meurt durant la bataille d’Ipsos, en 301. Cette bataille est décisive puisqu’elle entraîne le démembrement définitif du royaume d’Alexandre le Grand. Les vainqueurs se partagent le royaume d’Antigone, Ptolémée en Coelé-Syrie, Cassandre se maintient en Macédoine et en Grèce, Lysimaque annexe une partie de l’Asie mineure à son royaume, quant à Séleucos, le grand vainqueur de la bataille, il obtient la partie orientale de la Syrie, enfin, Démétrios, qui réussit à sortir vivant des combats, obtient quelques places fortes, notamment en Phénicie [13].

La grande Alliance qu’avait entraînée l’avancée dangereuse d’Antigone ne dura pas, notamment entre Ptolémée et Séleucos qui se disputèrent la Syrie. Séleucos choisit alors de s’allier à Démétrios et celui-ci, fort de cette nouvelle alliance choisit de s’emparer de la Cilicie [14], alors aux mains de Pleistarchos, un frère de Cassandre. Cassandre en profite pour jouer les médiateurs et offre la Cilicie à Démétrios en échange de l’assurance de ne pas le voir envahir la Grèce. Cette assurance le renforça considérablement dans sa position de roi de Macédoine, mais Cassandre meurt peu de temps après, en 297, alors qu’il venait de gagner une victoire contre les Celtes en Grèce. A sa mort, son fils Philippe IV lui succède brièvement et se sont ses 2 autres fils, Antipater II Étesias et Alexandre V de Macédoine, qui se déchirèrent une nouvelle fois le royaume.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Alexandre le grand /joomla/personnage/ biographie/ Cassandre/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 217

Notes

[1] En grec ancien diádokhos, qui veut dire successeur . C est le nom donné aux généraux successeurs d Alexandre le Grand, qui se partagèrent son empire à sa mort en 323 av jc.

[2] chef de la cavalerie des Compagnons et équivalent du vizir achéménide

[3] Un stratège est un officier militaire supérieur. Il peut également être un membre du pouvoir exécutif d’une cité grecque, qu’il soit élu ou coopté.

[4] Un satrape est le gouverneur d’une satrapie, c’est-à-dire une division administrative de l’Empire perse.

[5] Mégalopolis ou Megalópoli est une ville de Grèce, dans le Péloponnèse, dans la vallée de l’Alphée, capitale du dème homonyme. Elle fut fondée entre 371 et 368 avant notre ère par Épaminondas pour surveiller Sparte, et fut le siège de la ligue arcadienne. En 331 av.jc, Agis III, roi de Sparte, fut tué lors de la première bataille de Mégalopolis, qui l’opposa à Antipater, un général d’Alexandre le Grand.

[6] La Lycie est située au sud de la Lydie, bordée à l’est par la Pamphylie, au nord par la Phrygie et la Carie et au sud et à l’ouest par la mer Méditerranée. La région est essentiellement montagneuse, les plaines côtières sont rares et la culture se fait surtout dans l’arrière pays. La Lycie ne possède qu’un seul fleuve, le Xanthos ou Xantos. La région est peuplée dès le 3ème millénaire, mais nous n’avons à ce jour que très peu de connaissance sur le début de son histoire. Elle est mentionnée ensuite dans les textes hittites du 15ème siècle av. jc, puis après, beaucoup plus tard, lors de la domination Perse Achéménide.

[7] Région d’Asie Mineure située dans l’actuelle Turquie. Elle se situe à l’est de la Turquie centrale, autour de la ville de Nevşehir.

[8] La Phrygie est un ancien pays d’Asie Mineure, situé entre la Lydie et la Cappadoce, sur la partie occidentale du plateau anatolien. Les Phrygiens sont un peuple indo-européen venu de Thrace ou de la région du Danube. Ils ont occupé vers 1200 av.jc la partie centrale et occidentale de l’Asie Mineure, profitant de l’effondrement de l’Empire hittite.

[9] Amphipolis est une cité grecque de la région des Édoniens en Macédoine orientale. Elle occupe un haut plateau sur la rive est d’une boucle du Strymon, à 4 km au nord de son embouchure dans la mer Égée au niveau du Golfe Strymonique. Fondée en 437 av. jc, elle fut abandonnée au 8ème siècle de notre ère.

[10] Sicyone était une cité grecque du Péloponnèse, située sur un plateau, non loin du golfe de Corinthe. Elle était réputée être l’une des plus anciennes cités de Grèce. Elle était connue auparavant sous les noms d’Égialée, puis de Méconé. C’est là que l’on plaçait le théâtre de l’invention du sacrifice par Prométhée. Son héros éponyme, Égialée, passait selon les versions pour le fils du dieu fleuve Inachos ou pour un autochtone. Sicyone fut fondée par les Ioniens au 20ème siècle av. jc. Elle fut prise lors de l’invasion des Doriens, et passa sous tutelle d’Argos. Elle atteint son apogée au 7ème siècle av. jc, sous une lignée de tyrans anti-Doriens. Parmi ceux-ci figurait Clisthène, grand-père du Clisthène qui réforma Athènes. Sicyone devint rapidement un grand centre culturel, notamment dans le domaine de la sculpture. Ses ateliers de bronze et de céramique étaient très réputés. Son école de sculpture forma tout au long de l’Antiquité de grands artistes comme Lysippe, Polyclète ou Scopas. C’est même dans cette cité que, pensaient les Grecs, la peinture avait été inventé. Après la chute des tyrans, la prospérité continua jusqu’à la fin du 6ème siècle av. jc. Sicyone tomba alors dans l’orbite de Sparte. Elle participa à la ligue du Péloponnèse contre Athènes dans la guerre du Péloponnèse. Ceci fut cause de sa prise par les Thébains en 369 av. jc. Elle fut détruite pendant l’époque hellénistique par Démétrios Poliorcète en 303 av.jc, et rebâtie non loin de là.

[11] Leucade est une île ionienne (Grèce). L’île fut occupée dès le néolithique. Les Corinthiens ont colonisé l’île au 7ème siècle av. jc et fondèrent une nouvelle ville : Lefkas, la capitale d’aujourd’hui. En 650, ils commencèrent la construction d’un pont pour unir l’île à la Grèce continentale. À cette époque, l’île était composée de plusieurs cités autonomes. L’île de Leucade participa aux Guerres Perses : elle envoya 3 navires et 800 hommes à la bataille de Salamine en 480 av. jc. De 431 à 404 av. jc, Leucade est venue en aide à Corinthe, durant la guerre du Péloponnèse. En 343 av. jc, aux côtés d’Athènes, l’île se battit contre les Macédoniens de Philippe II. Suite à la défaite d’Athènes, Leucade passa sous la domination du Royaume de Macédoine. Elle passa ensuite sous celle de Pyrrhus. En 198 av. jc, Leucade a été envahie par les Romains et elle devint une province romaine de Nicopolis d’Épire.

[12] Apollonie d’Illyrie (en Albanie), aussi appelée Apollonia, était située sur la rive droite de la Vjosa, près de l’actuel village de Pojani. La ville a été fondée en 588 av.jc par des colons grecs de Corfou et Corinthe, sur un site qui semble avoir été auparavant un lieu de cohabitation entre les autochtones Taulantes et des colons grecs. Selon la légende, la ville s’appelait à sa fondation Gylaceia, avant que son nom ne soit changé en hommage au dieu Apollon, son fondateur « légendaire ». La cité a été un temps la possession de Pyrrhus d’Épire avant de tomber dans le giron de la République Romaine en 229 av. jc à laquelle elle demeura loyale et en fut notamment récompensée lors de la défaite en 168 av .jc de Gentius, dernier roi d’Illyrie. En 148 av.jc Apollonie fut intégrée à la province romaine de Macédoine, avant d’être rattachée à celle d’Épire. Lors de la guerre civile opposant Pompée à Jules César, elle prit position pour ce dernier, mais tomba contre Marcus Junius Brutus en 48 av.jc, allié de Pompée. Le futur empereur romain Auguste étudiait à Apollonie en 44 av.jc sous la tutelle d’Athénodore le Cananite lorsqu’il apprit la nouvelle de l’assassinat de César.

[13] Le territoire de la Phénicie correspond au Liban actuel auquel il faudrait ajouter certaines portions de la Syrie et de la Palestine. Les Phéniciens étaient un peuple antique d’habiles navigateurs et commerçants. Partis de leurs cités États en Phénicie, ils fondèrent dès 3000 av jc de nombreux comptoirs en bordure de la Méditerranée orientale, notamment Carthage en 814. Rivaux des Mycéniens pour la navigation en Méditerranée au 2ème millénaire av jc, ils furent d’après ce qu’on en sait les meilleurs navigateurs de l’Antiquité. L’invasion des Peuples de la Mer va ravager les cités phéniciennes, de même que Mycènes et les autres territoires qu’ils traversent, mais c’est ce qui va permettre aux Phéniciens de trouver leur indépendance vis-à-vis des puissances voisines qui les avaient assujettis puisque celles-ci seront elles aussi détruites par ces invasions. La chute de Mycènes en particulier va leur permettre de dominer les mers. Après avoir supporté les assauts des Athéniens, des Assyriens, de Nabuchodonosor puis de Darius III, la Phénicie disparut finalement avec la conquête par Alexandre le Grand en 332 av jc.

[14] La Cilicie est une ancienne province romaine située dans la moitié orientale du sud de l’Asie Mineure en Turquie. Elle était bordée au nord par la Cappadoce et la Lycaonie, à l’est par la Pisidie et la Pamphylie, au sud par la Méditerranée et au sud-est par la Syrie. Elle correspond approximativement aujourd’hui à la province d’Adana : région comprise entre les monts Taurus, les monts Amanos et la Méditerranée. Vers 27, sous l’empereur Tibère, la Cilicie est rattachée à la province de Syrie. Certaines parties de la région restent néanmoins dirigée par des souverains locaux jusqu’à l’annexion complète par Vespasien en 74. La province est suffisamment importante pour qu’un proconsul y soit nommé.