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Ptolémée 1er Sôter

vendredi 15 novembre 2013, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 23 juillet 2011).

Ptolémée 1er Sôter (367 av jc-283 av jc)

Roi d’Egypte de 305 av jc à 283 av jc

Buste de Ptolémée 1er Sôter, roi d'Égypte de 305 à 282 av. jc et Fondateur de la dynastie des Ptolémées. L'identification repose sur des monnaies frappées à son effigie. Musée du Louvres Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines,

Né en macédoine, fils de Lagos, noble Macédonien, Ami d’enfance d’Alexandre, il en devient l’un des gardes du corps et des plus proches lieutenants. Son ascension est autant due à ses valeurs militaires qu’à son amitié avec Alexandre. Il s’occupa du siège d’Halicarnasse [1] en l’absence d’Alexandre. Au partage de Babylone qui suit la mort d’Alexandre en 323 av jc, il reçoit la riche satrapie d’Égypte au nom des rois Philippe III et Alexandre IV.

Général d’Alexandre il le suivit en Asie et fut un des 3 officiers qui lui sauvèrent la vie chez les Oxydraques [2]. A la mort d’Alexandre en 323 av jc, il reçut l’Egypte et établit sa capitale à Alexandrie, ou il installa le tombeau de son ancien maître. Après avoir éliminé le satrape Cléomène, qu’on lui avait donné comme adjoint, il s’allia aux autres diadoques [3], contre Perdiccas, qui trouva la mort en envahissants l’Egypte en 321 av jc. Entre 319 et 318 av jc, il s’empare de la Syrie puis se retire face à l’avancée d’Antigone.

En 312 av jc, il battit le fils d’Antigone, Démétrios Poliorcète, à Gaza, et s’empara de la partie méridionale de la Syrie. En 308 av jc, il mène une campagne mitigée en Grèce continentale contre les possessions de Cassandre.

Il reçoit l’épithète de Sôter [4] par les Rhodiens auxquels il porte secours en 305 av jc alors qu’ils étaient assiégés par la flotte de Démétrios. Puis il se fait proclamer pharaon en 305-304. En 302, Lysimaque, Séleucos et Ptolémée se liguent contre Antigone.

Dès cette époque, il inaugura un impérialisme maritime dont la 1ère tentative fut brisée par le désastre de sa flotte à Salamine de Chypre [5] en 306 av jc. La bataille d’Ipsos [6] et la mort d’Antigone en 301 av jc lui permirent en quelques années de 300 à 294 av jc d’établir la domination égyptienne sur la Palestine, le Coelé Syrie [7], Chypre et de s’étendre vers l’Ouest en Libye et en Cyrénaïque.

D’Alexandrie, il commença à faire la plus belle ville de l’Orient hellénistique, y attira des lettrés et des savants grecs et fonde une colonie de vétérans à Ptolémaïs [8], au sud de Memphis [9]. Il poursuit la construction du phare qu’il relie à la terre. En 288, il lance la construction de la bibliothèque d’Alexandrie, qui fait partie du Museion, le Temple des Muses, comprenant l’université d’Alexandrie, une des premières de l’histoire, et une Académie, où se donnent rendez-vous les poètes, scientifiques et artistes invités par les Ptolémées. Il accueille à sa cour des historiens, tels que Clitarque, afin de glorifier la mémoire d’Alexandre et d’asseoir son prestige.

Il met en place une administration efficace combinant le rationalisme grec et la tradition égyptienne. Enfin, il fait restituer au clergé égyptien les statues des dieux, le mobilier et les livres précédemment volés dans les temples par Xerxès 1er et récupérés depuis la conquête macédonienne. Et pour marquer son appartenance aux coutumes égyptiennes, il fait célébrer sa fête-Sed et lance un programme de restauration et de constructions de temples de tradition égyptienne.

En 285 av jc, ayant écarté son fils aîné Ptolémée Kéraunos, il associa au trône Ptolémée II Philidelphe, le fils qu’il avait eu de sa 2ème épouse, Bérénice, et mourut 2 ans plus tard. Il est le fondateur de la dynastie lagide.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de encyclopédie/universalis / ptolemee 1er soter/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 1070

Notes

[1] Halicarnasse est une ancienne ville d’Asie Mineure sur la mer Égée, dans l’ancienne province de Carie, dont le site est actuellement occupé par la ville de Bodrum, au sud-ouest de la Turquie.

[2] Anciens peuples des Indes. Ils étaient voisins des Maliens et entrèrent avec eux et les Cathaeens, dans une confédération contre Alexandre ; mais ce prince ayant vaincu les Cathaeens et les Maliens, les Oxydraques se soumirent à lui.

[3] En grec ancien diádokhos, qui veut dire successeur . C est le nom donné aux généraux successeurs d Alexandre le Grand, qui se partagèrent son empire à sa mort en 323 av jc.

[4] le sauveur

[5] Salamine de Chypre est une ancienne cité-État de l’Île de Chypre. Pnytagoas combattra aux côtés d’Alexandre le Grand lors du siège de Tyr en récompense Alexandre laissera à Chypre une grande autonomie. Au décès de ce dernier, Chypre devient un champ de bataille entre Ptolémée 1er de l’Egypte et Démétrios 1er Poliorcète qui cherche à récupérer l’île. En 306 av jc, Demetrius gagne sur la flotte navale de l’Égypte mais Ptolémée gagnera en 294 av jc. Salamine restera sous la totale domination égyptienne pendant 2 siècles. En effet, Salamine perd ses pouvoirs politiques ainsi que ses rois remplacés par des gouverneurs égyptiens.

[6] La bataille d’Ipsos se déroule en Phrygie (Turquie actuelle) en 301av.jc et s’inscrit dans la troisième guerre des Diadoques. Elle est remportée par les forces coalisées de Séleucos (roi de Syrie, de Babylonie et des satrapies orientales) et de Lysimaque (roi de Thrace) face à Antigone le Borgne et son fils Démétrios Poliorcète qui regroupent l’Asie Mineure, la Syrie, le Levant et la Grèce (la ligue de Corinthe est reconstituée en 302). La bataille d’Ipsos peut être considérée, avec la bataille de Raphia (217 av.jc), comme l’une des plus grandes batailles de la période hellénistique et comme la plus grande bataille d’éléphants de l’histoire « occidentale ».

[7] La Cœlé-Syrie correspond à l actuelle vallée de la Bekaa au Liban ; mais ce terme sert souvent, de manière conventionnelle, à désigner tout le territoire allant de Byblos (Liban) à la frontière nord de l Egypte ptolémaïque, y compris la Judée.

[8] Ptolémaïs, située en Haute-Égypte à environ 120 km en aval de Thèbes, sur l’emplacement de l’actuelle Menshiyeh, est, avec Naucratis et Alexandrie, l’une des trois cités grecques de l’Égypte antique. Fondée par Ptolémée 1er Sôter pour être la capitale de la Thébaïde, à la place de Thèbes, à l’emplacement d’un village indigène appelé Psoï, elle reçoit dès l’origine le statut de cité grecque. Le culte de son fondateur est encore attesté à l’époque romaine. Pour la différencier d’autres agglomérations ayant reçu le nom de Ptolémaïs, elle était parfois désignée comme Ptolémaïs Hermiou, elle était située sur la rive droite du Nil.

[9] Memphis était la capitale du premier nome de Basse Égypte, le nome de la Muraille blanche. Ses vestiges se situent près des villes de Mit-Rahineh et d’Helwan, au sud du Caire. La ville occupe une place stratégique à l’entrée du delta du Nil et de ce fait regorge d’ateliers et de manufactures, notamment d’armes qui étaient conservées dans de grands arsenaux non loin du port principal de la ville, le Perou Nefer, dont les textes du Nouvel Empire vantent l’activité fébrile. Son histoire est étroitement liée à celle du pays et sa ruine est due, d’abord, à la perte de son rôle économique à la fin de l’Antiquité et la montée d’Alexandrie, puis à l’abandon de ses cultes à la suite de l’édit de Thessalonique.