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L’histoire pour le plaisir

Lysimaque

lundi 19 mars 2018 (Date de rédaction antérieure : 24 juillet 2011).

Lysimaque (vers 361-281 av.jc)

Général Macédonien-Roi de Macédoine de 285 à 281-Roi de Thrace à partir de 304

Né dans une famille thessalienne [1] bien considérée par Philippe II, il obtint la naturalisation macédonienne. Il accompagna Alexandre le Grand dans la conquête de l’empire achéménide [2] et en devint, dès le début du règne, l’un des gardes du corps.

Lors du partage de Babylone [3] qui suit la mort d’Alexandre en 323, il reçoit la Thrace [4], dont la Chersonèse [5] qui offre une position stratégique sur l’Hellespont. Il entama un rapprochement avec Antipater en épousant sa fille Nikaia. À la mort du régent de Macédoine [6], il soutient son fils Cassandre.

En 315, il se joint à la coalition réunissant Séleucos, Ptolémée et Cassandre contre Antigone le Borgne qui entend rétablir à son profit l’empire d’Alexandre. Un ultimatum exige d’Antigone qu’il cède la Phrygie [7] Hellespontique à Lysimaque. Mais Antigone, qui se proclame libérateur des cités grecques, incite les cités du Pont Euxin [8] occidental à se révolter. Il reprend les cités une à une et repousse Antigone. Néanmoins il n’a pas pu intervenir en Grèce aux côtés de son allié Cassandre. Il doit aussi au même moment faire face aux incursions des Gètes [9] sur la frontière septentrionale. A la même période, il vainc Seuthès III, roi des Odryses [10], avec lequel la paix dure jusqu’en 313. Il en profite pour étendre sa domination sur les cités grecques de l’Hellespont [11] et y implanter des bases navales. En 312, il est contraint de conclure une paix avec Antigone. Il battit la ville de Lysimacheia [12] dans la presqu’île de Gallipoli. Il prit le titre de roi en 306.

En 302, il se joint à la dernière coalition réunissant Séleucos, Ptolémée et Cassandre contre Antigone et Démétrios. Étant donné la richesse du royaume d’Antigone et l’importance de son armée, il est nécessaire pour ses adversaires de faire la jonction de leurs forces. Lysimaque, par ses campagnes victorieuses, commande une armée aguerrie dont une puissante phalange [13]. Les coalisés organisent donc la défense de la Grèce contre Démétrios afin de permettre à Lysimaque d’attaquer l’Asie Mineure en attendant les forces de Séleucos et Ptolémée. Au printemps 302, Lysimaque débarque en Phrygie Hellespontique, parvient à éviter Antigone, puis reçoit la soumission des cités d’Ionie [14], de Lydie [15], de Carie [16] et de Lycie [17], dont principalement Éphèse [18], Colophon [19] et Sardes [20]. Le débarquement de Démétrios à Ephèse durant l’automne 302 met Lysimaque en difficulté. En effet, les renforts envoyés par Cassandre sont défaits, obligeant Lysimaque à se retirer en Bithynie [21] à l’hiver 302-301. Mais la jonction avec l’armée de Séleucos retourne la situation en la faveur de la coalition. Il contribua à la victoire d’Ipsos [22] en 301, qui lui permit d’agrandir ses Etats de l’Ouest de l’Asie Mineure [23]. Il profita de la campagne en Asie Mineure pour épouser Amastris, nièce de Darius III et veuve du tyran d’Héraclée du Pont [24], et étendre plus encore son influence sur les côtes du Pont-Euxin.

Suite à la victoire d’Ipsos, Lysimaque conclue, aux dépens de Séleucos, une alliance avec Ptolémée qui lui offre en mariage sa fille Arsinoé II, âgée de 17 ans, en 299, tandis que le divorce d’avec Amastris ne l’empêche pas de conserver la mainmise sur Héraclée. Durant l’hiver 292-291, il fut capturé par les Gètes [25] lors d’une nouvelle campagne aux frontières de la Thrace. Démétrios, qui vient de prendre pied en Macédoine en profite pour envahir la Thrace ; mais l’occupation est de courte durée car celui-ci doit faire face à une révolte en Grèce. Lysimaque est libéré au printemps 291 et donne l’une de ses filles en mariage au roi des Gètes. En 288, il reprend la lutte contre Démétrios et s’empare de la Macédoine avec l’aide de Pyrrhus, roi d’Épire [26]. Il en chasse Démétrios et laisse pour le moment le trône à son allié. En 285, ambitionnant de régner du Taurus [27] à la Macédoine, il défait Pyrrhus et se fait proclamer roi de Macédoine. En 284, Amastris d’Héraclée, sa 2ème épouse fut tuée par ses 2 fils qu’il fit aussitôt exécuter.

C’est alors que de graves troubles dynastiques éclatèrent et mettent fin au règne de Lysimaque. Arsinoé II, son ambitieuse épouse, parvint en effet à le persuader que son fils aîné et héritier présomptif, Agathoclès, conspire contre lui. Il le fait assassiner en 282, laissant la succession aux jeunes fils qu’il a eu d’Arsinoé. Cette mise à mort soulève l’indignation. Les provinces d’Asie Mineure, qui subissaient une lourde fiscalité, en profitèrent pour se soulever. À Pergame [28], le gouverneur de la ville, Philétairos, livra sa forteresse et son trésor à Séleucos. Au même moment, Lysimaque renforça son alliance avec les Lagides en mariant en 282 sa fille Arsinoé 1ère à Ptolémée II nouvellement proclamé roi d’Égypte. Séleucos lui déclara la guerre et il fut vaincu et tué à la bataille de Couroupédion [29] et son royaume fut démembré.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique 323-30 av. J.-C., Paris, Seuil, coll. « Points Histoire »,‎ 2003 (ISBN 202060387X)/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 824

Notes

[1] La Thessalie est une région historique et une périphérie du nord-est de la Grèce, au sud de la Macédoine. Durant l’antiquité cette région a, pour beaucoup de peuples, une importance stratégique, car elle est située sur la route de la Macédoine et de l’Hellespont. Elle possédait un important port à Pagases. Le blé et le bétail sont les principales richesses de la région et une ressource commerciale vitale. La Thessalie est aussi l’une des rares régions de Grèce où l’on peut pratiquer l’élevage des chevaux, d’où l’importante cavalerie dont disposaient les Thessaliens.

[2] L’Empire achéménide est le premier des Empires perses à régner sur une grande partie du Moyen-Orient. Il s’étend alors au nord et à l’ouest en Asie Mineure, en Thrace et sur la plupart des régions côtières de la mer Noire ; à l’est jusqu’en Afghanistan et sur une partie du Pakistan actuels, et au sud et au sud-ouest sur l’actuel Iraq, sur la Syrie, l’Égypte, le nord de l’Arabie saoudite, la Jordanie, Israël, le Liban et jusqu’au nord de la Libye. Le nom « Achéménide » se rapporte au clan fondateur qui se libère vers 556 av. jc de l’État des Mèdes, auparavant son suzerain ; ainsi qu’au grand empire qui résulte de la fusion des deux ensembles. L’empire fondé par les Achéménides menace par deux fois la Grèce antique, conquiert l’Égypte et prend fin, conquis par Alexandre le Grand, en 330 av. jc.

[3] Les accords de Babylone ou partage de Babylone ou partition de Babylone désignent l’attribution des territoires d’Alexandre le Grand à ses généraux après sa mort en juin 323 av.jc.

[4] La Thrace désigne une région de la péninsule balkanique partagée entre la Grèce, la Bulgarie et la Turquie ; elle doit son nom aux Thraces, la peuplade qui occupait la région dans l’Antiquité. Au 21ème siècle, la Thrace fait partie, à l’ouest, de la Grèce, Thrace occidentale, au nord, de la Bulgarie et, à l’est, de la Turquie, Thrace orientale.

[5] La péninsule de Gallipoli, aussi connue sous son nom antique de Chersonèse de Thrace, est une péninsule située en Turquie, dépendant de la Thrace. Elle constitue la rive nord des Dardanelles, l’ancien Hellespont. Sa rive nord est baignée par la mer Égée. Durant l’Antiquité, Miltiade l’Ancien, exilé volontairement à l’avènement de Pisistrate, y fonda une colonie athénienne. C’est sur cette péninsule qu’eut lieu la célèbre bataille de Gallipoli durant la Première Guerre mondiale.

[6] Le royaume de Macédoine est un État antique situé au nord de la Grèce correspondant aujourd’hui principalement à la Macédoine grecque. Il est centré sur la partie nord-est de la péninsule grecque, bordé par l’Épire à l’ouest, la Péonie au nord, la Thrace à l’est et la Thessalie au sud. Royaume périphérique de la Grèce aux époques archaïque et classique, il devient l’État dominant du monde grec durant l’époque hellénistique. L’existence du royaume est attestée au tout début du 7ème siècle av. jc avec à sa tête la dynastie des Argéades. Il connaît un formidable essor sous le règne de Philippe II qui étend sa domination sur la Grèce continentale en évinçant Athènes et la ligue chalcidienne pour ensuite fonder la Ligue de Corinthe. Son fils Alexandre le Grand est à l’origine de la conquête de l’immense empire perse et de l’expansion de l’hellénisme en Asie à la fin du 4ème siècle av. jc. Après sa mort, la Macédoine passe brièvement sous la tutelle des Antipatrides dans le contexte des guerres des diadoques. En 277, la royauté échoit à Antigone II Gonatas qui installe la dynastie des Antigonides qui règne jusqu’en 168, date à laquelle la Macédoine est conquise par les Romains. En 146 la Macédoine devient une province romaine.

[7] La Phrygie est un ancien pays d’Asie Mineure, situé entre la Lydie et la Cappadoce, sur la partie occidentale du plateau anatolien. Les Phrygiens sont un peuple indo-européen venu de Thrace ou de la région du Danube. Ils ont occupé vers 1200 av.jc la partie centrale et occidentale de l’Asie Mineure, profitant de l’effondrement de l’Empire hittite.

[8] La mer Noire est une mer située entre l’Europe et l’Anatolie. Large d’environ 1 150 km d’ouest en est et de 600 km du nord au sud, elle s’étend sur une superficie de 413 000 km². Elle communique au nord avec la mer d’Azov par le détroit de Kertch, et au sud-ouest avec la Méditerranée par le Bosphore, la mer de Marmara et le détroit des Dardanelles. Dans l’Antiquité, les Grecs la désignèrent d’abord par Skythikos Pontos. Les Scythes, peuple de langue iranienne, la désignèrent comme Axaïna, c’est-à-dire « indigo ». Les Grecs quand ses courants et ses vents leur devinrent familiers, la désignèrente comme Pontos Euxeinos, traduit en français par Pont-Euxin.Les Romains l’appelèrent Mare Caecili, terme qui fut traduit par la suite par les bulgares en « mer Cécile ».Au 13ème siècle, elle apparaît sur les portulans génois, dans les chroniques de Wavrin et de Villehardouin sous les noms de mer Majoure c’est-à-dire « grande mer ». Le terme de Noire apparu dans les textes et les cartes à partir du 15ème siècle.

[9] La Dacie est, dans l’Antiquité, un territoire de la région carpato-danubiano-pontique correspondant approximativement à celui de la Roumanie actuelle. Le mot Dacie vient du nom romain de ses occupants principaux, les Daces, qui sont très proches des Thraces. La Dacie était également peuplée par les Sarmates, les Scythes, et les Bastarnes. On relève aussi quelques peuplements celtes, et probablement un certain nombre de colons grecs et commerçants romains. Les ennemis des Daces sont les Romains et parfois certains Celtes. Leurs alliés sont les Thraces et les Grecs, jusqu’à la conquête de la Grèce par l’Empire romain.

[10] Le royaume des Odryses est une union de tribus thraces faite entre le 5ème et le 3ème siècle av. jc. Cela consiste en grande partie de l’actuelle Bulgarie, le sud-est de la Roumanie, le nord-ouest de la Grèce et la partie européenne de l’actuelle Turquie. Le roi Seuthès III décide plus tard le transfert de la capitale à Seuthopolis aujourd’hui Kazanlak, en Bulgarie centrale.

[11] Les anciens grecs désignaient le détroit sous le nom d’Hellēspontos qui fut latinisé en Hellespont. Le détroit des Dardanelles est un passage maritime reliant la mer Égée à la mer de Marmara. Originellement, le terme de Dardanelles et d’Hellespont désignait les régions situées de part et d’autre du détroit. Par extension, le mot désigne aujourd’hui le détroit lui-même. La possession de ce détroit, comme de celui du Bosphore, permet le contrôle des liaisons maritimes entre la mer Méditerranée et la mer Noire. Le détroit est long de 61 km, mais large de seulement 1,2 à 6 km, avec une profondeur maximale de 82 m pour une moyenne de 55 m.

[12] Cité et ville grecque hellénistique de Thrace, située à l’extrémité nord-ouest de la Chersonèse dont subsiste des remparts byzantins, connus sous le nom d’Eksamil, près du village de Bolayır dans la province turque de Çanakkale. Fondée par le roi Lysimaque en 309 comme capitale de son royaume de Thrace à proximité de l’Hellespont, elle fut plusieurs fois détruite par des séismes et par les populations thraces indigènes et souffrit des vicissitudes des conflits hellénistiques et de l’expansion romaine. Elle disparaît après une restauration de l’empereur Justinien au 6ème siècle de l’ère chrétienne.

[13] La phalange ou Phalanx est une colonne de lanciers lourdement armés, conçue pour anéantir l’infanterie ennemie lors du choc.

[14] L’Ionie est une région du monde grec antique située à l’ouest de l’Asie mineure, entre Phocée et Milet. Elle correspond à la région située dans un rayon de 170 km autour de la ville actuelle d’Izmir. Elle emprunte son nom à Ion, ancêtre légendaire des peuples de cette région. C’est en Ionie que se sont développées les premières formes de science de la philosophie en Occident, chez les penseurs appelés Présocratiques. Les côtes ioniennes présentent beaucoup d’avantages économiques : de bons abris naturels facilitant l’établissement de ports pour le commerce avec des communications aisées vers l’arrière-pays, un climat agréable, des vallées ouvertes pour la culture des céréales et l’élevage des chevaux, des plateaux pour l’élevage des moutons, des collines pour les arbres fruitiers et les oliviers. Dans l’Antiquité, elle fédérait douze cités grecques, du continent et des îles : Chios, Éphèse, Érythrée, Clazomènes, Colophon, Lébédos, Milet, Myonte, Phocée, Priène, Samos et Téos. Halicarnasse les rejoignit après. Brillant foyer de la civilisation hellénique aux 7ème et 6ème siècle av. jc, elle appartient à une ensemble plus vaste appelé « Grèce d’Asie » ou « Grèce de l’Est ».

[15] La Lydie est un ancien pays d’Asie Mineure, situé sur la mer Égée et dont la capitale était Sardes. Elle était connue par Homère sous le nom de Méonie. La Lydie est évoquée dans les légendes d’Héraclès et Omphale, ou de Tantale et Pélops. La Lydie était une région occidentale de l’Asie Mineure, bordée au nord par la Mysie, au sud par la Carie et à l’est par la Phrygie. Comprenant les vallées de l’Hermos et du Méandre, la Lydie était située sur le parcours des grandes routes commerciales, et disposait de nombreuses ressources minières propres.

[16] La Carie est une ancienne province du sud-ouest de l’Asie mineure, située entre la Lycie à l’Est, la Phrygie au Nord, la Lydie à l’Ouest et la mer Égée au Sud. À l’origine, c’est une colonie phénicienne, prise ensuite par les Doriens qui fondent les cités de Cnide et d’Halicarnasse. Sous la domination des Perses, elle devient une satrapie, rapidement gouvernée par des satrapes locaux qui se comportent comme des monarques autonomes, comme Mausole ou sa femme Artémise II. Sous l’Empire romain, la Carie devient une province romaine d’Asie.

[17] La Lycie est située au sud de la Lydie, bordée à l’est par la Pamphylie, au nord par la Phrygie et la Carie et au sud et à l’ouest par la mer Méditerranée. La région est essentiellement montagneuse, les plaines côtières sont rares et la culture se fait surtout dans l’arrière pays. La Lycie ne possède qu’un seul fleuve, le Xanthos ou Xantos. La région est peuplée dès le 3ème millénaire, mais nous n’avons à ce jour que très peu de connaissance sur le début de son histoire. Elle est mentionnée ensuite dans les textes hittites du 15ème siècle av. jc, puis après, beaucoup plus tard, lors de la domination Perse Achéménide.

[18] Éphèse est l’une des plus anciennes et plus importantes cités grecques d’Asie Mineure, la première de l’Ionie. Bien que ses vestiges soient situés à près de sept kilomètres à l’intérieur des terres, près des villes de Selçuk et Kuşadası dans l’Ouest de l’actuelle Turquie, Éphèse était dans l’Antiquité, et encore à l’époque byzantine, l’un des ports les plus actifs de la mer Égée ; il est situé près de l’embouchure du grand fleuve anatolien Caystre.

[19] Colophon est une cité grecque d’Ionie (Asie mineure), située au nord-ouest d’Éphèse, dont le nom a donné naissance à un terme d’imprimerie. Elle se situe entre Lébédos et Éphèse. Les ruines de l’antique cité se trouvent aujourd’hui à Castro de Ghiaour-Keui, un village de mineurs d’İzmir.

[20] Sardes est une ancienne ville d’Asie Mineure, capitale de la Lydie, sur la rivière Pactole, dans la vallée de l’Hermos.

[21] La Bithynie est un ancien royaume au nord-ouest de l’Asie Mineure, actuellement situé en Turquie. Située au bord du Pont-Euxin, elle était limitée par la Paphlagonie à l’est, la Galatie et la Phrygie au sud, la Propontide et la Mysie à l’ouest. Les Bithyniens sont, selon Hérodote et Xénophon, d’origine thrace. Ils forment d’abord un État indépendant avant d’être annexés par Crésus, qui ajoute leur territoire à la Lydie. Ils passent ensuite sous domination perse, où la Bithynie est incluse dans la satrapie de Phrygie. Mais dès avant Alexandre le Grand, la Bithynie retrouve son indépendance. Nicomède 1er est le premier à se proclamer roi. Durant son long règne de 278 à 243av jc, le royaume connaît la prospérité et jouit d’une position respectée parmi les petits royaumes d’Asie Mineure. Cependant, le dernier roi, Nicomède IV, échoue à contenir le roi Mithridate VI du Pont. Restauré sur le trône par l’Empire romain, il lègue par testament son royaume à Rome en 74 av jc. La Bithynie devient alors province romaine. Sous Auguste elle devient province sénatoriale en 27av jc puis province impériale en 135.

[22] La bataille d’Ipsos se déroule en Phrygie (Turquie actuelle) en 301 av.jc et s’inscrit dans la troisième guerre des Diadoques. Elle est remportée par les forces coalisées de Séleucos (roi de Syrie, de Babylonie et des satrapies orientales) et de Lysimaque (roi de Thrace) face à Antigone le Borgne et son fils Démétrios Poliorcète qui regroupent l’Asie Mineure, la Syrie, le Levant et la Grèce (la ligue de Corinthe est reconstituée en 302 av.jc). La bataille d’Ipsos peut être considérée, avec la bataille de Raphia (217 av.jc), comme l’une des plus grandes batailles de la période hellénistique et comme la plus grande bataille d’éléphants de l’histoire « occidentale ».

[23] L’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire, mais aujourd’hui elle désigne couramment toute la partie asiatique de la Turquie

[24] Héraclée du Pont ou Héraclée Pontique était une ville grecque de Bithynie située sur le Pont-Euxin. Elle a fait place à l’actuelle ville de Karadeniz Ereğli dans la province de Zonguldak en Turquie. Située à environ 200 km à l’est du Bosphore, la ville fut fondée vers 560-558 av. jc par des colons de Mégare et de Béotie et fut nommée d’après Héraclès, dont les Grecs pensaient qu’il pénétra dans les Enfers via une grotte par laquelle l’Achéron les rejoignait. La ville devint rapidement prospère et établit ses propres colonies, dont Callatis, Chersonèse et Cidros suscitant la convoitise de la Bithynie et de la Galatie voisines. Alliée de Rome en 185 av. jc, elle souffrit grandement des guerres de Mithridate. Prise et détruite par le proconsul Marcus Aurelius Cotta en 73 av. Jjc puis reconstruite, elle ne recouvra jamais sa prospérité d’antan.

[25] Gètes est le nom donné par les Grecs aux tribus thraces du Nord, ayant peuplé le bassin Bas Danube dans l’Antiquité. Les Gètes sont parfois identifiés aux Daces (les historiens roumains les appellent Gèto-Daces, ou Gètodaces, arguant que Gètes est leur nom grec, et Daces leur nom latin) mais d’autres historiens considèrent qu’il s’agissait de deux peuples distincts, Gètes le long du Danube, Daces de part et d’autre des Carpates.

[26] Région montagneuse des Balkans, partagée entre la Grèce et l’Albanie. Épire se traduit par "Continent" en français. Ses habitants sont les Épirotes. Le terme peut désigner plus particulièrement : - la périphérie d’Épire, l’une des 13 périphéries de la Grèce. Elle est bordée à l’ouest par la Mer Ionienne ; elle est limitrophe au sud-ouest de l’Albanie, au nord de la région de Macédoine de l’Ouest, à l’est de la région de Thessalie. La périphérie (capitale Ioannina (57 000 habitants) est divisée en 4 préfectures : Thesprotie, Ioannina, Arta et Preveza. - l’Épire du Nord, une région d’Albanie La dynastie des rois éacides du peuple des Molosses y fonda un royaume puissant au 5ème siècle av. jc, avec les autres peuples Chaones, et Thesprôtes. Pyrrhus est un des membres de cette dynastie, ainsi qu’Olympias, la mère d’Alexandre le Grand.

[27] Les monts Taurus, ou simplement les Taurus, culminant dans les massifs de l’Aladağlar et des Bolkar Dağları, sont une chaîne de montagnes turques, formant la bordure sud-est du plateau de l’Anatolie. La chaîne s’étend en courbe du lac Eğirdir à l’ouest aux sources de l’Euphrate à l’est. Elle fait 600 km de longueur et culmine à 3 756 m. De nombreux sommets y ont entre 3 000 et 3 700 m d’altitude. Il s’agit d’une chaîne calcaire, qui s’est érodée pour former des paysages karstiques avec des chutes d’eau, des rivières souterraines et les plus grandes grottes d’Asie. Le Tigre prend sa source dans les Monts Taurus.

[28] Pergame est une ancienne ville d’Asie Mineure, en Mysie située au nord de Smyrne, au confluent du Caïque et du Cétios, à environ 25 km de la mer Égée.

[29] Dernière bataille des diadoques, la bataille de Couroupédion s’est déroulée en 281 avant jc en Lydie. Elle oppose l’armée de Lysimaque, roi de Thrace, à celle de Séleucos, roi de Syrie.