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Clitarque d’Alexandrie

mercredi 26 mars 2014 (Date de rédaction antérieure : 24 juillet 2011).

Clitarque d’Alexandrie (mort vers 290 av.jc)

Historien et rhéteur grec

Gravure du 19ème siècle d'après une peinture de Charles Le Brun représentant Alexandre et Héphestion auprès de la mère de Darius III, la plus célèbre des fables clitarquiennes.

Fils de l’historien Dinon de Colophon à qui l’on doit une Histoire de la Perse, il fut d’abord l’élève du philosophe Aristote de Cyrène qui enseignait peut-être à Athènes. Il devient par la suite l’élève du philosophe Stilpon à Mégare [1]. Il entama un long séjour en Grèce au temps de la conquête macédonienne et commença à recueillir le témoignage des soldats, officiers, ambassadeurs, techniciens, marchands et voyageurs qui avaient accompagné Alexandre ou avaient eu des rapports avec les Perses. Vers 320 il publia les premiers tomes de son Histoire d’Alexandre qui a notamment inspiré Diodore de Sicile, Quinte-Curce et Trogue Pompée, auteurs de la Vulgate d’Alexandre.

Il rejoint la cour de Ptolémée en 308, alors que celui-ci, de passage en Grèce, tente de reconstituer à son profit la ligue de Corinthe [2]. Le futur roi d’Égypte, qui se pose en héritier d’Alexandre, entend attirer à sa cour des artistes et des historiens prompts à magnifier le souvenir du Conquérant. Il devient dans la cité nouvellement bâtie le témoin de la vénération envers le héros fondateur et son favori Héphaistion. La propagande de Ptolémée glorifie un Alexandre divinisé, fils d’Ammon-Zeus, héritier d’Héraclès et conquérant de l’Inde. La 2ème partie de son œuvre témoigne donc davantage encore d’une exaltation du règne d’Alexandre et d’une partialité certaine envers le Lagide.

Réputé comme excellent rhéteur du temps de la République romaine, il fut étudié dans les écoles romaines au moins jusqu’au 1er siècle de notre ère. Son œuvre rhétorique est recommandée par Cicéron et Quintilien bien que l’objectivité historique de son récit soit déjà contestée. Il est considéré comme le premier en date des grands prosateurs alexandrins.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de I’encyclopédie universel Imago M undi / Clitarque, historien grec

Notes

[1] Mégare est une ville de la banlieue d’Athènes en Grèce. Située à l’extrémité est de l’isthme de Corinthe, à mi-chemin entre Corinthe et Athènes, elle était connue à l’origine sous le nom de Nisée, d’après le roi éponyme légendaire Nisos. Selon la tradition, la cité est peuplée par les Doriens après que ceux-ci ont été écartés d’Athènes par le sacrifice du roi Codros. Point de passage terrestre entre la Grèce centrale et le Péloponnèse, la cité acquiert rapidement de l’importance. Ses deux ports, l’un sur le golfe Saronique et l’autre sur le golfe de Corinthe, en font un centre commercial de première importance. Entre 730 et 550 av. jc, elle connaît une activité coloniale considérable : elle fonde Astacos, Chalcédoine et Byzance sur le Bosphore ; Héraclée du Pont en Bithynie ; Megara Hyblaea en Sicile. Vers 600 av. jc, elle tombe sous la domination du tyran Théagène ; la tyrannie fut suivie de luttes politiques dont l’écho se trouve peut-être dans les poèmes de Théognis. Elle perd ses territoires à l’ouest au profit de Corinthe, et Salamine au profit d’Athènes (570 av. jc). Peu avant 500 av. jc, elle rejoint la ligue du Péloponnèse et prend une part active aux guerres médiques.

[2] Créée à Corinthe en 337 av. jc Après la défaite de la vaste coalition initiée par Athènes contre Philippe II, roi de Macédoine, le vainqueur imposa une alliance à laquelle toutes les villes grecques furent contraintes d’adhérer à l’exception de Sparte. Cette alliance donnait une forme stable à l’hégémonie de la Macédoine sur la Grèce ; il s’agissait au départ d’un simple traité de paix commun auquel toutes les cités grecques sauf Sparte adhérèrent ; il contenait une interdiction catégorique d’intervenir de force dans les constitutions des autres villes, une interdiction des conflits et de la guerre de corsaires ainsi qu’une garantie de la liberté de navigation, mais cette alliance devient rapidement une symmachie, obéissant à un homme plutôt qu’à une cité, avec un double objectif : envahir la Perse, sous le prétexte de venger la profanation des sanctuaires grecs lors des guerres médiques, et garantir qu’aucune cité n’exerçât des actions contraires aux lois établies. Philippe II se fit nommer général en chef de la ligue en 337. À ce titre, il plaida pour une guerre commune de la Macédoine unie à toutes les cités grecques contre l’Empire achéménide ; la mort de Philippe retarda le projet, mais son fils Alexandre le Grand en 334 mit son plan en application. Des contingents de la Ligue de Corinthe firent partie de la campagne d’Alexandre, qui se termina par la conquête du gigantesque Empire perse qui s’étendait du Nil à l’Indus.