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Cratère (général)

mardi 17 décembre 2019 (Date de rédaction antérieure : 25 juillet 2011).

Cratère (vers 370-321 av.jc)

Général macédonien

Il fut l’un des principaux officiers d’Alexandre le Grand dont il est l’aîné d’une quinzaine d’années. Son frère Amphotéros est l’un des amiraux d’Alexandre.

Il commande dans un premier temps à la bataille du Granique [1] en mai 334 un corps de fantassins avec le grade de taxiarque [2]. À Issos [3] en 333, puis à Gaugamèles [4] en 331 il dirige l’infanterie de l’aile gauche de l’armée macédonienne. De plus, en dehors des batailles, il est fréquemment chargé de missions de confiance par Alexandre. Ainsi, durant l’automne 331, il occupe les hauteurs du pays des Ouxiens [5] au nord-ouest de Persépolis [6] puis commande en second au combat des Portes Persiques [7]. En 330, dans la poursuite contre Darius III il semble avoir le commandement du principal corps d’armée tandis qu’Alexandre dirige l’avant-garde. En 329 il met le siège devant Cyropolis [8] où il est blessé puis il écrase une révolte dans la région de la Paraitacène en Médie [9] vers 327.

Son crédit auprès d’Alexandre est grand surtout depuis le procès contre Philotas en 330 contre lequel il porte de graves accusations. Il est d’ailleurs partisan de torturer Philotas car il est persuadé de l’existence d’un complot plus vaste. Il est probable qu’il pousse à l’assassinat de Parménion, longtemps son supérieur, et père de Philotas. En Inde il joue un rôle plus effacé et entre semble-t-il en rivalité avec Héphaestion. Lors de la descente de la vallée de l’Indus [10] chacun commande un corps d’armée tandis qu’Alexandre est avec la flotte au milieu du fleuve.

C’est à lui qu’Alexandre confie le 3ème corps d’armée en 325, lors du retour dramatique de l’expédition, lequel revient par le nord. Il rejoint Alexandre à Harmozia [11] qui lui montre sa faveur en le mariant à une princesse achéménide, Amastris fille de Oxyartès le frère de Darius III, à Suse [12]. Puis il est chargé avec Polyperchon de ramener les vétérans, dont les Argyraspides [13], en Macédoine.

C’est sur le chemin, en Cilicie [14], qu’il apprend la mort d’Alexandre en 323. Malgré son absence de Babylone [15] son prestige est tel qu’il obtient la charge de protecteur de la royauté pour Philippe III Arrhidée et le futur Alexandre IV. En 322 il aide Antipater à mettre fin à la guerre lamiaque [16] et épouse sa fille Phila. Il est alerté par Antigone le Borgne des ambitions de Perdiccas et passe en Asie Mineure [17]. Il est tué au printemps de 321 en Cappadoce [18] lors d’une bataille contre Eumène de Cardia, stratège de Perdiccas.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Cratère (général)/ Portail de la Grèce antique/ Macédoine antique

Notes

[1] La bataille du Granique oppose en mai 334 av. jc pour la première fois l’armée macédonienne à l’armée perse sur les rives du fleuve Granique (actuel Biga Çayı en Turquie). Alexandre le Grand remporte une victoire contre les satrapes perses qui lui ouvre les portes de l’Asie Mineure. Cet affrontement est la première d’une série de trois victoires des Macédoniens contre les Perses.

[2] une taxe est un régiment, sûrement recruté sur une base régionale, de la phalange macédonienne

[3] La bataille d’Issos s’est déroulée le 1er novembre 333 av. jc dans l’antique Cilicie. Elle oppose l’armée d’Alexandre le Grand à celle de Darius III. L’armée macédonienne remporte une victoire décisive sur l’armée perse pour la première fois commandée par Darius en personne. Le lieu de la bataille se situe près de l’actuel İskenderun en Turquie, aux abords d’un petit fleuve côtier appelé Pinaros durant l’Antiquité, à 10 km environ au sud d’Issos. L’identification de ce fleuve côtier pose problème mais il s’agirait bien de l’actuel Payas (Pajas). Thymondas, fils de Mentor de Rhodes et neveu de Memnon de Rhodes, est un des commandants des 30 000 mercenaires.

[4] La bataille de Gaugamèles s’est déroulée le 1er octobre 331 av. jc dans la plaine de Gaugamèles, dans le Nord de l’Irak actuel, même si la localisation exacte de la bataille n’est pas clairement établie, on situe généralement le site à l’est de la ville de Mossoul. Elle est l’affrontement décisif entre l’armée d’Alexandre le Grand et celle de Darius III. Par cette bataille, considérée comme l’une des plus importantes de l’Antiquité par les forces impliquées, le royaume de Macédoine a vaincu définitivement l’empire perse achéménide. Cette bataille est parfois, quelque peu abusivement, appelée bataille d’Arbèles en référence à la cité d’Arbèles (Erbil dans le Kurdistan actuel), située à 100 km environ du champ de bataille.

[5] ouest de l’Iran actuel

[6] Persépolis, était une capitale de l’empire perse achéménide. Le site se trouve dans la plaine de Marvdasht, au pied de la montagne Kuh-e Rahmat, à environ 70 km au nord-est de la ville de Shiraz, province de Fars, Iran.

[7] La bataille des Portes persiques oppose Alexandre le Grand, à la tête de l’armée macédonienne, au satrape de Perside, Ariobarzane. Durant l’hiver 330 av. jc, les forces perses, dont le nombre varie largement selon les sources, effectuent un baroud d’honneur et tiennent en respect les Macédoniens pendant un mois. Cependant, grâce à des prisonniers de guerre, ou à un berger de la région, Alexandre découvre l’existence d’un chemin menant à l’arrière de l’armée adverse, ce qui lui assure la victoire.

[8] Cyropolis est une ville de la Sogdiane sur l’Iaxarte, fondée par Cyrus le Grand en 544 av. jc. Elle marquait la frontière de l’Empire Achéménide. Elle a été identifiée à Khodjent au Tadjikistan mais aussi à Istaravchan ou encore à Marguilan dans le khanat de Kokand. Une des sept grandes villes de la Sogdiane, Alexandre le Grand l’assiégea avec difficultés en 329 av. jc mais d’autres sources telle Arrien citant Ptolémée, écrivent que la ville se rendit dès le début.

[9] À l’époque hellénistique, la Médie tombe sous le contrôle des Grecs, et est incluse après les conflits opposant les Diadoques dans les territoires contrôlés par les Séleucides, après avoir été un temps dominée par Antigone le Borgne. L’ancien général Atropatès qui dirigeait le contingent mède de l’armée perse à la bataille de Gaugamèles, se rallie par la suite à Alexandre le Grand et devient satrape du nord de la Médie, qui devient la Médie Atropatène, futur Azerbaïdjan, qu’il parvient à rendre autonome du pouvoir séleucide. La capitale de ce royaume se trouvait à Gazaca. Après plusieurs décennies d’indépendance, le roi Artabanzanes doit conclure un traité de vassalité avec Antiochos III en 220 av.jc. Cette région reste peu hellénisée, à la différence du sud de la Médie, centré autour d’Ecbatane. Plusieurs villes nouvelles y sont fondées par les souverains séleucides, et l’ancienne Rhaga est renommée Europa. Un satrape local, Molon, se révolte en 220 contre Antiochos III, qui le défait. Entre 163 et 160, c’est un autre satrape de Médie, Timarque, qui se révolte contre Démétrios 1er Sôter, et réussit à prendre le pouvoir en Babylonie, avant d’être finalement soumis. Les révoltes qui secouent le royaume séleucide vers 150 profitent au roi parthe Mithridate 1er qui prend alors la Médie, ainsi que l’Atropatène. Après plusieurs décennies de luttes, le pouvoir des Arsacides est finalement assuré en Médie, en dépit des attaques des nomades orientaux, Scythes ou Tokhariens. La région est réorganisée administrativement, et la ville de Rhaga/Europa est renommée Arsacia.

[10] L’Indus connu sous le nom de Sindh ou Sindhu dans l’Antiquité est un fleuve d’Asie qui a donné son nom à l’Inde. Il coule depuis l’Himalaya en direction du sud-ouest et se jette dans la mer d’Arabie. L’Indus fait partie des sept rivières sacrées de l’Inde.

[11] en face du détroit d’Ormuz

[12] Suse ou Shushan dans la Bible est une ancienne cité de la civilisation élamite, devenue au 5ème siècle av. jc la capitale de l’Empire perse achéménide, située dans le sud de l’actuel Iran à environ 140 km à l’est du fleuve Tigre. Elle ne présente plus aujourd’hui qu’un champ de ruines.

[13] Les Argyraspides, sont un corps de fantassins d’élite au temps des conquêtes d’Alexandre le Grand et de l’empire séleucide.

[14] La Cilicie est une ancienne province romaine située dans la moitié orientale du sud de l’Asie Mineure en Turquie. Elle était bordée au nord par la Cappadoce et la Lycaonie, à l’est par la Pisidie et la Pamphylie, au sud par la Méditerranée et au sud-est par la Syrie. Elle correspond approximativement aujourd’hui à la province d’Adana : région comprise entre les monts Taurus, les monts Amanos et la Méditerranée. Vers 27, sous l’empereur Tibère, la Cilicie est rattachée à la province de Syrie. Certaines parties de la région restent néanmoins dirigée par des souverains locaux jusqu’à l’annexion complète par Vespasien en 74. La province est suffisamment importante pour qu’un proconsul y soit nommé.

[15] Le royaume de Babylone s’est épanoui en Mésopotamie du sud du début du 2ème millénaire avant jc jusqu’en 539 av. jc, date de la prise de sa capitale par le roi Cyrus II de Perse. Cet État s’affirme à partir de la cité de Babylone dans le courant du 18ème siècle av. jc, sous l’impulsion du plus grand roi de sa première dynastie, Hammurabi. Après son pillage par les Hittites en 1595 av jc, Babylone passe sous l’autorité d’une dynastie d’origine kassite qui stabilise ce royaume pendant plus de quatre siècles. Cette période marque le début de la rivalité avec le royaume voisin situé au nord, l’Assyrie, qui marque les siècles suivants. Après plusieurs siècles d’instabilité entre 1100 et 800 av. jc, la Babylonie passe sous la coupe de l’Assyrie pendant plus un siècle (728-626 av. jc), avant d’initier une réaction qui aboutit à la destruction de l’Assyrie et à la formation de l’empire néo-babylonien (626-539 av. jc) par Nabopolassar et Nabuchodonosor II. Cette dernière phase de l’histoire du royaume de Babylone est brève, s’achevant en 539 av. jc par sa conquête par le roi perse Cyrus II. Dès lors, Babylone n’est plus dominée par une dynastie d’origine autochtone : aux Perses Achéménides (539-331 av. jc) succèdent les Grecs Séleucides (311-141 av. jc), puis les Parthes Arsacides (141 av. jc-224 ap. jc). La Babylonie conserve néanmoins sa prospérité jusqu’aux débuts de notre ère, tandis que sa culture millénaire s’éteint lentement.

[16] La guerre lamiaque ou guerre hellénique est un conflit qui se déclenche en Grèce à la mort d’Alexandre le Grand en juin 323 av. jc. Il oppose des cités grecques révoltées, parmi lesquelles Athènes, aux Macédoniens menés par Antipater. La guerre est finalement remportée par ce dernier en 322 et les cités rebelles doivent se soumettre.

[17] L’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire, mais aujourd’hui elle désigne couramment toute la partie asiatique de la Turquie

[18] La Cappadoce est une région historique d’Asie Mineure située dans l’actuelle Turquie. Elle se situe à l’est de la Turquie centrale, autour de la ville de Nevşehir. La notion de « Cappadoce » est à la fois historique et géographique. Les contours en sont donc flous et varient considérablement selon les époques et les points de vue.