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Guillaume II d’Angleterre dit Guillaume le Roux

dimanche 16 juillet 2017 (Date de rédaction antérieure : 28 février 2012).

Guillaume II d’Angleterre dit Guillaume le Roux (vers1060-1100)

Roi d’Angleterre de 1087 à 1100

Né dans le duché de Normandie, il est le 3ème fils de Guillaume le Conquérant et de Mathilde de Flandre. Durant son enfance, il fut éduqué par le moine érudit Lanfranc, alors abbé de l’abbaye aux Hommes de Caen. En tant que 3ème fils du duc, il aurait pu recevoir un apanage, mais en le confiant à Lanfranc, ses parents le destinaient peut-être à entrer dans les ordres. La mort de Richard, entre 1069 et 1074, bouleverse les projets du couple royal. Guillaume revient aux côtés de son père et le sert comme chevalier.

Il accompagna son père et son frère Robert en Angleterre en 1080 et participa à quelques campagnes en Écosse et au Pays de Galles. Les années suivantes, il reste avec son père en Angleterre ou en Normandie, même si sa présence à ses côtés n’est signalée qu’occasionnellement entre 1084 et 1087.

En août 1087, le Conquérant se meurt des conséquences d’une blessure à l’abdomen, reçue alors qu’il attaquait Mantes [1], dans le Vexin français [2]. il envoie Guillaume en Angleterre afin de conquérir le trône. Il embarque probablement à Touques [3] vers la côte anglaise. Il se dirige ensuite vers Winchester, où il s’assure du trésor royal, puis rejoint l’archevêque de Cantorbéry Lanfranc, qui joue quasiment le rôle de vice-roi. Ce dernier respecte le vœu du Conquérant et couronne Guillaume à l’abbaye de Westminster le 26 septembre 1087, soit 17 jours après la mort du roi.

Alors que Guillaume le Roux monte sur le trône, il n’a aucune expérience du gouvernement et ne connaît pas bien le pays. Mais il est aidé par Lanfranc et il s’assure sans difficulté de la soumission de l’administration royale, des shérifs [4] et de la noblesse ministérielle. Dans un premier temps, le baronnage anglo-normand ne réagit pas, peut-être à cause de la présence des principaux d’entre eux en Normandie, ou parce qu’ils attendent de connaître les intentions de Robert Courteheuse. Ce dernier est revenu en Normandie dès la mort de son père connue, et s’est fait reconnaître comme duc de Normandie et comte du Maine [5]. Il est évidemment en colère contre son cadet, car celui-ci lui a prêté hommage à plusieurs occasions, le reconnaissant comme seul héritier de leur père

Guillaume le Roux n’hésite pas à distribuer le trésor royal aux églises et aux shérifs des comtés, et choisit de s’attacher les services de Guillaume de Saint-Calais , l’évêque de Durham [6], pour le conseiller. Rapidement il gagne le soutien de l’Église et du baronnage anglo-normand. Il commet alors l’erreur de rendre à son oncle Odon, l’évêque de Bayeux, libéré de prison sur son lit de mort par le Conquérant, ses possessions en Angleterre. Peu reconnaissant, l’évêque organise bientôt une conspiration pour réunir la Normandie et l’Angleterre sous le seul gouvernement de son neveu Robert Courteheuse.

L’obligation d’obéir à 2 suzerains différents et ennemis posait en effet des problèmes de loyauté aux aristocrates anglo-normands. Odon réunit autour de lui de grands barons du royaume, tels Roger II de Montgommery, comte de Shrewsbury [7], Geoffroy de Montbray, évêque de Coutances [8] et Robert de Mortain. Les rebelles fortifient les châteaux de Rochester [9], Pevensey [10] et Tonbridge [11]. Avec le retour du printemps en 1088, les barons lancent leur campagne en mettant à sac les terres et fermages du roi et de ses soutiens, et ensuite attendent le débarquement du duc Robert Courteheuse. Mais le duc tardant à débarquer, Guillaume le Roux en profite pour mobiliser toutes les forces disponibles.

Tout d’abord, il cherche à diviser ses adversaires en se montrant prêt à les récompenser s’ils abandonnent la conspiration. Roger de Montgommery est le premier à céder. Ensuite, il promet au peuple anglais dans son ensemble de restaurer les meilleures lois qu’il n’ait jamais connues, d’abolir les impôts injustes et de redonner les droits de chasse. Enfin il passe à l’action militaire en assiégeant et prenant les châteaux rebelles. Dès la fin du mois de juillet, la rébellion est écrasée. Le roi décide par choix politique de pardonner massivement aux rebelles, à l’exception notable d’Odon de Bayeux qui est banni du royaume. Suite au conflit, il doit alors régler le cas de Guillaume de Saint-Calais, son principal conseiller, qui l’a abandonné pendant le conflit et s’est réfugié à Durham. Il s’ensuit un débat entre le roi et l’évêque pour savoir s’il doit être jugé comme un seigneur séculier selon les lois féodales ou comme un évêque selon les lois ecclésiastiques. Finalement, le roi exaspéré prive l’évêque de ses possessions temporelles et le bannit du royaume.

L’ordre revenu sur son royaume lui permet de récompenser ses principaux soutiens durant la révolte, Henri de Beaumont reçoit le titre de comte de Warwick [12], Guillaume de Warenne, celui de Surrey [13], et Robert FitzHamon, l’honneur [14] de Gloucester.

Après l’échec de la rébellion, les relations sont encore plus tendues entre les 2 frères. Leur benjamin Henri essayant de tirer la situation à son avantage, car bien décidé à hériter d’au moins un de ses 2 frères. Sa préférence va à Guillaume, mais l’extravagant et dispendieux Robert est le plus facile à exploiter. Aussi en 1087-1088 il achète, avec l’argent de son héritage, l’Avranchin [15] et le Cotentin.

De son côté, Guillaume le Roux utilise les énormes revenus que lui procure son royaume, pour s’attacher les services des vassaux de Robert Courteheuse et préparer une invasion de la Normandie. À l’été 1090, il a ainsi corrompu la plupart des barons de la Haute-Normandie, avec un noyau de fidèles centré sur Eu. La situation dans le duché commence à se détériorer, et des partisans du roi déclenchent une rébellion à Rouen, sa capitale. Henri en profite pour se rapprocher de son aîné en accourant à son secours. La révolte rouennaise est matée sans que Guillaume n’ait bougé.

Guillaume entame en février 1091 la dernière phase de son plan pour réunir les territoires paternels. Il débarque en Normandie et s’installe à Eu [16]. Toutefois, il n’y a aucun affrontement armé sérieux. Ce statu quo aboutit au traité de Caen [17] que Guillaume de Saint-Calais, qui vient de se réconcilier avec Guillaume, négocie apparemment entre les 2 frères. Par ce traité, ils font la paix et se désignent héritiers l’un de l’autre. Guillaume conserve le comté d’Eu, l’abbaye de Fécamp [18] et le port de Cherbourg. En échange, Guillaume aide son frère à récupérer les territoires qu’il a dû concéder dans le duché pour s’attacher des fidélités. Les 2 frères s’attaquent donc à Henri, maître de l’Avranchin et du Cotentin, et l’assiègent au Mont-Saint-Michel. Finalement, ils le laissent s’exiler en France.

À l’été 1091, les 2 frères réconciliés traversent la Manche pour combattre l’invasion écossaise et les troubles au Pays de Galles. Ensemble ils réprimèrent la rébellion galloise, puis mobilisèrent une armée pour combattre une invasion de Malcolm III d’Écosse dans le nord-est du pays. Avant que les 2 armées s’affrontent, les 2 rois s’entendent pour que les relations entre leurs 2 royaumes soient identiques à ce qu’elles étaient du temps de Guillaume le Conquérant. Malcolm prêta alors hommage à Guillaume, et en retour reçu le comté d’Huntingdon [19] qu’il possédait avant 1087.

2 jours avant la Noël 1091, Robert retourna en Normandie après s’être de nouveau disputé avec son frère. Apparemment Guillaume n’avait pas accédé à sa demande de lui confier des territoires en Angleterre, et de venir en Normandie l’aider à combattre ses ennemis. En mai 1092, Guillaume mena une armée dans le nord-ouest de son royaume, et reprend la Cumbrie [20] qui était tenue par un vassal du roi d’Écosse. Il refonde la ville de Carlisle [21] et construit quelques châteaux pour protéger la frontière anglo-écossaise.

Il tient toujours quartier à Eu et réactive une alliance avec le comte de Flandre. En mars 1093, il tombe soudainement gravement malade alors qu’il est dans les marches du Pays de Galles. Il est rapatrié à Gloucester et il y reste durant tout Pâques. Il pense alors être sur le point de mourir, et fait une confession complète à Anselme, l’abbé du Bec [22]. Il promet de changer de vie et de débuter une série de réformes du royaume. Il fait aussi libérer tous ses prisonniers et annule les dettes. Il force Anselme à accepter l’archevêché de Cantorbéry [23], qu’il maintenait vacant depuis la mort de Lanfranc en 1089, et fait des dons aux monastères. À la Noël 1093, Robert Courteheuse le somme de respecter les termes du traité de Caen sous peine d’être considéré caduc.

Après une rencontre infructueuse entre les 2 frères en février 1094, Guillaume le Roux dénonça lui aussi le traité. Robert s’assura alors du soutien militaire de son suzerain le roi Philippe 1er tandis que Guillaume appela son frère Henri à l’aide et entreprend des raids depuis Eu. Mais aucun des 2 camps n’envisage une bataille décisive.

Il revient en Angleterre en janvier 1095, après avoir dépensé beaucoup d’argent pour peu de résultat en Normandie. Pendant son absence, une révolte générale s’est déclenchée au Pays de Galles, et les seigneurs normands de la marche ont perdu le contrôle d’une grande partie des territoires conquis. Il découvre aussi une conspiration qui vise à le remplacer sur le trône par son cousin Étienne d’Aumale, neveu de Guillaume le Conquérant. À l’été 1095, il mène une armée en Northumbrie [24] pour assiéger les châteaux de l’instigateur du complot, Robert de Montbray. Après la chute de Newcastle [25], il l’oblige à s’enfermer dans la forteresse de Bamburgh [26]. Il laissa alors ses lieutenants continuer le siège et part au Pays de Galles où la situation s’est détériorée.

Les Gallois ont pris Montgomery [27], le château du comte de Shrewsbury Hugues de Montgommery. Quelques combats d’ampleur ont lieu en novembre, mais les Gallois ne renoncent pas. Pendant ce temps Robert de Montbray, assiégé dans le prieuré de Tynemouth [28], se rend. Contrairement à 1088, les rebelles sont cette fois lourdement punis. Un procès pour trahison a lieu. Robert de Montbray est emprisonné à vie, le comte Guillaume II d’Eu perd un duel judiciaire et meurt de ses blessures. Plusieurs autres sont mutilés, emprisonnés, bannis ou doivent payer de lourdes amendes.

En février 1096, Robert Courteheuse part à la croisade. Un légat papal négocia un accord avec Guillaume le Roux et celui-ci paya 10 000 marcs d’argent pour la garde et les revenus du duché pendant 3 ans. Toujours d’après l’accord, le benjamin Henri obtient les comtés de Coutances et Bayeux, moins les villes de Caen et Bayeux, en apanage.

Pour le conseiller dans divers domaines, il s’entoura de compagnons de campagne et d’amis comme Urse d’Abbetot et Robert FitzHamon. Il créa aussi de nouveaux comtes issus de grandes familles baronniales, comme Guillaume de Warenne, Henri de Beaumont et Gautier II Giffard. Il récompense aussi quelques compagnons proches comme Roger de Nonant.

Son administration était tellement efficace qu’en 1096, il ne lui faut que quelques mois pour réunir, grâce à un impôt spécial, les 10 000 marcs nécessaires à payer l’hypothèque du duché de Normandie.

À la faveur du départ de Robert à la 1ère croisade, il parvient à dominer l’Angleterre et la Normandie, mais sa mort accidentelle 4 ans plus tard interrompt précocement la réunion de ces 2 États.

C’est néanmoins un souverain apprécié par son baronnage et le clergé. Sa générosité, ses succès militaires et sa volonté de réunir à nouveau le duché et le royaume font qu’il ne rencontre que très peu d’opposition.

Malgré sa réputation anti-cléricale, il ne dédaigne pas les conseils d’Anselme de Cantorbéry, Guillaume de Saint-Calais, Wulfstan de Worcester, Robert Bloet et, dans les dernières années, Vauquelin de Winchester. Pour l’administration de son royaume, il conserve une partie du personnel de son père, notamment le chapelain Rainulf Flambard, qui le sert avec loyauté durant tout son règne.

Ce dernier devient durant son règne un 1er ministre avant l’heure. il est chargé des finances, et son rôle principal est de faire rentrer le plus d’argent possible dans les caisses du trésor. Grâce à lui, Guillaume le Roux accroît sensiblement ses revenus, notamment en augmentant ou en créant de nouvelles taxes, et en s’octroyant directement certains bénéfices ecclésiastiques, particulièrement les abbayes dont la vacance est maintenue à dessein. Il vend aussi les évêchés et les abbayes royales, en déguisant le prix sous forme d’une aide ou d’un don, aux candidats qu’il a choisis. La nomination à l’archevêché de Cantorbéry d’Anselme, lors de sa grave maladie en 1093, est probablement l’une de ses rares erreurs. L’archevêque, qui avait accepté avec beaucoup de réticence le siège, est en conflit permanent avec lui. Il lui reproche principalement sa morale et son exploitation des bénéfices ecclésiastiques. En 1094, Anselme se voit refuser l’organisation d’un grand concile de l’Église anglaise, notamment pour condamner les pratiques de sodomie et d’inceste qui seraient monnaie courante dans le royaume.

La querelle entre les 2 hommes connaît un point culminant quand Anselme reconnaît le nouveau pape Urbain II aux dépens de l’antipape Clément III, alors que Guillaume le Roux n’a pas encore fait son choix. Le roi, en appelant à la tradition anglaise, reproche à Anselme d’avoir violé son vœu de fidélité en s’arrogeant une prérogative royale. Anselme réplique alors qu’il n’a aucunement l’intention de renoncer à son allégeance à Urbain II. Le roi, furieux, proteste qu’Anselme place sa loyauté au pape au-dessus de la loyauté à son souverain.

Un concile a alors lieu à Rockingham [29] en février 1095, mais la situation reste dans l’impasse. Finalement Guillaume le Roux reconnaît Urbain II dans l’espoir qu’il déposera Anselme.

Mais il n’en est rien, et le pape, attentif au soutien du souverain anglais, ordonne à Anselme de collaborer avec le roi. L’archevêque obtempère pendant un temps. En 1097, alors que Guillaume le Roux se plaint de l’aide militaire insuffisante que lui fournit l’archevêque dans sa campagne galloise, ce dernier comprend que sa situation est intenable, et il s’exile.

Après avoir acquis la garde de la Normandie, Guillaume le Roux y passe plus de temps qu’en Angleterre. Il y fait 4 séjours, le deuxième d’une durée de 17 mois étant le plus long.

Le baronnage et l’Église normands l’acceptent immédiatement. Les objectifs militaire du roi d’Angleterre se calquent sur ceux de son père. Guillaume compte protéger les frontières de la Normandie en prenant le contrôle de territoires satellites à savoir le Maine et le Vexin français. Situé à l’est du duché, le Vexin français fait partie du domaine capétien mais Louis le Gros, le fils du roi de France Philippe, en est le comte. Juste avant de mourir, Guillaume le Conquérant avait essayé en vain de s’en emparer.

Accompagné d’Henri Beauclerc et de Robert II de Bellême, il lança à son tour une campagne en 1097. Aucune des 3 principales places fortes du Vexin, Chaumont, Pontoise et Mantes ne tombe. Mais plusieurs seigneurs ouvrent la porte de leur château au roi d’Angleterre et, du coup, l’armée anglo-normande s’enfonce librement et quasiment sans opposition dans le Vexin. Le roi de France subit l’humiliation de voir dévastées les régions autour de Paris et de la forêt de Rambouillet. Fait indéniable, il profite de son offensive pour commander la construction de la puissante forteresse de Gisors [30] à la frontière entre la Normandie et la France.

À Pâques 1099, il retourne en Angleterre, puis il organisa une grande cérémonie à Westminster. Mais il fut rapidement rappelé sur le continent, car Élie 1er de la Flèche avait repris Le Mans. Il traversa aussitôt la Manche pour mener une 2ème campagne dans le Maine. Après avoir secouru la garnison castrale, il pourchassa Élie jusque dans les confins méridionaux du Maine. Toutefois, il ne parvint pas à prendre le château de Mayet [31] et Château-du-Loir [32] où le rebelle s’était réfugié. En représailles, il dévasta la région, détruit les tours de la cathédrale inachevée du Mans, et ramena prisonnier en Angleterre Hildebert de Lavardin, le poète et évêque du Mans. Ce dernier, dans un poème, le décrit comme un tyran, un défenseur de tous les vices et une honte pour tous ses ancêtres. Guillaume le Roux le libéra à Pâques 1100.

Durant cette période, il semble s’être établi une sorte de paix dans le duché, peut-être à cause de l’absence d’une partie des barons à la croisade ou à cause des guerres menées par Guillaume aux frontières.

Début août 1100, Guillaume le Roux participait à une partie de chasse au cerf dans le comté d’Hampshire [33] avec ses compagnons quand, en fin d’après-midi, il fut tué par une flèche reçue en plein cœur. Henri profita immédiatement du drame, il s’empara du trésor royal à Winchester et se fit couronner précipitamment roi d’Angleterre à l’abbaye de Westminster le 5 août 1100.

L’absence d’héritiers directs et le soutien de Gilbert Fitz Richard de Clare et de sa famille facilitèrent la prise de pouvoir.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Normandie d’hier et d’aujourd’hui/ La Normandie des ducs aux rois/ Les fils de Guillaume/ Guillaume le Roux

Notes

[1] Mantes-la-Jolie est une commune française du département des Yvelines. Depuis le 10ème siècle, la ville comporte un château situé sur la motte castrale. Un édifice fortifié massif, la « tour de Ganne », lui fut adjointe. Avec les fortifications, la ville possédait alors un excellent dispositif de défense contre les envahisseurs. Henri 1er, fils de Robert ouvre contre Guillaume le Conquérant une lutte acharnée dont Mantes fut souvent le théâtre.

[2] Le Vexin français est une ancienne province et une région naturelle de France, qui se situe dans le nord-ouest de l’Île-de-France, étendue sur les départements du Val-d’Oise, des Yvelines et de l’Oise. Bien que formant désormais avec la ville de Cergy une agglomération contrastant avec le caractère rural du Vexin français, Pontoise en est la capitale historique.

[3] Touques est une commune française, située dans le département du Calvados. Touques est un ancien port de commerce très actif au Moyen Âge. Guillaume le Conquérant, devenu roi d’Angleterre, y débarqua pour venir inspecter son duché normand. L’histoire de la commune est très liée au château de Bonneville-sur-Touques, qui assurait sa protection. En 1096, Guillaume II le Roux s’y embarque pour aller se faire sacrer roi d’Angleterre. Le 1er août 1417, Henri V d’Angleterre, y débarque.

[4] La fonction de shérif est originaire de l’Angleterre prénormande. Le terme est né d’une contraction des mots anglo-saxons Shire reeve, désignant respectivement : pour le Shire, une circonscription administrative similaire au comté ; pour le reeve, un officier, agent d’un seigneur féodal (très proche du concept du bailli) qui faisait appliquer l’ordre parmi les serfs du domaine. En définitive, le shérif était un grade supérieur de cette fonction de Reeve, correspondant littéralement à celle d’un « bailli du comté ». Après la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, la fonction perdura, dans le cadre de vicomté. Elle reprit finalement l’appellation de shérif, tandis que vicomte devint un titre héréditaire de pairie.

[5] Le Maine est d’abord apparu en tant que comté au Haut-Moyen-Âge. Initiallement possession de la dynastie des Rorgonides, le Maine a connu plusieurs crises de succession qui l’ont fait passer aux Robertiens et aux Hugonides. Ces derniers gardent le titre comtal jusqu’au 11ème siècle, lorsque le dernier comte, sans descendant, lègue son fief à Guillaume le Conquérant, duc de Normandie. Les seigneurs locaux contestent la décision et renversent les Normands au profit de la maison italienne d’Este, lointaine descendante des Hugonides. Suite à plusieurs mariages, le Maine passe au 12ème siècle aux comtes d’Anjou de la dynastie des Plantagenêts.

[6] L’évêché de Durham est d’une importance particulière dans le Royaume d’Angleterre, car 15 ans après la conquête normande, le nord du royaume est toujours plus ou moins hors du contrôle royal. En 1069-1070, le Conquérant avait mené une campagne sanglante et dévastatrice dans le nord afin de le soumettre, mais la région n’était toujours pas pacifiée.

[7] Shrewsbury est une ville britannique, située dans le Shropshire en Angleterre, aux abords du Pays de Galles (son nom gallois est Amwythig). Elle portait le nom anglo-normand de Salopesberie. Shrewsbury est située dans un méandre de la Severn, son centre-ville historique entourant une colline au sommet de laquelle trône le château de Shrewsbury. Shrewsbury fut fondée, vers le 5ème siècle, par les réfugiés romains, à proximité de la cité de Viroconium (Wroxeter). Vers la fin du 8ème siècle, les Saxons ont donné à la ville le nom de Scrobbesbyrig duquel provient l’actuel nom Shrewsbury.

[8] L’ancien diocèse de Coutances est un ancien diocèse français. Jusqu’en 1569, l’évêque de Coutances exerçait une juridiction ecclésiastique sur les Îles de la Manche (qui formaient un doyenné), portant le titre d’« évêque de Coutances et des Îles ». En 1801, les frontières du diocèse sont remaniées à la suite du Concordat (annexion du territoire ou diocèse d’Avranches). L’évêché de Coutances a été supprimé en 1854, son chef-lieu Coutances est alors devenu par décret apostolique du pape Pie IX en date du 12 juin, le siège d’un nouvel évêché de Coutances et d’Avranches. Il appartenait à la province ecclésiastique de Rouen.

[9] Rochester est un ancienne cité à la coté de la River Medway dans le Kent, au sud-est de l’Angleterre, situé à environ 50 km de Londres.

[10] Château installé sur les fondations du fort romain, construit sous les ordres de Robert de Mortain, il est aujourd’hui un monument classé par l’English Heritage.

[11] Tonbridge (au Moyen Âge Tunbridge) est un bourg anglais du comté du Kent. Le bourg se trouve au bord de la rivière Medway à environ 40 km au sud-est de Londres et à 6 km au nord de Tunbridge Wells. Il appartient au district administratif de Tonbridge and Malling,

[12] Le titre de comte de Warwick est l’un des plus anciens comtés de la pairie d’Angleterre (aujourd’hui éteinte), et est dorénavant lié au titre de Baron Brooke dans la pairie du Royaume-Uni, créée en 1837. Il fut créé par Guillaume II le Roux, pour récompenser Henri de Beaumont de son aide lors de la rébellion de 1088. Le 14 avril 1445, le titre de comte fut transformé en duc de Warwick spécialement pour Henry de Beauchamp

[13] Le titre de comte de Surrey a été créé plusieurs fois dans la pairie d’Angleterre, et le titre duc de Surrey une seule fois. De nos jours, le titre est utilisé comme titre de courtoisie pour l’aîné des fils du duc de Norfolk associé à celui de comte d’Arundel  : comte d’Arundel et Surrey. Le comté de Surrey est au sud de l’Angleterre, très proche de Londres.

[14] Un honneur est une composante de la féodalité ; il s’agit au Moyen Âge en France et en Grande-Bretagne d’un fief possédé à l’origine par l’un des barons d’un prince ou d’un roi. Il comprend généralement un domaine principal, qui donne son nom à l’honneur, et plusieurs « extensions » plus petites généralement dispersées dans la principauté ou royaume du suzerain dont il dépend. D’une manière générale, le terme d’honneur désignait l’ensemble des terres d’un puissant seigneur.

[15] la région autour d’Avranches

[16] Eu est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime. Située tout au nord du département, et avec un territoire formant une protubérance sur la rive droite, Eu est un chef-lieu de canton bordé par la forêt d’Eu et traversé par la Bresle, fleuve côtier dont l’embouchure dans la Manche est à 4 km, au Tréport.

[17] Le traité de Caen ou traité de Rouen est un traité conclu vers la fin du mois de février 1091, entre Guillaume le Roux, roi d’Angleterre, et son frère aîné, Robert Courteheuse, duc de Normandie. Il met fin à une tentative d’intervention du roi anglais en Normandie qui avait débuté à peine un mois plus tôt. Il est conclu avant qu’aucun affrontement armé sérieux n’ait eu lieu. Guillaume le Roux et Robert Courteheuse se mettent d’accord pour cesser leur rivalité. Il est conclu que le roi anglais aidera son frère à régler les différents conflits auxquels il fait face, en échange de quoi, le duc normand lui octroiera des terres, châteaux et droits. Il est aussi conclu que si Robert mourait le premier, Guillaume hériterait de toute la Normandie, et inversement, si Guillaume mourait le premier, Robert hériterait de toute l’Angleterre. Le traité entraîne une période d’entente cordiale entre les deux frères, mais qui ne dure pas longtemps. Les termes du traité ne sont finalement pas respectés, et il est dénoncé par les deux parties en 1093/1094.

[18] L’abbaye de la Trinité de Fécamp, lieu de pèlerinage du Précieux Sang, est une abbaye bénédictine située à Fécamp, dans le département de Seine-Maritime, en Normandie (France). L’abbaye de la Trinité de Fécamp se trouve dans la valleuse de la Valmont, au cœur du Pays de Caux, sur la côte d’Albâtre. L’abbaye de Fécamp est née durant la grande vague d’implantations monastiques en Normandie qui émaillent le 7ème siècle (Jumièges, Fontenelle, Préaux, Le Bec, etc.). Elle s’inscrirait comme une riposte à l’évangélisation des environs par des personnes venues de l’extérieur : Picardie, Île-de-France, Bretagne. La construction du sanctuaire débuta vers 658 autour de la relique du Précieux Sang, confiée selon la légende à la mer par Isaac, fils de Joseph d’Arimathie, et venue s’échouer miraculeusement sur les plages du Pays de Caux. Elle fut l’œuvre de Waneng, comte de Caux, qui décida avec l’aide de Wandrille et Ouen la création à Fécamp d’un monastère de moniales, placées sous la règle de Saint-Benoît, et selon les textes du 9ème siècle sur un des domaines de Waneng. En 665 la première abbatiale est dédicacée. Hildemarque du Bordelais est la première abbesse.

[19] Aux 11ème et 12ème siècle, le titre de comte d’Huntingdon comprenait les comtés d’Huntingdon, Northampton, Bedford et Cambridge.

[20] la Cumbrie, plus tard les comtés de Westmorland et Cumberland

[21] Carlisle est une ville britannique située dans le Cumbria (Angleterre), à 15 km au sud de l’Écosse. Carlisle s’appelait autrefois Carduel, ville citée dans le Tristan et Yseult de Béroul. Or Froissart la nommait encore ainsi en contant l’histoire de Robert Bruce au 14ème siècle. Il l’a situait d’ailleurs en Galles (Galloway).

[22] L’abbaye Notre-Dame du Bec est une abbaye catholique bénédictine faisant aujourd’hui partie de la congrégation de Sainte-Marie de Mont-Olivet et située au Bec-Hellouin, près de Brionne, dans le département de l’Eure. Elle a été fondée en 1034 par Herluin, chevalier du comte Gilbert de Brionne. Avec l’arrivée de l’Italien Lanfranc de Pavie, prieur et maître de l’école monastique, puis d’Anselme de Cantorbéry, le Bec devient l’un des principaux foyers de la vie intellectuelle du 11ème siècle : le futur pape Alexandre II y étudie vers 1050 ainsi que nombre de futurs légats et évêques. Depuis près de 1 000 ans, l’abbaye du Bec est liée par l’histoire à la cathédrale de Cantorbéry, à laquelle elle a donné trois archevêques.

[23] L’archevêque de Cantorbéry est, après le Gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre (c’est-à-dire le monarque du Royaume-Uni), le chef de l’Église d’Angleterre et de la Communion anglicane.

[24] La Northumbrie est un royaume médiéval situé dans le nord de l’actuelle Angleterre et constituait l’un des principaux royaumes de l’Heptarchie. Sa notoriété est surtout liée à son rôle dans la propagation du christianisme nicéen dans l’île et à la constitution d’un centre culturel d’importance européenne avec l’archevêché d’York. Le nom de Northumbria désigne à l’origine les terres envahies par les Angles au 6ème siècle situées au nord de la rivière Humber. La Northumbrie en tant que royaume se constitue au début du 7ème siècle par l’union de deux autres entités Angles : celle de Bernicie (Bernicia) au nord et celle de Deirie (Deira) au sud.

[25] Newcastle upon Tyne, souvent appelée Newcastle, est une ville de la région de l’Angleterre du Nord-Est dans le comté métropolitain de Tyne and Wear située sur la rive nord du fleuve Tyne et capitale du comté historique et traditionnel de Northumberland.

[26] Le château de Bamburgh est situé dans le comté de Northumberland, en Angleterre, sur la côte de la mer du Nord, près du village de Bamburgh.

[27] Montgomery (est la ville principale du comté gallois de Powys. Elle se situe au centre de la principauté, à seulement 1,6 km de la frontière avec l’Angleterre. Elle est connue pour son imposant château, le château de Montgomery, et son église paroissiale. Bénéficiant d’une charte octroyée par Henri III en 1227, la « ville nouvelle » médiévale se développa en contrebas du château. Elle s’est peu étendue et a conservé intact son plan rectangulaire d’origine, même si maintenant elle possède les caractères d’une ville de marché d’époque géorgienne. Elle doit son nom à la famille de Montgommery, d’origine normande, qui vinrent durant la conquête normande de l’Angleterre.

[28] Au 7ème siècle, un monastère y fut construit : pillé par les Danois en 800, reconstruit, détruit de nouveau en 875, il fut rebâti et fortifié en 1083. Trois rois y seraient enterrés : Oswine de Deira, Osred II de Northumbrie et Malcolm III d’Écosse. Les épouses des rois Édouard 1er et Édouard II d’Angleterre y résidèrent quand leur mari bataillaient en Écosse. Édouard III le considérait comme un des plus puissants châteaux des marches septentrionales du royaume. C’est en 1325 que le prieur du monastère décida de construire un port pour le village qui s’était développé au pied du prieuré, ce qui alimenta pendant plusieurs siècles des conflits avec Newcastle upon Tyne concernant les droits de pêche.

[29] Rockingham est un village de l’arrondissement de Corby, Northamptonshire, en Angleterre. Il est le site d’un château fort construit par Guillaume le Conquérant, qui servit quelque temps de résidence aux rois d’Angleterre : il s’y tint en 1094 un concile pour juger le différend qui s’était élevé entre Guillaume le Roux et Anselme, archevêque de Cantorbéry, au sujet du droit d’hommage au Saint-Siège.

[30] Gisors est une commune française située dans le département de l’Eure. Cette ancienne cité située à la lisière du Vexin normand témoigne par son patrimoine architectural de la lutte acharnée entre souverains Capétiens et Plantagenêts durant une partie du Moyen Âge. Élément important du paysage urbain, son château fort se dresse depuis lors sur une éminence dominant la ville.

[31] Mayet est une commune française, située dans le département de la Sarthe

[32] Château-du-Loir est une ancienne commune française, située dans le département de la Sarthe. Aux confins de l’Anjou historique, et du Maine, Château-du-Loir est située aux limites du pays du Maine angevin, près de la Touraine. La situation géographique privilégiée du canton attira de nombreuses convoitises tout au long de l’histoire. Les rois de France et d’Angleterre se disputèrent cette place forte, chef-lieu d’une sénéchaussée de 78 paroisses (doyenné rattaché au diocèse du Mans), jusqu’en 1789. Cette importance était due surtout à sa situation géographique qui lui valut d’être victime de la rivalité des couronnes de France et d’Angleterre.

[33] Le Hampshire, abrégé Hants, est un comté du sud de l’Angleterre.