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Rainulf dit Rainulf Flambard ou Ranulf Passiflamme

lundi 23 janvier 2012, par lucien jallamion

Rainulf dit Rainulf Flambard ou Ranulf Passiflamme (vers 1060-1128)

Évêque de Durham (1099-1128)

Influent et puissant ministre du gouvernement du roi d’Angleterre Guillaume le Roux.

En 1085, il est gardien du sceau royal auprès du nouveau chancelier de Guillaume le Conquérant, Maurice futur évêque de Londres. En 1088, il est gardien de terres ecclésiastiques vacantes, et en 1089, il obtient la garde des terres de l’archevêché de Cantorbéry. Dès 1091, il est un témoin fréquent des actes royaux. Il est juge royal à Bury St Edmunds et Norwich avec l’évêque Walkelin de Winchester en septembre 1093. Il semble être alors à la fois le chef de file des cléricaux et des laïcs de la maison royale. À la fin des années 1090, 3 actes le montrent comme l’un des régents du royaume durant les absences de Guillaume le Roux en Normandie. Il est co-régent avec Walkelin de Winchester en 1097-99 et avec Hamon le sénéchal et Urse d’Abetot en 1099.

Sous le roi Guillaume le Roux, il est chargé de l’administration des finances, et il est aussi son agent légal. Il est son chapelain, ce qui signifie en fait que Flambard est l’un de ses plus proches familiers. Il exerce parfois la fonction de juge.

Il expérimente de nouvelles méthodes pour lever plus d’argent. L’une de ses idées ingénieuses se concrétise en 1094 quand Guillaume le Roux convoque le fyrd* (la milice anglaise) pour combattre en Normandie. Mais au lieu d’utiliser ces hommes pour combattre, la majeure partie d’entre eux n’étant pas des soldats, Flambard fait collecter les 10 shillings que chaque homme a reçus de sa communauté pour sa nourriture. L’argent ainsi collecté est envoyé au roi en Normandie pour engager des mercenaires.

En 1095, à la mort de l’évêque de Worcester Wulfstan, il essaie de tirer le maximum de profit de la situation. À la différence des vassaux laïcs, quand un évêque succédait à un honneur, il ne payait pas au roi de droits de succession, car cela aurait ressemblé à de la simonie. Mais cette fois-ci, il obtient de Guillaume le Roux que soit notifié aux vassaux de l’évêché vacant qu’ils doivent payer les droits de succession directement au roi. Toutefois, cette expérience ne fut pas répétée.

À la fin des années 1090, il possède des bénéfices ecclésiastiques à travers tout le royaume, mais aussi des fonctions de chanoine dans 3 importants évêchés, Lincoln, Londres et Salisbury.

L’exploitation des abbayes et évêchés vacants, un domaine dans lequel Flambard s’est spécialisé, demeure une source de profit important. Il en profite amplement en percevant pour le roi une grande proportion des bénéfices ecclésiastiques maintenus vacants de façon illégale. Lui-même contrôle personnellement 16 abbayes ou évêchés. Après avoir tenu quelques offices ecclésiastiques mineurs, en mai 1099, plus de 3 ans après la mort de Guillaume de Saint-Calais, il obtient du roi l’évêché de Durham. Il est consacré le 5 juin suivant. Guillaume de Malmesbury l’accuse d’avoir acheté le siège épiscopal au roi pour 1000 livres sterling.

La mort brutale et accidentelle de Guillaume le Roux, le 2 août 1100, met fin à sa carrière dans le gouvernement de l’Angleterre. La Charte des libertés, signée par Henri 1er à son couronnement, promet de renoncer aux pratiques de surimposition des barons et d’exploitation des bénéfices ecclésiastiques. Flambard est arrêté le 15 août, et emprisonné à la Tour de Londres, sous la garde de Guillaume de Mandeville. Il est le premier prisonnier politique de la Tour. Il réussit néanmoins à s’en évader en février 1101 et va se réfugier en Normandie.

Après avoir traversé la Normandie, il se met au service du duc Robert Courteheuse, frère aîné de Beauclerc, comme conseiller. En 1101, il persuade ce dernier de contester le droit de son frère Henri à la couronne de l’Angleterre, et l’accompagne dans son invasion de l’Angleterre. Mais après avoir débarqué dans le royaume, Robert préfère négocier, et Henri 1er achète son renoncement au trône avec une rente.

En 1101, il se réconcilie avec le roi, et le processus conduisant à son rétablissement à la tête de l’évêché de Durham est lancé. Il maintient ouvertement de bonnes relations avec les 2 frères, et il est même en visite dans le royaume en 1102, 1104 et 1105. Il est en faveur auprès du duc, et en 1101, il obtient le siège vacant de l’évêché de Lisieux pour son frère Foucher. Après la mort de son frère l’année suivante, il obtient la succession au siège épiscopal de son propre fils, prénommé Thomas, et devient gardien du diocèse. Il touche ainsi les revenus de deux évêchés. En 1105, le pape Pascal II met fin à cette situation jugée scandaleuse car l’enfant à moins de 12 ans. Après la défaite et la capture de Robert Courteheuse à la bataille de Tinchebray en 1106, Flambard retourne outre-Manche où il récupère ses domaines et l’évêché qu’il avait acquis en 1099. Il s’installe à Durham avec sa concubine et ses enfants.

Il s’implique dans la dispute entre les archevêques de Cantorbéry et York pour savoir quel archevêché devait avoir autorité sur l’autre. En 1109, il essaie d’obtenir d’Henri 1er qu’il prenne position et rende justice à Thomas II d’York en échange d’un pot de vin. En 1115, il ordonne prêtre Thurstan d’York qui a été élu l’année précédente au siège épiscopal d’York. Thurstan n’est pas consacré avant 1119, car Ralph d’Escures, le nouvel archevêque de Cantorbéry refuse de le faire tant que Thurstan ne reconnaîtra pas la primatie de Cantorbéry sur York. Il assiste au concile de Reims de 1119 Il achève la cathédrale de Durham que son prédécesseur, Guillaume de Saint-Calais, avait commencé. Il fait construire le mur qui relie le château à sa cathédrale ainsi que le pont en pierre qui permet de traverser la Wear.

C’est aussi sur ses instructions qu’en 1121 débute la construction du château de Norham pour défendre la Tweed. Durant sa période à la tête de l’évêché, les revenus de son diocèse augmentent considérablement.

Pour accroître les revenus des moines et prieurs du chapitre cathédral, il les dote de terres des comtés de Durham, Northumberland et Yorkshire. Il installe aussi des membres de sa famille dans son église, notamment son neveu devient son archidiacre. On retrouve plusieurs des membres de sa famille dans son entourage, certains tenants des fiefs de l’évêché ; son neveu Osbert se voit confier l’office de shérif du comté.

Il fait construire l’église paroissiale de St Giles et l’hôpital attenant, dans la ville de Durham, mais ce sont de rares exemples de son implication dans la construction d’églises. Il ouvre une école dans sa cathédrale. Guillaume de Corbeil, futur archevêque de Cantorbéry viendra y étudier.

Il commence à décliner intellectuellement et physiquement dans ses 2 dernières années de vie. Il meurt le 5 septembre 1128 à l’âge d’environ 68 ans, et est inhumé dans la salle capitulaire de la cathédrale de Durham.