Bienvenue sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Accueil du site > Histoire du 11ème siècle > Robert FitzHamon ou Robert fitz Haimon

Robert FitzHamon ou Robert fitz Haimon

vendredi 27 janvier 2012, par lucien jallamion

Robert FitzHamon ou Robert fitz Haimon (mort en 1107)

Seigneur d’Évrecy en Normandie-Lord de Gloucester en Angleterre

"Robert FitzHamon Seigneur d'Évrecy en Normandie Lord de Gloucester en Angleterre conquiert le Glamorgan probablement vers 1093Fils aîné d’Hamon, shérif [1] du Kent [2], et sénéchal [3] de Guillaume le Conquérant et Guillaume le Roux. Il est le petit-fils de Hamon le Dentu , seigneur de Creully [4], Torigni [5], Évrecy [6] et Sainte-Scolasse-sur-Sarthe [7], qui est tué en affrontant le duc de Normandie Guillaume le Bâtard, plus tard le Conquérant, lors de la bataille de Val-ès-Dunes en 1047 [8]. Après la conquête normande de l’Angleterre [9], il est possible que son père soit venu dans le pays conquis avec l’évêque Odon de Bayeux, son suzerain en Normandie pour l’honneur* d’Évrecy*. Il est en effet shérif du Kent et il est un petit vassal d’Odon de Bayeux, dorénavant comte de Kent, pour quelques terres dans ce comté. À sa mort, Robert hérite du patrimoine normand, et son frère Hamon hérite du patrimoine anglais.

Il est l’un des barons loyaux à Guillaume le Roux, le fils est successeur de Guillaume le Conquérant, durant la rébellion de 1088 qui cherche à regrouper la Normandie et l’Angleterre sous le gouvernement commun de Robert Courteheuse, le duc de Normandie et frère aîné du roi.

Sa loyauté et son aide durant la rébellion lui valent d’être récompensé par les terres qui appartenaient à la reine et mère du roi Mathilde de Flandre, et que Henri essayait d’obtenir de son frère. Il se voit en plus concéder des domaines confisqués à Geoffroy de Montbray, l’évêque de Coutances*, l’un des participants à la rébellion, dans le sud-est et dans le Buckinghamshire*. Son installation consiste à barrer la route de Londres aux barons rebelles des marches du Pays de Galles*. Il obtient aussi d’épouser Sybille, une fille du puissant Roger II de Montgommery, le comte de Shropshire*.

Il devient l’un des amis intimes de Guillaume le Roux, et il est un fréquent témoin de ses chartes. Robert est présent à la partie de chasse du 2 août 1100 durant laquelle Guillaume le Roux est mortellement blessé par une flèche.

C’est durant le règne de Guillaume le Roux que les Anglo-normands font des percées décisives au Pays de Galles*, et l’une d’entre-elles est réalisée par Robert FitzHamon. Les riches domaines qu’il a reçu dans le Gloucestershire*, incluant le port de Bristol*, lui donnent les moyens militaires et financiers pour entreprendre la conquête de territoires gallois. En s’ingérant dans les luttes intestines entre les royaumes gallois, il réussit à conquérir le Glamorgan*, à l’extrémité sud du Pays de Galles vers 1093.

Henri 1er Beauclerc, le frère cadet de Guillaume le Roux, s’empare de la couronne à la barbe de Robert Courteheuse, son frère aîné. Robert FitzHamon se rallie au nouveau roi. Quand Robert Courteheuse débarque en Angleterre pour conquérir la couronne, Robert est resté fidèle au roi, et il sert d’intermédiaire entre les 2 princes, ce qui conduit au Traité d’Alton*. Il est un témoin fréquent des chartes royales.

En 1105, alors qu’il est au service du roi en Normandie avec l’armée du roi, il est capturé et emprisonné à Bayeux* par des partisans du duc de Normandie Robert Courteheuse. Cet affront décide le roi d’Angleterre à débarquer sur le continent. Henri 1er Beauclerc se présente devant Bayeux. Le gouverneur de la ville Gauthier d’Aunay libère Robert FitzHamon mais ne rend pas la place. Ce qui vaut à Bayeux d’être incendié par le roi. Robert FitzHamon accompagne Henri dans sa conquête de la Normandie mais il reçoit une flèche dans la tête lors du siège de Falaise*. Diminué intellectuellement, il retourne en Angleterre, se fait moine au monastère de Tewkesbury* qu’il avait fondé, et y meurt peu après en mars 1107.

Il est inhumé dans la salle capitulaire de l’abbaye de Tewkesbury, et en 1241, son corps est transféré dans l’église. Il épousa Sibylle, fille de Roger II de Montgommery, comte de Shrewsbury*.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte Judith A. Green, « Robert fitz Haimon (d. 1107) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.

Notes

[1] La fonction de shérif est originaire de l’Angleterre prénormande. Le terme est né d’une contraction des mots anglo-saxons Shire reeve, désignant respectivement : pour le Shire, une circonscription administrative similaire au comté ; pour le reeve, un officier, agent d’un seigneur féodal (très proche du concept du bailli) qui faisait appliquer l’ordre parmi les serfs du domaine. En définitive, le shérif était un grade supérieur de cette fonction de Reeve, correspondant littéralement à celle d’un « bailli du comté ». Après la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, la fonction perdura, dans le cadre de vicomté. Elle reprit finalement l’appellation de shérif, tandis que vicomte devint un titre héréditaire de pairie.

[2] Le titre de comte de Kent a été créé plusieurs fois dans la pairie d’Angleterre, et une fois dans la pairie du Royaume-Uni. Le comté de Kent est situé au sud-est de l’Angleterre, face à la France.

[3] Un sénéchal est un officier au service d’un roi, d’un prince ou d’un seigneur temporel.

[4] Creully est une ancienne commune française, située dans le département du Calvados. Le premier baron de Creully, Hamon le Dentu (Hains-az-Dentz) (mort en 1047) était descendant de Rollon, chef d’une région appelée Normandie en 911 sous Charles III après le traité de Saint-Clair-sur-Epte. Il fit édifier sur l’emplacement d’un ancien opidum gaulois la première forteresse (probablement en bois) dominant la vallée de Seulles.

[5] Torigni-sur-Vire est une commune française, située dans le département de la Manche en région Basse-Normandie. Anciennement Thorigny, elle a été le fief de la famille de Matignon dont il demeure l’aile sud du château du 16ème siècle,

[6] Évrecy est une commune française, située dans le département du Calvados

[7] Sainte-Scolasse-sur-Sarthe est une commune française, située dans le département de l’Orne

[8] La bataille de Val-ès-Dunes opposa le 10 août 1047 le jeune duc de Normandie Guillaume dit le Bâtard, aidé de son suzerain le roi Henri 1er de France, à une coalition de barons normands rebelles de l’ouest du duché.

[9] La conquête normande de l’Angleterre est l’invasion du royaume d’Angleterre par le duc de Normandie Guillaume le Conquérant en 1066 et son occupation du pays dans les années qui suivent. Le roi d’Angleterre Édouard le Confesseur meurt au début de l’année 1066 sans laisser d’enfant. Son beau-frère Harold Godwinson est choisi pour lui succéder, mais d’autres prétendants se font connaître. L’un d’eux, le roi norvégien Harald Hardrada, débarque en Angleterre au mois de septembre. Il est vaincu et tué par Harold à la bataille de Stamford Bridge, le 25 septembre. Guillaume, duc de Normandie, débarque à son tour dans le Sussex quelques jours plus tard. Harold se porte à sa rencontre et l’affronte à la bataille d’Hastings le 14 octobre. Cet affrontement décisif voit la mort d’Harold et la victoire de Guillaume, qui est sacré à l’abbaye de Westminster le jour de Noël. La disparition des principaux rivaux de Guillaume n’apporte pas la tranquillité à l’Angleterre, qui est secouée par de nombreuses révoltes jusqu’en 1072. Pour mieux contrôler son royaume, Guillaume fonde de nombreux châteaux à des endroits stratégiques et redistribue à ses fidèles normands les terres confisquées à la noblesse anglo-saxonne ou danoise. L’invasion normande a des conséquences profondes pour l’histoire de l’Angleterre où la nouvelle classe dominante tient ses fiefs directement du roi et parle normand. Aux échelons inférieurs de la société, l’esclavage disparaît dans les décennies qui suivent la conquête, mais il s’agit peut-être de l’accélération d’un processus déjà en cours.