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Guibert de Ravenne dit Clément III

mardi 28 avril 2020 (Date de rédaction antérieure : 30 novembre 2011).

Guibert de Ravenne dit Clément III (vers 1023-1100)

Antipape de 1080 à 1100

Né à Parme [1] en Italie d’une famille liée aux comtes de Canossa [2], il fut chancelier impérial d’Italie jusqu’en 1063. L’empereur Henri IV le nomma, alors Evêque de Ravenne [3], en tant que pape malgré l’opposition du Pape Alexandre II, qui finira par accepter la situation une fois que Guibert se soumet à son autorité. Peu de temps après l’élection de Hildebrand en tant que Pape Grégoire VII, il devint l’un des leaders les plus remarqués de l’opposition aux réformes grégoriennes [4].

Après avoir assisté au Concile de Carême de Grégoire VII, il refusa d’assister au suivant, bien qu’il ait promis de le faire. Un Concile d’Evêques détrôna Grégoire VII, ce qui engendra une série d’excommunications et de destitutions.

En juin 1080, un Concile demandé par Henri IV destitua Grégoire VII à nouveau et Guibert fut élu pape à sa place. Henry IV marcha ensuite sur Rome, Grégoire s’enfuit et Guibert fut de nouveau élu pape, sous le nom de Clément III. Le nouveau pape couronna l’empereur Henri IV dans la Basilique Saint-Pierre [5].

Grégoire VII revient à Rome avec l’armée de son allié normand Robert Guiscard. Henri IV et Clément furent expulsés de Rome, et Clément devient archevêque de Ravenne. Durant les règnes de Victor III et Urbain II, il aura de nouveau la fonction de pape afin de négocier avec les autres dirigeants européens. Lorsque le pape Pascal II fut élu, Clément est prêt à faire pression contre lui, mais il fut forcé d’abandonner et meurt le 8 janvier 1100 à Civita Castellana [6].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Geneviève Bührer-Thierry et Thomas Deswarte, Pouvoirs, Église et société. France, Bourgogne, Germanie (888-xiie siècle), Paris, Sedes/CNED, coll. "Histoire", 299 p., 2008

Notes

[1] Parme, est une ville italienne de la province de Parme, dans la région d’Émilie-Romagne. Située entre la chaîne des Apennins et la plaine du Pô, la ville est divisée en deux par la rivière Parma, affluent du Pô.

[2] Canossa est une commune italienne dans la province de Reggio d’Émilie en Émilie-Romagne. Le nom provient du château de la comtesse Mathilde de Toscane, le château de Canossa.

[3] Ravenne est une ville italienne de la province de Ravenne en Émilie-Romagne. Elle est considérée comme la capitale mondiale de la mosaïque. Ravenne fut une cité de première importance au tournant de l’Antiquité et du Moyen Âge. En 402, pendant le règne d’Honorius, elle fut, du fait de sa position stratégique plus favorable, élevée au rang de capitale de l’Empire romain d’Occident en lieu et place de Milan, trop exposée aux attaques terrestres des barbares. Son port de grande capacité, sur l’Adriatique, la mettait en communication aisée avec Constantinople, capitale de l’Empire romain d’Orient. La cité continua d’être le centre de l’Empire d’Occident jusqu’à la chute de celui-ci en 476. Elle devint alors la capitale du royaume d’Italie d’Odoacre, puis à partir de 493 celle du royaume des Ostrogoths, sous Théodoric le Grand, qui englobait l’Italie, la Rhétie, la Dalmatie et la Sicile. En 540, sous le règne de Justinien 1er, Ravenne fut conquise par le général de l’Empire d’orient Bélisaire ; elle fut ensuite reconquise par les Ostrogoths avant d’être à nouveau reprise par le général de l’Empire d’orient Narsès en 552. C’est pour contrer le danger né de l’invasion des Lombards en Italie à partir de 568, que Ravenne devint le siège de l’exarchat byzantin d’Italie, par décision de l’empereur Maurice. La concentration de tous les pouvoirs civils et militaires entre les mains de l’exarque, représentant personnel de l’empereur byzantin favorisa, à long terme, l’émancipation des territoires du nord de l’Italie vis-à-vis du pouvoir impérial. Ravenne fut prise en 752 par Aistolf, roi des Lombards. Deux ans après, Pépin le Bref, roi des Francs, la lui enleva et la donna au Saint-Siège.

[4] La réforme grégorienne est une politique menée durant le Moyen Âge sous l’impulsion de la papauté. Si les historiens admettent que le pape Léon IX a commencé le redressement de l’Église, c’est pourtant le pape Grégoire VII qui a laissé son nom à la réforme. De plus, les efforts pour sortir l’Église catholique d’une crise généralisée depuis le 10ème siècle se poursuivent bien après le pontificat de Grégoire VII. Ainsi l’expression « réforme grégorienne » peut paraître impropre puisqu’elle ne s’est pas limitée à quelques années mais concerne au total près de trois siècles.

[5] La basilique Saint-Pierre est le plus important édifice religieux du catholicisme. Elle est située au Vatican, sur la rive droite du Tibre, et sa façade s’ouvre sur la place Saint-Pierre. Elle a été construite là où, sous la volonté de l’empereur Constantin 1er, les premiers pèlerins venaient rendre un culte à saint Pierre à l’emplacement du cirque de Caligula et de Néron.

[6] Civita Castellana est une commune italienne de la province de Viterbe dans la région Latium en Italie.