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L’histoire pour le plaisir

Hérodien

dimanche 3 janvier 2021, par ljallamion

Hérodien (vers 170-vers 250)

Historien romain d’expression grecque

Province romaine de SyrieIl serait natif d’Asie mineure [1] ou de Syrie [2].   Le peu que l’on sait de lui peut être déduit de son ouvrage connu sous le titre d’’“Histoire des empereurs romains” de Marc Aurèle à Gordien III, il expliqua ses intentions dans une préface.   Il vécut souvent à Rome, fonctionnaire à la cour, peut-être sénateur, ordre équestre [3] ou affranchi impérial.   En 192, il assista à une prestation de Commode au Colisée [4], il avait la toge virile [5], soit 15 ans.   L’ouvrage historique qui nous est parvenu est connu sous le nom d’Histoire des empereurs romains de Marc Aurèle à Gordien III dispose d’un intérêt historique non négligeable bien que l’historiographie préfère son autre contemporain, Dion Cassius, dont l’Histoire s’arrête cependant en 229. Car Hérodien est souvent critiqué, pour des erreurs, fautes et oublis, y compris sur la géographie. Il s’inspire beaucoup de Dion Cassius et éventuellement de Marius Maximus . Mais son histoire inclus des témoignages et peut combler la version de Dion Cassius.   L’histoire d’Hérodien renferme dans un espace de 60 années 17 empereurs, à savoir : Commode, Pertinax, Didius Julianus, Pescennius Niger, Albinus, Septime Sévère, Geta, Caracalla, Macrin, Héliogabale, Sévère Alexandre, Maximin le Thrace, Gordien Ier, Gordien II, Pupien, Balbin, Gordien III.   Très attaché à la culture grecque, Hérodien semble écrire essentiellement pour un public appartenant aux provinces hellénophones de l’empire. Son style et sa méthode s’inspirent de la tradition historique grecque issue de Thucydide.   Hérodien montre un attachement à un pouvoir stable et légitime, correspondant aux attentes politiques des aristocraties municipales, inversement il témoigne de préjugés et d’une méfiance très forte envers les soldats de l’armée romaine.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire de Hérodien (trad. Denis Roques), Histoire des empereurs romains de Marc-Aurèle à Gordien III, Paris, Les Belles Lettres, coll. « La Roue à livres », 1990 (ISBN 2251339035)

Notes

[1] L’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire, mais aujourd’hui elle désigne couramment toute la partie asiatique de la Turquie

[2] La Syrie est l’une des provinces les plus importantes de l’Empire romain, tant par sa richesse que sur le plan militaire. Étendue de la Méditerranée à l’Euphrate, elle constitue un riche creuset de civilisations, composées entre autres de Juifs, de Phéniciens, ou de Nabatéens, hellénisés pour la plupart d’entre eux. La Syrie est conquise par Pompée en 64 av. jc. En 63 av. jc, après avoir vaincu le roi Mithridate VI, il transforme le royaume de Syrie en province romaine, mettant ainsi fin à la dynastie séleucide. L’acquisition du territoire n’est cependant pas sa mission originelle. Le gouvernement de cette riche région constitue rapidement un enjeu majeur à Rome. Crassus, qui l’a obtenu, y trouve la mort en tentant une expédition militaire contre les Parthes en 53 av. jc, à Carrhes. Sous Auguste, la province est placée sous l’autorité d’un légat d’Auguste propréteur de rang consulaire, résidant à Antioche, la capitale. Les frontières de la province connaissent à plusieurs reprises des modifications. Le royaume de Judée, devenu province de Judée, est renommé Syrie-Palestine durant le règne de l’empereur Hadrien, mais n’appartient pas à la province de Syrie proprement dite. Les frontières varient aussi avec l’Arabie nabatéenne. La Syrie englobe l’Iturée et le territoire de Palmyre. Si les conquêtes de Trajan sont éphémères, la frontière sur l’Euphrate est durablement déplacée jusqu’à Doura Europos, lors de la guerre parthique de Lucius Verus, entre 161 et 166. À partir de la seconde moitié du 2ème siècle, le sénat romain comprend un nombre important de Syriens, comme Claudius Pompeianus ou Avidius Cassius sous Marc Aurèle. Dans la première moitié du 3ème siècle, des Syriens accèdent au pouvoir impérial, avec la dynastie des Sévères.

[3] Les chevaliers sont un groupe de citoyens de la Rome antique appartenant à l’ordre équestre (equester ordo), sous la Royauté, la République et l’Empire. Choisis par les censeurs, ce sont les plus fortunés (au moins 400 000 sesterces du 2ème siècle av. jc, jusqu’au début de l’Empire) et les plus honorables des citoyens (en dehors des sénateurs). Cette appartenance pouvait être théoriquement remise en cause à chaque censure. En pratique elle était héréditaire. Le chevalier se reconnaît à la bande de pourpre étroite cousue sur sa tunique (tunique dite angusticlave), et au port de l’anneau d’or. Les chevaliers se virent attribuer un poids politique supplémentaire au motif qu’ils étaient capables financièrement de s’équiper pour servir dans l’armée à cheval. De plus l’appartenance à l’ordre équestre était nécessaire pour accéder aux postes d’officier dans l’armée.

[4] Le Colisée, à l’origine amphithéâtre Flavien, est un immense amphithéâtre elliptique situé dans le centre de la ville de Rome, entre l’Esquilin et le Cælius, le plus grand jamais construit dans l’empire romain. Il est l’une des plus grandes œuvres de l’architecture et de l’ingénierie romaines. Sa construction, juste à l’est du Forum Romain, a commencé entre 70 et 72 ap. jc, sous l’empereur Vespasien, et s’est achevée en 80 sous Titus.

[5] La toge virile est le vêtement de dessus officiel du citoyen romain adulte. Elle est blanche (ou écrue) sans signe distinctif (contrairement à la toge prétexte avec des bandes rouges). La toge virile est remise au garçon lorsque son père juge qu’il a atteint l’âge adulte en se basant sur le développement physique et moral de son enfant. En général la prise de toge est faite entre 14 et 17 ans (elle était beaucoup plus tardive dans les premiers temps de l’histoire romaine mais le futur empereur Caligula ne recevra la toge virile qu’à 21 ans).