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L’histoire pour le plaisir

Thucydide

mercredi 4 novembre 2015

Thucydide (vers 460 av. jc-400/395 av. jc)

Homme politique et historien athénien

Né dans le dème d’Halimunte [1], il est l’auteur de “l’Histoire de la guerre du Péloponnèse” [2], récit de ce conflit athéno-spartiate, qui se déroula entre 431 et 404.

Fils d’un eupatridês [3] athénien nommé Oloros . Sa famille est probablement apparentée à celle de Cimon. Elle bénéficie également d’une fortune considérable. Le père de Thucydide possède des mines d’or en Thrace [4] et des forêts sur le mont Pangée [5].

Selon Lucien de Samosate et la Souda [6], Thucydide enfant assista à une lecture faite par Hérodote de son œuvre, lors des Jeux olympiques.

Durant ses 30 premières années, il a dû se préparer aux charges gouvernementales qui allaient lui incomber, mais sa vie se situe entre deux moments extrêmes de l’histoire d’Athènes, entre la splendeur des années triomphantes du milieu du 5ème siècle av. jc et le dernier quart du siècle, où la cité sort exsangue et humiliée de l’occupation spartiate.

De cette crise, Thucydide, entre 30 et 40 ans, écrit l’histoire au fur et à mesure qu’elle se déroule. Il ne parle de lui, en 430, que pour décrire les symptômes de la peste qu’il croit avoir contractée.

Il est le disciple d’ Anaxagore de Clazomènes et, selon la tradition, il a étudié l’enseignement d’ Antiphon .

En 424, il est élu stratège [7]. On lui confie le commandement d’une escadre de 7 navires, qu’il doit mener en Thrace pour maintenir l’ordre. Une expédition du Spartiate Brasidas l’oblige à porter secours à son homologue Euclès .

Malheureusement, il ne peut empêcher le Lacédémonien [8] de prendre Amphipolis [9], même s’il parvient à s’emparer d’Eion [10]. Pour cette raison, il est accusé de trahison, ce qui le force à s’exiler d’Athènes pendant vingt ans.

Pendant son exil, Thucydide voyagera à travers l’ensemble de la Grèce et accumulera de nombreux témoignages auprès des combattants des deux camps (spartiates et athéniens).

D’après Pausanias, Thucydide serait revenu à Athènes grâce à un décret d’Oinobios et aurait été assassiné à son retour. Son tombeau se trouverait non loin de la porte Mélité à Athènes.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Olivier Battistini, La Guerre du Péloponnèse, Thucydide d’Athènes, Ellipses, coll. « Les Textes fondateurs », 2002.

Notes

[1] Attique

[2] La Guerre du Péloponnèse, ou Histoire de la guerre du Péloponnèse est un ouvrage de l’historien athénien Thucydide écrit à la fin du 5ème siècle av. jc et publié au début du siècle suivant, et qui raconte la guerre du Péloponnèse opposant la ligue du Péloponnèse, dirigée par Sparte, à la ligue de Délos, menée par Athènes ; il est généralement considéré comme la première œuvre constituant un récit historique fidèle et rigoureux.

[3] aristocrate

[4] La Thrace est une région de la péninsule balkanique partagée entre : la Bulgarie (Thrace du Nord), la Grèce (Thrace occidentale ou Thrace égéenne) et la Turquie (Thrace orientale). Elle doit son nom aux Thraces, peuple indo-européen qui occupait la région dans l’Antiquité.

[5] Le Pangée est un massif montagneux de Macédoine orientale (Grèce) séparant au sud la côte de l’Égée de la plaine de Philippes-Drama au nord. C’est sur cette montagne, d’après la mythologie grecque, que les Ménades mirent en pièce Orphée. Cette montagne était célèbre dans l’Antiquité pour ses mines d’or et d’argent : le tyran athénien Pisistrate, exilé au milieu du 6ème siècle av. jc, s’y était suffisamment enrichi pour lever des mercenaires en vue de son retour à Athènes.

[6] La Souda est une encyclopédie grecque de la fin du ixe siècle. C’est un ouvrage de référence, en particulier pour les citations, très souvent utilisé dans les travaux portant sur l’Antiquité. Le nom de l’ouvrage, la date de sa rédaction, l’identité de son ou de ses auteurs ont posé de délicats problèmes aux chercheurs.

[7] Un stratège est un membre du pouvoir exécutif d’une cité grecque, qu’il soit élu ou coopté. À l’époque où les cités grecques avaient chacune leur propre milice et leur propre politique étrangère, les questions de politique militaire étaient incluses dans les responsabilités des dirigeants de ces cités comme le montre le parcours des stratèges les plus connus tels que Périclès et Cléon.

[8] Sparte ou Lacédémone est une ancienne ville grecque du Péloponnèse. Située sur l’Eurotas, dans la plaine de Laconie, entre le Taygète et le Parnon, elle est l’une des cités États les plus puissantes de la Grèce antique, avec Athènes et Thèbes.

[9] Amphipolis est une cité grecque d’Édonie en Macédoine orientale. Elle occupe un haut plateau sur la rive est d’une boucle du Strymon, à 4 km au nord de son embouchure dans la mer Égée au niveau du Golfe Strymonique. Fondée en 437 av. jc, elle fut abandonnée au 8ème siècle de notre ère.

[10] Eion est une ville du nord-est de la Grèce. Elle se situe à l’embouchure du fleuve Strymonas qui se jette dans la Mer Égée. Thucydide s’y réfère dans la Guerre du Péloponnèse comme étant une place stratégique pour Athènes durant la guerre du Péloponnèse. Elle fut occupée en 476 av. jc par les Perses durant les guerres entre Perses et Grecs puis conquise en 475 av. jc par la ligue de Délos sous le commandement d’Athènes par le général Cimon. La prise de la ville fut le début d’une campagne militaire pour la nouvelle ligue de Délos dont le but était de contrôler la mer Égée. Durant la guerre du Péloponnèse, Aristide y intercepta un message perse adressé aux spartiates indiquant leurs positions. Plus tard, les spartiates du général Brasidas prirent, avec l’aide des Thraces, Amphipolis, citée grecque située à côté d’Eion où étaient postées les défenses athéniennes qui furent détruites.