Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Tugdual de Kermoysan

mercredi 14 avril 2021, par ljallamion

Tugdual de Kermoysan (mort en1450)

Seigneur breton

Médaillon ou sont cité les compagnons de Jeanne d'ArcCapitaine de gens d’armes et de trait, compagnon d’Arthur de Richemont, et de Jeanne d’Arc, au service du duc de Bretagne Jean V, puis écuyer et conseiller militaire du roi de France Charles VII.

Né à Saint-Gilles-les-Bois [1] au château du Goasmap. Il est issu des seigneurs du Goasmap et du Rumeur. Il participe aux principaux événements militaires de la reconquête de la France, notamment au siège d’Orléans [2] aux côtés de Jeanne d’Arc en 1429, et à la reconquête de la Normandie à la bataille de Formigny [3]. Il sera tué au siège de Cherbourg en 1450.

Fils de Yvon de Kermoysan, Tugdual assiste, très jeune, à la bataille de Roosebeke [4], qui oppose le 27 novembre 1382 une troupe de miliciens Flamands, commandés par Philippe van Artevelde , à l’ost français conduit par Charles VI, et commandé par Olivier V de Clisson.

Après avoir fait ses armes avec l’amiral jean de Penhoet , Tugdual rejoint Arthur de Richemont. Celui-ci, futur connétable de France et duc de Bretagne sous le nom d’Arthur III, a en effet été armé chevalier le 21 mai 1414, avant de monter à l’assaut de Soissons [5].

Tugdual participe très certainement à la bataille d’Azincourt [6], le 25 octobre 1415, sous la bannière de Jean de Penhoet, aux côtés d’Arthur de Richemont, qu’il a rejoint parmi les 500 chevaliers et écuyers bretons des troupes royales. Le contingent breton combat à l’avant-garde. Richemont sera fait prisonnier et Tugdual quant à lui passe au service du duc de Bretagne, Jean V.

Le 1er juin 1416, Tugdual est capitaine à Montivilliers [7] près du Havre [8] ; il commande une compagnie d’hommes d’armes qui compte 9 autres écuyers. Il accompagne très vraisemblablement l’amiral et Jean V, duc de Bretagne, traité par le roi en ami, lorsqu’à l’automne 1419, ils font à pieds le Tro Breizh [9]. C’est à cette époque qu’il passe au service du dauphin, le futur roi Charles VII.

En 1420, le dauphin le futur Charles VII, l’envoie à Melun [10] pour défendre la ville contre les Anglais et les Bourguignons, sous les ordres d’Arnault Guilhem de Barbazan, chambellan [11] du roi et sénéchal [12] d’Agenois [13]. Le siège commence le 7 juillet 1420. Cette place, qui barrait l’accès de Paris par la Seine, était d’une grande importance. Barbazan y commande pour le dauphin.

Malgré ces prouesses, la ville est prise et Tugdual est fait prisonnier. Il doit payer une rançon pour recouvrer la liberté. Tugdual de Kermoysan, après avoir recouvré la liberté, la même année, est gouverneur de Montaiguillon [14], l’une des plus puissantes forteresses de la Brie, qu’il défend contre le duc de Bourgogne et le roi d’Angleterre. Sa réputation franchit rapidement les limites du duché de Bretagne.

Le 12 février 1420, Marguerite de Clisson, héritière des Blois, attire Jean V de Bretagne dans un guet-apens et le retient captif au château de Champtoceaux [15]. Pour libérer le duc, son épouse Jeanne de France, fille du roi Charles VI, fait appel aux bretons de Bretagne et charge Tugdual de recruter ceux qui servent en France.

Il est au nombre des 143 seigneurs qui assiègent Champtoceaux avec l’armée bretonne de mai à juillet 1420. Tugdual de Kermoysan et Jean Budes enferment les secours anglais dans la place. Ils ont la garde du pont. Les Anglais se rendent après une quinzaine de jours. Ils obtiennent leur capitulation.

En 1421, Tugdual, entré au service du roi de France, rejoint son compatriote Prigent de Coëtivy, alors lieutenant du roi en Champagne [16] et futur Amiral de France [17]. Ils harcèlent et fatiguent tous deux beaucoup les Anglais et les Bourguignons jusqu’en Brie, et se retirent à la place forte de Montaiguillon pour tenir garnison. Le comte de Salisbury Thomas Montaigu les y assiège. Malgré une vaillante résistance, à court de vivres, ils sont contraints de se rendre et sont faits prisonniers. Tugdual doit de nouveau payer une rançon pour retrouver sa liberté.

En 1423, Tugdual de Kermoysan et Prigent de Coetivy sont à nouveau défaits près de Mouzon [18].

Le 6 octobre 1424, Jehan et Tugdual de Kermoysan accompagnent le duc Jean V de Bretagne et Arthur de Richemont à Angers : Richemont fait office d’ambassadeur entre Jean V et Charles VII de France. Il est accompagné de 9 chevaliers bannerets [19], 12 chevaliers, et un nombre important d’écuyers, au total 179 gens d’armes, qui sont payés et soldés pour un mois.

Au mois d’avril 1429, Jean de Dunois, comte de Dunois, et le maréchal Gilles de Rais demandent des braves pour conduire un convoi à Orléans. Tugdual de Kermoysan est au nombre des 8 volontaires qui partent pour Orléans.

Richemont décide d’envoyer Kermoysan en avant, en ambassade. Tugdual fait donc partie de l’armée de renfort qui arrive à Orléans le 4 mai. Il tente une sortie le 5 mai, monte à l’assaut des Tourelles le 7 mai, et participe à la bataille rangée qui refoule les Anglais vers Meung [20]. L’assaut final est en effet donné dans la matinée du 7 mai : Tugdual se bat avec ses hommes en compagnie du duc d’Alençon et Jamet du Tillay, La Hire dit Étienne de Vignolles, Poton de Xaintrailles, le comte de Vendôme*, le maréchal de Saint-Sévère Jean de Brosse, et Florent d’Illiers, aux côtés de Jeanne d’Arc.

Le soir même les tourelles sont aux mains des français. Le 8 mai au matin les troupes anglaises lèvent le siège et battent en retraite. Le capitaine La Hire et Ambroise de Loré chevauchent à leur poursuite avec cent ou 120 lances.

Le Manuscrit du Mystère du siège d’Orléans, écrit peu après la délivrance de la ville, raconte qu’après la prise d’Orléans, les grands seigneurs essayent de convaincre Tugdual d’accepter la charge et l’honneur de garder la ville. Tugdual après avoir les avoir remercié de l’honneur et de la confiance qu’ils lui témoignent, s’y refuse. Florent d’Illiers et Jeanne d’Arc l’en supplient. Kermoysan fini par accepter. Le 11 juin l’armée quitte Orléans.

Vers le 15 juin, Arthur de Richemont, parti de Parthenay [21] malgré l’interdiction du roi, mal conseillé par son favori Georges de La Trémoille, approche de Beaugency [22], sur la Loire, à 30 km au sud-est d’Orléans où se trouve Jeanne d’Arc. Tugdual s’en va rejoindre l’armée de Richemont qui approche de l’armée française.

Richemont apporte à Charles VII l’autorité de son nom et de son épée si justement redoutée des anglais. Tugdual est envoyé vers la Pucelle en parlementaire avec Pierre de Rostrenen pour préparer son arrivée. Jeanne, qui, se conforme aux instructions du roi, se prépare en effet à lui livrer bataille… Kermoysan et Rostrenen reviennent annoncer que Jeanne va venir le recevoir à coups d’épée. Néanmoins il continue sa marche en avant. Au sortir de Parthenay, La Jaille apporte à Richemont ce message du roi : retournez en arrière ou le roi vous combattra.

La rencontre a lieu entre Jeanne d’Arc et Richemont. Fort heureusement, un accord est trouvé : l’apport des forces de Richemont double l’effectif de l’armée, qui conserve un double commandement : Le comte d’Alençon lieutenant général du dauphin Charles et Jeanne continuent de commander les Français, et Richemont les Bretons.

Au siège de Jargeau [23] le 18 juin 1429, Tugdual combat dans les rangs des français. L’armée est composée des lances amenées par Jean II d’Alençon, le comte de Vendôme, Dunois le Bâtard d’Orléans , le maréchal de Boussac Jean de Brosse, seigneur de Sainte-Sévère, le capitaine La Hire, messire Florent d’Illiers, Jamet du Tillay et Tugdual de Kermoysan. Dès le lendemain les assiégeants font avancer les machines et les bombardes.

Il y a peine 4 heures que les hommes s’efforcent lorsque Jeanne d’Arc, bannière à la main, monte sur une échelle appuyée à la douve, le mur est escaladé. La ville cède, est entièrement saccagée.

Puis c’est la reddition de Troyes [24] le 10 juillet. À la suite de ces succès, le sacre de Charles VII est décidé. Le 29 juin, il part de Gien [25] escorté de Jeanne d’Arc et de ses capitaines, parmi lesquels figure toujours Tugdual de Kermoysan. La marche triomphale se poursuit vers Reims, où le roi est sacré le 17 juillet 1429. Tugdual assiste au sacre de Charles VII, aux côtés de Jean de Brosse, maréchal de Boussac, de Jean de Graville et de Gilles de Rais.

Il est nommé peu après capitaine de Janville. Dès lors, il ne cesse de poursuivre des missions périlleuses, montant toujours le premier à l’attaque. L’assaut de Paris est tenté mais échoue. Peu après l’armée est licenciée et les troupes royales se contentent désormais de garder le terrain reconquis.

La même année, Arthur de Richemont charge le maréchal de Rieux, et les gens de guerre qui suivent sa bannière de s’emparer de Saint-Denis que les anglais tiennent depuis plusieurs années. La ville est prise, par escalade.

Les anglais, qui tiennent toujours Paris, s’inquiètent de la présence de la garnison bretonne qui menace leurs lignes de communication : ils viennent assiéger la ville. Le maréchal de Rieux, secondé par Tugdual, tient un mois et demi mais doit finalement céder aux anglais le faubourg dit de Pontoise. Le soir même, un habile coup de main dirigé par Tugdual les en déloge.

Arthur de Richemont marche maintenant sur Paris, cependant que les anglais ont ravagé et occupent à nouveau Saint-Denis. Le connétable de Richemont s’y présente suivi de 6 000 hommes. Son armée est divisée en plusieurs corps, dont il répartit le commandement entre Pierre de Rostrenen, Kermoysan et Lille-Adam.

Kermoysan commande l’avant-garde, composée d’environ 300 hommes qu’il lance dans la plaine de Saint-Denis.

Au début de juillet 1437, le siège est mis devant Montereau-Fault-Yonne [26]. Tugdual y est chargé des travaux d’approche [27] : Il décide de jeter un pont sur l’Yonne [28], et un autre sur la Seine [29], de détourner les eaux de l’Yonne qui remplissaient les fossés, d’ouvrir des tranchées, de percer des galeries couvertes et de mettre au plus vite des canons en batterie. La nuit même de son arrivée, il creuse un fossé large et très long établit des gabions et commence les travaux d’approche.

Un premier assaut échoue le 10 octobre, car les eaux sont encore trop profondes. Arthur de Richemont fait construire un bateau armé pour passer le fossé. Tugdual est monté à la tête des bretons, mais dans leur ardeur les bretons qui s’y précipitent tous à la fois font chavirer le bateau qui s’enfonce. Beaucoup manquent de se noyer, mais Tugdual trouve le moyen de lever une échelle, monte sur la muraille, et atteint le premier le haut du rempart.

Tandis qu’il combat avec vigueur ceux de la place, une volée de canon est tirée des batteries françaises et abat le pan de muraille, qui vole en éclats. Kermoysan est précipité tout sanglant dans le fossé avec les débris du mur, laissé pour mort. La place est prise.

Remis de ses blessures, Tugdual est capitaine de Pierrefonds [30] puis de Saint-Germain-en-Laye pour 8 mois. De nouveau à Saint-Denis, avec 20 hommes d’armes et 40 hommes de trait, il reçoit 2712 livres tournois pour un quart d’an.

Meaux, détenue par les Anglais est assiégée par Arthur de Richemont le 14 août 1439 lorsque 7 000 combattants anglais arrivent pour les déloger. Tugdual prend la tête du pont, avec ses compagnons. L’attaque est très rude à la porte que gardait Pierre de Rostrenen, et Olivier de Coetivy y est blessé.

Par lettres royales du 26 mai 1441, Tugdual est nommé capitaine du château de Montéclère, au bailliage de Chaumont. Il participe au siège de Pontoise.

Il est seigneur de Massy et de Croisy, baillis de Troyes, lorsqu’il figure en 1442 à la défense de Dieppe comme lieutenant général du roi sur tous les gens de guerre étant dans la ville, et il concourt avec le dauphin Louis à la prise de la bastille de bois que Talbot avait établie sur la falaise du Pollet.

En 1443 les Anglais tiennent Dieppe, et sont solidement retranchés dans un fort à proximité de la ville, rendant ainsi la position imprenable. Le gouverneur Charles des Marets, sont renforcés par Guillaume de Coetivy, frère de l’amiral, et Tugdual de Kermoysan. Le roi étant à Abbeville, non loin de là, avec le comte de Dunois, Louis de Luxembourg et le comte de Saint-Pol, il fait venir Kermoysan pour apprendre de lui en quel état se trouve la place et ce que l’on peut faire pour la délivrer. Tugdual emmène l’assaut et reçoit la reddition de la ville. Le roi le nomme gouverneur.

C’est à cette époque, approchant la cinquantaine, qu’il épouse Marie de Garencières, dame de Massy, de Villiers-le-Comte [31] et de Croisy*, en Normandie. Par son mariage, Tugdual de Kermoysan, devint seigneur de Massy et de Croisy.

Au commencement de l’année 1450 Tugdual représente le duc de Bretagne François 1er dans l’acte d’acquêt de Houdan [32].

Arthur de Richemont profite de la trêve de Tours pour réorganiser l’armée royale en créant des troupes régulières d’infanterie [33], la cavalerie [34] et le parc d’artillerie.

La prise de Fougères par les Anglais de François de Surienne le 24 mars 1449 donne l’occasion à Charles VII d’engager la reconquête de la Normandie en 1449. Trois corps français participent à la campagne : à l’Ouest les troupes bretonnes d’Arthur de Richemont, à l’Est et au Sud les Français sous les ordres de Dunois et du comte de Clermont Jean II de Bourbon.

Tugdual participe à la prise de nombreuses villes, il est nommé par le roi bailli ou sénéchal de Troyes le 21 janvier 1450.

En mars, les Anglais débarquent à Cherbourg. Le comte de Clermont qui craint d’affronter les Anglais envoie un messager au connétable pour le prier de venir à son secours. Les Bretons de Richemont arrivent à la rescousse. L’avant-garde bretonne emmenée par Tugdual enfonce la réserve de cavalerie des Anglais et disloque leurs lignes.

Caen [35] capitule le 1er juillet 1450, puis la forteresse de Falaise [36] est prise le 22 juillet. Aussitôt Richemont marche sur Cherbourg, dernière place encore aux mains des Anglais. À Cherbourg, l’amiral Prigent de Coetivy et son fidèle compagnon Tugdual de Kermoysan préparent les travaux d’approche. Le siège est mené avec une grande vigueur.

Tandis qu’ils mènent l’offensive, ils sont tués à quelques jours d’intervalle dans une tranchée d’une volée de couleuvrine. Prigent de Coetivy meurt le 20 juillet 1450 et Tugdual peu avant la prise de la ville, qui survient le 12 août 1450. La victoire de Cherbourg marque la fin de l’occupation anglaise en Normandie.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de M. Nardeau et O.de Kermoysan, Faculté de droit et des sciences économiques de Limoges, DES d’histoire du droit, Cellule d’anthropologie juridique, Un compagnon de Jeanne d’Arc originaire du Goelo, Tugdual de Kermoysan dit le bourgeois, dans Les Carnets du Goelo, Société d’études historiques et archéologiques du Goelo, no 10, sous la présidence de Yves de Sagazan, imprimerie Henry, Pédernec, 1994.

Notes

[1] devenue Saint-Gilles-Le Vicomte / Pommerit-le-Vicomte dand l’actuel département des Côtes-d’Armor,

[2] Le siège d’Orléans est un épisode majeur de la guerre de Cent Ans. Les Anglais sont prêts à prendre Orléans, verrou sur la Loire protégeant le sud de la France, mais la ville est sauvée par Jeanne d’Arc, qui renverse le cours de la guerre.

[3] La bataille de Formigny est une bataille de la guerre de Cent Ans qui s’est déroulée le 15 avril 1450 à Formigny en Normandie entre les Anglais, les Français et les Bretons.

[4] La bataille de Roosebeke, également appelée « bataille du Mont-d’Or », se déroula près du village de Roosebeke, actuellement Westrozebeke en Flandre-Occidentale, le 27 novembre 1382. Elle opposa une troupe de miliciens flamands, commandés par Philippe van Artevelde, à l’ost français conduit par le roi de France Charles VI et commandé par le connétable Olivier de Clisson.

[5] Soissons est une commune française située dans le département de l’Aisne. Soissons est historiquement connue pour avoir été la première capitale de la France. La ville connaît la prospérité aux 12ème siècle et 13ème siècle qui ont laissé de nombreux édifices gothiques.

[6] La bataille d’Azincourt (Artois) se déroule le vendredi 25 octobre 1415 pendant la guerre de Cent Ans. Les troupes françaises, fortes de quelque 18 000 hommes, tentent de barrer la route à l’armée du roi d’Angleterre Henri V, forte d’environ 6 000 hommes et qui tente de regagner Calais, devenue anglaise depuis 1347, et donc par là même l’Angleterre.

[7] Montivilliers est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime. En 1551, le pasteur Godard, originaire de Bolbec et formé à Genève, vient prêcher à Montivilliers à la demande des bourgeois de la ville. Les cultes rassemblent de 3 000 à 5 000 personnes. Dans la tourmente des guerres de Religion, les protestants trouvent asile pour célébrer leur culte à partir de 1561 au manoir de Bévilliers, résidence du seigneur d’Harfleur. Un temple sera aménagé dans un bâtiment de la cour du manoir détruit en 1679 sur ordre du parlement de Paris. En novembre 1685, Montivilliers connaît une dragonnade dirigée par le commandant Marillac. Les dragons du roi investissent la ville pour y arrêter les protestants, et les obliger à « abjurer » la confession protestante. 27 avril 1688 : un navire affrété « aux frais du roi », expulse vers l’Angleterre 94 protestants de Montivilliers, Rouen, Le Havre, Lillebonne, Fécamp, Caudebec, et Gisors enfermés au château de Dieppe et refusant « de signer leur abjuration ». Pendant la période des persécutions de Louis XIV, les protestants se réunissent clandestinement pour le culte dans le désert. En Pointe de Caux, il a existé plusieurs lieux de désert à Saint-Antoine-la-Forêt, Saint-Nicolas-de-la-Taille, Mélamare, Tancarville, dans des forêts, des granges ou des carrières. En 1787, à l’occasion de l’Édit de tolérance du roi Louis XVI, la riche communauté protestante de Montivilliers fait construire hors les murs de la ville, sur un terrain de la famille Barnage, le magnifique temple actuel, véritable bijou d’architecture Louis XVI

[8] Le Havre est une commune française du Nord-Ouest de la France située dans le département de la Seine-Maritime, située sur la rive droite de l’estuaire de la Seine, au bord de la Manche. Son port est le deuxième de France après celui de Marseille pour le trafic total et le premier port français pour les conteneurs. Le 8 octobre 1517, François 1er signe la charte de fondation du port dont les plans sont confiés d’abord au vice-amiral Guyon le Roy. La Tour François 1er, dite la « grosse tour », en défend l’entrée. Malgré les difficultés liées au terrain marécageux et aux tempêtes, le port du Havre accueille ses premiers navires en octobre 1518. Le roi se déplace lui-même en 1520, rend perpétuels les privilèges des Havrais et leur donne ses propres armoiries constituées d’une salamandre. La fonction militaire est aussi encouragée : Le Havre est un des points de rassemblement de la flotte française pendant les guerres. Des navires partent également pêcher la morue à Terre-Neuve.

[9] tour de Bretagne ou pèlerinage des sept saints fondateurs

[10] Melun est une commune française située dans le département de Seine-et-Marne

[11] Un chambellan ou chambrier est un gentilhomme chargé du service de la chambre d’un monarque ou d’un prince, à la cour duquel il vit.

[12] Un sénéchal est un officier au service d’un roi, prince ou seigneur temporel. Le mot sénéchal est d’origine francique et est issu du germanique commun sini-skalk, qui signifie « doyen des serviteurs, chef des serviteurs ». Il peut être aussi, comme dans le Saint-Empire romain germanique, au service d’une abbaye, souvent immédiate, où cette fonction devient un titre honorifique héréditaire par la suite. Il existait plusieurs rangs de sénéchaux, sans lien juridique entre eux, dans les institutions féodales européennes d’origine médiévale.

[13] L’Agenais (ou Agenois) est une ancienne circonscription de la province historique de Gascogne. Région charnière et stratégique qui eut son apogée lors des guerres de Religions, et surtout la guerre de Cent Ans, situé entre le Périgord au nord, le Quercy à l’est, le Bazadais à l’ouest et l’Armagnac au sud, l’Agenais a été tiraillé par l’influence entre la Gascogne, la Guyenne et le Languedoc, ainsi que par Bordeaux et Toulouse. Lors de la croisade contre les albigeois une armée est dirigée sur l’Agenais pour en extirper l’hérésie. L’expédition est menée par le comte Guy II d’Auvergne et l’archevêque de Bordeaux. C’était un comté évêché : l’évêque d’Agen était également comte d’Agenais.] et de Gascogne[[La Gascogne est une ancienne province située sur le territoire actuel des départements français des Landes, du Gers, des Hautes-Pyrénées et, pour partie, d’autres départements des régions de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie. Successivement appelée Aquitaine, Novempopulanie, Vasconie puis Gascogne, elle a disparu en tant qu’entité politique propre en 1063 lors du rattachement au Duché d’Aquitaine ; toutefois le nom de Gascogne est resté usité jusqu’à la révolution française.

[14] Louan-Villegruis-Fontaine est une commune française située dans le département de Seine-et-Marne. La forteresse de Montaiguillon a vraisemblablement été construite dans la première moitié du 13ème siècle. En 1423, le château de Montaiguillon, défendu par Tugdual de Kermoysan et Prigent VII de Coëtivy est assiégé pendant 6 mois par Salisbury.

[15] Champtoceaux, anciennement Châteauceaux, est l’une des plus importantes forteresses médiévales, avant-garde du pays de France et de l’Anjou durant la guerre de Cent Ans, dressée sur un éperon rocheux dominant la Loire de 70 m, face au duché de Bretagne, allié de l’Angleterre. Champtoceaux fait partie des marches de Bretagne-Anjou et de l’évêché de Nantes, sous l’Ancien Régime.

[16] Le comté de Champagne et de Brie est issu de la réunion des terres de la dynastie des Thibaldiens, c’est-à-dire la branche issue de Thibaut « le Tricheur » (Thibaud 1er de Blois) : comté de Meaux, comté de Troyes. Le comté de Champagne est rattaché au domaine royal par le mariage de Jeanne de Navarre, comtesse de Champagne, et du dauphin Philippe le Bel en 1284. Le rattachement est rendu définitif par leur fils Louis X le Hutin.

[17] La dignité d’amiral de France a été créée en 1270 par Louis IX, au cours de la 8ème croisade. Sous l’Ancien Régime, l’amiral de France est titulaire d’un grand office de la couronne de France équivalent à celui du connétable de France. Chef en titre de la flotte royale, il n’a en réalité qu’un pouvoir limité. L’amiral de France a la charge des côtes de Picardie, de Normandie, d’Aunis et de Saintonge. Sa charge va s’étendre au début du 17ème siècle, à la Guyenne puis à la Provence. En temps de guerre, il est chargé de rassembler les navires marchands français pour constituer la flotte. Il doit armer, équiper et ravitailler les navires pour la course, donner les lettres de marque aux corsaires (la course est alors la forme principale de guerre maritime). En temps de paix, il s’occupe de l’entretien de la flotte royale, quand elle existe, mais surtout du commerce maritime et de la flotte marchande.

[18] Mouzon est une commune française située dans le département des Ardennes. Jusqu’au 12ème siècle ce Castrum est le second siège des évêques et est le lieu de synodes mais surtout de rencontres : entre Robert II et Henri II en 1023, entre Calixte II et Henri V en 1119, entre Philippe Auguste et Frédéric Barberousse en 1187. L’abbaye sainte Vanne de Verdun avait obtenu de l’empereur Henri II de frapper monnaie à Mouzon, l’archevêque Ebles la rattachait à la monnaie de Reims. La charte de Beaumont en Argonne de 1182 marque un nouvel essor de la ville.

[19] Dans plusieurs pays européens, banneret est un titre de noblesse ancien, généralement tombé en désuétude. Le porteur de ce titre avait reçu le droit, lors d’une bataille de porter sa bannière et d’y mener ses vassaux ; honneurs normalement réservés à des titres plus élevés comme baron. Le banneret disposait également des droits féodaux, dont le simple chevalier ou écuyer ne disposait pas forcément. En Espagne, en Italie et dans les pays germaniques, plutôt qu’un titre de noblesse, celui-ci représentait plutôt un privilège, voire une fonction. La femme d’un banneret porte le titre de banneresse.

[20] Meung-sur-Loire est une commune française située dans le département du Loiret

[21] Parthenay est une commune du centre-ouest de la France située dans le département des Deux-Sèvres, dont elle est l’une des deux sous-préfectures (avec Bressuire). Dans la seconde moitié du 11ème siècle, les comtes-ducs de Poitiers concèdent des franchises aux bourgs qui entourent Parthenay : Saint-Pierre et Saint-Paul (abandon des droits seigneuriaux et du droit de service armé). La cité devient un lieu de passage d’une route secondaire du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, qui rejoignait la via Turonensis plus au sud, après être passée par Niort. En 1202, le baron de Parthenay apporte son soutien à Jean sans Terre dans sa lutte contre le roi de France, Philippe Auguste. Le roi d’Angleterre verse d’importantes aides à son allié pour qu’il renforce les fortifications de ses châteaux. Mais cela n’empêche pas la prise de la ville en 1207 par Philippe Auguste. En 1214, l’armée anglaise se rassemble à Parthenay avant d’entrer en campagne contre le roi de France ; et après la défaite de Jean sans Terre à la bataille de Bouvines, c’est encore à Parthenay que la trêve est signée entre l’Anglais et le Français. Les barons de Parthenay continuent de recevoir des subsides des rois d’Angleterre. Et en 1242, le roi d’Angleterre fournit brièvement une garnison à son allié. Près d’un siècle plus tard, les subventions du roi d’Angleterre reprennent au début de la guerre de Cent Ans, et les travaux effectués à ce moment permettent à la place forte de résister victorieusement pendant quatre mois au siège du dauphin Charles en 1419. Le connétable de France, Arthur de Richemont, reçoit la seigneurie de Parthenay en 1427. La population de la ville est très rapidement hostile au nouveau gouverneur, qui fait renforcer les défenses du château côté ville. Il adapte également les fortifications de la ville à l’artillerie par l’édification d’un boulevard d’artillerie. Les fortifications de la ville sont démantelées par les bosons du roi de France en 1465.

[22] Beaugency est une commune française située dans le département du Loiret. À la fin du 16ème siècle, durant les Guerres de Religion, la ville fut à plusieurs reprises le siège de violents combats entre troupes adverses. Les Huguenots incendièrent l’ensemble des édifices religieux en 1568. Quatre ans plus tard, ils furent les victimes des massacres de la Saint-Barthélémy. En 1562, la ville est prise et pillée par les protestants, les femmes violées. La nouvelle du massacre de la Saint-Barthélemy atteint Beaugency le 24 août, et le massacre des protestants s’y répète

[23] La bataille de Jargeau est un combat de la guerre de Cent Ans qui eut lieu dans l’ancienne province de l’Orléanais à Jargeau entre les armées française et anglaise.

[24] Troyes est une commune française, située dans le département de l’Aube dont elle est la préfecture. Ce n’est qu’en 524, à la suite de la mort du roi d’Orléans qu’elle rejoint l’Austrasie jusqu’en 558, année où Clotaire 1er est proclamé roi des Francs. En 567, la cité de Troyes est placée dans le royaume de Bourgogne. Entre 592 et 613, elle rejoint à nouveau l’Austrasie. À la mort de Clotaire II en 629, la ville dépend de nouveau de la Bourgogne. La ville est contrôlée et pillée par les Sarrasins d’Espagne en 720. La Vita Sancti Fidoti, abbatis Trecensis, vie de Fidolin, captif libéré par Eventinus, un prêtre de Troyes, semble indiquer qu’à cette époque, on y pratique le commerce des esclaves

[25] Gien est une commune française située dans le département du Loiret. En 1419, Jean Sans Peur est assassiné par le parti Armagnac à Montereau-Fault-Yonne. Gien retourne au domaine royal, mais est bientôt donné en apanage au connétable de Richemont, pour ses services en tant que connétable de France. En 1427, son compagnon Dunois, délivre la ville des mains bourguignonnes. Après la délivrance d’Orléans en 1429, Jeanne d’Arc convainc à Gien le dauphin Charles de se rendre à Reims pour se faire sacrer roi. En 1430, le connétable de Richemont, tombé en disgrâce, se voit dépouillé de son comté de Gien par Charles VII, au profit de Dunois.

[26] Montereau-Fault-Yonne, prononcé [mɔ̃tʁofotjɔn], est une commune française située dans le département de Seine-et-Marne. Jean sans Peur, duc de Bourgogne est tué sur le pont de Montereau le 10 septembre 1419

[27] assèchement des fossés, galeries couvertes, tranchées et postes d’artillerie

[28] L’Yonne est une rivière de la moitié nord de la France. Elle est le principal affluent gauche de la Seine. Elle a donné son nom au département de l’Yonne. Par sa direction et son débit, l’Yonne a joué un grand rôle dans le développement et l’approvisionnement de Paris, depuis le Moyen Âge jusqu’à l’époque des chemins de fer, notamment pour le flottage du bois de chauffage depuis le Morvan et la descente des vins de Basse Bourgogne.

[29] La Seine est un fleuve français, long de 774,76 kilomètres, qui coule dans le Bassin parisien et arrose notamment Troyes, Paris, Rouen et Le Havre. Sa source se situe à 446 m d’altitude à Source-Seine, en Côte-d’Or, sur le plateau de Langres. Son cours a une orientation générale du sud-est au nord-ouest. La Seine se jette dans la Manche entre Le Havre et Honfleur. Son bassin versant, d’une superficie de 79 000 km², englobe près de 30 % de la population du pays.

[30] Pierrefonds est une commune française située dans le département de l’Oise. Située en lisière est de la forêt de Compiègne, elle est principalement connue pour son château de Pierrefonds, restauré par Viollet-le-Duc.

[31] Villiers-le-Bel est une commune française située à l’extrémité sud-est du Val-d’Oise

[32] Houdan est une commune française du département des Yvelines

[33] francs archers

[34] compagnies d’ordonnance

[35] Caen est une commune française du Nord-Ouest4 de la France en Normandie. Préfecture du département du Calvados. En 1417, la ville de Caen oppose à nouveau une résistance héroïque à l’envahisseur anglais qui massacre 2 000 bourgeois, pille et traite les survivants en rebelles à « leur » roi. La région de Caen sera le lieu d’une très vive résistance à l’occupant anglais qui y procédera à un grand nombre d’exécutions de résistants entre 1418 et 1450. La fondation, en 1432, de l’université de Caen fait partie des mesures du duc de Bedford, régent de Normandie, afin de tenter de se concilier la population caennaise. La fin de l’année 1434 voit un soulèvement commandé par Jean de Chantepie. Caen est reprise par les Français le 1er juillet 1450. La Normandie redevenue française, Charles VII la récompensera de sa « fidélité et loyauté » en confirmant tous ses privilèges et libertés en 1458 (confirmation de la Charte aux Normands).

[36] Falaise est une commune française, située dans le département du Calvados. Avant le règne de Guillaume le Conquérant qui naît dans cette ville vers 1027-1028, elle est la capitale du duché de Normandie.