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Jeanne d’Arc dite La pucelle d’Orléans

mercredi 3 octobre 2012, par ljallamion

Jeanne d’Arc dite La pucelle d’Orléans (1412-1431)

Née vers le 6 janvier 1412 dans le Barrois à Domrémy pendant la période d’affaiblissement finale de la paix fixée par la trêve de Leulinghen. Elle est la fille de Jacques Darc (ou Tarc ou Dare,) et d’Isabelle Romée, paysans aisés. A l’époque Domrémy se trouvait en fait aux frontières du duché de Bourgogne et du Saint Empire romain germanique (Sacrum Imperium Nationis Germanicae).

Selon différents témoignages, elle entendit des voix célestes à l’âge de 13 ans, celles de saint Michel et des martyres sainte Catherine et sainte Marguerite, qui lui enjoignaient de libérer le royaume de France de l’occupation anglaise et de faire sacrer le dauphin futur Charles VII roi de France à Reims. En mai 1428, elle va trouver le représentant du roi à Vaucouleurs le capitaine Robert de Baudricourt qui la traite de folle et la renvoie chez elle.

Le 12 février 1429, elle fait une nouvelle tentative et sous la pression de ses partisans et après une séance d’exorcisme d’où elle sort victorieuse, Baudricourt cède et lui accorde une escorte armée. En 11 jours la petite troupe partie le 13 février de Vaucouleurs par la porte de France, arrive à Chinon résidence du Dauphin.

Jeanne d’Arc ne connaît pas le Dauphin et quand elle entre dans la salle du château il y a de nombreux gentilshommes. Charles VII est parmi eux sans aucun signe distinctif, le comte de Clermont qui a pour mission de se faire passer pour le Dauphin s’avance, Jeanne l’ignore et va directement s’agenouiller devant Charles.

Pendant une heure ils vont s’entretenir à l’écart des autres, ce qu’ils se sont dits nul ne le sais. Charles a les yeux embués de larmes et précise qu’elle vient de lui confier un secret que personne ne connaissait et ne pouvait connaître, si ce n’est Dieu.

Jeanne doit alors se soumettre à une enquête menée par les maîtres de l’Université à Poitiers afin de prouver qu’elle n’est pas sorcière. Elle passe l’épreuve avec succès et adresse au roi d’Angleterre et au duc de Bedford le 22 mars 1429 une lettre dans laquelle elle se déclare “ envoyée de par Dieu, le roi du ciel”, pour combattre les Anglais et les “bouter hors de France”.

Charles VII offre à Jeanne une armure et elle même fait confectionner l’étendard qui l’accompagnera tout au long de son aventure : blanc, le Christ au jugement, avec un ange tenant une fleur de lys, l’inscription “Jésus Maria”.

A la tête des troupes royales Jeanne d’Arc entre dans Orléans en avril. Après quelques assauts, les Anglais lèvent le siège le 8 mai 1429. Cette victoire apparaît comme le signe de l’intervention divine, d’autant que Jeanne avait prédit la mort de Glasdale, l’un des chefs anglais ; sa popularité devint alors immense. Jeanne rejoint le roi à Loches le 11 mai et le persuade de partir pour Reims : Charles est couronné et sacré le 17 juillet dans la cathédrale, comme ses ancêtres et selon le même rituel. Jeanne se trouve au premier rang, tenant fièrement son étendard.

Charles VII est décidé à mener désormais la politique de son choix. Il négocie la paix du royaume et l’entente avec Philippe de Bourgogne. Jeanne ne pouvant se résoudre à l’inaction poursuivit la guérilla : à Saint-Pierre-le-Moûtier, à La Charité-sur-Loire. En tentant de prendre Paris aux Anglo-Bourguignons, elle est blessée à la porte Saint-honoré le 8 septembre 1429, puis, après s’être repliée, échoue à la Charité-sur-Loire.

Appelée à l’aide par les habitants de Compiègne assiégée, elle est capturée par les Bourguignons le 23 mai 1430 et leur chef Jean de Luxembourg Ligny, la livre aux Anglais contre rançon. Ces derniers la remettent à la justice de l’Église tout en déclarant qu’ils la reprendraient si elle n’était pas déclarée hérétique.

Un tribunal ecclésiastique est constitué par Pierre Cauchon évêque de Beauvais, diocèse sur le territoire duquel Jeanne avait été prise. Son diocèse étant aux mains des Français, cet universitaire parisien, devenu une créature des Anglais, était replié à Rouen. Depuis longtemps gagné aux Bourguignons, il était l’un des rédacteurs de l’ordonnance “progressiste” de 1413, dite ordonnance “cabochienne”. Il s’adjoignit, malgré les réticences de celui-ci, le dominicain frère Jean le Maître, vicaire de l’inquisiteur de France à Rouen. Ce furent les deux seuls juges de Jeanne, entourés d’un certain nombre de conseillers et d’assesseurs à titre consultatif.

Le procès s’ouvre à Rouen le 9 janvier 1431. Malgré quelques entorses aux règlements il est conforme à la légalité inquisitoriale. La partialité se manifestera surtout dans la façon de conduire les interrogatoires et d’abuser de l’ignorance de Jeanne. L’Université de Paris à qui sont confiées les déclarations de Jeanne d’Arc déclare solennellement le 14 mai 1431 qu’elle est idolâtre, invocatrice de démons, schismatique et apostate. Cette même institution lui offrira deux choix possibles : soit elle abjure publiquement ses erreurs et dans ce cas elle sera libre, sinon elle sera abandonnée au bras séculier. Jeanne qui a résisté aux menaces de torture, “abjure” le 24 mai au cimetière de Saint-Ouen. Elle se ressaisit bientôt et en signe de fidélité envers ses voix et Dieu, elle reprend le 27 mai ses habits d’homme. Un nouveau procès est expédié et, le 30 mai 1431, Jeanne hérétique et relapse, est brûlée sur le bûcher installé sur la place du Vieux Marché de Rouen.

En 1455, à la demande de la mère de Jeanne, débute un nouveau procès d’inquisition. Le Dominicain Jean Bréhal, grand inquisiteur de France se dépense sans compter en la faveur de la mémoire de Jeanne d’Arc. Le 7 juillet 1456, dans la grande salle du palais archiépiscopal de Rouen, les commissaires pontificaux, sous la présidence de Jean Juvénal des Ursins, archevêque de Reims, déclarèrent le procès de condamnation de Jeanne et la sentence “entachés de vol, de calomnie, d’iniquité, de contradiction, d’erreur manifeste en fait et en droit y compris l’abjuration, les exécutions et toutes leurs conséquences” et, par suite, “nuls, invalides, sans valeur et sans autorité”. Cette décision est publiée solennellement dans les principales villes du royaume.

Elle sera ensuite béatifiée en 1909 et canonisée en 1920 par le pape Benoît XV.