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Barzapharnès

dimanche 29 mai 2016

Barzapharnès

Général parthe

Au printemps 40 av.jc Barzapharnès commande une invasion parthe [1] du Levant, sous les ordres de Pacorus 1er, fils du roi Orodès II.

Au printemps de 40 av. jc, une grande armée Parthe, menée par Pacorus et Labiénus, franchit l’Euphrate et pousse rapidement jusqu’à Apamée [2]. Labienus obtient le ralliement de nombreux vétérans romains des armées de Crassus et Brutus majoritaires sur place. Arguant de leur ancienne solidarité d’armes, il parvient rapidement à obtenir leur reddition volontaire. Ces ralliements entraînent la fuite de Saxa qui sert sur place en qualité de questeur [3]. Le légat [4] de Marc Antoine regroupe ses forces un peu plus loin, mais il est très vite submergé par le nombre et la valeur des cavaliers Parthes.

À Apamée où l’on croit que le légat de Marc Antoine est mort, la garnison met bas les armes et la puissante cité ouvre ses portes aux forces combinées des Parthes et des Romains menés par Labiénus. Celui-ci remonte alors la vallée de l’Oronte jusqu’à Antioche [5] dont il s’empare sans coup férir, comme il s’est emparé d’Apamée.

Les forces romano parthes se séparent alors pour mener leur offensive dans deux directions. Labiénus franchit les monts Taurus et à la tête d’une partie de l’armée, Quintus Labienus marche vers le nord à la poursuite de Saxa, qu’il élimine en Cilicie [6]. Après la mort de Saxa, Labienus conquiert sans rencontrer de résistance la moitié sud de l’Asie mineure exception faite de quelques cités. Il pousse son invasion dans le territoire de la Turquie actuelle, jusqu’à la province romaine d’Asie.

De leur côté, Pacorus et Barzapharnès s’avancent en direction du sud, vers la Phénicie [7] et la Palestine [8]. L’offensive de Pacorus suit les plaines côtières, tandis que Barzapharnès, s’avance par l’intérieur des terres.

Les rois arabes se rallient comme Ptolémée Mennaeus, puis son fils Lysanias, rois d’Iturée [9]. En Judée, le prince Hasmonéens Antigone II Mattathiah qui s’était réfugié chez Ptolémée Mennaus, après le meurtre de son père par les romains et sa disgrâce au profit de son frère Hyrcan II, s’allie aux Parthes.

Ses détracteurs indiquent qu’il aurait promis 1 000 Talents et 500 femmes issues de la noblesse juive à Pacoros, à condition qu’il l’aide à éliminer les fils d’Antipater, dont le célèbre Hérode le Grand. Avec ses propres forces Antigone parvient à pénétrer à Jérusalem.

La campagne de Barzapharnès abouti aux portes de Jérusalem. Les partisans d’Hérode et d’Antigone s’affrontent dans Jérusalem. Le général Parthe appelé Pacoros, comme le fils d’Orodès II, invite Phasaël et Hérode à se rendre en Galilée auprès de Barzapharnès pour faire la paix. Hérode refuse, mais Phasaël accepte avec Hyrcan II. Ils constatent bientôt qu’ils sont en fait prisonniers.

Hérode parvient à sortir de Jérusalem avec 9 000 hommes en emmenant sa famille avec lui. Le convoi tombe dans une embuscade où sera par la suite édifié l’Hérodion [10] en souvenir de ce qu’Hérode appellera son plus grand combat. Il parvient à mettre sa famille en sécurité à Massada [11] et va chercher du renfort à Pétra [12]. Les Parthes s’emparent alors de Jérusalem, descendent le long de la côte jusqu’à Gaza et s’installent en Idumée [13]. Pour une courte période toute la Syrie y compris la Judée a été subjugué, à quelques exceptions près, dont la ville fortifiée de Tyr [14].

À Jérusalem, libérée ou occupée par les Parthes, selon le point de vue qu’on adopte, Antigone est intronisé à la fois comme roi et grand prêtre. Le royaume hasmonéen a officiellement été restauré, mais dans les faits, c’est un protectorat Parthe.

Constatant qu’il est prisonnier, Phasaël se suicide et Hyrcan II est emmené prisonnier par les Parthes en Parthiène [15]. Avant cela, son frère Antigone II Mattathiah obtient qu’une de ses oreilles soit tranchée, ce qui lui interdit définitivement de pouvoir exercer la fonction de Grand prêtre d’Israël.

Hérode, mal reçu par le roi de Nabatène [16] Malichos 1er , rejoint Alexandrie puis Rome. Bien reçu par Antoine et Octave, il est proclamé roi de Judée à l’unanimité du Sénat romain en décembre 40 av.jc.

Mais le succès initial rencontré par les Parthes est sans lendemain : en 39 av. jc, le général romain Publius Ventidius Bassus contre-attaque et vainc Labienus, qui est tué dans la bataille. Il défait ensuite Pacorus 1er lors de la bataille de Gindarus en Syrie du nord, lors de laquelle celui-ci est tué. On ignore si Barzapharnès a subi le même sort, ou s’il est parvenu à franchir l’Euphrate avec les maigres troupes parthes qui réchappèrent de cette aventure.

Hérode reprend pied en Palestine avec l’appui de l’armée romaine victorieuse des Parthes. Il débarque en 39 av. jc à Ptolémaïs cité phénicienne qui a réussi à résister aux assauts des Parthes. Cinq « lochoi »soit env. 2 500 hommes de soldats juifs l’y attendent, il enrôle aussi des mercenaires étrangers.

Longeant la côte en direction du sud, il s’empare de Joppé [17]. Il pénètre ensuite en Idumée où il est accueilli en libérateur et délivre sa famille à Massada. Mal soutenu par le général romain Silo, il doit abandonner l’attaque de Jérusalem.

Pendant l’hiver 38 av. jc, maître de la côte, de l’Idumée et de la Samarie, il achève de prendre le contrôle de la Galilée en pourchassant les bandes de brigands et maquisards. Comme le général romain Machaeras a une attitude ambiguë, Hérode rencontre Antoine à Samosate [18] et celui-ci donne des instructions précises à Sossius, le gouverneur de Syrie.

Pendant l’absence d’Hérode, la situation de ses partisans empire. Joseph, frère d’Hérode est tué dans une embuscade près de Jéricho [19], la Galilée se révolte et les notables partisans d’Hérode sont noyés dans le lac de Tibériade [20]. Renforcé par les deux légions de Caius Sosius, Hérode reprend le contrôle de la Galilée et de Jéricho et bat les partisans d’Antigone près d’Isana.

Au printemps 37 av. jc, il met le siège devant Jérusalem qui tombe au bout de 5 mois. La ville est livrée au pillage, mais Hérode parvient en payant les soldats à préserver le Temple de Jérusalem. Antigone se rend à Sossius qui l’emmène à Antioche où Marc Antoine cède aux demandes d’Hérode et lui fait trancher la tête. Il a le privilège d’être le premier roi exécuté par les romains.

Hérode prend le titre de roi des Juifs.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Clément Huart & Louis Delaporte, L’Iran Antique, Albin Michel, coll. « L’Évolution de l’Humanité », Paris, 1943

Notes

[1] La Parthie est une région historique située au nord-est du plateau iranien, ancienne satrapie de l’empire des Achéménides et berceau de l’Empire parthe qui domine le plateau iranien et par intermittence la Mésopotamie entre 190 av. jc. et 224 ap. jc. Les frontières de la Parthie sont la chaîne montagneuse du Kopet-Dag au nord (aujourd’hui la frontière entre Iran et Turkménistan) et le désert du Dasht-e Kavir au sud. À l’ouest se trouve la Médie, au nord-ouest l’Hyrcanie, au nord-est la Margiane et au sud-est l’Arie. Cette région est fertile et bien irriguée pendant l’antiquité, et compte aussi de grandes forêts à cette époque.

[2] Apamée, actuellement Qal`at al-Madhīq est un site archéologique en Syrie, située près de l’Oronte, à 55 km au nord-ouest de Hama.

[3] Dans la Rome antique, les questeurs sont des magistrats romains annuels comptables des finances, responsables du règlement des dépenses et de l’encaissement des recettes publiques. Ils sont les gardiens du Trésor public, chargés des finances de l’armée et des provinces, en relation avec les consuls, les promagistrats et les publicains. Maintenue sous le Haut Empire avec son rôle comptable, cette fonction se réduit sous le Bas-Empire à une magistrature honorifique et coûteuse exercée uniquement à Rome.

[4] Un légat est dans la Rome antique un chargé de mission délégué hors de Rome par le Sénat romain ou par un magistrat supérieur détenteur de l’imperium, puis par l’empereur.

[5] Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne, chef-lieu de la province de Hatay. Elle est située au bord du fleuve Oronte. Antioche était la ville de départ de la route de la soie.

[6] La Cilicie est une région historique d’Anatolie méridionale et une ancienne province romaine située aujourd’hui en Turquie. Elle était bordée au nord par la Cappadoce et la Lycaonie, à l’ouest par la Pisidie et la Pamphylie, au sud par la mer Méditerranée et au sud-est par la Syrie. Elle correspond approximativement aujourd’hui à la province turque d’Adana, une région comprise entre les monts Taurus, les monts Amanos et la Méditerranée.

[7] Les Phéniciens sont un peuple antique originaire des cités de Phénicie, région qui correspond approximativement au Liban actuel. Ces dénominations proviennent des auteurs grecs qui ont écrit à leur sujet. En effet la Phénicie a toujours été divisée entre plusieurs cités, dont les plus importantes étaient Byblos, Sidon, Tyr et Arwad, et on ne sait pas si celles-ci ont eu conscience d’une identité commune. Les historiens ont repris l’adjectif « phénicien » pour désigner la civilisation qui s’est épanouie dans la région entre 1200 et 300 av. jc.

[8] Palestine est un nom attesté depuis Hérodote qui désigna la région historique et géographique du Proche-Orient située entre la mer Méditerranée et le désert à l’est du Jourdain et au nord du Sinaï. La zone n’est pas clairement définie. Elle est centrée sur les régions de la Galilée, de la Samarie et de la Judée. Ses limites sont au nord la Phénicie et le mont Liban et au sud la Philistie et l’Idumée.

[9] L’Iturée est le nom grec d’une région limitrophe de la Palestine pendant les périodes hasmonéeenne, hérodienne et romaine, au Liban et dans l’Anti-Liban, autour de la plaine de la Bekaa. L’Iturée n’est mentionnée qu’une fois dans le Nouveau Testament, dans l’Évangile selon Luc, elle figure aussi avec le nom de certains de ses rois dans le Talmud. Elle est en revanche mentionnée par de nombreuses sources historiques.

[10] L’Hérodion est une colline artificiellement exhaussée (haute de 91 mètres) en forme de cône tronqué de 758 mètres d’altitude située à 6,4 km au sud-est de Bethléem, qui ressemble à un volcan, ou à un sein de femme selon Flavius Josèphe. Elle abrite les ruines d’un palais fortifié construit par le roi Hérode 1er le Grand. L’intérieur de la colline est creusé de multiples citernes, reliées entre elles par un labyrinthe de passages souterrains.

[11] Massada est un site constitué de plusieurs palais et de fortifications antiques perchés sur un socle de granit, situé en Israël au sommet d’une montagne isolée sur la pente est du désert de Judée.

[12] Pétra, de son nom sémitique Reqem ou Raqmu, est une cité nabatéenne préislamique située au sud de l’actuelle Jordanie. Créée dans l’Antiquité vers la fin du 8ème siècle av. jc par les Édomites, elle est ensuite occupée vers le 6ème siècle av. jc par les Nabatéens qui la font prospérer grâce à sa position sur la route des caravanes transportant l’encens, les épices et d’autres produits précieux entre l’Égypte, la Syrie, l’Arabie du Sud et la Méditerranée. Vers le 8ème siècle, la modification des routes commerciales et les séismes entraînent l’abandon progressif de la ville par ses habitants.

[13] L’Idumée est le nom d’une région limitrophe de la Judée pendant la période du Second Temple. Elle s’étend du sud des monts de Judée au nord du Néguev.

[14] Tyr est une ville du sud du Liban. C’est le chef-lieu du Caza de Tyr dans la Mouhafazah du Sud-Liban. Tyr (Şūr en arabe) se situe dans la Phénicie méridionale, à un peu plus de 70 km au sud de Beyrouth (appelée Béryte ou Bérytos dans l’antiquité) et à 35 km au sud de Sidon (Saida en arabe), presque à mi-chemin entre Sidon au nord et Acre au sud, et à quelques kilomètres au sud du Litani (le Leontes des sources classiques). Dans l’Antiquité, la ville était composée de deux parties, l’une insulaire et l’autre continentale. La ville insulaire était située sur un rocher, d’où son nom. Séparée du continent par un détroit de cinq cents à sept cents mètres de large, elle était dotée de deux ports, le « port Sidonien » au nord, et le « port égyptien » au sud.

[15] Parthie

[16] Les Nabatéens sont un peuple commerçant de l’Antiquité vivant au sud de la Jordanie et de Canaan, et au nord de l’Arabie actuelle. Après la chute de l’Empire séleucide, ils étendirent leur territoire vers le nord, jusqu’à la région de Damas. Les auteurs gréco-latins mentionnent leur royaume sous le nom d’Arabie, alors que Flavius Josèphe utilise aussi celui de Nabatène. Leur territoire est frontalier de la Syrie, de la péninsule Arabique, de l’Euphrate et du nord de la mer Rouge. À la suite de l’intervention de Pompée, le royaume nabatéen devint un royaume client de Rome, mais il conserva une large autonomie. Sa capitale était la cité troglodytique de Pétra, située aujourd’hui en territoire jordanien. Leur commerce se déroule principalement entre les oasis, où ils pratiquent l’agriculture de manière intensive. Ces oasis sont reliées par des routes commerçantes. Les frontières de cet ensemble ne sont toujours pas précisément définies. Ils commercialisent notamment les produits de l’Arabie heureuse en direction de l’Empire romain, mais aussi vers les pays situés à l’est de l’Euphrate. En 106, l’empereur romain Trajan annexe directement ce royaume à l’Empire en créant la province romaine d’Arabie, où leur culture se dissipa.

[17] Jaffa est la partie sud, ancienne de la ville de Tel Aviv-Jaffa en Israël. C’est un des ports les plus anciens du monde sur la côte orientale de la mer Méditerranée. Le port de Jaffa, très sollicité dans l’antiquité et au Moyen Âge, était, comme les deux autres ports de la Palestine ancienne Acre et Césarée une des étapes importantes de routes de l’Orient des Européens. Au Moyen Âge, Jaffa était une des Échelles du Levant, bien que d’une importance secondaire en comparaison d’Acre. Une partie du port et quelques mosaïques antiques ont survécu jusqu’à aujourd’hui.

[18] Samosate ou Antioche de Commagène est une ancienne cité dont les ruines se situent près de la ville actuelle de Samsat, province d’Adıyaman, en Turquie, près de l’Euphrate.

[19] Jéricho est une ville de Cisjordanie, située sur la rive ouest du Jourdain. Jéricho a été mentionnée pour la première fois dans le Livre des Nombres. Elle est considérée comme une des plus anciennes villes (bien que ce terme soit aujourd’hui discuté) habitées dans le monde et les archéologues ont mis au jour les restes de plus de 20 établissements successifs, et dont le premier remonte à 9 000 ans av. jc. Jéricho a été décrite dans la Torah comme la « ville des palmiers », où d’abondantes sources d’eau tiède et d’eau froide jaillissent et donnent lieu à la culture de citrons, d’oranges, de bananes, de plantes oléagineuses, de melons, de figues et de raisins. La culture de la canne à sucre y est présente dès le 10ème siècle. Jéricho est la ville la plus basse du monde avec une altitude proche de -240 m.

[20] Le lac de Tibériade, mer de Galilée ou lac de Genézareth est un lac d’eau douce d’une superficie de 160 km² situé au nord-est d’Israël. Situé à plus de 200 m au-dessous du niveau de la mer, il est traversé par le fleuve Jourdain. Riche en poissons, il est réputé pour ses tempêtes violentes à cause des différences de température avec les hauteurs environnantes.