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L’histoire pour le plaisir

Phasaël

lundi 4 avril 2016

Phasaël (avant l’an 73 av.jc-40 av.jc)

Prince de la dynastie des Hérodiens de Judée

Fils aîné d’Antipater, procurateur [1] de la province, et de Cypros , princesse nabatéenne [2], ainsi que le frère de Hérode 1er le Grand. Phasaël est stratège de Jérusalem en 47 av. jc puis devient tétrarque de Judée en 41 av. jc mais, fait prisonnier par les Parthes [3], il se suicide l’année suivante.

Il est né dans le royaume hasmonéen dans une famille aristocratique juive originaire d’Idumée [4]. Son père Antipater est le principal conseiller d’Hyrcan II et dans les faits gouverne la Judée [5]. Il est né avant son frère Hérode, donc avant l’an 73 av.jc.

Antipater le nomme en 47 av. jc stratège de Jérusalem et son fils cadet Hérode stratège de Galilée [6]. L’exécution d’un haut personnage appelé Ezéchias, chef des insurgés galiléens sert de prétexte à l’élite sacerdotale et au grand prêtre Hyrcan II pour contester son action.

Après le meurtre de César le 15 mars 44 av. jc, Antipater et ses fils se rallient au gouverneur de Syrie, Caecilius Bassus, ex-partisan de Pompée. Celui-ci s’empresse de demander un tribut de 700 talents qu’Antipater répartit entre les notables du royaume. Phasaël s’acquitte de son tribut de 100 talents.

Comme Malichus, chargé par Antipater de la région de Gophna [7], Emmaüs, Lydda et Thamna tardent à verser le tribut, Cassius commence à marcher sur ce district, mais Antipater le prévient par un versement de 100 Talents. Cette politique de pots-de-vin permet à Antipater et à ses fils d’être confirmés dans leurs fonctions. Mais Antipater meurt empoisonné par Malichus qui rêvait de prendre sa place.

En 42 av. jc, le départ de Cassius de Syrie entraîne des troubles en Judée. Antigonos, fils d’Aristobule II essaie en vain d’entrer en scène, tandis que le tyran de Tyr, Marion, s’empare d’une partie de la Galilée.

Après la victoire d’Antoine et d’Octave à Philippes [8] en 42 av.jc, plusieurs délégations juives viennent se plaindre auprès d’Antoine des fils d’Antipater, Phasaël et Hérode. Hérode prend les devants et part à la rencontre d’Antoine et lui remet une importante somme d’argent pour éviter d’avoir à se justifier.

Antoine est ravi : le prix payé par Hérode dépasse ses attentes. Phasaël et Hérode sont non seulement confirmés dans leurs fonctions, mais promus tétrarques, titre supérieur à celui de stratège en 41 av. jc.

En 40 av. J.-C., les Parthes envahissent la Syrie-Palestine et soutiennent Antigonos comme prétendant au trône de Judée au détriment d’Hyrcan II. Les deux partis s’affrontent dans Jérusalem. Le général Parthe invite Phasaël et Hérode à se rendre auprès de son chef le satrape Barzapharnès pour faire la paix.

Hérode refuse, mais Phasaël accepte avec Hyrcan II. Ils constatent bientôt qu’ils sont en fait prisonniers. Hérode parvient à sortir de Jérusalem.

Constatant qu’il est prisonnier, Phasaël se suicide et Hyrcan II est emmené prisonnier par les Parthes en Parthie.

Quant à Hérode, mal reçu par le roi de Nabatène Malichos 1er , il rejoint Alexandrie puis Rome. Bien reçu par Antoine et Octave, il est proclamé roi de Judée à l’unanimité du Sénat romain en décembre 40 av. jc.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article intitulé « Hérode Ier le Grand »/ Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, Paris, Pygmalion,‎ 2011

Notes

[1] Dans la Rome antique le terme procurateur désigne au départ un personnage nommé par un autre pour s’occuper d’une tâche précise, mais l’usage le plus courant du terme, à partir d’Auguste désigne un fonctionnaire impérial choisi par l’empereur romain dans l’ordre équestre ou parmi ses anciens esclaves, on parle alors de procurateur affranchi. Les procurateurs dépendaient directement de l’empereur, exerçant leur pouvoir et leur charge en son nom. Ainsi les empereurs purent élaborer peu à peu une administration qui ne dépendait que d’eux et contrôler des services importants ou une province impériale, fonction bien évidemment réservée aux seuls membres de l’ordre équestre. Assez souvent les procurateurs issus de l’ordre équestre étaient secondés par un procurateur affranchi, l’empereur pouvant ainsi mieux les surveiller.

[2] Les Nabatéens sont un peuple commerçant de l’Antiquité vivant au sud de la Jordanie et de Canaan, et au nord de l’Arabie actuelle. Après la chute de l’Empire séleucide, ils étendirent leur territoire vers le nord, jusqu’à la région de Damas. Les auteurs gréco-latins mentionnent leur royaume sous le nom d’Arabie, alors que Flavius Josèphe utilise aussi celui de Nabatène. Leur territoire est frontalier de la Syrie, de la péninsule Arabique, de l’Euphrate et du nord de la mer Rouge. À la suite de l’intervention de Pompée en 64 av. jc, le royaume nabatéen devint un royaume client de Rome, mais il conserva une large autonomie. Sa capitale était la cité troglodytique de Pétra, située aujourd’hui en territoire jordanien.

[3] La Parthie est une région historique située au nord-est du plateau iranien, ancienne satrapie de l’empire des Achéménides et berceau de l’Empire parthe qui domine le plateau iranien et par intermittence la Mésopotamie entre 190 av. jc et 224 ap. jc. Les frontières de la Parthie sont la chaîne montagneuse du Kopet-Dag au nord (aujourd’hui la frontière entre Iran et Turkménistan) et le désert du Dasht-e Kavir au sud. À l’ouest se trouve la Médie, au nord-ouest l’Hyrcanie, au nord-est la Margiane et au sud-est l’Arie. Cette région est fertile et bien irriguée pendant l’antiquité, et compte aussi de grandes forêts à cette époque.

[4] Édom est un petit royaume du Proche-Orient ancien situé au sud de la mer Morte, au sud de la Transjordanie et de la Judée, de part et d’autre de la vallée de l’Arabah. Le terme Édom désigne à la fois un peuple, les Édomites, et une région. Comme les royaumes israélite et moabite voisins, le royaume d’Édom apparaît à l’âge du fer. Il perdure pendant trois siècles, 8ème au 6ème siècle av. jc environ, durant lesquels il se confronte à ses voisins : Juda à l’ouest et Moab au nord. Les Édomites connaissent leur plus grande prospérité à l’époque assyrienne et babylonienne. Sous la pression des tribus nomades du désert, leur position se fragilise en Transjordanie. Alors que le royaume de Juda s’affaiblit, ils s’installent graduellement au sud de la Judée. L’invasion continue de populations arabes finit par les rendre minoritaires dans leur territoire historique. À partir de la période perse achéménide, le terme apparenté « Idumée » est utilisé pour désigner une région du nord du Néguev et s’étendant dans la Shéphélah, peuplée d’Édomites ou Iduméens.

[5] La Judée est le nom historique et biblique d’une région montagneuse qui correspond aujourd’hui à une partie de la Cisjordanie et du sud d’Israël. Son nom vient de la tribu de Juda dont elle constituait le territoire. Dans l’Antiquité, c’était une région plutôt reculée au relief escarpé. La Judée a été le centre de plusieurs royaumes et provinces antiques : le royaume de Juda à l’âge du fer, la province perse de Yehoud Medinata, les dynasties des hasmonéens et des hérodiens puis la province romaine de Iudaea.

[6] La Galilée est une large région située dans le nord d’Israël, traditionnellement divisée en trois parties : la haute Galilée ; la basse Galilée ; la Galilée occidentale, aussi appelée « la côte nord d’Israël ».

[7] Jifna est un village Palestinien dans le gouvernorat de Ramallah et Al-Bireh dans le centre de la Cisjordanie, Palestine, situé à 8 kilomètres (5,0 miles) au nord de Ramallah et 23 kilomètres (14 miles) au nord de Jérusalem. Jifna a conservé une population majoritairement chrétienne depuis le 6ème siècle. Jifna est régie par un conseil de village, dirigé depuis 2008 par président Jabi Na’im Kamil. Jifna était connu comme Gophnah au moment de la première guerre judéo-romaine, et après sa conquête elle est devenue capitale régionale romaine. Plus tard, la ville a grandi et prospéré sous l’empire byzantin et des arabes en raison de son emplacement sur une route commerciale.

[8] La bataille de Philippes (septembre-octobre 42 av. jc) voit, au cours de deux affrontements successifs, les triumvirs Octave et Antoine vaincre les Républicains Brutus et Cassius dans la plaine à l’ouest de Philippes, en Macédoine orientale. Cette défaite sonne le glas des espoirs du Sénat de préserver le régime républicain.