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Jean II Le Bon ou Brave

vendredi 3 août 2012, par ljallamion

Jean II Le Bon ou Brave (1319-1364)

Roi de France (1350-1364)

Fils aîné de Philippe VI et de Jeanne de Bourgogne. Il est né le 26 avril 1319 au château du Gué-de-Maulny près du Mans. Jean porte le titre de duc de Normandie jusqu’au 26 septembre 1350, jour où il est sacré roi de France à Reims. Comme son père et son grand-père, Jean II était un chevalier, plus soucieux de batailles que d’administration. Il fut dépourvu de sens politique et d’esprit de gouvernement. Il était excessif dans ses haines comme dans ses amitiés.

C’est en tant que Dauphin de France qu’il avait épousé le 23 juillet 1332 Bonne de Luxembourg, la fille de Jean 1er du Luxembourg. Né en 1319 Jean avait 14 ans, elle en avait 16. Cela ne l’empêcha pas de faire en une quinzaine d’années dix enfants avant de devenir reine. Elle mourut en 1349. Il épousera en seconde noce le 19 février 1350 Jeanne de bourgogne Malgré un climat social très tendu (guerre et peste) le roi et la reine se firent couronner avec fastes le 26 août 1350 à Reims.

Après avoir marié sa fille aînée, Jeanne, à Charles le Mauvais, détenteur de la Navarre et des places fortes en Île-de-France et du Cotentin, il s’aliéna ce prince en ne lui donnant pas les domaines promis. Dès 1351, les états provinciaux s’étaient plaints des prodigalités royales. Une fois de plus, le roi manqua d’argent. Les États Généraux ne lui en promettent que contre certaines concessions, (contrôle des fonds, arrêts des dévaluations) et dû céder aux états généraux le contrôle de l’administration financière en 1355. Le 22 février 1354 est signé le traité de Mantes avec Charles le Mauvais, roi de Navarre.

En septembre 1355, le roi déclara une mobilisation générale et remporta durant un an quelques succès contre les Angevins. Le 10 septembre 1355 le Traite de Valogne est signé avec Charles le Mauvais, Mais, en octobre 1355 la guerre reprend. Le Prince Noir lance l’offensive dans le Languedoc. La guerre coûta plus cher que les fêtes fastueuses qu’il donna pour la création de l’ordre de l’Étoile.

Les États généraux des États de langue d’oïl accordent au roi, par une ordonnance le 28 décembre 1355, les subsides qu’il demande. Le 26 mars 1356, les États de langue d’oc font de même.

L’exécution du connétable Raoul de Brienne, remplacé par Charles d’Espagne, marque le début de son règne. C’est ce connétable, mis en place par Jean II, que Charles le Mauvais fait assassiner et essaye de plus de retourner le dauphin Charles contre son père, et attise la résistance à payer les impôts nouveaux, accordés au roi par les États généraux. Jean II se fâcha puis vint une réconciliation puis une nouvelle querelle où le roi saisit ses fiefs de Normandie parce que son frère le comte d’Harcourt refusait de payer ses impôts.

Le 5 avril 1356, le roi le fait arrêter à Rouen et emprisonner. Cette arrestation provoque la colère des frères du roi de Navarre qui appellent les Anglais à la rescousse en Normandie.

les Anglais ne tentent pas réellement une invasion méthodique du royaume ; ils procèdent plutôt par chevauchées depuis Calais ou la Guyenne, et pillent tout sur leur passage. La population est bien sûr la première à souffrir Les troupes du fils d’Édouard III, Édouard prince de Galles héritier de la couronne anglaise, qui ne régna cependant pas, surnommé le prince noir à cause de la couleur de son armure et le fait qu’il sème la terreur et parviennent jusqu’à la Loire et dévaste le Midi. Pendant plusieurs semaines il prend les villes et les châteaux, pille, brûle, assassine en Armagnac, Comminges, Languedoc.

Le roi de France les affronte à Poitiers sur la commune de Nouillé-Maupertuis le 19 septembre 1356. Sûr de sa victoire Jean le Bon se lance à l’assaut des fortifications Anglaises placées sur les hauteurs. Le résultat est effroyable, Jean le Bon et son jeune fils le futur Philippe de Bourgogne sont fait prisonniers et emmenés à Bordeaux puis à Londres , ainsi que nombre de chevaliers de marque. Son emprisonnement durera 4 ans et un mois. Le dauphin Charles qui se battait aux côtés de son père, réussit à quitter le champ de bataille sans être pris et il devint régent en l’absence de son père.

D’autres catastrophes s’abattent sur le royaume, qui réclameront toute l’habileté du jeune Dauphin.

Les bourgeois de Paris, menés par Etienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, obtiennent un contrôle des finances par les États Généraux. Ils libèrent Charles le Mauvais le 9 novembre 1357 et tentent de mettre le Dauphin sous tutelle. Charles le Mauvais devint maître de Paris et suscita une jacquerie avec l’aide d’Etienne Marcel. Les paysans se révoltèrent contre les impôts, les nobles, la guerre (mais pas le roi) ;L’affrontement franco-anglais devient vite un affrontement nobles paysans. Le Dauphin dû s’enfuir et Charles le Mauvais écrasa les "Jacques" Le 10 juin 1358, les Anglais aidant le Régent à assiégé Meaux. Force reste aux nobles. Etienne Marcel offre Paris aux Anglais. Les Parisiens exaspérés le renversent et il périt assassiné le 31 juillet 1358 par les partisans du dauphin. Le 2 août 1358 Le dauphin regagne Paris.

La paix est indispensable pour redresser un royaume au bord de l’abîme. Les Anglais aussi sont las d’une si longue et coûteuse guerre. Le 3 mars 1357 la trêve de Bordeaux est signé entre la France et l’Angleterre. En janvier 1358 sera signé le traité de Londres entre Jean II et Édouard III d’Angleterre. Le 14 mars 1358 Le dauphin Charles devient régent et convoqua les États généraux à Compiègne.

Le 24 mars 1359 Jean II signe le second traité de Londres livrant à Édouard III la moitié de la France plus 4 millions d’écus d’or. Apprenant cet ignoble traité, le Dauphin et les états en rejettent toutes les clauses le 25 juin 1359, et le 28 octobre quand Édouard III débarque pour se faire sacrer à Reims, les campagnes sont désertes et les villes closes. C’est le 18 juin 1359 que Bertrand du Guesclin prend Melun à Charles le Mauvais. Jean II le Bon ne doit qu’à la signature du traité de Brétigny le 8 mai 1360 ou Édouard III renonce au trône de France en échange de l’Aquitaine d’être libéré le 9 mai 1360. Le 24 octobre 1360 par la paix de Calais ratifiant le traité de Brétigny, la France abandonne à l’Angleterre la Guyenne, le Limousin, le Périgord, l’Angoumois, le Rouergue et la Saintonge, et s’engage à payer un tribut de trois millions d’écus en or payables en six ans !. La monnaie d’or frappée pour que le roi soit libéré, est donc “ franc ” c’est-à-dire libre ; elle gardera longtemps son nom. Elle portait une inscription latine : Johannes Dei Gracia Francorum Rex (Jean par la Grâce de Dieu roi de France). Le dauphin s’engageait également à laisser ses fils à titre de caution jusqu’au paiement complet du tribut ! Le 8 juillet 1360 Jean II rentre en France. C’est le 5 décembre 1360 par l’ordonnance de Compiègne qu’est instauré le franc.

A son retour en France en 1362, il trouve un royaume ravagé par la peste, la famine et les exactions des “ routiers”. Il maria sa fille contre argent à Jean Galéas Visconti de Milan. Enfin, le 6 septembre 1363 il donne en apanage à son fils, Philippe le Hardi, le duché de Bourgogne, cœur du puissant État bourguignon ce qui deviendra une belle source d’ennuis pour le royaume.

Le 2 janvier 1364 , apprenant que son fils, Louis duc d’Anjou, s’était évadé de Londres, Jean le Bon retourna à Londres se constituer prisonnier avec son autre fils Jean Duc de Berry, d’Auvergne et de Poitou. On leur donna pour résidence le palais de Savoie, mais deux mois plus tard, Jean le Bon tomba malade. Il meurt, le 8 Avril 1364. Son corps fut enseveli à Saint-Denis. Le Dauphin, son fils Charles, monte sur le trône de France sous le nom de Charles V le Sage.

Son règne aura été marqué par de fortes et successives dévaluations de la monnaie. D’intelligence probablement médiocre, il ne pu éviter de graves maladresses qui lui aliénèrent le plus souvent le concours des états, maîtres de lui refuser les ressources financières pourtant indispensables au gouvernement. Hésitant entre la noblesse réformatrice, les bourgeois avides de promotion et les officiers au dévouement intéressé, il ne su ni choisir ni jouer de leurs rivalités, et c’est à la faveur de sa captivité que la noblesse prit pour un temps le contrôle des rouages essentiels de l’État. Il se brouilla avec les lignages les plus influents en faisant procéder à des exécutions sommaires, comme celle du connétable Raoul de Brienne en 1350. Il ne porte pas certes, seul la responsabilité des catastrophes accumulées pendant son règne et que les difficultés rencontrées par Philippe VI annonçaient depuis vingt ans. Souvent critiquée, la décision de donner en apanage à son fils Philippe le duché de Bourgogne, venu à la Couronne par héritage, comportait sur le moment plus d’avantages, adhésion des Bourguignons et obstacle à l’intrusion du Navarrais dans l’affaire que d’inconvénients, puisque la rivalité des maisons de France et de Bourgogne était imprévisible.