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L’histoire pour le plaisir

Philippe le Hardy

samedi 11 août 2012, par ljallamion

Philippe le Hardy (1364-1404)

Duc de Bourgogne (1363-1404)

Fils du roi Jean II le Bon, il reçut en apanage le duché de Bourgogne en 1363 et devint ainsi le chef de la deuxième maison de Bourgogne.

Le 19 septembre 1356 a lieu la bataille de Poitiers, cette bataille qui oppose l’armée du roi de France, Jean le Bon, et celle du Prince Noir, l’héritier du trône d’Angleterre, tourne au désastre.

Sur l’ordre de son père, le dauphin Charles est allé se mettre à l’abri. Ses frères puînés, les jeunes ducs d’Anjou et de Berry, leur oncle, le duc d’Orléans ont également tourné les talons.

Le roi Jean reste presque seul dans la bataille, au milieu des Anglais. Son dernier fils, Philippe, âgé de 14 ans, tente de détourner les coups en criant : "Père, gardez-vous à droite, gardez-vous à gauche !". Philippe gagne alors le nom de Philippe "le Hardi".

A son retour de captivité en Angleterre, Jean récompense Philippe en lui donnant le duché de Touraine en 1360 puis le gouvernement du duché de Bourgogne, dont le souverain Valois s’est assuré la possession en novembre 1361. Le dernier duc capétien de Bourgogne, Philippe de Rouvres, qui descendait de Robert le Pieux et dont les grands ancêtres, Hugues III, Eudes IV, avaient été très puissants et riches, était mort sans postérité.

Philippe, nouveau gouverneur de Bourgogne, reçoit la promesse d’avoir le duché en apanage princier, c’est-à-dire d’en avoir un jour prochain l’entière possession. Lorsque le roi Jean meurt à Londres le 9 avril 1364, le dauphin Charles ratifie en juin les promesses de son père.

Ayant épousé en 1369 Marguerite de Male, fille du comte de Flandre, Louis de Male, il hérita, en 1384, de son beau-père les comtés de Flandre, d’Artois, de Nevers et de Bourgogne (Franche-Comté).

Depuis 1385-1404, la révolte gronde à Gand. Le nouveau comte se montre habile diplomate et signe avec la ville une paix autorisant les deux parties à sauver la face.

Philippe le Hardi mène une double politique. En tant que frère du roi de France, il désire maintenir le rôle important qu’il joue sur la scène politique française : Il prend part à la direction des affaires du royaume de France, pendant la minorité de Charles VI. Philippe le Hardi devient donc co-régent de France. D’autre part, en tant que duc de Bourgogne, il cherche à augmenter sa puissance territoriale. Il tente de détourner les Flamands de leur sympathie pour l’Angleterre, en veillant toutefois à sauvegarder les relations commerciales des marchands avec Londres.

Il étend son influence sur les autres principautés. Il obtient, pour son second fils, Antoine, la promesse de la duchesse Jeanne de Brabant, sans descendance, d’en faire son héritier. En 1385, il marie sa fille Marguerite, et son fils Jean sans Peur, respectivement au fils et à la fille du comte de Hainaut Hollande. Ces étapes préparent la future unité territoriale des Pays-Bas.

Philippe le Hardi renforce le pouvoir central de la maison de Bourgogne.

Tout en maintenant les institutions locales, il leur impose une autorité de tutelle. Il établit à Lille une chambre des comptes, dont le rôle est de centraliser la gestion financière, et les États Généraux, qu’il tient souvent à Beaune. La chambre du conseil de la même ville devient une cour d’appel, révisant les jugements des tribunaux locaux et urbains. Le "conseil de la cour" des ducs de Bourgogne, présidé par un chancelier, assume progressivement le gouvernement de l’ensemble des territoires ducaux. Le cadre institutionnel ainsi mis en place limite les pouvoirs régionaux. Ses finances sont le plus souvent en piètre état et il a quelque mal à boucler son budget.

Le 27 avril 1404, Philippe succombe à une fièvre violente dans son château de Hall, en Hainaut. Il a alors soixante-trois ans. Il sera inhumé à Champmol, près de Dijon.