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L’histoire pour le plaisir

Fulrad ou Fulrade

samedi 14 mai 2022, par ljallamion

Fulrad ou Fulrade (710-784)

14ème abbé de Saint-Denis-Conseiller et chapelain des rois carolingiens-Archiprêtre des royaumes d’Austrasie, de Neustrie et de Bourgogne

Il fut le principal artisan de la fortune immobilière de Saint-Denis [1]. Il obtint d’importants privilèges fiscaux et l’immunité, ce qui devait assurer un développement rapide de l’abbaye. Il fit restituer les biens sécularisés de Charles Martel. Il rattacha enfin au patrimoine de l’abbaye de Saint-Denis ses immenses propriétés en Alsace, Lorraine et en Alémanie [2], domaines qu’il avait reçus de Pépin le Bref, Carloman et Charlemagne en échange de ses services d’ordre diplomatique ainsi que de sa famille ou qu’il avait achetés. Il a été mêlé aux plus grandes affaires du royaume des Francs, dont la soumission du royaume des Lombards [3] et l’avènement de l’empire de Charlemagne.

Le père de Fulrad, Riculfe comte d’Alsace, Franc d’origine reçoit probablement d’immenses biens de Pépin le Bref confisqués aux Étichonides [4] qui se trouvaient aux alentours de Kintzheim-Saint-Hippolyte [5]. Sa mère Ermengarde, femme très pieuse, prend soin de l’éducation de Fulrad. Il a deux frères et une sœur.

Ses parents jouissaient en Alsace d’une haute considération due à leur haut rang dans la dynastie franque. Adolescent, il est le témoin des misères et des guerres qui ensanglantent le 8ème siècle.

Il est décidé à se mettre au service de l’église pour contribuer à sa puissance et apporter son soutien à Pépin le Bref pour redresser le pays en bute aux querelles incessantes. Ce dernier donne le coup de barre voulu, en restaurant la tradition religieuse et en renouant avec l’église et la papauté.

Fulrad se lie d’amitié avecsaint Boniface qui évangélise la Germanie [6]. C’est sur l’insistance de saint Boniface que Fulrad reçoit en 750 le titre d’abbé de Saint-Denis de Pépin le Bref.

Il le prend comme conseiller et le charge des missions les plus délicates, le nommant grand aumônier, l’une des premières charges de la cour, le personnage le plus en vue après le roi.

Originaire de la même région que Pépin le Bref. Celui-ci et Carloman et plus tard Charlemagne l’ont choisi pour mener des missions délicates. Ses négociations et les services qu’il rendit à l’État et à l’Église le placent comme l’un des personnages les plus importants de son temps.

En 750, Pépin le Bref, le charge de se rendre à Rome, avec Burchard de Wurtzbourg , consulter le pape Zacharie pour lui demander d’approuver la déposition de Childéric III ainsi que son accession au trône franc. À la suite de la réussite de sa mission, Pépin le nomme abbé de Saint-Denis. Ce choix est également approuvé par le pape Zacharie. Il noue des alliances avec les Francs. Il prendra la succession de Amalbert décédé en 749 jusqu’à sa propre mort en 784. En 755, il rendit au pape au nom de Pépin le Bref l’Exarchat de Ravenne [7] et la Pentapole [8].

Fulrad semble avoir été moine à Saint-Denis et appelé par le choix de ses frères à gouverner l’abbaye. Les religieux de l’abbaye de Saint-Denis avaient le privilège de choisir eux-mêmes et dans la communauté l’abbé qui devait les diriger. Thierry IV avait en 732 renouvelé les chartes de ses prédécesseurs assurant la liberté des élections abbatiales. Pépin devait à son tour les confirmer en 768, et Charlemagne en 778. La règle de Saint-Benoît prescrit du reste que l’abbé soit pris parmi les moines et élu par eux.

L’une de ses premières tâches fut de rétablir l’ordre temporel dans l’abbaye de Saint-Denis, laquelle avait perdu une importante partie de ses revenus par la faute de ses prédécesseurs et en raison des guerres. Fulrad craignant que l’abbaye ne tombe dans l’indigence en informa Pépin qui n’était encore que maire du palais [9] mais qui détenait déjà le pouvoir.

Pépin l’écouta favorablement et nomma aussitôt deux commissaires, Guichinge et Clodion, pour accéder à sa demande. Ils parcoururent plusieurs provinces obligeant ceux qui avaient usurpé les biens de l’abbaye de Saint-Denis à les restituer. Pépin ratifia ensuite la remise des biens que les commissaires avaient pu récupérer. L’abbé Fulrad recouvra ainsi, sans énormément de peine, plusieurs terres et biens qui avaient été injustement accaparés. Parmi le dénombrement de ces biens figuraient la chapelle de la Croix comprenant d’autres dépendances du fief de Solesmes [10]. Mais tous les biens usurpés ne furent pas récupérés.

Fulrad, honoré de la confiance des rois Pépin, Carloman, Charlemagne et de celle des papes Étienne II et Adrien 1er, et Paul 1er fut à diverses reprises chargé de hautes missions diplomatiques. Son nom est intimement lié aux grands évènements qui amenèrent la disparition du Royaume des Lombards et la fondation de l’empire de Charlemagne. Il fait reconstruire l’abbaye sur le modèle de Saint-Pierre de Rome.

Fin décembre 753 ou janvier 754 et pendant 3 années, l’abbé Fulrad va être employé au service direct du pape Étienne II. Il va être mêlé à tous les évènements d’où sortira le pouvoir temporel des papes. Le 29 juillet 755, Fulrad accompagne le pape Étienne II à Rome après la première expédition carolingienne en Italie. Après son retour de cette expédition Pépin le Bref octroie également le château de Saint Mihiel [11] dans le pagus verdinensis avec toutes les dépendances. Le pape Étienne II meurt le 26 avril 757 sans avoir pu achever le monastère et l’église qu’il faisait bâtir dans Rome afin d’y mettre les reliques de saint Denis qu’il avait fait venir de France. C’est son frère Paul qui acheva les travaux et qui fit venir des moines grecs.

Fulrad se vit ensuite confier des charges plus importantes au service de Pépin le Bref. Il est envoyé à Rome avec Burchard, évêque de Wurtzbourg [12], pour consulter le pape Zacharie sur qui en France devait exercer le vrai pouvoir. À cette question le pape Zacharie, s’appuyant sur la thèse augustinienne de l’ordre sur le corps social, répondit : il vaut mieux appeler roi celui qui exerce le vrai pouvoir royal.

Il raconta au roi ce qui se passait en Italie, mais Pépin ne s’en inquiétait pas outre mesure. Étienne II dut revenir à la charge. Ces nouvelles insistances restèrent sans succès. Cependant la situation du pape s’aggravait. Le premier janvier 756, trois armées lombardes parurent sous les murs de Rome ; elles dévastaient la campagne, Astolphe menaçait de mort le pape, et ses soldats raillaient les Romains.

À grand peine le pape parvint à faire sortir de Rome trois ambassadeurs, Georges, Thomaricus Comita et un belliqueux abbé franc nommé Warncharius, qui avait concouru en personne à la défense des remparts. Ils arrivèrent en France par la voie de mer. Une des lettres qu’ils portaient était adressée à toute la nation franque. Au mois de mai une nouvelle intervention était décidée. L’armée de Pépin se mit en route en traversant Chalon-sur-Saône [13], Genève [14], la Maurienne [15], le col du Mont-Cenis [16]. Fulrad accompagnait Pépin le Bref. Aistolf, qui s’était porté à la rencontre des Francs fut encore vaincu et de nouveau enfermé dans Pavie [17]. Ce fut sous les murs de cette ville que Pépin reçut une ambassade de Constantinople [18] : Jean le Selentiaire et George le Protosecrétaire étaient venus jusqu’en France.

Les Francs emportèrent un tiers des trésors de Pavie et le roi des Lombards s’engagea à payer un tribut au roi Pépin. Le texte de la capitulation fut envoyé à Rome, mais pour en assurer l’exécution Fulrad fut laissé en Italie avec une petite armée. Chargé par le pape et le roi de prendre possession des “restitutions” d’Astolphe, l’archichapelain se mit en route en compagnie des délégués du roi des Lombard.

Fulrad n’accompagna pas le roi dans ces dernières campagnes et son retour triomphal. C’est au terme de l’un de ces voyages que Pépin le Bref fut atteint d’hydropisie dont il allait mourir. C’était à la fin de l’été 768. Il arriva à Saint-Denis où il avait été élevé pour y mourir. Jusqu’à la fin il garda sa présence d’esprit, et la veille de sa mort il signait encore de nombreux diplômes. Il se savait perdu. Aussi avec le consentement des Francs, des grands et de tous les évêques du Royaume, il divisa son domaine en deux parties égales qu’il distribua à ses deux fils. Il mourut le samedi 24 septembre 768 à 54 ans. On l’enterra dans la basilique de Saint-Denis en présence des plus hauts personnages du royaume, dont Fulrad.

Que Fulrad fut en faveur de Carloman son nouveau maître on ne peut en douter. Il existe de nombreux diplômes accordés par Carloman à l’abbaye de Saint-Denis. Carloman après un règne très court, mourut à Samoussy [19] le 4 décembre 771. Il fut enterré dans la cathédrale de Reims [20]. Fulrad se rallia à Charlemagne dans le courant du même mois de décembre il se rendit avec Wilchaire archevêque de Sens ou de Sion en Valais, Warin et le comte Adalhard, auprès de Charlemagne. Le nouveau roi qui prenait en main le gouvernement du royaume Franc tout entier, récompensa Fulrad, en lui conservant la charge d’archichapelain. La révolution de 771, si l’on peut appeler de ce nom un acte conforme à la tradition franque, est le dernier acte politique de Fulrad qui soit connu avec certitude. Fulrad reçut de Charlemagne et de la reine Hildegarde un certain nombre de terres et d’églises dans la Valteline [21] et la Lombardie que le pape Adrien 1er exempta de juridiction épiscopale.

Fulrad construisit en 760 un prieuré à Fulradovillare [22]. Il y déposa le corps de ce martyr qu’il avait apporté de Rome et qu’il avait obtenu vers l’an 764 du pape Paul 1er avec plusieurs autres reliques dont il enrichit les monastères de sa fondation. Autour de ce monastère se forma une petite ville située au pied des Vosges, à deux lieues au-dessus de Sélestat [23], qui prendra le nom de Saint-Hippolyte. Le second monastère fut construit en 770 à Fulradocella du nom de son fondateur à Lièpvre [24]. Les travaux vont durer 7 années. Il fut bâti dans un canton qui appartenait en propre à Fulrad. Ce prieuré prit ensuite le nom de Saint-Alexandre avec comme patron secondaire saint Cucufa.

Présentant sa mort prochaine et dans un souci de ne pas disperser ses biens il fait rédiger un testament à Héristal [25] en 777 qu’il fait approuver par les plus hauts personnages de son époque. En vertu de ce testament, il lègue à l’abbaye de Saint-Denis tous ses biens personnels, tout ce qu’il avait reçu de ses parents ou de la générosité des rois, et toutes les propriétés qu’ils avaient obtenues par acquisition ou par achats. Dans ce testament figure notamment les biens que Fulrad tenait de Widon, situés en partie dans le Mortenau, et en partie en Alsace. Cette donation de Widon avait été confirmée en 768 par Pépin le Bref, dans une charte par laquelle il lui rendait les biens que cet abbé lui avait remis alors qu’il pensait que sa fin était proche. En 777 dans son testament il demande qu’après sa mort les deux prieurés alsaciens passent sous le contrôle de l’abbaye royale de Saint-Denis.

Fulrad meurt le 16 juillet 784. L’épitaphe que lui dressa le moine-savant Alcuin mentionne que son corps fut d’abord inhumé à Saint-Denis.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Geneviève Bührer-Thierry, L’Europe carolingienne (714-888), Paris, SEDES, 1999, (ISBN 2718190582)

Notes

[1] L’ancienne abbaye royale de Saint-Denis est associée à l’histoire du monde franc. L’église abbatiale a été dénommée « basilique » dès l’époque mérovingienne. L’église s’élève sur l’emplacement d’un cimetière gallo-romain, lieu de sépulture de saint Denis martyrisé vers 250. Le transept de l’église abbatiale, d’une ampleur exceptionnelle, fut destiné à accueillir les tombeaux royaux. Elle fut ainsi la nécropole des rois de France depuis les Robertiens et Capétiens directs, même si plusieurs rois mérovingiens puis carolingiens avaient choisi avant eux d’y reposer. En 858, le monastère de Saint-Denis qui subit plusieurs rapines de la part des Vikings qui assiègent Paris. Le Vendredi Saint 3 avril 858, deux bandes normandes partent de Jeufosse à cheval en se dirigeant, l’une vers l’abbaye de Saint-Denis, l’autre vers l’abbaye de Saint-Germain-des-Près, pour capturer leurs abbés et demander une forte rançon. A Saint-Denis, plusieurs hommes d’Église sont enlevés dont l’abbé et son demi-frère Gauzlin (834-886), évêque de Paris4. De façon générale, le ixe siècle siècle est marqué par de nombreux troubles causés par les raids des vikings remontant par la Seine jusqu’à Paris et ses alentours. En 867, l’implication dans la vie politique et le prestige des abbés est tel que Charles II le Chauve s’approprie le titre d’abbé de Saint-Denis. En 869, Charles II le Chauve devant la menace des invasions des Vikings fortifia le monastère.

[2] Les dénominations de royaume barbare d’Alémanie ou de royaume des Alamans ne désignent pas un territoire unifié dirigé par un seul et unique roi, mais une confédération de petits royaumes cohabitant dans un espace géographique dénommé Alémanie pour la première fois en l’an 289. La zone correspond à la province romaine de Germanie supérieure, avec des territoires situés aujourd’hui en Suisse, au pays de Bade et en Alsace.

[3] Le royaume lombard succède au royaume ostrogoth en Italie pendant une époque tardive des Grandes invasions européennes. L’arrivée des Lombards en 571, un peuple germanique, est à l’origine du toponyme de la région italienne (Lombardie).

[4] Les Étichonides sont une illustre famille issue de la noblesse franque, possessionnée principalement en Alsace. Des deux premiers ducs, on ne connaît que le nom : Gondoin (vers 650 ?) et Boniface (après 660). Etichon-Adalric d’Alsace est le premier duc d’Alsace qui soit réellement connu ; il est l’ancêtre éponyme des Étichonides.

[5] Kintzheim est une commune française située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin. Mentionné dès le 8ème siècle, le village est alors le siège d’un vaste domaine royal mérovingien. Le territoire et la forêt de Kintzheim faisaient partie du domaine du fisc royal de Childéric II à l’époque du maire Wulfoald (ou Vulfoald). Après l’assassinat de Childéric II en 675, Wulfoald organise le retour d’Irlande de Dagobert II qui écarta Pépin de Herstal. Il est assassiné à son tour en 679 dans la forêt de Woëvre, mais il restera maire du Palais jusqu’en 680, année de son décès. Une partie de ses biens ira à Pépin le Bref dont l’abbaye de Saint-Mihiel (Meuse). L’un des palais de Charlemagne dénommé Villa Regia (Quuningishaim), ultérieurement traduite en langue germanique Kunigesheim, était sans doute situé sur les pentes de Kintzheim. Charlemagne se rendait souvent dans la région pour chasser en compagnie de l’abbé Fulrad, son chapelain.

[6] La Germanie est le nom donné, dans l’Antiquité, à la région d’Europe centrale séparée du monde romain par le Rhin et le Danube et s’étendant approximativement, à l’est, jusqu’à la Vistule. Le territoire de la Germanie était peuplée par les Celtes avant que divers peuples germaniques ne s’y installent au cours du 1er millénaire av. jc. La Germanie antique ne correspond pas à l’Allemagne actuelle, même si certains territoires importants des unes et des autres peuvent se superposer. Le nom de Germanie est utilisé par les Romains, avec différents qualificatifs, incluant des territoires qui ne sont pas aujourd’hui allemands d’une part, et des contrées actuellement allemandes sans aucune équivoque possible, qui n’étaient pas d’un point de vue administratif en Germanie romaine, d’autre part. Les anciens, depuis le 2ème siècle av. jc jusqu’à l’arrivée massive des peuples slaves au vie siècle, nommaient Germanie l’espace limité au nord par la mer Baltique et la mer du Nord, au sud par les Beskides occidentales et le nord des Alpes, à l’est par la Vistule et à l’ouest par le Rhin.

[7] L’exarchat peut prendre deux sens, le premier est politique et administratif qui est propre à l’empire romain d’Orient et l’autre est ecclésiastique propre à l’Église orthodoxe. L’exarchat est une organisation de certains territoires périphériques de l’empire byzantin, mise en place au 6ème siècle pour faire face à la menace d’envahisseurs. L’exarchat est dirigé par un exarque qui concentre les pouvoirs civils et militaires. Cette organisation visait à réagir de façon optimale aux dangers menaçant l’empire dans ses régions périphériques, sans avoir à attendre les ordres venus de Constantinople. Ils bénéficiaient d’un plus grand degré d’indépendance que les autres gouverneurs provinciaux. Seuls deux exarchats furent constitués, à Ravenne contre l’invasion des Lombards, et à Carthage. Les autres provinces de l’empire byzantin reçurent progressivement une organisation semblable, mais sous le nom de « thèmes ». Les exarques civils étaient de véritables vice-rois, à qui l’on confiait le gouvernement de plusieurs provinces tandis que les exarques ecclésiastiques étaient des délégués du patriarche de Constantinople ou du Saint-Synode, chargés de visiter les diocèses, et de surveiller la discipline et les mœurs du clergé. Dans les Églises d’Orient, un exarque est un évêque qui a reçu mission de représenter un patriarche auprès d’un autre patriarche ou dans un lieu qui n’est le territoire d’aucune Église orthodoxe autocéphale. L’exarchat est à la fois la dignité de l’exarque, l’ensemble des paroisses et des fidèles placés sous sa responsabilité ainsi que l’église et les bâtiments qui en constituent le siège. C’est en quelque sorte un évêché sans diocèse et sans structure prévue pour durer. C’est une façon de s’adapter à des circonstances particulières, absence d’une église locale organisée, nécessité d’assurer une vie liturgique à un personnel diplomatique. Un exarchat possède un statut dérogatoire par rapport au principe de la territorialité de l’organisation ecclésiastique. L’évêque mentionné dans les diptyques n’est pas l’évêque du lieu mais le primat représenté par l’exarque. On peut comparer l’exarchat ecclésiastique à extra-territorialité de bâtiments diplomatiques. Les métropolites des "Nouvelles Terres" du Nord et de l’Est de la Grèce ont reçu du patriarche œcuménique de Constantinople des titres d’exarque qui rappellent leur appartenance au Patriarcat œcuménique de Constantinople.

[8] Nom donné, dans l’Antiquité, à plusieurs contrées où se trouvaient cinq villes principales.

[9] A l’origine intendant général, chargé de diriger les services politiques et domestiques de la maison du roi, le maire du palais apparaît, dès le milieu du 7ème siècle, comme le personnage principal de l’Etat. C’est lui, de fait, qui exerce la réalité du pouvoir.

[10] L’abbaye Saint-Pierre de Solesmes est une abbaye bénédictine situé à Solesmes dans la Sarthe, dont les origines remontent à 1010. Elle domine la vallée de la Sarthe, à environ trois kilomètres de la ville de Sablé-sur-Sarthe, entre Le Mans et Angers. Elle est située sur la petite commune de Solesmes. Les moines, aidés de rustici ruricoli (paysans cultivateurs) défrichent les environs, cultivent le seigle, la vigne et la fève et élèvent chevaux et bovins. Un bourg apparaît autour de l’abbaye à la fin du 11ème siècle, et l’on construit une nouvelle église paroissiale, Sainte-Marie et quelques décennies plus tard la chapelle Saint-Aquilin (aujourd’hui au cimetière communal). La charte de fondation est confirmée le 30 mars 1073 par Guillaume le Conquérant, suzerain du nouveau seigneur de Sablé, Robert le Bourguignon.

[11] Saint-Mihiel est à l’origine le lieu d’une abbaye, dont le site primitif est situé à la ferme Saint-Christophe, environ sept kilomètres plus à l’est de la ville en direction de Woinville, vers le ruisseau de la Marsoupe. Pendant un temps, les francs sont les occupants du territoire environnant le ruisseau. La région est englobée dans le royaume d’Austrasie, nom donné aux territoires de l’est après le deuxième partage entre les fils et successeurs de Clovis. En 755, Pépin le Bref donne le domaine, qu’il vient de confisquer à Vulfoad, à Fulrad, abbé de Saint-Denis. Vulfoad avait été accusé de trahison et condamné à mort, avant d’être gracié par Fulrad. L’abbé Fulrad y installe un monastère dédié à saint Michel. En 772, l’abbaye obtient de Charlemagne l’immunité, c’est-à-dire l’exemption du contrôle des fonctionnaires impériaux. Vers l’an 800, l’abbé Smaragde, qui était aussi un conseiller de Charlemagne, décide de transférer l’abbaye sur les bords de la Meuse. Ce transfert est effectif entre 816 et 824 à proximité de l’abbaye actuelle

[12] Wurtzbourg ou Würzburg est une ville en Bavière, un land d’Allemagne. La ville est la capitale du district de Basse Franconie et chef-lieu de l’arrondissement de Wurtzbourg.

[13] Chalon-sur-Saône est une commune française, sous-préfecture du département de Saône-et-Loire. Chalon est une capitale du royaume durant l’indépendance du royaume des Burgondes, elle garde toute son importance en revenant dans les royaumes francs. Chalon est, du 5ème au 8ème siècle, le théâtre de douze conciles, de 470 à 1073. La ville est détruite par les Sarrasins en 732, rebâtie par Charlemagne un demi-siècle plus tard, incendiée en 834 par Lothaire ; prise d’assaut par les Hongrois en 937 et de nouveau en 1168 par Louis VII, irrité contre le comte Guillaume. Jean 1er de Chalon, dit Jean l’Antique ou Jean le Sage, en 1237, échange avec Hugues IV le Pacifique, duc de Bourgogne, les comtés de Chalon et d’Auxonne contre les seigneuries de Salins, de Bracon, de Vuillafans et d’Ornans, et conserve jusqu’à sa mort le titre de comte de Chalon qu’il transmet à ses descendants. Au milieu du 12ème siècle, Chalon obtient une charte communale

[14] Genève, ville suisse située à l’extrémité sud-ouest du Léman. Elle est la deuxième ville la plus peuplée de Suisse après Zurich. Elle est le chef-lieu et la commune la plus peuplée du canton de Genève. Dès 1526, des marchands allemands propagent à Genève les idées de la Réforme luthérienne parmi les commerçants genevois ; la même année, Genève signe un traité de combourgeoisie avec Berne et Fribourg. Sous l’influence de Berne, Genève accepte de laisser prêcher des prédicateurs dans la ville, dont Guillaume Farel en 1532. Le 10 août 1535, la célébration de la messe catholique est interdite et, le 26 novembre, le Conseil des Deux-Cents s’attribue le droit de battre monnaie à sa place alors que la ville est à nouveau menacée par la Savoie. La Réforme est définitivement adoptée le 21 mai 1536 en même temps que l’obligation pour chacun d’envoyer ses enfants à l’école. Genève devient dès lors le centre du calvinisme et se trouve parfois surnommée la « Rome protestante »

[15] La Maurienne est une vallée intra-alpine et une région naturelle française, située dans le département de la Savoie. D’une longueur de 125 km, elle est traversée par la rivière de l’Arc. Elle correspond à l’une des six provinces historiques de la Savoie, qui fut un pagus (pagus Maurianensis), puis au comté de Maurienne intégré au comté de Savoie avant de devenir l’une des provinces administratives (de 1723 à 1860) du duché de Savoie.

[16] Le col du Mont-Cenis est un col qui relie la vallée de la Maurienne, en France, et le val de Suse, en Italie. Il se situe au sein du massif du Mont-Cenis, à 2 085 mètres d’altitude. Il est voisin du col du Petit Mont-Cenis, d’altitude légèrement supérieure (2 183 m) mais non carrossable. Voie de communication et d’échanges commerciaux, il était devenu à partir de l’annexion de la Savoie et du percement du tunnel du Fréjus principalement d’intérêt militaire, ses environs étant entourés de fortifications.

[17] Pavie est une ville de la province de même nom en Lombardie (Italie). Pavie est nommée Pavia en italien et en lombard. À partir du 6ème siècle, la ville est nommée Papia, un dérivé probable du nom d’une gens romaine. Pavie est située sur les rives du Tessin, à une dizaine de kilomètres en amont de son confluent avec le Pô. Milan, au nord, est distante de 35 km ; Gênes, au sud, de 90 km ; Turin, à l’ouest, de 110 km.

[18] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[19] Aisne

[20] La basilique Saint-Remi de Reims est une basilique construite aux alentours de l’an mil dans la ville de Reims (Champagne). Après la cathédrale, qu’elle égale presque en taille, la basilique Saint-Remi est l’église la plus célèbre de Reims. Elle fut longtemps rattachée à une importante abbaye, l’abbaye Saint-Remi de Reims. La basilique Saint-Remi date des 11ème, 12ème, 13ème et 15ème siècles.

[21] La Valteline est une région d’Italie du nord, limitrophe de la Suisse, qui correspond approximativement à la vallée de la rivière Adda et de ses affluents. La Valteline fait partie de la Lombardie et, plus particulièrement, de la province de Sondrio, sa ville principale. Elle s’allonge du nord-est (massif de Bormio) vers le sud-ouest, où la rivière Adda termine son cours en se jetant dans le lac de Côme. La Valteline appartint dès le 14ème siècle au duché de Milan. À partir de 1512, elle passa, comme Chiavenna, sous la dépendance des Trois Ligues (qui allaient plus tard devenir le canton suisse des Grisons), alliées de la Confédération des XIII cantons. Lorsque le Milanais revint aux Habsbourg, la Valteline acquit aux yeux de cette famille une importance stratégique majeure, puisqu’elle contrôlait le passage le plus direct entre l’Italie du nord et les vallées de l’Inn et du Rhin, donc vers l’Autriche et les territoires du Saint Empire romain germanique. Ce passage était devenu très important, à partir de 1601, car c’était la seule voie de communication praticable et assurée pour les Espagnols entre le Milanais, la Franche-Comté et les Pays-Bas. En effet, le traité de Lyon, qui mettait fin à la guerre franco savoyarde de 1601, qui comprenait la cession de la Bresse ne laissait plus qu’une voie de communication. C’est la raison pour laquelle, de façon répétée, ils cherchèrent à en recouvrer la souveraineté. Cependant, au moment de la Réforme protestante, la Valteline resta fidèle au catholicisme pendant que les Grisons, et particulièrement l’Engadine, adoptaient le protestantisme. Il en résulta une opposition confessionnelle marquée entre vassaux catholiques de Valteline et suzerains protestants des Grisons, opposition que tentèrent d’exploiter à leur profit, avec un résultat médiocre, les Habsbourg, qui trouvèrent notamment sur leur route, durant la guerre de Trente Ans, l’allié stratégique des ligues grisonnes, la France de Louis XIII, Richelieu et le Père Joseph.

[22] ferme de Fulrad

[23] Sélestat est une commune française, dans le département du Bas-Rhin, en Alsace. Sélestat est mentionnée pour la première fois au 8ème siècle. Ville libre du Saint-Empire, membre de la Décapole, Sélestat connaît un développement très rapide à la fin du Moyen Âge et au cours de la Renaissance. Elle devient d’ailleurs un foyer de l’humanisme. C’est alors la troisième ville alsacienne, dotée d’un port sur l’Ill et d’une ceinture de remparts. Elle souffre néanmoins des troubles liés à la Réforme, de la guerre des Paysans puis de la guerre de Trente Ans, à la suite de laquelle elle devient française.

[24] Le prieuré de Lièpvre est à l’origine de la fondation de Lièpvre, commune française, située dans le département du Haut-Rhin. En l’an 770, Fulrad commença la construction d’un prieuré à Fulradocella (futur Lièpvre). C’est autour de ce prieuré dont les travaux durèrent 8 années que va se développer le village de Lièpvre. Dès la première année de son règne, le 13 janvier 769, Charlemagne lui avait fait don du monastère de Saint-Dié. Cet établissement placé à une trentaine de kilomètres de Lièpvre doit sa naissance à la concession d’un territoire du fisc royal par le roi Childéric II à l’époque du maire Wulfoald. Le 14 septembre 774, Charlemagne concéda d’autres propriétés à Fulrad, situées dans le domaine royal des environs de Kintzheim avec droit de pâturage. Afin d’assurer l’entretien du monastère de Lièpvre, Charlemagne accorda en outre vers 781 une vaste étendue de forêts détachée du domaine royal de Kintzheim et accorda à l’abbaye de Saint-Denis toutes les dîmes des terres voisines de Lièpvre. Il prit ensuite le nom de monastère de Saint-Alexandre et de Saint-Cucufa dont son fondateur l’enrichit.

[25] Herstal, anciennement Héristal et en wallon Hèsta, est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Liège. La proximité des capitales Tongres et Maastricht du diocèse de Liège, mais aussi la topographie, joueront sans doute en faveur de l’établissement d’un lieu de résidence principale des maires du palais d’Austrasie dont deux porteront le nom de la localité : Pépin de Herstal et son fils Charles de Herstal, qui ne fut renommé Martel que tardivement. C’est aussi sous le « ministère » de Charles Martel que pour la première fois le nom d’Héristal est cité dans un diplôme de 723.