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Charles Martel

vendredi 6 septembre 2013 (Date de rédaction antérieure : 22 septembre 2011).

Charles Martel (vers 688-741)

Maire du palais de 718 à 741)

Charles Martel Maire du palais de 718 à 741

Fils de Pépin II dit de Herstal, et de sa concubine Alpaïde. Bien que bâtard il est issu d’une puissante famille seigneuriale, les Péppinides. Possédant d’immenses domaines entre Brabant et Moselle, cette lignée aristocratique occupait la fonction de maire du palais [1] depuis 3 générations. A l’origine intendant général, chargé de diriger les services politiques et domestiques de la maison du roi, le maire du palais apparaît, dès le milieu du 7ème siècle, comme le personnage principal de l’État. C’est lui, de fait, qui exerce la réalité du pouvoir. Dans un royaume fractionné en 3 parties, les rois mérovingiens de l’Austrasie [2], de la Neustrie [3] et de la Bourgogne ne sont plus que des fantoches, sous tutelle du maire.

Ainsi, Pépin II laisse-t-il à ses descendants non seulement une fonction désormais héréditaire, mais encore le pouvoir sur 2 mairies qu’il a réussi à rassembler, l’Austrasie et la Neustrie. A sa mort en 714, la bataille pour la succession s’engage. Sa veuve légitime, Plectrude, revendique l’héritage pour son petit fils Théobald. Pas question que Charles le bâtard s’en empare. Fait prisonnier, il s’évade en 715, rassemble des compagnons, se rend bientôt maître de l’Austrasie, avec le titre de duc et prince des Francs. Se tournant contre les Neustriens, il les bat à Amblève [4], près de Malmédy en 716, puis Le 28 mars 717 il est vainqueur des Neustriens à Vincy [5], près de Cambrai et se fait livrer par Plectrude la ville de Cologne et le trésor royal et devient ainsi maître de l’Austrasie. Il déploie une énergie farouche à unifier l’État mérovingien, met en déroute les Saxons et les Frisons, soumet la Thuringe et la Bavière. En novembre 719, par une victoire décisive à Néry [6], il met définitivement la main sur la Neustrie, en évinçant Rainfroi qui venait d’être proclamé nouveau maire du palais. Homme de guerre remarquable, mais aussi fin politique, il s’empresse de reconnaître la dérisoire souveraineté de Chilpéric II puis de Thierry IV afin de s’attacher la confiance de l’aristocratie neustrienne. Maire de 2 palais, Charles ne détient pas encore la totalité du pouvoir : l’Aquitaine, dirigée par Eudes, garde son autonomie, les princes évêques restent puissants, notamment en Bourgogne. Mais, surtout, la pression croissante des Arabes sur le midi de la France devient un danger mortel. La deuxième vague musulmane s’abat sur la Gascogne, s’avance sur Tours. Charles accourt avec son armée aux abords de Poitiers. C’est le 25 octobre 732 que Charles Martel remporte une victoire à Moussais [7], près de Poitiers, sur Abd el-Rhaman. Par cette victoire, il stoppa l’invasion arabe en Europe du Nord. Par cette éclatante victoire, il apparaît comme le champion de la Croix aux yeux du monde chrétien. Exploitant totalement son immense prestige dans toute la Gaule, il se sent assez fort pour soumettre les évêques d’Orléans et d’Auxerre, en confisquant leurs biens. En 737 et 739, il entreprend des campagnes militaires qui assurent son autorité sur l’Aquitaine et la Provence. A la mort de Thierry IV en 737, Charles laisse ce trône vacant. Il gouverne seul, mais se garde de s’approprier le titre royal. Bien qu’ayant laïcisé les biens ecclésiastiques, il ne cesse de maintenir sa collaboration avec Rome. Cette alliance avec le Saint-siège sera encore développée par ses successeurs, et plus spécialement par son petit-fils, Charlemagne. De son vivant, il règle sa succession en partageant le royaume entre ses 2 fils, à Pépin revient la Neustrie, la Provence, l’Aquitaine et la Bourgogne ; à Carloman l’Austrasie et la Thuringe. Sa mort survient à Quierzy Le 22 octobre 741. Il sera inhumé à Saint-Denis. S’il n’a pas été roi, Charles Martel, avec son fils Carloman est à l’origine d’une dynastie, les Carolingiens. Il doit son surnom de Martel à la forte impression qu’il a laissé, façonnant comme avec un marteau le monde de son temps et ouvrant la voie à la dynastie nouvelle des Carolingiens.

P.-S.

Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 235/ 25 octobre 732 - Charles Martel arrête une razzia arabe./ www.herodote.net/25_octobre_...

Notes

[1] A l’origine intendant général, chargé de diriger les services politiques et domestiques de la maison du roi, le maire du palais apparaît, dès le milieu du 7ème siècle, comme le personnage principal de l’Etat. C’est lui, de fait, qui exerce la réalité du pouvoir.

[2] L’Austrasie désignait durant la période mérovingienne un royaume franc couvrant le nord-est de la France actuelle, les bassins de la Meuse et de la Moselle, jusqu’aux bassins moyen et inférieur du Rhin. La capitale en fut d’abord Reims, puis Metz. Les habitants de l’Austrasie étaient les Austrasiens. Ce royaume est apparu à la mort de Clovis en 511, lorsque le territoire de celui-ci est partagé entre ses fils. Berceau de la dynastie carolingienne, l’Austrasie disparaît en 751 avec le dernier roi mérovingien pour être intégrée dans le grand royaume franc que réunirent Pépin le Bref et Charlemagne.

[3] Royaume franc qui couvrait le nord-ouest de la France actuelle, et avait pour capitale Soissons. Néanmoins, il semble que le terme de Neustrie ne soit apparu qu’un siècle après la création du royaume. La Neustrie avait été créée lors du partage qui suivit la mort de Clovis 1er, en 511, et revint à Clotaire 1er, qui, au terme de son long règne de 50 ans, avait réussi à reconstituer le royaume de son père. Elle fut le 2ème grand royaume franc né lors des partages successoraux mérovingiens à partir des territoires conquis sur Syagrius. Son aire géographique était limitée par la Loire au sud, l’océan Atlantique et la Basse-Bretagne à l’ouest, et la Champagne à l’est. Elle s’étendait jusqu’en Flandre au nord.

[4] Amblève est une commune de la Communauté germanophone de Belgique et constitue l’une des 9 communes de langue allemande faisant partie de la Région wallonne dans la province de Liège. Amblève fait partie des communes des cantons de l’Est qui ont été rattachés à la Belgique par le Traité de Versailles.

[5] La commune des Rues-des-Vignes est peuplée depuis la période gallo-romaine. À l’époque mérovingienne, le village fut appelé Vinchy. Les Rues-des-Vignes est une commune française, située dans le département du Nord (59) et la région Nord-Pas-de-Calais. La commune fut le théâtre d’une bataille opposant Charles Martel et Rainfroy, Maire du Palais de Chilpéric II, roi de Neustrie. Après cette bataille de Vinchy,

[6] Néry est une commune française, située dans le département de l’Oise et la région Picardie.

[7] Le 25 octobre 732, il est possible que ce soit sur le territoire de la commune de Vouneuil-sur-Vienne, au hameau de Moussais (rebaptisé depuis Moussais-la-Bataille), que les Francs commandés par Charles Martel aient repoussé une razzia menée par Abd el Rahman, lors de la bataille de Poitiers.