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Les Carolingiens

samedi 13 mars 2021 (Date de rédaction antérieure : 11 juin 2012).

l'empire carolingien à la fin du 8ème

Les Carolingiens

Dynastie franque qui succéda aux Mérovingiens et qui régna entre le milieu du 8ème et la fin du 10ème siècle sur la Gaule, la Germanie occidentale, le massif alpin et l’Italie du Nord.

L’ascension des Carolingiens se prépara longuement, à l’ombre des Mérovingiens : dès 687, Pépin de Herstal devient maire du palais [1] et contrôle la Neustrie [2].

Son fils bâtard [3], Charles Martel, maire du palais de Thierry IV, accentue encore sa mainmise et s’illustre en repoussant les armées arabes à Poitiers en 732 [4].

Pépin le Bref, son fils, travaille à la consolidation de l’acquis, d’abord avec son frère Carloman, puis seul, après l’abdication de son aîné en 747. Il réunit alors l’Austrasie [5] à la Neustrie et devient le premier roi des Francs de la lignée carolingienne (élection de Soissons, 751).

Sacré par Saint Boniface, il porte secours au pape Etienne II contre les Lombards [6], auxquels il retire l’exarchat de Ravenne [7] et la Pentapole [8] qu’il donne à l’Église.

Son fils Charles dit Charlemagne est le véritable fondateur de l’empire carolingien et fut tour à tour roi des Francs, roi des Lombards et, à partir de l’an 800, empereur d’Occident. Après avoir partagé le pouvoir avec son frère Carloman, il avait hérité, à la mort de ce dernier, en 771, d’un ensemble de possessions disparates où son autorité était encore mal établie.

A sa mort en 814, il laisse un empire puissamment organisé et administré qui s’étend de l’Elbe [9] aux Pyrénées.

Son successeur Louis le Pieux ne parvient pas à maintenir l’unité en raison des querelles de ses fils. En 843, le traité de Verdun [10] consacre l’éclatement de l’empire : vaincu à Fontenoy  [11] en 841 Lothaire ne garde que l’Italie et une bande de terre allant de la Provence à la Frise, la Lotharingie [12] ; son frère Louis reçoit l’ensemble de la Germanie [13], le cadet, Charles le Chauve, né d’un second lit, se faisant attribuer la Francia occidentalis [14]. 2 tentatives pour rétablir la dignité impériale, celle de Charles le Chauve en 875, et celle de son neveu Charles le Gros, en 885, restent sans lendemain.

En dépit d’une activité culturelle et artistique brillante, un processus de déclin s’engage, accentué par les dissensions internes et les périls extérieurs [15]. Chaque morceau de l’ancien empire connaît désormais un destin séparé et d’autres reprendront l’héritage.

P.-S.

Source : archives ljallamion histoire du 8ème/encyclopédie Imago mundi/ Herodote/Histoire/ Historia ect...

Notes

[1] A l’origine intendant général, chargé de diriger les services politiques et domestiques de la maison du roi, le maire du palais apparaît, dès le milieu du 7ème siècle, comme le personnage principal de l’Etat. C’est lui, de fait, qui exerce la réalité du pouvoir.

[2] Royaume franc qui couvrait le nord-ouest de la France actuelle, et avait pour capitale Soissons. Néanmoins, il semble que le terme de Neustrie ne soit apparu qu’un siècle après la création du royaume. La Neustrie avait été créée lors du partage qui suivit la mort de Clovis 1er, en 511, et revint à Clotaire 1er, qui, au terme de son long règne de 50 ans, avait réussi à reconstituer le royaume de son père. Elle fut le 2ème grand royaume franc né lors des partages successoraux mérovingiens à partir des territoires conquis sur Syagrius. Son aire géographique était limitée par la Loire au sud, l’océan Atlantique et la Basse-Bretagne à l’ouest, et la Champagne à l’est. Elle s’étendait jusqu’en Flandre au nord.

[3] Historiquement le mot bâtard (au féminin bâtarde) était employé pour désigner un enfant adultérin ou illégitime, c’est-à-dire conçu hors des normes sociales (mariage, célibat des prêtres…)

[4] La bataille de Poitiers, ou dans des sources arabes « bataille du Pavé des Martyrs », est une victoire remportée en 732 ou 733 par une armée de chevaliers des Royaumes francs et des duchés d’Aquitaine et de Vasconie, conduits par Charles Martel, alors maire du palais, et Eudes, duc d’Aquitaine et de Vasconie, contre des combattants sarrasins conduits par l’émir de Cordoue Abd el Rahman qui est tué lors du combat.

[5] L’Austrasie désignait durant la période mérovingienne un royaume franc couvrant le nord-est de la France actuelle, les bassins de la Meuse et de la Moselle, jusqu’aux bassins moyen et inférieur du Rhin. La capitale en fut d’abord Reims, puis Metz. Les habitants de l’Austrasie étaient les Austrasiens. Ce royaume est apparu à la mort de Clovis en 511, lorsque le territoire de celui-ci est partagé entre ses fils. Berceau de la dynastie carolingienne, l’Austrasie disparaît en 751 avec le dernier roi mérovingien pour être intégrée dans le grand royaume franc que réunirent Pépin le Bref et Charlemagne.

[6] Les Lombards sont un ancien peuple germanique, qui, selon sa propre tradition orale rapportée par leur historien Paul Diacre, à la fin du 8ème siècle, serait originaire de Scandinavie méridionale. Au 1er siècle, ce peuple traverse la Baltique et s’installe sur les rives de l’Elbe où il s’intègre aux Germains locaux. Il migre au 5ème siècle sur les rives du moyen Danube, en Pannonie, où il commence à adopter le christianisme sous ses deux formes de l’époque, arianisme et nicéenne. De Pannonie, sous la conduite du roi Alboïn, il migre en 568 vers l’Italie alors romane et s’empare de la plus grande partie de la péninsule, dont il reste maître jusqu’en 774, lorsqu’il est conquis par Charlemagne.

[7] L’exarchat peut prendre deux sens, le premier est politique et administratif qui est propre à l’empire romain d’Orient et l’autre est ecclésiastique propre à l’Église orthodoxe. L’exarchat est une organisation de certains territoires périphériques de l’empire byzantin, mise en place au 6ème siècle pour faire face à la menace d’envahisseurs. L’exarchat est dirigé par un exarque qui concentre les pouvoirs civils et militaires. Cette organisation visait à réagir de façon optimale aux dangers menaçant l’empire dans ses régions périphériques, sans avoir à attendre les ordres venus de Constantinople. Ils bénéficiaient d’un plus grand degré d’indépendance que les autres gouverneurs provinciaux. Seuls deux exarchats furent constitués, à Ravenne contre l’invasion des Lombards, et à Carthage. Les autres provinces de l’empire byzantin reçurent progressivement une organisation semblable, mais sous le nom de « thèmes ». Les exarques civils étaient de véritables vice-rois, à qui l’on confiait le gouvernement de plusieurs provinces tandis que les exarques ecclésiastiques étaient des délégués du patriarche de Constantinople ou du Saint-Synode, chargés de visiter les diocèses, et de surveiller la discipline et les mœurs du clergé. Dans les Églises d’Orient, un exarque est un évêque qui a reçu mission de représenter un patriarche auprès d’un autre patriarche ou dans un lieu qui n’est le territoire d’aucune Église orthodoxe autocéphale. L’exarchat est à la fois la dignité de l’exarque, l’ensemble des paroisses et des fidèles placés sous sa responsabilité ainsi que l’église et les bâtiments qui en constituent le siège. C’est en quelque sorte un évêché sans diocèse et sans structure prévue pour durer. C’est une façon de s’adapter à des circonstances particulières, absence d’une église locale organisée, nécessité d’assurer une vie liturgique à un personnel diplomatique. Un exarchat possède un statut dérogatoire par rapport au principe de la territorialité de l’organisation ecclésiastique. L’évêque mentionné dans les diptyques n’est pas l’évêque du lieu mais le primat représenté par l’exarque. On peut comparer l’exarchat ecclésiastique à extra-territorialité de bâtiments diplomatiques. Les métropolites des "Nouvelles Terres" du Nord et de l’Est de la Grèce ont reçu du patriarche œcuménique de Constantinople des titres d’exarque qui rappellent leur appartenance au Patriarcat œcuménique de Constantinople.

[8] Pentapole, nom donné, dans l’Antiquité, à plusieurs contrées où se trouvaient cinq villes principales.

[9] L’Elbe est un fleuve d’Europe centrale qui prend sa source en République tchèque dans les monts des Géants et, après un parcours situé en majeure partie en Allemagne, se jette dans la mer du Nord par un long estuaire d’une centaine de kilomètres sur lequel se trouve Hambourg, premier port d’Allemagne. La longueur de ce fleuve est de 1 091 kilomètres.

[10] Par le traité de Verdun, conclu en août 843, les trois fils survivants de Louis le Pieux, les petits-fils de Charlemagne, se partagent ses territoires, l’empire carolingien, en trois royaumes. Il est souvent présenté comme le début de la dissolution de l’empire unitaire de Charlemagne, consacrant ainsi sa division, qui s’avèrera en fait définitive. Ce traité est la conséquence de l’application de la coutume franque qui est basée sur le partage de l’héritage entre tous les fils héritiers plutôt que son attribution seulement au fils aîné, en dépit de la règle de primogéniture appliquée chez les Romains. Le texte du traité, perdu, ne nous est pas connu.

[11] La bataille de Fontenoy-en-Puisaye eut lieu le 25 juin 841 sur le territoire de l’actuelle commune de Fontenoy (Yonne), "au cœur" de la Puisaye. Elle opposa Lothaire Ier, le fils aîné de Louis Ierle Pieux, à ses deux frères, Louis le Germanique et Charles le Chauve. Leur neveu, le roi Pépin II d’Aquitaine, fils de feu Pépin Ier, se rangea du côté de Lothaire.

[12] La Lotharingie désigne le royaume de Lothaire II du latin Lotharii Regnum, arrière-petit-fils de Charlemagne. Il fut constitué en 855. Après sa mort, elle fut l’enjeu de luttes entre les royaumes de Francie occidentale et de Francie orientale, avant d’être rattachée au Saint Empire romain germanique en 880. Il devint un duché au début du 10ème siècle. Dans la deuxième moitié du 10ème siècle, le duché fut scindé en un duché de Basse Lotharingie et un duché de Haute Lotharingie, qui deviendra la Lorraine.

[13] La Germanie est le nom donné, dans l’Antiquité, à la région d’Europe centrale séparée du monde romain par le Rhin et le Danube et s’étendant approximativement, à l’est, jusqu’à la Vistule. Le territoire de la Germanie était peuplée par les Celtes avant que divers peuples germaniques ne s’y installent au cours du 1er millénaire av. jc

[14] La Francie occidentale est le royaume que reçut le carolingien Charles le Chauve lors du partage de Verdun, en 843. Il s’agit des anciennes régions de Neustrie et d’Aquitaine, avec la partie ouest de l’Austrasie et le nord de la Bourgogne, autrement dit, la France des quatre fleuves (le Rhône, la Saône, la Meuse et l’Escaut. Cette partie apparaît vite comme la seule Francie, puisqu’au 10ème siècle, la Francie orientale devient Germanie puis l’Empire (germanique).

[15] invasions normandes