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Aistolf ou Aistulf

samedi 26 juillet 2014

Aistolf ou Aistulf

Roi lombard de juillet 749 à décembre 756

Fils du duc de Frioul Pemmo et frère de Ratchis, Aistolf devint à son tour duc de Frioul en 744, lorsque son frère fut élevé au trône des Lombards, et conserva la charge jusqu’à ce que, en 749, il soit appelé à remplacer à nouveau son frère, cette fois-ci sur le trône de Pavie.

Roi guerrier contrairement à son frère, il tenta d’unifier la péninsule italienne sous la domination lombarde, autorisa en 750 les non Lombards à intégrer l’armée, s’opposa aux Byzantins, et réussit à conquérir en 751 l’exarchat de Ravenne [1].

Opposé à la Papauté, il chercha à soumettre Rome, imposant ou cherchant à imposer une taxe aux habitants, et menaça le Pape Étienne II, implorant le secours de Pépin le Bref, maire du palais puis roi des Francs, qui gagna la péninsule Italique et le défit à deux reprises en 754 et en 756.

Ravenne et son ancien exarchat fut donné au Pape par Pépin, constituant les États de l’Église.

Aistulf meurt accidentellement en décembre 756 des suites d’une chute de cheval.

Il eut pour successeur Desiderius.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Gianluigi Barni La conquête de l’Italie par les Lombards VIe siècle les événements. Le Mémorial des Siècles Editions Albin Michel Paris (1975)

Notes

[1] L’exarchat peut prendre deux sens, le premier est politique et administratif qui est propre à l’empire romain d’Orient et l’autre est ecclésiastique propre à l’Église orthodoxe. L’exarchat est une organisation de certains territoires périphériques de l’empire byzantin, mise en place au 6ème siècle pour faire face à la menace d’envahisseurs. L’exarchat est dirigé par un exarque qui concentre les pouvoirs civils et militaires. Cette organisation visait à réagir de façon optimale aux dangers menaçant l’empire dans ses régions périphériques, sans avoir à attendre les ordres venus de Constantinople. Ils bénéficiaient d’un plus grand degré d’indépendance que les autres gouverneurs provinciaux. Seuls deux exarchats furent constitués, à Ravenne contre l’invasion des Lombards, et à Carthage. Les autres provinces de l’empire byzantin reçurent progressivement une organisation semblable, mais sous le nom de « thèmes ». Les exarques civils étaient de véritables vice-rois, à qui l’on confiait le gouvernement de plusieurs provinces tandis que les exarques ecclésiastiques étaient des délégués du patriarche de Constantinople ou du Saint-Synode, chargés de visiter les diocèses, et de surveiller la discipline et les mœurs du clergé. Dans les Églises d’Orient, un exarque est un évêque qui a reçu mission de représenter un patriarche auprès d’un autre patriarche ou dans un lieu qui n’est le territoire d’aucune Église orthodoxe autocéphale. L’exarchat est à la fois la dignité de l’exarque, l’ensemble des paroisses et des fidèles placés sous sa responsabilité ainsi que l’église et les bâtiments qui en constituent le siège. C’est en quelque sorte un évêché sans diocèse et sans structure prévue pour durer. C’est une façon de s’adapter à des circonstances particulières, absence d’une église locale organisée, nécessité d’assurer une vie liturgique à un personnel diplomatique. Un exarchat possède un statut dérogatoire par rapport au principe de la territorialité de l’organisation ecclésiastique. L’évêque mentionné dans les diptyques n’est pas l’évêque du lieu mais le primat représenté par l’exarque. On peut comparer l’exarchat ecclésiastique à extra-territorialité de bâtiments diplomatiques. Les métropolites des "Nouvelles Terres" du Nord et de l’Est de la Grèce ont reçu du patriarche œcuménique de Constantinople des titres d’exarque qui rappellent leur appartenance au Patriarcat œcuménique de Constantinople.