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L’histoire pour le plaisir

Bernardon de la Salle

lundi 4 octobre 2021, par ljallamion

 Bernardon de la Salle (1339-1391)

Originaire du diocèse d’Agen [1], gendre de Barnabé Visconti , chef routier [2], fut seigneur de Figeac [3].

Surnommé Chicot par ses compagnons, il est aussi peu connu en France que célèbre en Italie où il apparaît sous les noms de Bernardo della Sala ou de Bernardo Guascone. John Hawkwood (Giovanni Acuto), son beau-frère, le considérait comme le meilleur des condottieres [4] depuis Giovanni degli Ubaldini.

Bernardon s’illustra tant par ses faits d’armes au service de Charles le Mauvais, roi de Navarre [5], du Prince Noir, du pape d’Avignon, Clément VII, de Louis II d’Anjou, comte de Provence [6] et roi de Naples [7], que des Visconti [8]. À leur service, il est de notoriété que jamais le Gascon ne commit un seul acte de lâcheté ou de félonie. Il serait difficile de dire de même lors de ses guerres d’aventure en Languedoc rhodanien [9], en Bourbonnais [10] ou en Italie contre Sienne [11], Pise [12] ou Lucques [13]. Marié à Riccarda Visconti , une fille naturelle de Bernabò Visconti, il est aussi le père de Bernardon de Serres et d’ Antoine de la Salle .

Il commença sa carrière en France, en 1359, au côté de Jean de Grailly, Captal de Buch [14], capitaine de Charles le Mauvais, roi de Navarre. Démobilisé après la paix de Brétigny [15], il fut l’un des initiateurs des Grandes Compagnies en mai 1360.

Le Gascon s’illustra dans la nuit du 28 décembre en prenant d’assaut Pont-Saint-Esprit [16]. Face à sa fougue, le Sénéchal [17] de Beaucaire [18], Jean de Souvain, qui dirigeait la résistance, se cassa une jambe en tombant d’un des hourdages de bois des remparts.

Puis, Bernardon participa à la bataille de Brignais [19] où les troupes régulières françaises furent défaites et où trouva la mort Jacques 1er de Bourbon , comte de la Marche [20]. Il rejoignit ensuite Robert Knolles et John Creswey avec lesquels il ravagea le vignoble de Saint-Pourçain.

Revenu au service de Charles le Mauvais en 1363, en octobre, il prit par surprise la Charité-sur-Loire [21], où il allait être assiégé par les troupes françaises en mai 1364, après la victoire de Cocherel [22]. Il avait en face de lui, le connétable Moreau de Fienne , les maréchaux Jean 1er le Meingre, dit Boucicaut, et Arnould d’Audrehem , ainsi que Mouton de Blainville, Louis de Sancerre et Bertrand Du Guesclin. Ne recevant aucun secours du roi de Navarre, Bernardon s’engagea avec Creswey et Briquet à rendre la Charité et à ne plus servir le Mauvais pendant 3 ans.

L’année suivante, il se trouva en Espagne en compagnie de Bertrand du Guesclin pour aider Henri de Trastamare à renverser Pierre le Cruel, roi d’Aragon [23]. Mais Bernardon, au cours du mois de février 1367, passa sans état d’âme au service du Prince Noir pour lutter cette fois contre Henri de Trastamare et Bertrand du Guesclin.

En la mi-août 1369, toujours pour le compte du Prince Noir, il s’empara avec Bernard de Wisk et Hortingo de la Salle, du château de Belleperche [24], ou résidait Isabelle de Valois, belle-mère de Charles V. Il y fut assiégé en septembre 1369, par Pierre 1er de Bourbon, Louis de Sancerre et Édouard Ier de Beaujeu mais ne se rendit qu’en mai 1370. Ce qui lui permit de participer en septembre de cette même année à la reprise et au sac de Limoges [25] avec le Prince Noir.

Il fut nommé chevalier le 14 octobre 1371, jour où il prit Figeac pour les Anglais. Il n’abandonna cette cité, dont lui avait été donné la seigneurie, que contre 120 000 francs pour la délaisser au cours de l’été 1373 après avoir fait jurer fidélité par ses habitants au roi d’Angleterre.

Mais depuis le 10 mars 1372, d’étranges rumeurs circulaient à Nîmes concernant une compagnie de routiers qui s’était retranchée dans Anduze, fief de Guillaume III Roger de Beaufort, frère de Grégoire XI.

C’était l’avant-garde des troupes de Chicot qui campaient aux portes du Puy-en-Velay [26]. Inquiets, les consuls nîmois envoyèrent leurs valets de ville auprès des municipalités de Viviers [27] et d’Aubenas [28] avec pour mission de vérifier sur place la présence, le nombre et les intentions de ces gens d’armes.

Jusqu’à la fin de l’été 1372, Bernardon de la Salle et ses hommes s’installèrent dans l’Anduzenque et vécurent sur le pays. Le 3 septembre, plusieurs compagnies du Gascon firent mouvement vers Bagnols-sur-Cèze [29], autre fief du vicomte de Turenne défendu par Jean Coq, son Capitaine des Gardes. Après avoir tenté de s’emparer sans succès de la cité, les routiers se retirèrent et passèrent le Rhône par le pont du Saint-Esprit dans la nuit du 8 au 9 septembre afin de rejoindre leur chef qui s’était dirigé vers le Comtat Venaissin [30]. Là, Bernardon traita avec Juan Fernández de Heredia . Le Capitaine des Armes du Comtat l’engagea avec nombre de ses gens dans les troupes de François des Baux , duc d’Andria [31]. Le reste des compagnies se débanda pour refluer vers Nîmes [32] dès le 15 septembre et passer sous les Arènes le 29 du même mois.

Arrivé dans le Comtat Venaissin, il entra au service de Grégoire XI. Au cours du premier semestre 1375, Raymond des Baux, prince d’Orange menaçant les États pontificaux, Juan Fernandez de Heredia chargea le Gascon et Raymond de Turenne d’attaquer Gigondas [33], Jonquières [34] et Suze-la-Rousse [35], fiefs de son frère Bertrand. Une trêve ayant été signée, les deux Capitaines pontificaux engagèrent alors la lutte contre les Bretons d’ Olivier du Guesclin qui repassèrent le Rhône.

Pour Bernardon cette première incursion en Italie fut décisive. Désormais, toute sa carrière militaire allait se dérouler dans la péninsule tant au service des papes d’Avignon [36], qu’à celui de la seconde maison d’Anjou [37] ou aux côtés de son cousin Jean Galéas Visconti.

À la demande du pape, il fut recruté par Guillaume Noellet , cardinal-légat à la fin de l’année 1375. Sur son ordre, en compagnie de Jean de Malestroit et Sylvestre Budes, il mit le siège devant Bologne [38] en juillet de l’année suivante. Pendant ce temps, Grégoire XI se préparait à retourner à Rome. Le pape prit la mer le 2 octobre 1376. Après un voyage mouvementé, le 14 janvier 1377, il débarqua à Ostie [39] et remonta le Tibre [40] pour rejoindre Rome.

Raymond de Turenne, neveu du pape, qui commandait les armées pontificales, fit immédiatement de Bernardon son bras droit. Face à une situation qui se dégradait, ils partirent en campagne afin de mâter les villes révoltées contre Grégoire XI. Tandis qu’en avril, Raymond attaquait Viterbe [41] et Bolsena [42], en mai, Bernardon, à Solaro [43], mettait en fuite Astorre Manfredi.

Vers la fin du mois de mai, pour fuir les émeutes romaines, Grégoire XI se retira à Anagni [44]. De sa résidence d’été, le pape donna ordre à Raymond de Turenne, Sylvestre Budes et Jean de Malestroit de marcher sur Florence [45]. Malestroit s’y refusa. En dépit des efforts conjoints de Turenne, de Budes et du cardinal d’Ostie sa défection ne put être évitée. Non seulement l’armée pontificale ne put entrer sur les terres florentines, mais Malestroit se retourna contre les pontificaux et s’avança, à la mi-septembre, jusqu’à Subiaco pour exiger une augmentation de solde.

Déçu, le 5 décembre, le pape demanda à son neveu de rejoindre la France muni de lettres d’accréditation auprès des ducs d’Anjou [46], de Berri [47] et de Bourgogne [48]. Raymond de Turenne partit en confiant son commandement à Bernardon de la Salle.

Grégoire XI décéda dans la nuit du 26 au 27 mars 1378. Le soir du 7 avril, les cardinaux entrèrent en conclave. Il s’ouvrit sous les plus mauvais auspices. Le lendemain, les émeutiers encerclèrent le Sacré Collège [49]. Les troupes de Bernardon et de son cousin Guillemet eurent toutes les peines à contenir la sédition. Un jour plus tard, sous la pression populaire, Bartolommeo Prignano fut élu. Il choisit comme nom Urbain VI.

Le nouveau pontife révéla alors un caractère entier et inflexible et se mit rapidement à dos les cardinaux. Mais déjà, une résistance s’organisait. À Viterbe, les habitants ayant refusé de faire allégeance au nouveau pontife, Bernardon, qui avait rejoint l’armée d’Urbain VI, fut envoyé contre eux en mai puis se retira à Bolsena.

Le Gascon changea alors de camp et rejoignit, à la fin juin, celui du Sacré Collège. Sur son ordre, en juillet, il chevaucha vers Rome. Rejoint par Malestroit, qui avait beaucoup à se faire pardonner, il se heurta aux Romains sur le pont Salario. Au cours du combat plus d’un demi millier d’entre eux furent tués. Pour le remercier, les cardinaux lui offrirent les revenus des fiefs d’Oppède [50], de Mornas [51] et Caderousse [52] tous sis près d’Avignon.

Ce fut le 20 septembre, à Fondi [53], que s’ouvrit un nouveau conclave sous la protection des lances de Bernardon. À l’unanimité, les cardinaux élurent Robert de Genève qui prit le nom de Clément VII. Le Grand Schisme d’Occident [54] venait de commencer.

Le Gascon, en avril 1379, affronta John Hawkwood. Après 5 heures de combat, il fut vaincu et capturé par la Compagnie de Saint-Georges. Conduit à Rome, Chicot fut rapidement libéré sous la promesse de quitter le service de l’antipape. La reine Jeanne ayant été contrainte, le 18 mai 1379, de rejoindre l’obédience d’Urbain VI, Clément VII, n’ayant plus un seul allié de poids dans la péninsule, décida de revenir à Avignon où il arriva le 20 juin dans une ambiance de délire indescriptible.

Il y fut rejoint à la fin décembre par Bernardon. Celui-ci lui rendit hommage pour ses fiefs d’Oppède, de Mornas et de Caderousse. Ce fut lors de ce séjour, que Raymond de Turenne vendit à son ami gascon le château de la Tour-Canillac et le Mas-Blanc près de Saint-Rémy-en-Provence.

De retour en Italie, en juin 1380, Bernardon écrasa une armée à la solde d’Urbain VI. À partir de cette date, il n’existe plus trace de ses faits d’armes jusqu’au printemps 1381 où il sembla plus agir comme routier que comme partisan du pape d’Avignon.

Tout bascula le 1er juin, quand le pontife romain couronna Charles de Duras roi de Naples. Il ne restait plus au neveu de la reine Jeanne qu’à conquérir son royaume. Trois jours plus tard, celle-ci lançait un vibrant appel à Louis 1er d’Anjou, frère de Charles V, pour qu’il vint à son secours.

Le 8 juin, Duras quitta Rome. Le 24, il mettait en déroute les troupes d’ Othon IV de Brunswick , époux de Jeanne de Naples, et 4 jours plus tard, il entrait dans le Royaume. Il fait immédiatement appel au Gascon. Mais en juillet, les troupes de Bernardon et d’Othon furent battues devant la porte Capuana à Naples. Obligé de se rendre, Chicot fut laissé libre contre la promesse de ne pas combattre contre Charles de Duras pendant 1 an.

Il tint sa promesse puisqu’il ne rejoignit Louis 1er d’Anjou, à Maddaloni [55], qu’au cours de l’automne 1382. Il pouvait à nouveau affronter les Carlistes. Ce fut surtout pendant le premier trimestre 1383 que Bernardon s’illustra. Il attaqua d’abord Montefiascone [56]. Puis il se rendit à Orvieto et dévasta le plan de Sala.

Rejoint par Guillemet de la Salle, il s’allia avec le préfet de Rome, Francesco di Vico, pour dévaster la Maremme [57]. Un coup d’arrêt à l’offensive angevine fut porté le 1er mars avec la mort d’ Amédée VI de Savoie . Ses troupes se débandèrent et Bernardon dut retourner d’urgence dans le Comtat Venaissin à l’appel de Clément VII.

Mais le 30 août, Tarente [58], assiégé depuis le début du mois de mars, tomba entre les mains de duc d’Anjou dégageant ainsi la plus grande partie du royaume. L’Angevin prit dès lors officiellement le titre de roi de Sicile et de Jérusalem.

Le Gascon, qui avait rejoint le royaume de Naples, après s’être attaqué à Sant’Antonio Abate [59], Aversa [60] et Casoria [61], au cours du mois de septembre, pilla Afragola [62]. Son énorme butin fut entreposé à Caserte [63]. Puis il passa dans les Pouilles [64] où il resta jusqu’à la mort de Louis 1er d’Anjou le 21 septembre.

Pour le Gascon la conquête du royaume de Naples était provisoirement finie. En décembre 1384, en compagnie d’Othon de Brunswick, il s’embarqua pour la Provence et rejoignit Avignon. Là, le 21 mai 1385, il assista au couronnement du jeune Louis II d’Anjou par Clément VI. Le royaume de Naples étant à reconquérir, le pontife avignonnais avança 60 000 francs à Marie de Blois , mère de Louis II. Le Gascon fut engagé comme capitaine pontifical. À la fin de l’automne, Bernardon retourna en Italie pour reprendre la guerre contre les Carlistes et les Urbanistes. Il reprit d’abord Viterbe. Puis au cours de janvier 1386, il se dirigea vers Tarente. N’ayant pu s’en emparer, en mai, il s’en fut piller le territoire de Cetona [65] puis la région de Pise [66]. Au début de l’été, le Gascon, allié à Francesco di Vico, défit une armée d’Urbain VI à San-Michele in Teverina*.

À partir du mois d’août, Chicot, son fils Bernardon de Serres et le préfet Vico firent de Viterbe leur place forte. Les Carlistes décidèrent de les en déloger au printemps 1387. Mais en mars la cité se rebella contre le préfet. Alors que Bernardon fils se rendait à Canino [67], Bernardon père se dirigea alors vers Amelia [68] et captura dans Montefiascone, le recteur du Patrimoine. En juin, il entra à Orvieto, à la tête de 400 cavaliers et expulsa, de la cité les partisans d’Urbain VI.

À partir d’août 1387, Bernardon quitta le service de l’Église pour courir à nouveau l’aventure. En un semestre, il attaqua Pérouse [69], San-Michele in Teverina, Civitavecchia [70] et Rispampani. En décembre, à la demande des Florentins, il s’empara du Valdarno [71], puis s’en prit à Sant’Agostino [72] et San-Giusto alle Monache.

Les Pisans, inquiets, lui versèrent une rançon de 8 000 florins. Bernardon quitta alors Cascina [73] pour se rendre à Cevoli [74] et Casciana qu’il mit à sac. Les Siennois lui octroyèrent 9 000 florins et Lucques 4 000. À la fin du mois, il s’en fut attaquer Fabbrica et Laiatico puis se dirigea sur Volterra où il prit ses quartiers.

Ce fut là, en janvier 1388, qu’il fut contacté par les Florentins pour passer à leur service. Il refusa. La Seigneurie revient à la charge en avril. Leur proposition fut assez alléchante pour que le Gascon se rendit en Toscane [75] au cours des mois de mai et de juin.

Les Siennois, pour s’en débarrasser, lui offrirent 12 000 florins. Il se dirigea alors vers Pise. Le 1er juin 1388, Piero Gambacorta, seigneur de cette cité, préféra lui remettre 13 000 florins. Le Gascon, après cette fructueuse campagne, rentra dans son nid d’aigle de Cannara [76].

L’occasion avait été si belle qu’en janvier 1389, Bernardon ne put résister aux sollicitations de son beau-frère John Hawkwood, passé au service de Florence. Ils partirent ensemble piller à nouveau la région de Sienne. Le Gascon ne se doutait pas qu’un mois plus tard, son ami Raymond de Turenne allait s’attaquer à son fief d’Oppède dans le Comtat Venaissin.

Y eut-il relation de cause à effet ? Toujours est-il qu’en mars 1389, Bernardon reprit à nouveau du service auprès de Clément VII et de la maison d’Anjou. Son premier combat se déroula dans le royaume de Naples. Ils avaient en face de lui son beau-frère John Hawkwood et son ami Othon de Brunswick qui avaient choisi de rejoindre les Carlistes. Leur choc ne décida pas d’un vainqueur.

Le Gascon fut alors contacté par Francesco Novello de Carrara pour rejoindre la Ligue contre le potentat de Milan [77]. Non seulement il refusa mais avertit aussitôt Jean-Galéas Visconti, du danger qu’il courait.

Au cours du mois d’avril, Clément VII demanda à Bernardon, qui était alors à la tête de 1 000 cavaliers gascons, d’investir le comté d’Avellino [78]. Sa campagne contre les Carlistes fut victorieuse et le Gascon put entrer dans Naples avec ses troupes. De là, il s’en fut mettre le siège devant Benano et, durant tout le mois de mai, il en profita pour dévaster les campagnes de San-Michele in Teverina, Fabro [79], Salce [80] et Corbara [81].

L’été arrivé, Bernardon fut à nouveau sollicité par Florence pour piller encore une fois la région de Sienne. Après une tentative avortée, le Gascon rentra dans le Patrimoine de Saint-Pierre afin de dégager la cité de Canino assiégée par les Urbanistes. Une telle activité ne pouvait qu’être récompensée et Chicot fut nommé recteur du Patrimoine par Clément VII. En septembre, il prenait ses fonctions en s’installant à Todi [82]. Pendant ce temps Urbain VI ne décolérait pas et menaçait son entourage de tous les sévices. Heureusement, le 15 octobre, le pontife romain passa de vie à trépas.

En dépit de nombreuses sollicitations des souverains chrétiens pour mettre un terme au schisme, les cardinaux de Rome décidèrent d’entrer en conclave et le 2 novembre, un des leurs, Pietro Tomacelli devient Boniface IX.

Bernardon continua ses incursions. Il entra dans la marche d’Ancône [83] et en Romagne où ses troupes bloquèrent toutes les voies du nord. Au cours du mois de novembre, elles capturèrent et tuèrent une multitude de partisans du nouveau pape de Rome.

Tout auréolé de ses succès italiens, Bernardon fut sollicité par Clément VII pour revenir en France. Sa mission était d’importance. En août 1390, il se trouvait à Mende [84] où Jean III d’Armagnac tentait, au nom du roi de France, de mettre un terme à la guerre privée que Raymond de Turenne menait contre le pape d’Avignon. Le Gascon signa comme témoin un accord passé entre le légat [85] de Clément VII, Antoine de Lovier, évêque de Maguelonne [86], et un représentant du vicomte de Turenne.

Cette entrevue de Mende permit aux Florentins d’envoyer des ambassadeurs pour solliciter le comte d’Armagnac. Il lui fut proposé de passer les Alpes et de venir attaquer le comte de Vertus en Lombardie.

Les liens familiaux entre Bernardon et son cousin étaient assez forts pour que le Gascon agisse. En octobre, il débarqua à Porto Pisano et demanda le libre passage aux Pisans pour se rendre auprès de Jean Galéas.

Son alliance avec son cousin lombard allant dans le même sens que sa lutte contre le rival du pape d’Avignon, Chicot, en avril 1391, parvint à soudoyer de nombreux capitaines à la solde des Florentins. À leur tête, il s’en fut assiéger Rome.

Mais la menace des Armignacois se précisait. Seul Raymond de Turenne avait refusé de suivre Jean et Bernard d’Armagnac en dépit de leurs requêtes amicales. Du coup, en mai, Bernardon revint en France et recruta un demi millier de lances pour le compte de Visconti.

En juin, le Gascon, qui avait passé les Alpes, arriva en vue de Moncenisio [87]. Là, il fut surpris dans une vallée par un détachement du comte d’Armagnac. Plus de la moitié de ses hommes furent tués au cours du combat du Ponte et 300 faits prisonniers. Dans un premier temps, Bernardon réussit à s’enfuir. Mais il fut rattrapé et capturé dans un bois. Il n’eut droit cette fois à aucun quartier. Il fut mis à mort par 3 de ses cavaliers qui l’avaient trahi

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de D. Balestrucci, Signori della guerra, Medioevo I, 8, Milan, 1997.

Notes

[1] Le diocèse d’Agen est un diocèse de l’Église catholique en France. Érigé au 4ème siècle, il est le diocèse historique de l’Agenais, pays traditionnel de l’ancienne province de Guyenne. Depuis 1822, il couvre le département de Lot-et-Garonne.

[2] Les compagnies de mercenaires recrutées du 12ème siècle au 14ème siècle, privées d’employeurs pendant les périodes de paix, se regroupaient en bandes appelées grandes compagnies, et vivaient au détriment des populations. Ces mercenaires étaient alors désignés comme « routiers » car appartenant à une route (troupe en français de l’époque).

[3] Figeac est une commune française située dans le département du Lot

[4] Apparu en Italie au Moyen Âge, un condottiere (au pluriel condottieres ou condottieri, de l’italien condotta, contrat de louage), ou capitano di ventura, est un chef d’armée de mercenaires. Il est de fait le chef de compagnies d’hommes d’armes

[5] Le royaume de Navarre est un royaume médiéval fondé en 824 par les Vascons, dont le premier roi est Eneko Arista, premier d’une lignée de seize rois basques qui régneront sur le Royaume jusqu’en 1234. Attaquée depuis trois siècles au nord des Pyrénées, dans le duché de Vasconie par les Francs, et au sud par les Wisigoths, puis les Omeyyades (musulmans), la Vasconie est réduite au petit Royaume de Pampelune, terres ancestrales du Saltus Vasconum. La Haute-Navarre fut conquise en 1512 par le royaume d’Aragon et fut intégrée en 1516 dans l’actuel royaume d’Espagne et l’autre partie (Basse-Navarre), restée indépendante, fut unie à la couronne de France à partir de 1589 d’où le titre de « roi de France et de Navarre » que portait Henri IV

[6] Le Comté de Provence est une ancienne principauté territoriale située à l’est du delta du Rhône. Il ne doit pas être confondu avec le marquisat ou le Duché de Provence. En 1019, Emma, comtesse de Provence, se maria avec Guillaume Taillefer, comte de Toulouse, transmettant les droits de la lignée de Roubaud à la maison de Toulouse. Le titre de marquis de Provence passa définitivement à cette maison à compter de 1093. En 1112, Douce de Provence, héritière des droits de la ligne de Guilhem, épousa Raimond Bérenger III, comte de Barcelone, qui devient Raimond Bérenger 1er de Provence. Les maisons de Toulouse et de Barcelone entrèrent alors en conflit pour le marquisat. Un traité fut conclu, en 1125, entre Raymond Bérenger et Alphonse Jourdain de Toulouse : par celui-ci, le comté de Provence fut divisé en un marquisat au nord de la Durance - attribué aux Toulouse - et un comté au sud, attribué à Barcelone. En 1193, Alphonse II de Provence épouse Gersande de Forcalquier, ce qui donne naissance au comté de Provence Forcalquier.

[7] Le royaume naquit de la scission de fait du royaume de Sicile, provoquée par les Vêpres siciliennes de 1282. Le roi Charles d’Anjou, chassé de l’île de Sicile par les troupes de Pierre III d’Aragon, ne se maintint que sur la partie continentale du royaume. Naples devint la capitale de ce nouveau royaume, ce qui provoqua une forte croissance de la ville qui était auparavant supplantée par Palerme. Sous le règne de Robert 1er, le royaume connaît une période de paix et de prospérité. Le roi fit de Naples l’un des centres culturels de l’Italie, invitant à sa cour Giotto, Pétrarque et Boccace. La seconde partie du 14ème siècle vit cependant s’amorcer une période de déclin due à la lutte fratricide entre deux branches adverses de la dynastie angevine pour régler la succession de Robert 1er puis celle de sa fille, la reine Jeanne 1ère. La maison d’Anjou-Duras finit par triompher, avec Charles III, duc de Duras, qui fit assassiner la reine Jeanne en 1382. Son fils, Ladislas 1er, étendit provisoirement le royaume sur une bonne partie de l’Italie centrale, caressant le rêve d’unifier la péninsule. À sa mort sans héritier en 1414 c’est sa sœur, Jeanne II, qui monta sur le trône.

[8] La famille Visconti est une famille de la noblesse lombarde, du parti gibelin, et qui a régné sur la seigneurie puis le duché de Milan pendant le Moyen Âge jusqu’à la Renaissance, de 1277 à 1447.

[9] Pont-Saint-Esprit, Anduze

[10] Saint-Pourçain, Belleperche

[11] Sienne se situe au centre d’une zone collinaire, entre les vallons de l’Arbia au sud, de la Merse au sud-ouest et de l’Elsa au nord, avec les collines du Chianti au nord-est, la Montagnola à l’ouest et les Crete Senesi au sud-est. La place en « coquillage » est le point d’intersection des trois collines qui forment Sienne.

[12] Pise est une ville italienne chef-lieu de la province de même nom en Toscane. Elle est célèbre dans le monde principalement pour sa tour penchée. Elle est traversée par le fleuve Arno et située sur la via Aurelia.

[13] Lucques Lucca en italien, est une ville italienne, chef-lieu de la province du même nom, située en Toscane. Elle fut autrefois, avant la réalisation de l’unité italienne, une ville libre puis la capitale de la principauté souveraine puis duché de Lucques (1815-1847). Elle se trouve non loin de la mer Tyrrhénienne, plus exactement à une vingtaine de kilomètres de la côte ligure (mer Ligure). C’est une ville fortifiée avec un grand nombre de monuments historiques, principalement des églises, mais aussi des villas et des palais comme le palais Pfanner et son célèbre jardin.

[14] Le titre de captal de Buch désigne les seigneurs qui régnaient du Moyen Âge jusqu’à la Révolution française sur le captalat de Buch. Le captalat se résume alors à une partie (au sud) du pays de Buch couvrant un territoire comprenant les paroisses de La Teste, de Gujan et de Cazaux, correspondant aujourd’hui à celui des communes d’Arcachon, de La Teste-de-Buch et de Gujan-Mestras.

[15] Le traité de Brétigny est conclu le 8 mai 1360, au château de Brétigny, (un hameau dépendant de la commune de Sours près de Chartres), entre les plénipotentiaires du roi Édouard III d’Angleterre et ceux de Charles, fils du roi Jean II de France Le 24 octobre 1360, les rois Jean II et Édouard III, accompagnés de leurs fils aînés, ratifient cet accord à Calais ce qui permet une trêve de neuf ans dans la guerre de Cent Ans.

[16] Pont-Saint-Esprit est une commune française située dans le département du Gard. La ville s’appelait au milieu du Moyen Âge Saint-Saturnin-du-Port (en latin Portum Sancti Saturnini). Le nom actuel de la ville lui vient de la construction du pont sur le Rhône par le frère de saint Louis, le comte de Poitiers et de Toulouse Alphonse de Poitiers ; elle commença en 1265 pour s’achever en 1309. D’après Viollet-le-Duc, elle fut confiée à la branche pontife des Hospitaliers (la branche des constructeurs de ponts, formée par ces moines-soldats pour faciliter les pèlerinages) et consacrée au Saint Esprit. Elle était dirigée par Jean de Tensanges ou de Thianges. Ce pont, le plus vieux de tous les ponts sur le Rhône, sept cents ans, reliant la Provence au Languedoc, en aval du Rhône, a longtemps constitué un point de passage privilégié sur le Rhône. Il est constitué de vingt arches, mesure un kilomètre de long, et a fait la fortune de cette petite ville par le paiement de l’octroi y afférent.

[17] Un sénéchal est un officier au service d’un roi, d’un prince ou d’un seigneur temporel.

[18] Beaucaire est une commune française située dans le département du Gard. Le Moyen Âge marque un ralentissement de l’extension de la ville. Beaucaire n’échappe pas aux troubles de cette sombre période. Elle subit les invasions des Burgondes, des Wisigoths, puis des Sarrasins. C’est à cette époque que se construit le premier rempart et que s’effectue l’agrandissement du château. La ville prend le nom de Beaucaire. Simon de Montfort tente d’assiéger la ville en 1216, mais y subit un de ses plus importants échecs.

[19] Brignais est une commune française située dans le département du Rhône. La ville était située sur la route royale de Lyon à Saint-Étienne (actuelle rue du Général-de-Gaulle). L’actuelle pont vieux permettait de franchir le Garon. Durant la guerre de Cent Ans, Brignais est le théâtre de la bataille de Brignais en 1362 entre l’ost royal de Jean II le Bon et les grandes compagnies mercenaires désœuvrées, qui battent les chevaliers.

[20] La Marche est une région historique et culturelle française, correspondant à une ancienne province et dont la capitale est Guéret. La Marche fut aussi un comté. Ses frontières ont fluctué tout au long de son histoire et ce, depuis le Moyen Âge, époque de sa création. Dans ses limites du 18ème siècle, la province correspondait au département actuel de la Creuse mais regroupait aussi une bonne part de la Haute-Vienne (arrondissement de Bellac) ainsi que des paroisses de l’Indre, de la Vienne et de la Charente. Rattachée à la couronne de France par Philippe le Bel, elle revient à Charles IV le Bel en 1309 et devient duché-pairie en 1317. En 1327 elle est échangée contre le comté de Clermont-en-Beauvaisis. Elle revient ensuite aux Bourbon, et en 1527 François 1er la confisque. Après quelques apanages, elle est définitivement réunie au domaine royal vers 1531 et gouvernée par les Foucault de Saint Germain-Beaupré entre 1630 et 1752.

[21] La Charité-sur-Loire est une commune française située dans le département de la Nièvre. La Charité-sur-Loire s’est développée autour d’un prieuré clunisien et de deux églises érigées par les moines en 1059, le tout protégé par des remparts. L’église Notre-Dame, la plus grande d’Europe après celle de l’abbaye de Cluny, est édifiée à partir du 11ème siècle. Le prieuré bénédictin devient rapidement l’un des plus beaux, des plus riches et des plus renommés d’Europe. Le pape Pascal II le consacre en 1107. Il compte près de 400 dépendances dans tout le monde chrétien jusqu’aux portes de la Terre sainte à Constantinople. Aujourd’hui, subsiste le chœur et l’abside du monastère prioral.

[22] La bataille de Cocherel a lieu le jeudi 16 mai 1364 entre Charles V de France dont l’armée est commandée par Bertrand Du Guesclin, et Charles II de Navarre dont les troupes sont sous les ordres du captal de Buch Jean de Grailly ainsi que des archers anglais sous Blancbourg et Jean Jouel et des compagnies de routiers commandées par Arnaud-Amanieu d’Albret du côté anglais et Arnaud de Cervolle dit l’Archiprêtre du côté français.

[23] Le royaume d’Aragon est une entité politique du nord-est de la péninsule Ibérique, née en 1035 de l’union des comtés d’Aragon, du Sobrarbe et de la Ribagorce et disparue en 1707 avec son intégration au sein du royaume d’Espagne par les décrets de Nueva Planta.

[24] Belleperche était un château fort, aujourd’hui disparu, situé sur l’actuelle commune de Bagneux (Allier). C’était le siège de l’une des châtellenies du Bourbonnais. Belleperche fut le théâtre d’un épisode important de la guerre de Cent Ans : Louis II, duc de Bourbon, fit le siège de la forteresse pour essayer de délivrer sa mère, Isabelle de Valois, retenue prisonnière par des routiers gascons.

[25] À partir du 12ème siècle, Limoges, lieu de couronnement traditionnel des ducs d’Aquitaine, est l’une des principales villes de la dot d’Aliénor d’Aquitaine. La majeure partie de son histoire médiévale se calque sur celle des guerres entre Plantagenêts et Capétiens. Richard Cœur de Lion est couronné duc d’Aquitaine lors de deux cérémonies tenues successivement à Poitiers, puis, dans la grande tradition des monarques d’Aquitaine, à Limoges en 1172. À la tête de l’empire Plantagenêt, le roi-chevalier meurt en avril 1199 à Châlus, place-forte défendant l’accès sud-ouest de Limoges, lors d’une expédition punitive contre son vicomte, Adémar V de Limoges. Au 14ème siècle, les affrontements entre rois de France et rois d’Angleterre, détenteurs du duché d’Aquitaine dont relève Limoges, culminent à l’occasion de la guerre de Cent Ans. Entre deux événements guerriers, Limoges doit faire face aux pillages des routiers et brabançons désœuvrés. Constituant toujours une « ville double », partagée entre la Cité et le Château, les bourgeois (par leurs consuls), évêques et vicomtes de Limoges jouent des alliances et protections, chacun selon les opportunités du moment. Ainsi, en 1370, la Cité ouvre ses portes aux troupes du roi de France, alors que le Château reste fidèle au roi anglais. Cet événement sera d’ailleurs l’occasion, pour le Prince Noir, de mettre à sac la Cité.

[26] Le Puy-en-Velay anciennement Le Puy, est une commune française, préfecture du département de la Haute-Loire. Capitale historique du Velay dans la partie sud-est du Massif central, la ville est réputée pour sa fabrication de la dentelle du Puy, la culture de la lentille verte du Puy et la production de verveine du Velay. Elle est aussi connue pour être le départ de la Via Podiensis, un des quatre chemins de Compostelle français.

[27] Viviers ou Viviers-sur-Rhône est une commune française, située dans le département de l’Ardèche. Viviers est l’ancienne capitale de la province du Vivarais, Vivariensis Pagus à qui elle a donné son nom et qui a appartenu à la province royale du Languedoc jusqu’en 1789.

[28] Aubenas est une commune française située dans le département de l’Ardèche

[29] Bagnols-sur-Cèze est une commune française située dans le département du Gard

[30] Le Comtat Venaissin, ou Comtat, est un ancien État qui faisait partie des États de l’Eglise. Il a été fondé au Moyen Âge en 1274 et a été totalement dissous le 14 septembre 1791. Aujourd’hui c’est une partie de l’actuel département français de Vaucluse en couvrant presque son entièreté, entre Rhône et Durance, mont Ventoux et Dentelles de Montmirail, comprenant les villes de Carpentras, Vaison-la-Romaine, L’Isle-sur-la-Sorgue et Cavaillon. Avignon était par ailleurs une cité-État depuis son rachat en juin 1348 par le Pape Clément VI.

[31] Le duché d’Andrie ou d’Andria était un duché du royaume de Naples. Établi dès le 11ème siècle en tant que comté normand du royaume de Sicile, sa capitale était Andria, une municipalité de l’actuelle région des Pouilles, et a été élevée au rang de duché au 14ème siècle.

[32] Nîmes est une commune du sud de la France, préfecture du département du Gard en région Occitanie. Située à quelques kilomètres de la mer Méditerranée et des montagnes des Cévennes, la ville se trouve sur l’axe très fréquenté reliant la basse vallée du Rhône à la plaine languedocienne et sur l’arc méditerranéen entre Marseille et Barcelone. En 472, aux Vandales succédèrent les Wisigoths. Aux Wisigoths succédèrent les Arabo-musulmans du califat omeyyade (appelés "Sarrasins" par les occidentaux de ce temps) qui, après avoir franchi les Pyrénées en 719, prennent Nîmes en 725. Ceux-ci s’installèrent jusqu’à la reconquête de la région par Charles Martel en 737, les divers combats de ces rudes époques entraînant de très grands dommages à la cité. De Nîmes, partit un raid musulman en direction de la ville d’Autun, qui fut ravagée le 22 août 725. Ce fut certainement pendant ce temps que l’amphithéâtre fut converti en citadelle.

[33] Gigondas est une commune française, située dans le département de Vaucluse

[34] Jonquières est une commune française située dans le département de Vaucluse,

[35] Suze-la-Rousse est une commune française située dans le département de la Drôme

[36] Grégoire XI ou Clément VII

[37] Louis Ier et son fils Louis II

[38] Bologne est une ville italienne située dans le nord-est du pays, entre le Pô et les Apennins. C’est le chef-lieu de la région d’Émilie-Romagne (plaine du Pô) et de la province de même nom et l’une des principales villes d’Italie. Elle est considérée comme le siège de la plus ancienne université du monde occidental puisqu’elle a été fondée en 1088. Plus de 900 ans après sa fondation, l’université est encore aujourd’hui le cœur de la ville

[39] Par le port d’Ostie, transitaient les marchandises nécessaires à la population romaine, qui comptait le million d’habitants sous l’Empire au 2ème siècle. Ostie compta jusqu’à 50.000 habitants : armateurs, marchands, artisans, fonctionnaires, marins...

[40] Le Tibre est un fleuve italien qui se jette dans la mer Tyrrhénienne. C’est le plus long fleuve d’Italie après le Pô et l’Adige. Il traverse notamment la capitale italienne, Rome, à l’histoire de laquelle il est étroitement lié.

[41] Viterbe (en italien, Viterbo), chef-lieu de la province de même nom dans le Latium en Italie. Viterbe fut rattachée aux États pontificaux, mais ce statut devait être continuellement contesté par les empereurs. Tout au long de la période pendant laquelle les papes furent en conflit avec les patriciens romains, à commencer par le pontificat de Eugène III, Viterbe devint leur résidence favorite.

[42] Bolsena est une commune italienne, située dans la province de Viterbe, dans la région du Latium, en Italie centrale.

[43] Solaro est une commune italienne de la ville métropolitaine de Milan dans la région Lombardie en Italie.

[44] Anagni est une commune italienne, située dans la province de Frosinone, dans la région Latium, en Italie centrale. Elle est connue pour être la cité des papes quatre d’entre eux y sont nés, Innocent III, Alexandre IV, Grégoire IX et Boniface VIII et pour avoir longtemps été un siège de la papauté.

[45] Florence est la huitième ville d’Italie par sa population, capitale de la région de Toscane et siège de la ville métropolitaine de Florence. Berceau de la Renaissance en Italie, capitale du royaume d’Italie entre 1865 et 1870

[46] Dans l’histoire de l’Anjou, le comté d’Anjou émerge au 10ème siècle en conséquence de la dislocation du royaume carolingien. Il devient l’une des plus importantes principautés françaises aux 11 et 12ème siècles. En 1204, le roi de France Philippe Auguste met la main sur le comté. Celui-ci retrouve une certaine autonomie à partir du règne de saint Louis en tant qu’apanage. L’Anjou est érigé en duché au début de la guerre de Cent Ans.

[47] Le Berry ou Berri est une province historique de la France de l’Ancien Régime ayant pour capitale Bourges, mais dont toute structure administrative disparaît définitivement avec la Révolution française. Il constitue l’un des plus vieux terroirs agricoles de la France et doit plus son unité à l’histoire qu’à la géographie. Il la tire aujourd’hui de quelques éléments culturels qui sont propres à cette région, et s’expriment notamment dans des spécialités gastronomiques.

[48] Le duché de Bourgogne est fondé en 880 à partir du royaume de Bourgogne, par les rois carolingiens Louis III et Carloman II et les membres princiers de leur famille qui se partagent l’Empire carolingien de Charlemagne dont ils ont hérité. Ils féodalisent tous les royaumes carolingiens de France en duchés et comtés vassaux des rois de France. Richard II de Bourgogne (dit Richard le Justicier) est nommé marquis puis premier duc de Bourgogne et un des six pairs laïcs primitifs de France par son suzerain le roi Louis III.

[49] Le Collège des cardinaux ou Collège cardinalice, appelé autrefois « Sacré Collège », est l’ensemble des cardinaux de l’Église catholique. C’est sous le pontificat du pape Eugène III que les cardinaux formèrent en 1150 le Sacré Collège. Au fil des siècles, leur nombre a augmenté passant d’une dizaine à un peu plus de deux cents, et leur origine s’est diversifiée avec l’expansion du catholicisme. Certains cardinaux occupent des positions particulières au sein du Collège cardinalice : son doyen porte le titre honorifique d’évêque d’Ostie ; le camerlingue assure la gestion temporelle du Saint-Siège lors des périodes de vacances pontificales ; le protodiacre assure des fonctions cérémonielles comme l’annonce des résultats de l’élection pontificale. Les événements qui réunissent le Collège cardinalice sont le conclave ou un consistoire. Les papes sont élus par l’ensemble des cardinaux lors de conclaves.

[50] Oppède est une commune française située dans le département de Vaucluse. Après avoir appartenu au comte de Toulouse, Oppède passe sous l’autorité des papes en 1274, après la croisade des albigeois. En 1380, Oppède est attribué au routier Bernardon de la Salle, qui le garde jusqu’à sa mort en 1391. Retournant sous l’autorité du pape, les Oppédois n’en n’apprécient pas la lourde fiscalité, surtout quand les troupes de Raimond de Turenne, qui faisait la guerre au pape, endommagent le village en 1394 : les Oppédois reprochant au pape d’être plus efficace pour percevoir des impôts que pour défendre les imposés. Quand les Taillades se soulèvent contre le pape en 1398, les Oppédois se joignent à eux.

[51] Mornas est une commune française située dans le département du Vaucluse. Au 12ème siècle, les comtes de Toulouse, ayant pris possession de la place, reconstruisent et renforcent la forteresse. En 1229, avec le traité de Paris, Raymond VII, Comte de Toulouse, remet le Comtat Venaissin au Saint-Siège. Mornas est ainsi seigneurie de l’archevêché d’Arles jusqu’en 1274, puis possession du Saint-siège qui inféoda les terres à divers seigneurs. En 1430, Pellegrin Brunelli, gentilhomme de la maison du pape Martin V doit capituler devant l’armée du cardinal de Foix

[52] Caderousse est une commune française située dans le département de Vaucluse. Après le traité de Meaux, qui déposséda Raymond VII de Toulouse de tous ses fiefs, celui-ci fit appel à l’empereur Frédéric II. Celui-ci lui rendit le Comtat Venaissin en 1234, un an plus tard, il lui accorda, à nouveau, la suzeraineté sur Carpentras, Entraigues et Caderousse. Hommage lui en fut prêté en 1236. Bertrand de Laudino, viguier-capitaine de Nice en 1365, fut seigneur de Caderousse. Clément VII donna ce fief et celui de Mornas à Bernardon de la Salle en 1378.

[53] Fondi est une ville de la province de Latina, dans le Latium en Italie.

[54] On appelle grand schisme d’Occident (ou Grand Schisme) la crise pontificale qui touche le christianisme latin au tournant des 14ème et 15ème siècles (1378-1417), divisant pendant 40 ans l’Europe chrétienne en deux courants rivaux.

[55] Maddaloni est une ville italienne, située dans la province de Caserte en Campanie.

[56] Montefiascone une commune italienne, située dans la province de Viterbe, dans la région Latium, en Italie centrale.

[57] La Maremme est un territoire assez vaste, aux limites mal définies, situé en Toscane (Italie), au bord de la mer Tyrrhénienne et s’étendant jusqu’au nord du Latium. Son nom a pour origine l’adjectif latin maritima et la principale caractéristique de la région fut longtemps son caractère marécageux et donc insalubre.

[58] Tarente est un port du sud de l’Italie construit sur le golfe de Tarente. La vieille ville, la città Vecchia, ou encore Borgo Antico, héritière de la colonie spartiate qui fut dans l’Antiquité l’une des cités les plus riches de la Grande Grèce, a été établie sur une île rectangulaire qui commande le chenal d’accès à la rade, appelée Mare Piccolo.

[59] Sant’Antonio Abate est une commune italienne de la ville métropolitaine de Naples dans la région Campanie en Italie.

[60] Aversa est une ville italienne, située dans la province de Caserte en Campanie, dans l’Italie méridionale. En 1345, c’est au palais normand que quelques nobles napolitains pendent à une fenêtre André de Hongrie, époux de Jeanne, reine de Naples. En 1347-1348, le frère d’André, Louis 1er de Hongrie, descend la péninsule avec toute une armée et venge le meurtre : Charles de Durazzo, considéré comme complice, est pendu à la même fenêtre.

[61] Casoria est une ville italienne de la ville métropolitaine de Naples dans la région Campanie en Italie.

[62] Afragola, est une ville italienne située dans la ville métropolitaine de Naples en Campanie.

[63] Caserte est le chef-lieu de la province de Caserte en Campanie (Italie). Il est surnommé le « Versailles italien ». En 1057, Caserte est prise par les Normands, et est intégrée dans la principauté de Capoue. Au 12ème siècle, la ville fait partie du royaume de Sicile et devient le chef-lieu d’un comté. Sous le règne du roi Guillaume II de Sicile, le comte de Caserte Robert de Lauro deviendra un Grand-connétable et un Grand-maître justicier du royaume.

[64] La région des Pouilles anciennement l’Apulie, dite plus couramment les Pouilles, est une région d’Italie, située dans le sud-est du pays. Avec la création du royaume de Sicile, les Normands éliminent la présence des Sarrasins et relancent les relations maritimes avec Venise et les villes côtières de la Méditerranée. Cette période voit la vie politique et religieuse de la région totalement réorganisée.

[65] Cetona est une commune italienne de la province de Sienne dans la région Toscane en Italie.

[66] Pise est une ville italienne chef-lieu de la province de même nom en Toscane. Elle est célèbre dans le monde principalement pour sa tour penchée. Elle est traversée par le fleuve Arno et située sur la via Aurelia.

[67] Canino est une commune italienne de la province de Viterbe dans la région Latium en Italie.

[68] Amelia est une commune de la province de Terni dans la région Ombrie en Italie.

[69] Pérouse, en italien Perugia, est une ville italienne, chef-lieu de la province de même nom et capitale de la Région Ombrie. Pérouse se situe sur une acropole collinaire d’une altitude moyenne de 493 m autour de laquelle se développe le centre historique qui est en grande partie entourée par les murs étrusques et médiévaux. Au 9ème siècle elle devient une propriété des papes avec l’accord de Charlemagne et de Louis le Pieux. La cité continue toutefois pendant des siècles à mener une vie indépendante, guerroyant contre les cités et territoires voisins de Foligno, Assise, Spolète, Todi, Montepulciano... Les papes ont parfois trouvé asile dans les murs de Pérouse. L’administration papale y a aussi organisé les conclaves qui ont élu Honorius III en 1216, Honorius IV en 1285, Célestin V en 1294 et Clément V en 1305. Cependant Pérouse se montra toujours réticent à l’égard des papes. Ainsi, lors de la rébellion de Rienzo en 1347, la cité ombrienne envoya dix ambassadeurs au tribun romain et résista vigoureusement aux légats du pape venus la soumettre.

[70] Civitavecchia est une ville italienne de la région du Latium, située dans la ville métropolitaine de Rome Capitale entre la mer Tyrrhénienne et les monts de la Tolfa. C’est un port maritime qui dessert notamment la Sardaigne et la Corse.

[71] Le val d’Arno, il Valdarno en italien, est le nom de la région que traverse l’Arno, des hauteurs d’Arezzo jusqu’à Pise avec quelques restrictions. Le Valdarno ne coïncide pas exactement avec le bassin de l’Arno : on doit en exclure la première partie, le Casentino, également les vallées formées par les principaux affluents comme le val di Chiana, le val d’Ambra, la valle della Sieve, c’est-à-dire le Mugello, le val d’Elsa, le Valdera. De plus, il faut exclure les abords d’Arezzo, Florence et Pise. La partie de la vallée en amont de Florence s’appelle le Valdarno supérieur et en aval le Valdarno inférieur.

[72] Sant’Agostino est une commune de la province de Ferrare dans la région Émilie-Romagne en Italie.

[73] Cascina est une ville et commune italienne située dans la province de Pise, en Toscane. En 1364, le forces de Florence ont vaincu celles de Pise près de la ville, sur les bords de l’Arno (Bataille de Cascina). Cet affrontement a été immortalisé 150 ans plus tard par un carton de Michel Ange aujourd’hui connu par des copies, La Bataille de Cascina.

[74] Cevoli est un hameau de la commune sparso de Casciana Terme Lari, dans la province de Pise, en Toscane

[75] La Toscane, dirigée d’abord par des margraves et des marquis aux 9ème et 10ème siècles, devint un ensemble de cité-États à statut républicain-oligarchique. Au 15ème siècle, avec Cosme de Médicis, elle est progressivement réunifiée dans une seule entité politique et passe entre les mains de la famille des Médicis, l’une des plus puissantes durant la Renaissance. Cette famille a gouverné la Toscane du 15ème au 18ème siècle.

[76] Cannara est une commune italienne, située dans la province de Pérouse, dans la région Ombrie, en Italie centrale.

[77] Milan est une ville d’Italie située au nord de la péninsule, à proximité des Alpes. Chef-lieu de la région Lombardie, située au milieu de la plaine du Pô.

[78] Avellino est une province de la région de la Campanie. La ville de Avellino se trouve dans le Sud de l’Italie entre les régions de Campanie, Molise et Basilicate dans l’Irpinia.

[79] Fabro est une commune de la province de Terni en Ombrie (Italie).

[80] Salce est une municipalité espagnole de la communauté autonome de Castille-et-León et de la province de Zamora.

[81] Corbara est une commune de la province de Salerne dans la région Campanie en Italie.

[82] Todi est une commune italienne, située dans la vallée du Tibre, dans la province de Pérouse, dans la région Ombrie, en Italie centrale.

[83] Ancône est une capitale des Marches et chef-lieu de la province d’Ancône en Italie. Ancienne ville fortifiée d’Italie centrale au riche passé gréco-romain et religieux médiéval, Ancône est une ville d’art et une station balnéaire et possède un port très actif sur la mer Adriatique.

[84] Mende est une commune française, préfecture du département de la Lozère. La ville est ancienne, les premières traces d’habitation remontent à 200 av. jc.

[85] Le légat apostolique, ou plus communément légat du pape, ou légat pontifical, est un représentant extraordinaire du pape chargé d’une mission spécifique, généralement diplomatique. Il se distingue en cela du nonce apostolique qui est un ambassadeur permanent du Saint-siège auprès des gouvernements étrangers.

[86] L’évêché de Maguelone semble être créé au 6ème siècle par les Wisigoths afin de compenser la perte de l’évêché de Toulouse, bien qu’il semble avoir une origine antérieure, au 3ème siècle. Après le démantèlement de Maguelone par Charles Martel en 737, les évêques se réfugient à Substantion, au nord est de Montpellier. Ils se réinstallent à Maguelone sous l’action d’Arnaud 1er vers 1035

[87] Montcenis (Moncenisio en italien), est une commune de la ville métropolitaine (ancienne province) de Turin dans le Piémont en Italie. C’est la commune la moins peuplée d’Italie, avec un nombre d’habitants inférieur à celui de Morterone. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, la commune portait le nom de Ferrera Cenisio.