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Guillaume III Roger de Beaufort

mercredi 15 août 2012, par ljallamion

Guillaume III Roger de Beaufort (1332-1395)

Vicomte de Turenne

Fils de Marie de Chambon et de Guillaume II Roger, vicomte de Lamothe, comte de Beaufort et d’Alès, il était le neveu de Clément VI et le frère de Grégoire XI.

Il épousa Aliénor de Comminges 4ème fille du comte Bernard VIII et de Mathé de l’Isle-Jourdain. En prévision de cette union, il fut émancipé par son père le 28 novembre 1349 et s’était vu remettre tous les fiefs languedociens du comté de Beaufort et la moitié de la vicomté de Valernes.

Le contrat de mariage entre Guillaume III et Aliénor rédigé à Narbonne, le 15 décembre 1349, avait été suivi d’un mariage par procuration. Lors de leur union officielle, le 7 février 1350, Clément VI se fit un devoir de mettre dans la corbeille des jeunes époux la vicomté de Turenne, l’une des plus prestigieuses et des plus riches du Limousin.

La reine Jeanne, comtesse de Provence et souveraine de Naples, ayant été absoute de peine et de coulpe par le pape, après l’assassinat de son premier époux André de Hongrie, elle le remercia en donnant fiefs et dignités à sa famille. Ce fut dans ce cadre qu’elle nomma le vicomte de Turenne Grand Chambellan de son royaume de Sicile en 1351, puis qu’en janvier 1352, elle lui concéda les seigneuries de Pertuis, les Pennes, Meyrargues et Séderon.

Ce fut son oncle, Hugues Roger, cardinal de Tulle, qui lui offrit entre 1351 et 1353 ses autres seigneuries dans le Languedoc et le Velay.

Selon les clauses du traité de Brétigny, signé le 8 mai 1360, la vicomté de Turenne devenait anglaise. Mais ce ne fut pourtant que le 8 mars 1361, que Guillaume accepta de rendre hommage au roi d’Angleterre. Cette fidélité aux Valois fut constante. Elle se renouvela au cours de l’automne 1365, quand le vicomte participa à la croisade conduite par Pierre 1er de Lusignan, contre le port égyptien d’Alexandrie. Il partit en compagnie de Jean de la Rivière, premier chambellan du roi de France, et de Philippe de Mézières, alors chancelier du roi de Chypre et futur conseiller de Charles V. Apprécié par la Cour de France, il le fut aussi par la Cour impériale. Le 8 décembre 1373, l’empereur Charles IV de Luxembourg, oncle du roi de France, lui donna en fief la cité toscane de Chiusi et les châteaux, villes, terres et pays dépendant de ce diocèse, Monteleone, Montegabbione, Sarteano, Cetona, Chianciano, Piegaro, Panicale, Paciano, Monticchiello, Camporsevolo, Castiglione del Lago, ainsi que toutes les terres appartenant à la juridiction de Cortona.

Quand en mars 1375, les Anglais et les Français s’accordèrent pour ouvrir des négociations à Bruges, Grégoire XI désigna pour y assister son frère Guillaume et leur cousin Guillaume de Lestrange, évêque de Carpentras. Charles V y dépêcha son frère Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, Édouard III d’Angleterre, quant à lui, se fit représenter par son fils Jean de Gand. Ce fut cette même année, le 28 octobre, que Guillaume III céda en usufruit sa vicomté à son fils Raymond VIII. Dès lors, la titulature vicomtale fut effectivement portée à la fois par Guillaume et par Raymond de Turenne.

Son frère Grégoire XI, avant son retour à Rome, en 1376, lui remit la charge de Recteur du Comtat Venaissin. Le 19 octobre, le vicomte de Turenne prit officiellement ses fonctions lors d’une réception officielle à Carpentras et s’installa dans son palais rectoral. Il le décora de somptueuses tapisseries armoriées. Le vicomte assuma cette fonction jusqu’au retour à Avignon de Clément VII.

Il s’installa alors dans son fief de Bagnols-sur-Cèze. Au cours des années 1382 et 1383, les Cévennes puis le Languedoc rhodanien virent arriver les Tuchins descendus d’Auvergne. Fin janvier 1382, la politique fiscale du rapace Jean de Berry précipita dans le Tuchinat de nouvelles recrues venues de tout le Languedoc. Pour leur faire face, le sénéchal Enguerrand d’Eudin nomma d’urgence le vicomte de Turenne Capitaine Général de la Sénéchaussée de Beaucaire et de Nîmes.

Il tenta de convaincre le duc de Berry de convoquer les 3 ordres du Languedoc afin d’obtenir les subsides nécessaires pour engager enfin la lutte contre les Tuchins. Les États Généraux furent finalement réunis au cours du mois de septembre 1382 au château d’Alès. Nanti des aides financières voulues, il pu lever de nouvelles troupes qu’il concentra dans sa seigneurie de Bagnols-sur-Cèze.

Thibaud de Budos, dès 1383, lui contestant son fief et son château de Portes, il n’hésita pas à faire recruter par Jean Coq, son capitaine de Bagnols, des Tuchins pour lutter contre lui. Rejoint par Raymond de Turenne, ils réussirent un coup de maître en faisant bannir leurs chefs par les Tuniques Blanches. L’unité du Tuchinat était brisée et les conditions d’une trêve réunies. Un terme fut effectivement mis à la révolte, en février 1383, lors d’une paix qui fut signée à Alès par l’assemblée des communes que présidait Guillaume Roger de Beaufort.

Le 8 mars 1383, en dépit de son allégeance à Louis d’Anjou et à son épouse Marie de Blois, il se vit contester par la seconde maison d’Anjou, ses fiefs provençaux en particulier Saint-Rémy-de-Provence et les Baux. Sa réaction fut insolite. Il quitta sa charge en Languedoc pour participer aux côtés de Charles VI à la guerre en Flandre. Il rejoignit l’armée royale à Orléans, le 6 août 1383. Avec 6 bacheliers et 53 écuyers de son hôtel, il participa à la chevauchée de Bourbourg.

Ce ne fut que 4 ans plus tard, le 23 juin 1387, qu’il mit solennellement en réserve son devoir d’obéissance. Il constitua une Ligue avec Raymond II d’Agoult. Le but de cette Ligue était de faire céder la régente Marie de Blois afin que les ligueurs retrouvent leurs bénéfices et fiefs d’antan.

Ce fut un feu de paille puisque le 19 juillet 1387, Marie de Blois réunit son conseil. A cette réunion assistaient, outre Jean Le Fèvre, chancelier de la Régente, les évêques de Sisteron et de Vintimille, Raymond d’Agoult, le comte chambellan, et Guillaume Roger de Beaufort vicomte de Turenne qui avaient mis leur Ligue sous l’éteignoir.

Fidèle aux Valois, le 9 août 1390, héritier de feu Guillaume Roger, son père, octroya à son frère Nicolas Roger de Beaufort, seigneur d’Herment, les châteaux et les châtellenies du Chambon et de Rosiers à condition qu’il ne les légua point à Jean de Limeuil, son fils passé au parti anglais.

Délaissant le comté de Provence, il se retira à Paris. N’acceptant pas que son fils ait refusé de marier sa petite-fille Antoinette de Turenne à Charles, le fils cadet de Marie de Blois, il décida dès lors de cesser de s’alimenter.