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Jean 1er Le Meingre dit Boucicaut

mercredi 20 septembre 2017, par ljallamion

Jean 1er Le Meingre dit Boucicaut

Maréchal de France

Blason	de Jean Le Meingre dit Boucicaut, Maréchal de France (par Jimmy44)Originaire de Touraine [1], dès son plus jeune âge, il servit en Gascogne [2] et en Flandre [3] avec éclat.

Au mois de juin 1340, il accompagne l’expédition du duc de Normandie Jean, fils aîné du roi de France Philippe VI de Valois, qui, à la tête d’une armée, tente de convaincre la ville de Valenciennes [4] de se rallier au roi de France.

D’abord repoussés par les Valenciennois, les Français sont ensuite assaillis et malmenés par Gérard de Verchain, Sénéchal de Hainaut [5]. Une troupe française, conduite par Guillaume de Craon, attaque et sans doute endommage la « Tour de Maing » [6], puis passe l’Escaut à Prouvy [7] et part attaquer Trith. Une nouvelle fois le Sénéchal de Hainaut sort de Valenciennes pour porter secours aux gens de Trith. Il y rencontre et capture Jean 1er Le Meingre, qu’il ramène prisonnier dans Valenciennes.

Le 28 octobre 1344, il contribue à la conquête de Smyrne [8] sur les Ottomans aux côtés du dauphin de Viennois Humbert II de la Tour-du-Pin.

Le 2 septembre 1345, il accompagne au départ de Marseille, le dauphin de Viennois Humbert II de la Tour-du-Pin dans une nouvelle croisade contre les Ottomans qui assiègent Smyrne.

Surnommé le Brave, il reçut la charge de maréchal de France [9] en 1356. Par lettres données à Meaux le 22 mai 1358 par le Dauphin Charles le Sage, il est nommé lieutenant-général [10] du Poitou [11], de Touraine, de Saintonge [12] conjointement avec Guillaume VII, sire de Parthenay.

Il fut l’un des négociateurs du traité de Brétigny [13], signé avec le roi d’Angleterre le 8 mai 1360, et accompagna le roi Charles V dans son voyage d’Avignon en 1362.

Boucicaut enleva au roi de Navarre, Charles Le Mauvais, les villes de Mantes [14] et de Meulan [15]. Il prit part à l’expédition contre les grandes compagnies [16], et remplaça Bertrand Du Guesclin dans le commandement des troupes de Normandie.

Le 8 janvier 1362, il dut assister, impuissant, à la reddition de la ville de Cahors [17] au lieutenant du roi d’Angleterre, Chandos.

Il mourut à Dijon le 15 mars 1367 et fut inhumé en l’église collégiale de Saint-Martin de Tours [18], dans la chapelle de sa famille.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Jean Ier Le Meingre/ Portail de Poitou-Charentes/ Maréchal de France

Notes

[1] La Touraine est une des anciennes provinces de France héritière de la civitas turonensis ou cité des Turones, dont elle tire son nom. Les comtes d’Anjou et de Blois, maîtres politiques de la Touraine, sont longtemps plus puissants que les rois capétiens, mais la généralisation de la seigneurie franco-flamande et son besoin de garantie de paix réhabilitent le pouvoir central longtemps oublié. Au terme d’une reprise capétienne séculaire, Philippe Auguste s’impose face à la prestigieuse dynastie Plantagenêt après 1216. Toute la Touraine (et pas seulement la portion de la ville de Saint Martin de Tours) et quelques places fortes est sous l’égide de la maison royale de France.

[2] La Gascogne est une ancienne principauté située sur le territoire actuel des départements français des Landes, du Gers, des Hautes-Pyrénées et, pour partie, d’autres départements des régions de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie. Successivement appelée Aquitaine, Novempopulanie, Vasconie puis Gascogne. Elle a disparu en tant qu’entité politique propre en 1063 lors du rattachement au Duché d’Aquitaine, toutefois le nom de Gascogne est resté usité jusqu’à la révolution française.

[3] Le comté de Flandre a été un pagus carolingien, puis l’une des principautés du royaume de France, particulièrement impliquée dans les conflits franco-anglais, aux frontières et à l’influence durement disputées depuis sa création au 9ème siècle jusqu’en 1384, date de la mort du comte Louis de Male. Le comté, possédé par la Maison de Flandre de 863 jusqu’à la mort de la dernière comtesse, Marguerite de Constantinople, en 1280, puis par la Maison de Dampierre-Flandre, puis devenu l’une des possessions de la Maison capétienne de Bourgogne en 1385, devint alors l’un des principaux centres des États bourguignons. Après la Guerre de succession de Bourgogne il fut ensuite progressivement intégré aux Pays-Bas bourguignons et fut finalement détaché du royaume de France par le Traité de Madrid en 1526 en faveur des Habsbourg d’Espagne. Louis XIV en reconquit une partie sur les Espagnols. Le comté cessa d’exister en 1795 après la conquête des Pays-Bas autrichiens par les Français. Le territoire de ce comté correspond approximativement aux provinces belges actuelles de Flandre-Occidentale et de Flandre-Orientale, à l’ouest de la province de Hainaut (arrondissements de Tournai et Mouscron), plus la partie de la province d’Anvers située à l’ouest de l’Escaut, la Flandre zélandaise et la région historique de Flandre française (région de Lille, Dunkerque, Hazebrouck, Douai,…).

[4] Valenciennes est une commune française, historiquement capitale du comté du Hainaut français et aujourd’hui sous-préfecture du département du Nord. Elle est située au confluent de l’Escaut avec la Rhônelle. En 1285, la monnaie du Hainaut fut remplacée par la monnaie de France : l’écu. Valenciennes est une ville en pleine activité, forte de ses nombreuses corporations. À l’abri de son enceinte, un grand nombre de couvents se développe, à l’instar des Dominicains. Au 14ème siècle Albert de Bavière fait construire la tour de la Dodenne, où encore aujourd’hui la cloche sonne en l’honneur de Notre-Dame-du-Saint-Cordon. Au 15ème siècle, le Hainaut, rattaché au duché de Bourgogne, perd de son autonomie, mais Valenciennes jouit d’une grande renommée grâce aux artistes qu’elle protège en ses murs. L’économie de la ville repose essentiellement sur la draperie et le commerce, principalement du vin et des céréales des campagnes environnantes.

[5] Un sénéchal est un officier au service d’un roi, d’un prince ou d’un seigneur temporel.

[6] le Château des Prés

[7] Prouvy est une commune française située dans le département du Nord.

[8] aujourd’hui Izmir, en Turquie

[9] À son origine, le maréchal de France n’a qu’un rôle d’intendance sur les chevaux du roi. Son office devient militaire au début du 13ème siècle, tout en étant subordonné au connétable. Le premier à porter le titre de maréchal du roi de France avec une fonction militaire était Albéric Clément, seigneur de Mez, désigné par Philippe Auguste, en 1185. Après l’abolition de l’office de connétable par Richelieu en 1624, les maréchaux deviennent les chefs suprêmes de l’armée. Parfois le roi crée une charge de maréchal général des camps et armées du roi, qu’il confie au plus prestigieux de ses maréchaux. En plus de leurs fonctions militaires, les maréchaux ont aussi la responsabilité du maintien de l’ordre dans les campagnes, par l’intermédiaire des prévôts des maréchaux, d’où l’appellation de « maréchaussée » donnée à l’ancêtre de la gendarmerie.

[10] Le lieutenant général de province était un personnage, issu souvent de la haute aristocratie, qui représentait le roi dans les provinces du royaume. Son rôle était théoriquement d’assurer la suppléance du gouverneur. En fait, les rois espéraient ainsi que leurs influences se neutraliseraient mutuellement, empêchant ainsi toute tentative de révolte. La charge de lieutenant général devint au 17ème siècle et surtout au 18ème siècle purement honorifique : le titulaire résidait à la Cour et se contentait de toucher les revenus sans effectuer de réel travail. De plus, les rois avaient tendance à nommer les fils successeurs de leur père, ce qui fit que les offices de lieutenant général firent quasiment partie du patrimoine de ces familles aristocratiques. Il ne faut pas confondre l’office de lieutenant général avec celui de « lieutenant de roi ». Le lieutenant de roi était subordonné au lieutenant général et son rôle (par essence le même : représenter le roi dans les provinces) n’était tenu que dans des ressorts beaucoup plus réduits.

[11] Le Poitou était une province française, comprenant les actuels départements de la Vendée (Bas-Poitou), Deux-Sèvres et de la Vienne (Haut-Poitou) ainsi que le nord de la Charente et une partie de l’ouest de la Haute-Vienne, dont la capitale était Poitiers. Il a donné son nom au Marais poitevin, marais situé dans l’ancien golfe des Pictons, sur la côte occidentale de la France, deuxième plus grande zone humide de France en superficie après la Camargue ; le marais s’étend de l’Atlantique aux portes de Niort et du sud de la Vendée au nord de La Rochelle.

[12] La Saintonge est une ancienne province française dont les limites ont plusieurs fois varié avec le temps. Apparaissant comme une marche frontalière entre les domaines capétien et plantagenêt durant le bas Moyen Âge, elle est secouée par des luttes incessantes entre 1152 et 1451, ses seigneurs hésitant souvent entre l’attachement anglo-aquitain et le lien avec Paris. Tout montre que l’attachement anglo-aquitain y a été prédominant jusque vers la moitié du 14ème siècle. Néanmoins, les erreurs de conduite de Henry de Grosmont, comte de Derby puis du Prince Noir contribuent progressivement à affaiblir le pouvoir anglo-aquitain, et la province passe définitivement sous le contrôle du roi de France en 1451.

[13] Le traité de Brétigny est conclu le 8 mai 1360, au château de Brétigny, (un hameau dépendant de la commune de Sours près de Chartres), entre les plénipotentiaires du roi Édouard III d’Angleterre et ceux de Charles, fils du roi Jean II de France Le 24 octobre 1360, les rois Jean II et Édouard III, accompagnés de leurs fils aînés, ratifient cet accord à Calais3 ce qui permet une trêve de neuf ans dans la guerre de Cent Ans.

[14] Mantes-la-Jolie est une commune française du département des Yvelines. Depuis le 10ème siècle, la ville comporte un château situé sur la motte castrale. Un édifice fortifié massif, la « tour de Ganne », lui fut adjointe. Avec les fortifications, la ville possédait alors un excellent dispositif de défense contre les envahisseurs. Henri 1er, fils de Robert ouvre contre Guillaume le Conquérant une lutte acharnée dont Mantes fut souvent le théâtre.

[15] Le siège de Meulan, également appelé prise de Meulan, eu lieu le 11 avril 1364, et oppose les troupes de Charles le Mauvais, roi de Navarre, qui tiennent la ville, aux troupes de maréchal de Boucicault et Bertrand Du Guesclin.

[16] Les compagnies de mercenaires recrutées du 12ème siècle au 14ème siècle, privées d’employeurs pendant les périodes de paix, se regroupaient en bandes appelées grandes compagnies, et vivaient au détriment des populations. Ces mercenaires étaient alors désignés comme « routiers » car appartenant à une « route » (« troupe » en français de l’époque).

[17] Cahors est une commune du Midi de la France, située dans le quart sud-ouest du pays. Préfecture du Lot. Elle fut longtemps disputée, et assiégée de Jules César ou du Franc Thibert au roi de Navarre Henri IV en passant par les prétentions anglaises de Richard Cœur de Lion puis, plus tard, du Prince Noir. Au 14ème siècle, Cahors bénéficie des largesses du pape Jean XXII, né Jacques Duèze en 1244, à Cahors, élu pape en 1316. La famille Duèze est bien établie dans la ville et liée aux notables. À l’époque médiévale, Cahors est une place financière de première importance dans l’Europe d’alors, où affluent les banquiers lombards. Le prêt sur gages et l’usure y sont pratiqués par des chrétiens à partir du 12ème siècle, et au 14ème siècle cette franchise est officiellement reconnue. Pendant la guerre de Cent Ans, la ville passe pour un temps sous domination anglaise. Le 8 janvier 1362, elle doit se rendre au lieutenant du roi d’Angleterre, Chandos, en présence du maréchal français Boucicaut. Le 5 février 1369, les consuls de Cahors jurent de porter secours au roi de France Charles V

[18] La basilique Saint-Martin de Tours est un édifice religieux situé à Tours, dont la crypte abrite le tombeau de Martin de Tours. L’ancienne église collégiale Saint-Martin de Tours, qui datait essentiellement du 11ème siècle, fut désaffectée, vandalisée et transformée en écurie en 1793, puis démolie à la suite de l’effondrement des voûtes en 1797, seules deux tours étant conservées. La basilique actuelle, nettement plus modeste, a été construite entre 1886 et 1902 dans le style néo-byzantin par l’architecte Victor Laloux.