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Bartolemeo Prignano dit Urbain VI

vendredi 3 avril 2020 (Date de rédaction antérieure : 3 août 2012).

Bartolemeo Prignano dit Urbain VI (1318-1389)

Archevêque de Bari-Pape de 1378 à 1389

Urbain VI 202ème Pape de l'Église catholique

Né, à Naples [1] en 1318, il fut le premier pape italien élu depuis le retour du Saint-Siège à Rome le 17 janvier 1377.

Le 6 avril 1378, après la mort de Grégoire XI, à Rome, le conclave envisage comme successeur un cardinal aragonais du nom de Pedro de Luna. Ce dernier semble bénéficier de l’unanimité pour recevoir la tiare pontificale. Seulement il y a un problème important, car Pedro n’est pas Italien.

Cette possibilité, que le pape ne soit pas romain, provoque une nuit de terreur durant laquelle des hordes populaires menacent d’assassiner les prélats. Face à ce déchaînement, les cardinaux finissent par céder à la pression de la rue, et l’archevêque de Bari [2] est élu sous le nom d’Urbain VI. Mais une confusion dans la proclamation des résultats déclencha une émeute populaire, si bien que plusieurs cardinaux durent se réfugier dans la grande forteresse du château Saint-Ange [3] tandis que d’autres quittèrent Rome avec précipitation. Quant à Urbain VI il préféra s’installer à Tivoli [4] avec de nombreux fonctionnaires de la Curie [5] qui n’osaient même plus traverser les rues sans risquer de se faire agresser.

Ouvertement hostile aux cardinaux français, ce dernier provoque leur départ. Les cardinaux français jugent alors que le pape est incohérent. De plus, ils estiment que son élection s’est effectuée sous la pression de la foule romaine, donc sous la contrainte. L’élection ne peut être considérée comme canonique.

Treize cardinaux français regroupés à Agnani* décidèrent le 20 avril 1378 d’annuler ce vote acquis sous la contrainte et exigèrent dès lors son abdication et élirent un pape “avignonnais”, Clément VII.

En quelques mois, et face à l’obstination d’Urbain VI, le monde catholique se divisa en deux camps ennemis, les Clémentistes et les Urbanistes. Cette situation qui se greffe sur la division politique de l’Europe liée à la Guerre de Cent ans conduit à des initiatives militaires en Italie qui portent atteinte durablement au prestige de la papauté. Ce sera le début du Grand Schisme d’Occident [6], qui verra deux et même parfois trois papes sur le trône de Saint-Pierre.

Urbain VI mourra, à Rome en 1389.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité, issu du dictionnaire d’histoire universelle, le petit mourre édition Bordas 2004 p 1359:1360

Notes

[1] Naples (en italien Napoli /ˈnapoli/, en napolitain Nàpuli) est une ville d’Italie, chef-lieu de la région de Campanie. L’histoire de Naples s’étend sur plus de 28 siècles. Sous le nom de Parthénope, elle fut fondée durant l’Antiquité par la cité voisine de Cumes. Elle s’étend ensuite rapidement jusqu’à devenir un des principaux centres commerciaux, culturels, philosophiques et politiques de la Grande-Grèce puis de l’Empire romain. Après avoir été brièvement dépendante de l’Empire byzantin, elle devient autonome au sein du duché de Naples. Dès le 13ème siècle et pour ensuite plus de 600 ans, elle devient successivement la capitale du Royaume de Naples puis du Royaume des Deux-Siciles.

[2] Bari est une ville italienne, chef-lieu de la ville métropolitaine de Bari et de la région de Pouilles, sur la côte adriatique. Bari est connu pour être la ville où se trouvent les reliques de saint Nicolas. Ce privilège a fait de Bari et de la basilique de Bari l’un des centres importants de l’Église orthodoxe en Occident. Bari a une forte tradition marchande et est depuis toujours un centre névralgique du commerce et des échanges politico-culturels avec l’Europe et le Moyen-Orient. Son port est actuellement le plus grand port de passagers de la mer Adriatique.

[3] Le château Saint-Ange est un monument romain, situé sur la rive droite du Tibre, face au pons Ælius (actuel pont Saint-Ange), à Rome, non loin du Vatican.

[4] Tivoli est une ville de la province de Rome, dans la région du Latium, en Italie. Très ancienne cité datant d’avant la colonisation romaine, elle fut, selon la tradition et quelques éléments archéologiques, fondée en 1215 avant jc. Tivoli s’échelonne sur le flanc occidental des monts Tiburtins de la chaîne centrale des Apennins dont elle contrôle le premier accès vers les Abruzzes par la via Valeria, prolongement de la via Tiburtina. La ville s’est développée à l’extrémité occidentale de la vallée de l’Aniene à l’endroit où la rivière atteint la plaine romaine par d’importants sauts successifs de cascades d’un dénivelé total de 160 mètres.

[5] La curie romaine est l’ensemble des dicastères et autres organismes du Saint-siège qui assistent le pape dans sa mission de pasteur suprême de l’Église catholique. « La Curie romaine dont le Pontife suprême se sert habituellement pour traiter les affaires de l’Église tout entière, et qui accomplit sa fonction en son nom et sous son autorité pour le bien et le service des Églises, comprend la Secrétairerie d’État ou Secrétariat du Pape, le Conseil pour les affaires publiques de l’Église, les Congrégations, Tribunaux et autres Instituts ; leur constitution et compétence sont définies par la loi particulière ».

[6] On appelle grand schisme d’Occident (ou Grand Schisme) la crise pontificale qui touche le christianisme latin au tournant des 14ème et 15ème siècles (1378-1417), divisant pendant 40 ans l’Europe chrétienne en deux courants rivaux.