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L’histoire pour le plaisir

Julius Sabinus

vendredi 1er janvier 2021, par ljallamion

Julius Sabinus (mort en 78)

chef lingon

Il participa aux côtés de Gaius Julius Civilis à la Révolte de 69-70 [1]. Il sera défait par les légions d’ Appius Annius Gallus et les Séquanes [2]. Après 9 ans de clandestinité passés à vivre caché dans une grotte, Sabinus est trahi et découvert. Il sera mis à mort malgré les supplications d’ Éponine de Langres , sa femme avec qui il avait eu 2 enfants.

L’allégeance des Lingons [3] au pouvoir central de Rome s’affirme lors de la Révolte de Julius Sacrovir en 21 sous Tibère et de la rébellion de Vindex contre Néron en 68, les Lingons prenant part avec les Trévires [4] et Rèmes [5] à la Bataille de Vesontio [6] aux côtés des légions de Lucius Verginius Rufus.

La Guerre civile met un terme au légitimisme des Lingons qui ne reconnaissent pas le pouvoir de Galba après le suicide de Néron. Cette prise de position entraîne la rupture du fœdus [7] par Galba, la Civitas des Lingons devenant alors une colonie romaine. Après l’assassinat de ce dernier, Othon octroie la citoyenneté romaine aux Lingons pour s’assurer de leur soutien politique, lesquels prennent le parti de Vitellius en dépit de cette faveur.

Les Lingons laissent alors la Vème légion, emmenée par Fabius Valens depuis la Germanie inférieure [8] pour tenter de porter Vitellius au pouvoir à Rome, traverser librement leur territoire et s’adjoindre les 8 cohortes Bataves [9] y étant stationnées

Le récit de la vie de Julius Sabinus nous est fait par trois auteurs antiques : Plutarque, Tacite et Dion Cassius. Leurs récits divergent cependant sur certains points.

La désorganisation politique à la tête de l’Empire conduit les Lingons menés par Julius Sabinus à se joindre au Soulèvement des Bataves fomenté par Gaius Julius Civilis en 69. La coalition formée par Civilis et Sabinus ainsi que les trévires Julius Tutor et Julius Classicus remporte plusieurs victoires avant que cette révolte soit réprimée par Petilius Cerialis.

Sabinus, qui se dit descendre de Jules César en personne, s’autoproclame César quand sa tentative de créer un “Imperium Galliarum” tourne court.

Après la défaite des Lingons de Sabinus devant les Séquanes et les légions d’Appius Annius Gallus, Vespasien retire la citoyenneté romaine aux Lingons qui doivent livrer 70 000 guerriers à Frontin ; il les place en outre sous la surveillance directe de la VIIIe-légion Augusta cantonnée à Mirebellum [10] qu’elle quittera pour Argentoratum [11] vers 90, vraisemblablement sous l’autorité de Frontin.

Sabinus quant à lui prend la fuite, simule un suicide et brûle sa maison. Il se cache ensuite dans une grotte que la tradition situe aux sources de la Marne.

Sabinus faisait partie des personnages les plus importants de Gaule de cette époque, aussi bien par sa réputation que par sa fortune, comme les autres commanditaires de l’insurrection. Tout comme eux, il était également citoyen romain et avait dû obtenir la citoyenneté de Caius Julius César ou de son fils adoptif Auguste.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Lambert Pierre-Yves, La langue gauloise : description linguistique, commentaire d’inscriptions choisies, France : Éd. Errance (« collection des Hespérides »), 1997

Notes

[1] La révolte des Bataves a lieu dans la province romaine de Germanie inférieure entre 69 et 70. La révolte est menée par les Bataves, une petite mais militairement puissante tribu germanique qui habitait en Batavie, dans le delta du Rhin, contre l’Empire romain. Ils sont plus tard rejoints dans le conflit par les tribus celtes de Gaule belgique et certaines tribus germaniques. Sous la direction de leur prince héréditaire Caius Julius Civilis, officier auxiliaire de l’armée romaine impériale, les Bataves et leurs alliés ont réussi à infliger une série de défaites humiliantes à l’armée romaine, notamment la destruction de deux légions. Après ces premiers succès, une puissante armée romaine dirigée par le général romain Quintus Petillius Cerialis a finalement vaincu les rebelles. À la suite des pourparlers de paix, les Bataves se soumettent à nouveau à la domination romaine, mais ils sont forcés d’accepter des conditions humiliantes et une légion stationnée en permanence sur leur territoire, à Noviomagus (actuelle Nimègue, aux Pays-Bas).

[2] Les Séquanes étaient l’un des peuples gaulois de l’est de la Gaule. Ils s’opposaient à leurs voisins Éduens au sud-ouest. Ils contrôlaient un vaste territoire correspondant aujourd’hui à la majeure partie de la Franche-Comté, entre la Saône, la Bresse, le Jura, les Vosges et le Sundgau qui leur fut enlevé peu avant l’intervention de César par Arioviste. Leur capitale était Vesontio (Besançon).

[3] Les Lingons sont une population protohistorique ayant constitué l’un des plus anciens peuples gaulois. L’ethnogenèse du peuple lingon participe du développement socioculturel protohistorique de l’Arc alpin. L’histoire des Lingons en tant que peuple est directement liée aux cultures successives de Hallstatt et de la Tène ; elle s’achève avec celle de l’Empire romain d’Occident. Une partie de la population lingonne s’établit au début du 4ème siècle av. jc dans le nord de l’Italie, au sud du delta du Pô dans l’actuelle Province de Ferrare, où elle participa à la formation de la Gaule cisalpine. L’ethnonyme des Lingons reste présent dans le nom de la ville de Langres, leur capitale en Gaule transalpine qui devint l’un des plus puissants évêchés du Royaume de France. La capitale historique de la Bourgogne, Dijon, fondée plus tardivement, était leur métropole méridionale. Situé entre les bassins parisien, rhodanien et rhénan, le territoire originel reconnu des Lingons couvrait à sa plus grande extension un espace d’environ 18 000 km² se partageant entre une partie de ceux des actuelles régions Champagne-Ardenne, Bourgogne, Franche-Comté et Lorraine. De par son positionnement topographique, ce territoire était une zone de transit des échanges commerciaux et culturels de l’Europe occidentale protohistorique puis antique, entre les civilisations du Bassin méditerranéen et les groupes de populations tant d’Europe centrale que de l’Arc Atlantique. Outre de bonnes ressources agro-alimentaires et un sous-sol recélant plusieurs gisements de minerai de fer, cette position territoriale stratégique permit aux Lingons de bénéficier d’une prospérité économique et d’un développement culturel soutenus. Lors des premières manifestations significatives de l’expansion germanique à l’est de la Gaule chevelue, le territoire des Lingons transalpins ainsi que ceux de leurs voisins Éduens et surtout Séquanes furent un enjeu géostratégique entre Jules César et le chef suève Arioviste, dont l’issue déboucha sur la Guerre des Gaules…

[4] Les Trévires étaient un peuple celte du groupe belge, localisé dans l’est de Gaule. Leur nom est à l’origine de la ville de Trèves en Allemagne. Le territoire des Trévires couvrait approximativement l’actuel Luxembourg et les régions avoisinantes1 ; il couvrait l’espace compris entre les Ardennes et le Rhin. Ils avaient pour voisins les Rèmes à l’ouest, les Médiomatrices au sud, les Vangions à l’est, les Ubiens et les Éburons au nord.

[5] Les Rèmes étaient un peuple gaulois. Leur nom signifie « les premiers ». Ils ont donné son nom à la ville de Reims. Selon Jules César, à son arrivée en Gaule, si « les Éduens avaient de loin le premier rang, les Rèmes occupaient le second » Les Rèmes occupaient la région de Champagne-Ardenne et plus précisément ce qui est aujourd’hui les départements de la Marne et des Ardennes. Les peuples environnant les Rèmes sont les Nerviens, au nord, les Viromanduens et les Suessions, à l’ouest, Les Tricasses au sud, les Leuques, Trévires et Médiomatriques, à l’est. Dans le Sud-Est du territoire des Rèmes apparaît tardivement un peuple, les Catalaunes que l’on a parfois rattachés aux Lingons et qui pourrait être un pagus ou un client des Rèmes

[6] La bataille de Vesontio est une bataille qui eut lieu en mai 68 près de Vesontio (actuelle Besançon) entre l’armée de Gaius Julius Vindex, gouverneur de la province de la Gaule lyonnaise qui s’est révolté contre Néron et celle de Lucius Verginius Rufus, gouverneur du district militaire de Germanie supérieure, demeuré fidèle à l’empereur romain.

[7] traités

[8] La Germanie inférieure, Germanie seconde ou Basse Germanie selon les auteurs et en latin Germania inferior, est une province romaine établie vers 90 par Domitien autour de la vallée de la Meuse, à l’ouest du Rhin, dans ce que sont aujourd’hui le sud des Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, une partie du nord-est de la France (Ardennes), et du nord-ouest de l’Allemagne. La capitale de la Germanie inférieure est Colonia Claudia Ara Agrippinensium l’actuelle ville de Cologne, également la capitale du peuple des Ubiens.

[9] Les Bataves sont un ancien peuple germanique implanté à l’embouchure du Rhin. Avant et après la conquête romaine, ils peuvent être aussi décrits en tant que Belges des bords du Rhin, ainsi que le suggèrent leurs liens avec les Trévires lors de la révolte dite des Bataves conduite par Gaius Julius Civilis ou leurs constantes implications dans le maintien de l’ordre en Bretagne romaine.

[10] Mirebeau-sur-Bèze est une commune française située dans le département de la Côte-d’Or. Au ier siècle, la Legio VIII Augusta installa son camp principal à Mirebeau. Cette légion, regroupant environ 5 500 hommes, avait été installée en permanence à Mirebeau (Mirebellum) sous l’empereur Vespasien consécutivement à la révolte des Lingons dirigée par Julius Sabinus en 70. Placé sur l’importante voie romaine reliant Langres à Besançon, le cantonnement de Mirebeau occupait une excellente position pour surveiller, outre les Lingons, les Séquanes et les Éduens. La VIIIe légion demeura à Mirebeau une vingtaine d’années puis fut transférée à Argentoratum (Strasbourg) sans doute pour soutenir les opérations de Domitien contre les peuples germaniques.

[11] Strasbourg