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Gaius Julius Vindex

mardi 21 mai 2013, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 1er août 2011).

Gaius Julius Vindex

Ancienne carte historique de la Gaule sous la domination romaine, tirée de l'atlas historique de Droysen, 1886.Gaulois originaire d’Aquitaine et chevalier romain, il était légat [1] de la province de la Gaule lyonnaise. Comme gouverneur, il s’est rebellé contre l’empereur Néron en 68 et prit rapidement contact avec certains de ses homologues gouverneurs. Tous le dénoncèrent auprès du prince sauf le gouverneur de la Tarraconaise et futur empereur Galba. Ce dernier entra bientôt dans la révolte et devint le meneur d’une révolte qui se métamorphosait en guerre civile. Le général Lucius Verginius Rufus se dirigeant vers Vesontio [2] qui contrôle un vaste territoire s’étendant entre le Rhône, la Saône, le Jura et les Vosges. La ville était ceinturée par un mur de berge. À l’extérieur se trouvait un quartier d’artisans. L’oppidum, était alors le centre économique de la Séquanie et c’est à ce titre qu’il est convoité par les Germains. Il est occupé en 59 av. jc ou peut être même quelques années auparavant par Arioviste et ses Suèves [3], puis par les Éduens [4] avant que Jules César n’en fasse à son tour la conquête en 58 av. jc.

Jules César, impressionné par ce site stratégique, décide de confirmer son rôle de capitale de la tribu gauloise des Séquanes [5] de citadelle militaire et de carrefour d’échanges de la Gaule romaine. La ville connaît alors un âge d’or, elle devient l’une des plus grandes villes de la Gaule belgique, puis de la province de Germanie supérieure. Les Romains agrandissent la cité et l’embellissent en y construisant de nombreux édifices de part et d’autre du cardo et même sur la rive droite du Doubs où ils élèvent un amphithéâtre pouvant accueillir jusqu’à 20 000 spectateurs. Sous la Tétrarchie, la cité devient la capitale de la Provincia Maxima Sequanorum. Pour en faire le siège, Vindex dut s’y rendre afin d’éviter la prise du chef-lieu de la capitale des Séquanes. Ils entrèrent tous 2 en contact et se mirent d’accord afin de se partager le pouvoir. Il reçu l’Espagne sans avoir obtenu le consulat, Rufus voyait son gouvernement étendu à l’ensemble des Gaules et Galba était reconnu Princeps à la place de Néron.

Alors que l’armée des révoltés faisait marche de façon désordonnée, les légions de Germanie prirent l’initiative sans recevoir d’ordre de leur général de les attaquer. Cet affrontement, qui aujourd’hui encore est entouré d’un halo de mystère, vit périr 20 000 Gaulois ce qui mena Vindex à se suicider.

Mais bien que défait par Lucius Verginius Rufus à la fin mai ou au début juin de l’année 68, la rébellion de Vindex marqua le début d’une série de soulèvements contre le princeps, Néron, qui dut s’enfuir et fut remplacé par Marcus Sulpicius Galba. Le règne furtif de ce dernier inaugurait une année de troubles durant laquelle se succédèrent 4 empereurs, Galba, Othon, Vitellius, et Vespasien.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Imago Mundi/ C. Julius Vindex.

Notes

[1] Titre porté par les représentants officiels de la Rome antique. Les ambassadeurs étaient des légats du Sénat romain. Sous la République romaine, les consuls, proconsuls, préteurs en campagne pouvaient charger temporairement des légats du commandement de la cavalerie, des réserves ou même d’une légion entière et de plusieurs légions. Sous l’Empire romain, à partir d’Auguste, la fonction de ces légats militaires devint permanente. Désignés par l’empereur, ils le représentaient dans les provinces et les légions. On distingua alors les légats consulaires et les légats prétoriens, qui gouvernaient les provinces « impériales » et exerçaient le pouvoir militaire, et les légats de légion, officiers expérimentés, de rang sénatorial, qui étaient chef d’une légion. Le titre de légat se transmit de l’Empire romain à l’Église catholique ; il fut porté dans celle-ci par les envoyés personnels du souverain pontife. Ces envoyés sont généralement des cardinaux.

[2] (Besançon)

Au 2ème siècle avant notre ère, l’oppidum gaulois de Vesontio est la possession des Séquanes[[Les Séquanes étaient l’un des peuples gaulois de l’est de la Gaule. Ils s’opposaient à leurs voisins Éduens au sud-ouest. Ils contrôlaient un vaste territoire correspondant aujourd’hui à la majeure partie de la Franche-Comté, entre la Saône, la Bresse, le Jura, les Vosges et le Sundgau qui leur fut enlevé peu avant l’intervention de César par Arioviste. Leur capitale était Vesontio (Besançon).

[3] Dans le cadre des Grandes Invasions, les Suèves se sédentarisent dans la région correspondant à l’actuelle Galice et au nord du Portugal au début du 5ème siècle. Ce royaume suève prend Bracara Augusta, actuelle Braga, comme capitale et existe de 410 à 584, année de son effondrement devant l’armée du royaume wisigoth dirigée par le roi Léovigild.

[4] Les Éduens étaient un peuple de la Gaule celtique. Ils étaient établis dans les actuels départements français de la Nièvre et de la Saône-et-Loire ainsi qu’au sud de celui de la Côte d’Or et à l’est de celui de l’Allier. Bibracte était leur capitale. Ils étaient régis par un chef électif, le vergobret. Les Romains firent, dès le 1er siècle av. jc, alliance avec eux, et le sénat romain les proclama frères de la république. Rome profita de la rivalité qui divisait les Éduens et les Arvernes pour intervenir dans les affaires de la Gaule et l’asservir plus facilement.

[5] Les Séquanes étaient l’un des peuples gaulois de l’est de la Gaule. Ils s’opposaient à leurs voisins Éduens au sud-ouest. Ils contrôlaient un vaste territoire correspondant aujourd’hui à la majeure partie de la Franche-Comté, entre la Saône, la Bresse, le Jura, les Vosges et le Sundgau qui leur fut enlevé peu avant l’intervention de César par Arioviste. Leur capitale était Vesontio (Besançon).