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Sextus Iulius Frontinus dit Frontin

jeudi 7 avril 2016

Sextus Iulius Frontinus dit Frontin (vers 35/40-103)

Consul suffect en 74 et 98-Consul éponyme en l’an 100-Général de l’Empire romain-Gouverneur de Bretagne de 76 à 78

Il est avant tout connu comme écrivain militaire et administrateur principal des eaux de Rome sous Nerva. Il est probablement natif de Gaule narbonnaise [1].

Il a suivi a priori une carrière sénatoriale, mais on peut supposer qu’il est plutôt d’origine équestre et fut intégré à la classe sénatoriale peu avant 70. Les sources antiques ne donnent sur son parcours que des informations ponctuelles et éparses. Comme membre de la classe sénatoriale, il a probablement commencé son cursus comme tribunus militum laticlavius [2] vers 55/60.

Dans “ses Stratagèmes”, Frontin donne des détails de la guerre contre les Parthes [3] du général Gnaeus Domitius Corbulo, entre 58 et 62, qui ne figurent pas dans l’œuvre de Tacite. Il est donc possible que Frontin participe à ces guerres sous le général Corbulo.

Il se peut ensuite qu’il ait suivi le parcours de trois des anciennes légions de Corbulo, qui renforcent dans un premier temps Vespasien dans sa guerre contre les Juifs, puis partent combattre près de Rome sous Mucien et Antonius Primus, partisans de Vespasien dans la guerre civile de 69. Ainsi, Frontin a peut-être combattu dans les légions de Vespasien, ce qui explique pourquoi Frontin est l’un des 22 membres du groupe des “Amici Principis” [4] du nouvel empereur.

Il apparaît pour la première fois dans les sources littéraires en l’an 70, sous Vespasien, et il est alors préteur urbain. En principe, on accède à cette magistrature à trente ans. Il abdique de sa magistrature en faveur de Domitien.

Il est ensuite chargé d’une mission en Gaule et en Germanie entre 71 et 73 pendant les troubles provoqués par Julius Civilis et Julius Sabinus , devant rétablir l’ordre chez les Lingons [5], comme il le décrit lui-même dans ses Stratagèmes. Il se peut qu’il soit le premier commandant de la legio VIII Augusta, et ainsi il a décidé en tant que légat de légion le lieu du camp de Mirebeau.

Il est ensuite consul suffect [6] en 74, puis il sert d’abord avec distinction dans la province romaine de Bretagne [7], puis succède à Cerialis dans le gouvernement de cette province, entre 76 et 78. Il y subjugue, par les armes, les Silures [8].

Nous n’avons quasiment plus de traces de Frontin sous les règnes de Titus et Domitien. Cela peut s’interpréter comme un abandon de la vie publique ou une disgrâce. Cependant, un passage des Stratagèmes fait supposer qu’il aurait participé à la campagne de Domitien contre les Chattes [9] en 83, et son nom figure sur la porte dite de Domitien à Hiérapolis [10], ce qui pourrait révéler sa présence en tant que proconsul d’Asie vers 86, titre qui représentait l’apogée d’une carrière sénatoriale. Une disgrâce passagère aurait été incompatible avec un tel poste.

Ensuite, pendant toute la dernière partie du règne de Domitien, il s’est probablement retiré dans ses villas de la côte du Latium et s’est consacré à des travaux littéraires, notamment l’écriture des Stratagèmes.

Nerva le rappelle en 97 et lui confie les importantes fonctions de curator aquarum [11]. Il écrit “Des aqueducs de la ville de Rome”, un ouvrage très complet sur l’histoire des aqueducs de Rome, ainsi que de nombreux détails techniques et les règlements en vigueur.

Il fait partie des soutiens de l’adoption de  [12] par Nerva, comme Lucius Iulius Ursus Servianus, Lucius Licinius Sura , Cnaeus Domitius Curvius Tullus et Titus Vestricius Spurinna.

Frontin est nommé consul suffect en l’an 98 pour la deuxième fois. Deux ans plus tard, il est honoré d’un consulat ordinaire, ou éponyme, au côté de Trajan, ce qui témoigne qu’il est un proche de cet empereur.

Pline le Jeune, autre ami de Frontin, fait plusieurs références à ce consulat. Il est nommé augure [13] avant sa mort, charge religieuse dans laquelle Pline le Jeune lui succède.

Frontin est durant toute sa vie un général et stratège respecté, marquant la fin du 1er siècle. C’est aussi un écrivain reconnu, par ses deux œuvres qu’il nous reste, “les Stratagèmes et les Aqueducs de la ville de Rome”. Il a joui auprès de ses contemporains d’une estime toute particulière et ses ouvrages, très documentés, sont écrits d’un style ferme, simple et concis.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Frontin/ Portail de l’histoire militaire/ Théoricien militaire

Notes

[1] L’expression Gaule narbonnaise désigne, chez certains historiens du 19ème siècle, une province romaine ainsi nommée dès 118 av. jc après la fondation de la colonie romaine de Narbonne. En réalité, la province a été successivement nommée : « Gaule transalpine » après sa conquête par Rome ; « Gaule romaine » après la conquête du reste de la Gaule par Jules César, pour la distinguer de la Gaule chevelue (mais l’expression « Gaule transalpine » a continué d’être utilisée) ; « Narbonnaise » après la réorganisation des Gaules par l’empereur Auguste, en même temps que sont créées les provinces de Gaule belgique, de Gaule lyonnaise et d’Aquitaine. À la suite de la réorganisation de l’Empire par Dioclétien (vers 300), sont créées les provinces de « Narbonnaise première » et de « Narbonnaise seconde »

[2] Le tribun militaire (en latin Tribunus militum) est un officier supérieur qui sert dans la légion romaine sous la Rome antique.

[3] L’Empire parthe (247 av. jc-224 ap. jc), également appelé Empire arsacide, est une importante puissance politique et culturelle iranienne dans la Perse antique. Son deuxième nom vient d’Arsace 1er qui en tant que chef des Parni, une tribu scythe d’Asie centrale, le fonde au milieu du 3ème siècle av. jc lorsqu’il conquiert la Parthie dans le nord-est de l’Iran, alors une satrapie (province) en rébellion contre l’Empire séleucide. Mithridate 1er agrandit l’empire en prenant la Médie et la Mésopotamie aux Séleucides. À son apogée, l’empire parthe s’étend des sources de l’Euphrate, dans ce qui est aujourd’hui le sud-est de la Turquie, jusqu’à l’est de l’Iran. L’empire, situé sur la Route de la Soie reliant l’Empire romain dans le bassin méditerranéen à l’Empire Han en Chine, devient un carrefour culturel et commercial.

[4] prince-amis

[5] Les Lingons sont une population protohistorique ayant constitué l’un des plus anciens peuples gaulois. L’ethnogenèse du peuple lingon participe du développement socioculturel protohistorique de l’Arc alpin. L’histoire des Lingons en tant que peuple est directement liée aux cultures successives de Hallstatt et de la Tène ; elle s’achève avec celle de l’Empire romain d’Occident. Une partie de la population lingonne s’établit au début du 4ème siècle av. jc dans le nord de l’Italie, au sud du delta du Pô dans l’actuelle Province de Ferrare, où elle participa à la formation de la Gaule cisalpine. L’ethnonyme des Lingons reste présent dans le nom de la ville de Langres, leur capitale en Gaule transalpine qui devint l’un des plus puissants évêchés du Royaume de France. La capitale historique de la Bourgogne, Dijon, fondée plus tardivement, était leur métropole méridionale. Situé entre les bassins parisien, rhodanien et rhénan, le territoire originel reconnu des Lingons couvrait à sa plus grande extension un espace d’environ 18 000 km² se partageant entre une partie de ceux des actuelles régions Champagne-Ardenne, Bourgogne, Franche-Comté et Lorraine. De par son positionnement topographique, ce territoire était une zone de transit des échanges commerciaux et culturels de l’Europe occidentale protohistorique puis antique, entre les civilisations du Bassin méditerranéen et les groupes de populations tant d’Europe centrale que de l’Arc Atlantique. Outre de bonnes ressources agro-alimentaires et un sous-sol recélant plusieurs gisements de minerai de fer, cette position territoriale stratégique permit aux Lingons de bénéficier d’une prospérité économique et d’un développement culturel soutenus. Lors des premières manifestations significatives de l’expansion germanique à l’est de la Gaule chevelue, le territoire des Lingons transalpins ainsi que ceux de leurs voisins Éduens et surtout Séquanes furent un enjeu géostratégique entre Jules César et le chef suève Arioviste, dont l’issue déboucha sur la Guerre des Gaules…

[6] suppléant

[7] La Britannia désignait la province romaine qui couvrait l’Angleterre, le pays de Galles et le sud de l’Écosse du 1er au début du 5ème siècle. Pour les Romains, la Britannia constituait « la terre la plus écartée et le dernier boulevard de la liberté » ; d’après l’écrivain Tacite : « Il n’y a plus de peuples au-delà, rien que des flots et des rochers. »

[8] Les Silures étaient un puissant peuple celte brittonique guerrier de l’île de Bretagne, dans le sud de l’actuel Pays de Galles, occupant les régions de Gwent, Brecon, et Morgannwg. Ils avaient pour voisins les Ordovices et les Demetae. Leur habitat se composait de petites forteresses.

[9] Les Chattes ou Cattes sont un peuple germanique ancien, qui s’était établi au début de l’ère chrétienne dans la région du cours supérieur de la Weser et de l’Eder. Redoutables fantassins, ils ont donné naissance à l’actuelle Hesse (Hattes ou Hesse) et à la Franconie au-dessus du Main. Les Bataves seraient un rameau issu des Chattes.

[10] Hiérapolis est une station thermale créée vers la fin du 2ème siècle av. jc par la dynastie des Attalides. Elle est située au sommet de la colline de Pamukkale, bien connue pour ses sources chaudes et ses concrétions calcaires, à 15 km de la ville de Denizli en Turquie.

[11] inspecteur des eaux

[12] 501

[13] L‘augure est, dans la religion romaine, un prêtre chargé d’interpréter les phénomènes naturels considérés des présages. Les augures étaient les interprètes des volontés de Jupiter, maître des signes ; il était hors de question de partir à la guerre, de choisir l’emplacement d’un temple, de désigner un homme pour une fonction politique, sans consulter les augures.