Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Marcus Coccius Nerva

vendredi 20 février 2015, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 2 août 2011).

Marcus Coccius Nerva (26-98)

Empereur romain de 96 à 98

Portrait de Nerva, empereur romain découvert à Tivoli (Italie). Musée national romain de RomeFils d’un jurisconsulte éminent, lui-même juriste, peu intéressé par la politique, il fut proclamé empereur après l’assassinat de Domitien.

Il naît à Narnia [1] en Ombrie [2]. Sa famille entre au Sénat romain sous Auguste. Son père est un juriste renommé, et sa fortune est grande.

Nerva suit un cursus honorum classique, il est questeur [3], ensuite préteur [4] sous Néron, puis consul en 71 avec Titus comme collègue. En 90, il partagea cette fois le consulat avec Domitien.

En l’an 65, il participe à la répression de la conjuration de Pison [5] ourdie contre Néron et reçoit en récompense les ornements du triomphe, votés sur ordre par le Sénat.

En 93, il connaît une brève disgrâce et s’exile à Tarente. Il réussit néanmoins à traverser sans problème le règne despotique de Domitien. C’est un homme cultivé et modéré, dépourvu d’expérience militaire et de santé fragile.

Nerva était informé du complot contre Domitien monté par des sénateurs et le préfet du prétoire Petronius Secundus . Ceci expliqua la rapidité avec laquelle le Sénat le proclama le 18 septembre 96, au soir même de l’assassinat de Domitien.

Il ne régna que 2 ans, qu’il consacra à réparer les maux causés par son prédécesseur. Contrairement à Domitien, il s’efforça de gouverner en accord avec le sénat. Il rappela les proscrits, distribua de nombreuses terres aux pauvres, imposa des économies. Il forma une commission de cinq sénateurs chargés des économies sur les dépenses publiques, et charge un préteur d’arbitrer les litiges entre le fisc et les contribuables. Il allège les charges des villes italiennes en mettant au compte de l’Etat l’entretien des relais de la poste publique. Il dispense de l’impôt sur les successions directes les nouveaux citoyens qui viennent d’acquérir la citoyenneté romaine et libéra les juifs des taxes particulières auxquelles les avait soumis Domitien. Il soutient l’activité agricole italienne défaillante. De grands domaines sont divisés et distribués à des pauvres. Il envisage un système de prêts aux cultivateurs modestes, dont les intérêts financeraient les fils de famille pauvres. Trajan reprendra ce projet inabouti.

A Rome, il se borne à achever la construction du forum transitorium [6] commencée sous Domitien, et constituant un passage d’accès aux différents forums, serré entre d’une part le forum de César [7] et le forum d’Auguste [8], d’autre part le forum de la Paix [9], et s’ouvre sur le vieux forum romanum [10]. Ce forum transitorium sera aussi appelé forum de Nerva.

Fin 97, il remplaça Petronius Secundus au poste de préfet du prétoire par Casperius Aelianus , qui avait déjà exercé cette fonction sous Domitien. Ce fut un choix aventureux, Casperius Aelianus réclama avec ses soldats la tête des assassins de Domitien. Il dut cédé et laissa massacrer Petronius Secundus et Parthenius.

Il montra en tout une simplicité, une modération et une équité qui finirent par irriter les prétoriens. Assiégé dans son palais, il offrit en vain sa démission. Il eut encore le temps, avant de mourir, de se choisir comme successeur, en l’adoptant, un puissant chef militaire, Trajan.

En effet, le 28 octobre 97, il adopte solennellement Trajan, légat de la Germanie supérieure, général de la puissante Armée du Rhin et militaire à la compétence éprouvée. Le Sénat ratifie en accordant à Trajan le titre de César, la puissance tribunicienne et l’imperium majus. Une victoire de Trajan sur les Germains hausse encore son prestige. Il reçoit le titre de Germanicus, qu’il partage avec Nerva.

Le 1er janvier 98, Nerva inaugure le consulat avec Trajan et décède peu après, le 25 janvier 98, après 16 mois d’un règne bref, mais riche en initiatives heureuses : la succession est parfaitement organisée, l’accès au titre impérial s’ouvre aux provinciaux, et une longue période de gouvernement en collaboration avec les sénateurs commence. Ses mesures de soutien économique seront poursuivies par ses successeurs.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de histoire des empereurs romains/ Nerva (Marcus Cocceius Nerva)/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 925

Notes

[1] Narni est une commune de la province de Terni en Ombrie (Italie). L’ancien nom latin de la ville de Narni est Narnia, fondée en 299 av.jc et devenue municipium en 90 av.jc.

[2] L’Ombrie est une région d’Italie centrale. Elle est bordée au nord et à l’est par les Marches, à l’ouest et au nord-ouest par la Toscane et au sud par le Latium. Elle est située sur la chaîne des Apennins et est traversée par le Tibre.

[3] Dans la Rome antique, les questeurs sont des magistrats romains annuels comptables des finances, responsables du règlement des dépenses et de l’encaissement des recettes publiques. Ils sont les gardiens du Trésor public, chargés des finances de l’armée et des provinces, en relation avec les consuls, les promagistrats et les publicains.

[4] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.

[5] Selon Tacite, une coterie de mécontents se constitue dans l’entourage impérial, mêlant des sénateurs, des chevaliers, des militaires et des familiers de Néron, les uns inquiets pour leur devenir, d’autres pour des rancœurs personnelles, comme le poète Lucain, jaloux de l’interdiction de publier ses œuvres que lui impose Néron. Parmi les plus influents, le sénateur Pison, descendant de l’illustre famille des Calpurnii, allié aux grandes familles de l’aristocratie, dont le caractère sociable et la générosité lui confèrent une certaine popularité. Des contacts favorables sont établis avec le chevalier Faenius Rufus, ancien préfet de l’annone et collègue du préfet du prétoire Tigellin depuis 62, qui craint que l’influence de Tigellin sur Néron ne provoque sa disgrâce. Un projet d’attentat contre Néron dans la villa de Pison à Baïes qu’il fréquente souvent et sans gardes est rejeté par Pison, qui y voit un sacrilège contre les lois de l’hospitalité et préfère que l’on agisse à Rome. Les conjurés conviennent de poignarder Néron le 19 avril lorsqu’il se rendra au Circus Maximus pour les jeux de Cérès, tandis que Pison serait présenté au camp des prétoriens par Faenius Rufus. Un des conjurés, le sénateur Flavius Scaevinius, est dénoncé par son affranchi, qui accuse aussi un second conjuré, le chevalier Antonius Natalis. Ils sont interrogés séparément et menacés de torture, et livrent de nombreux noms, dont celui de Sénèque. D’après Tacite, ce dernier n’est pas impliqué dans le complot, mais est dénoncé pour se rendre Néron favorable en lui donnant un prétexte pour éliminer Sénèque

[6] Le forum de Nerva ou forum transitorium est l’avant-dernier des forums impériaux de Rome. Il est situé actuellement dans le rione de Monti. Sa construction débuta sous Vespasien ou Domitien. Cependant il ne fut pas inauguré avant 97, sous le règne de Nerva à qui il doit son nom. Le forum se situait entre le forum d’Auguste et le temple de la Paix, cette situation expliquant sa seconde dénomination de forum du passage Il faisait également la liaison entre l’Argiletum et le forum romanum

[7] Le Forum de César, construit par Jules César vers le milieu du 1er siècle av. jc, est le premier des forums impériaux de Rome. À l’origine, la nouvelle place est conçue afin d’agrandir le Forum Romain, centre politique, administratif et religieux de Rome, et permettre ainsi d’y transférer une partie des activités qui s’y déroulent.

[8] Le forum d’Auguste est l’un des forums impériaux de Rome. Il a été construit à la fin du 1er siècle av. jc, sous le règne de l’empereur Auguste. Il est situé actuellement dans le rione de Monti.

[9] Le forum de la Paix est le troisième des forums impériaux. Le terme « paix » n’avait pas la même signification que aujourd’hui ; il s’agissait de la « paix imposée par l’empereur de Rome » ou Pax Romana éventuellement imposée par les armes. Vespasien l’avait d’ailleurs fait construire, entre 71 et 75, pour commémorer sa victoire sur les Hébreux de Judée.

[10] Le Forum Romain ou Forum de Rome, appelé aussi Forum Magnum (« Grand Forum ») ou Forum Vetus (« Vieux Forum »), est un forum romain situé dans le site archéologique le plus important de Rome, entre les collines du Capitole et du Mont Palatin. Le Forum Romain est la place principale de la Rome antique. Son importance historique, religieuse et politique en fait l’endroit autour duquel toute la vie politique de la ville s’articule.