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L’histoire pour le plaisir

Hélios

samedi 14 février 2015 (Date de rédaction antérieure : 29 novembre 2013).

Hélios

Dieu grec du Soleil

Buste de Hélios, musée archéologique de Rhodes.

Fils d’Hypérion et de Théia, le frère de Séléné, et a pour femme Perséis qui lui a donné pour enfants la magicienne Circé, Pasiphaé, Éétès et Persès. Avec la nymphe Rhodos, 7 autres fils, et l’Océanide Clyméne, 3 ou 7 filles, ainsi que Phaéton . Il parcourt le ciel sur un char attelé de quatre chevaux.

Bien qu’ Apollon ait été considéré par les Grecs comme le dieu de la lumière solaire, l’astre lui-même fut personnifié en une divinité propre, Hélios. Le culte d’Hélios était très ancien en Grèce, et était pratiqué sur tout le territoire, à Élis [1], à Apollonie, sur l’Acropole de Corinthe, à Argos [2], à Trézène [3], au cap Ténare [4], à Athènes, en Thrace [5], et enfin, et surtout, dans l’île de Rhodes [6], qui lui était consacrée. C’est là que se voyait la statue colossale du dieu, oeuvre du sculpteur Charès. Elle mesurait 35 mètres environ de hauteur, et les navires pouvaient passer à pleines voiles entre les jambes du dieu.

On contait qu’Hélios, ayant été noyé dans l’Océan par ses oncles les Titans et avait été transporté dans le ciel, où il était devenu l’astre lumineux.

Chaque matin, Hélios sortait à l’orient, d’un marais formé par le fleuve Océan, dans le lointain pays des Éthiopiens.

Après avoir atteint à midi le point le plus élevé de sa course, Il commençait à redescendre vers l’occident, et arrivait à la fin de la journée au pays des Hespérides [7], où il semblait s’enfoncer dans l’Océan. En réalité, il trouvait là une barque ou une coupe d’or, façonnée par Héphaistos, dans laquelle l’attendaient sa mère, sa femme, ses enfants ; il naviguait toute la nuit et se retrouvait le matin à son point de départ.

On assignait aussi pour résidence à Hélios l’île d’Aea [8], où habitaient ses enfants, Aeétès et Circé. On disait encore que ses chevaux se reposaient dans l’île des Bienheureux, aux limites occidentales de la terre, et qu’ils s’y nourrissaient d’une herbe magique.

Hélios possédait sur terre d’autres domaines. Lorsque les dieux se partagèrent le monde, Hélios était absent et fut oublié dans le partage. Il s’en plaignit à Zeus, et obtint alors une île qui commençait à émerger des flots ; il l’appela Rhodes, du nom de la nymphe Rhodos, qu’il aimait.

Une dispute s’était élevée un jour entre Poséidon et Hélios pour la possession de l’isthme de Corinthe [9]. Le géant Briarée, choisi pour arbitre, donna l’isthme à Poséidon, mais réserva l’Acrocorintlie à Hélios, qui l’abandonna par la suite à Aphrodite.

Outre ses coursiers, Hélios possédait dans l’île de Thrinacrie [10] 7 troupeaux de boeufs et 7 troupeaux de brebis à la belle toison, de 50 têtes chacun. Ce nombre demeurait toujours constant, comme l’était celui des 350 jours et des 350 nuits de l’année primitive. La garde de ces troupeaux était confiée à 2 filles du dieu, Phaéthuse et Lampétie . Ulysse ayant abordé dans l’île de Thrinacie avec ses compagnons, ceux-ci, malgré les recommandations de leur chef, osèrent porter la main sur le bétail sacré.

Hélios, instruit par Lampétie, se plaignit aux dieux, menaçant de s’enfoncer dans la demeure d’Hadès et d’éclairer les morts. Zeus le calma en lui promettant de frapper de son foudre ces mortels insensés.

Dieu de la lumière, Hélios était aussi le dieu qui voit tout et sait tout. On pouvait dire de lui ce que Pindare disait d’Apollon. C’est le dieu qui sonde tous les cœurs, l’infaillible, que les immortels et les mortels ne peuvent tromper ni par leurs actions, ni par leurs plus secrètes pensées.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de GE/Imago Mundi/encyclopédie/ Hélios.

Notes

[1] Élis était une cité grecque située au nord-ouest du Péloponnèse, à l’ouest de l’Arcadie. Elle était la capitale de l’Élide. La ville d’Olympie dépendant de son territoire, Élis avait la charge d’organiser les Jeux olympiques antiques.

[2] Argos est une ville d’Argolide dans le Péloponnèse, située près de Nauplie. Située au pied de deux acropoles remontant à l’antiquité Argos fut définitivement éclipsée par Sparte à partir du 6ème siècle av. jc. Elle ne participa pas aux guerres médiques. La rivalité avec Sparte explique qu’Argos ait adopté systématiquement un parti anti-laconien pendant la guerre du Péloponnèse, soit en restant neutre, soit en s’alliant à Athènes. La bataille de Mantinée, en 418 av. jc, finit par convaincre Argos de s’allier avec Sparte. Elle rompit cependant son traité au début de la guerre de Corinthe, en 395 av. jc. Pyrrhus s’attaqua à Argos en 272 avant notre ère, au cours de sa guerre contre le Macédonien Antigone II Gonatas. Il y fut tué, en recevant une tuile lancée depuis un toit par une vieille femme.

[3] Trézène est une ancienne cité grecque du Péloponnèse, sur la côte nord de l’Argolide. Elle a donné son nom à un village, appelé Damalas ou Damala jusqu’en 1929, date à laquelle il a été rebaptisé du nom de la ville antique dont les ruines se trouvent à proximité.

[4] Le cap Ténare aussi connu sous le nom de cap Matapan, est un cap du Péloponnèse, situé à l’extrême sud de la péninsule du Magne, en Laconie. C’est le point le plus méridional de la Grèce continentale et du continent européen. Il était considéré par les Anciens comme une des entrées des Enfers, une caverne se trouvant à son extrémité. Les Spartiates ont construit plusieurs temples sur ce cap.

[5] La Thrace désigne une région de la péninsule balkanique partagée entre la Grèce, la Bulgarie et la Turquie ; elle doit son nom aux Thraces, la peuplade qui occupait la région dans l’Antiquité. Au 21ème siècle, la Thrace fait partie, à l’ouest, de la Grèce, Thrace occidentale, au nord, de la Bulgarie et, à l’est, de la Turquie, Thrace orientale.

[6] Rhodes est une île grecque, la plus grande île du Dodécanèse. Elle est située au sud-est de la mer Égée, à 17,7 km de la Turquie, entre la Grèce et l’île de Chypre. Le colosse de Rhodes, l’une des sept merveilles du monde, était une statue gigantesque, traditionnellement située à l’entrée du port de la ville de Rhodes.

[7] Dans la mythologie grecque, les Hespérides sont les nymphes du Couchant, filles d’Atlas et d’Hespéris, ou même d’Hespéros. On en compte traditionnellement trois. Elles résident dans un verger fabuleux, le jardin des Hespérides, situé à la limite occidentale du monde (probablement au large des rives océaniques de l’Espagne ou du Maroc).

[8] Dans la mythologie grecque, Ééa est une île. C’est là que se trouve la résidence de la magicienne Circé.

[9] L’isthme de Corinthe est une bande de terre reliant le Péloponnèse à l’« Hellade », c’est-à-dire la Grèce continentale. Il est baigné par la mer Ionienne (golfe de Corinthe) à l’ouest et la mer Égée (golfe Saronique) à l’est. En son point le plus étroit, l’isthme mesure 6 km de large.

[10] La Trinacrie ou Thrinacie est le nom de la Sicile pour les Grecs anciens.