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L’histoire pour le plaisir

Zeus

mardi 18 novembre 2014 (Date de rédaction antérieure : 25 novembre 2013).

Zeus

Il est la plus éminente des divinités du Panthéon hellénique, que l’on retrouve sous les noms de Jupiter, Diovis, ou Jovis dans l’Italie latine et sous celui de Tinia en Etrurie.

Le poète Eschyle place son autel dans l’Ether ; les humains dressent ses premiers sanctuaires où logent sa divinité sur les montagnes les plus élevées ; ainsi en Attique [1], en Béotie [2], dans l’Arcadie [3], la Phocide [4], la Thessalie [5], la Troade [6]. De toutes ces montagnes, l’Olympe de Thessalie étant la plus majestueuse, Zeus est l’Olympien par excellence ; sur les hauteurs neigeuses il a installé sa cour ; voisin des nues, il en fait jaillir l’éclair, gronder le tonnerre et s’épancher les eaux fertilisantes ; il est l’assembleur de nuages, le dieu qui brandit la foudre et qui se couvre de l’égide, comme d’un bouclier.

Dieu de la lumière céleste, il a dans sa dépendance tous les grands phénomènes où se manifeste la vie cosmique. Il règle la succession du jour et de la nuit, le cours des saisons, l’action bienfaisante ou destructive des vents, les alternatives de froid et de chaleur, de bon et de mauvais temps, l’épanouissement des plantes, des animaux et des humains.

Les qualités morales du dieu concordent avec sa conception physique ; comme il est le roi suprême, il est le père très bon ; des hauteurs ou il réside, son regard s’étend au loin, Zeus est celui qui voit tout et qui pourvoit aux besoins de tous les êtres. Son intelligence infinie est l’expression de l’ordre et du droit ; Thémis est tantôt sa fille, tantôt son épouse.

Le plus ancien oracle de la Grèce est celui de Dodone où la religion de Zeus se perd dans la nuit des temps ; et l’oracle même de Delphes auquel préside Apollon, son fils préféré, n’est qu’une émanation de sa sagesse.

Comme Zeus est roi entre les Immortels, il est le principe de la royauté en général parmi les humains ; c’est ce que la mythologie exprime en lui donnant pour fils les grands rois de la terre, les héros éponymes des villes et des nations. La cour de l’Olympe est le prototype sur lequel l’épopée primitive conçoit les pouvoirs héroïques ; ou, pour être plus exact, le spectacle des grandes familles patriarcales fournit aux poètes les traits dont ils peignent et le ménage de Zeus et ses rapports avec les autres dieux. Agamemnon, dont la lignée remonte jusqu’à Zeus, groupe autour de sa personne, pour la guerre de Troie, les chefs des diverses peuplades helléniques, tout comme Zeus associe au gouvernement du monde les divinités olympiques. Non seulement les rois mortels tiennent de lui leur pouvoir, mais il intervient directement dans l’exercice de leurs fonctions ; il en édicte le statut fondamental, en leur donnant les Thémistes ; il garantit la liberté individuelle et le bon ordre, aussi bien dans la famille que dans l’État ; il inspire les sages résolutions, règle les rapports entre les voisins, sanctionne les traités d’alliance et les relations d’hospitalité, protège les suppliants, assure la sainteté du serment, venge l’iniquité et le parjure, surveille les actions bonnes et mauvaises et proportionne ses faveurs à l’observation de la justice.

Les poètes le font naître tantôt en Crète tantôt en Lydie [7], tantôt en Arcadie ; fils de Rhéa et de Cronos sauvé par sa mère tandis que le père dévorait les autres enfants. Cronos n’ayant obtenu de son frère Titan la cession du trône qu’à la condition de ne pas élever d’enfants mâles, Zeus devait être lui aussi dévoré en naissant par son propre père ; mais il fut sauvé par la ruse de Rhéa, qui substitua à l’enfant divin une pierre emmaillotée, que Cronos dévora. II fut élevé secrètement dans l’île de Crète, où il suça le lait de la chèvre-Amalthée, et où les Curètes et les Corybantes prirent soin de son enfance. Instruits de la fraude de Rhéa, Titan et ses fils attaquèrent Cronos, le détrônèrent et le jetèrent dans une prison ; mais Zeus, quoique n’étant encore âgé que d’un an délivra son père et le remplaça sur le trône.

Sa naissance est placée au printemps, ainsi crue son union sacrée avec Héra, union qui devient le prototype des mariages humains et qui, à Argos [8], à Platées [9], dans l’île de Samothrace [10], donne lieu à des fêtes d’un caractère symbolique. Avant d’obtenir l’empire du monde il lui faut le disputer aux anciens dieux, aux Géants et aux Titans, et surtout au plus industrieux d’entre eux, à Prométhée. Puis une révolte s’organise contre lui du fait des Olympiens ; il en triomphe avec l’aide de Thétis qui lui amène Aegeon. Alors seulement il procède au partage du monde entre ses frères Poseidon et Hadès, dont l’un reçoit l’empire de la mer, l’autre celui des régions souterraines [11] . Lui-même garde sa domination dans le ciel et sur la Terre, préposant les autres dieux, qui sont pour la plupart ses enfants, aux fonctions diverses de la royauté universelle. Maître absolu des éléments et des humains, il ne l’est pas au palais de l’Olympe ; l’imagination des Grecs tempère sa majesté idéale, par un élément d’observation ironique, en le mettant aux prises avec les jalousies d’une épouse acariâtre. Tantôt il sévit contre elle avec l’assistance de Hephaïstos, tantôt il cède à ses séductions, laissant endormir sa vigilance par les plaisirs de l’amour.

Comme il est le père au sens le plus complet du mot, les mythes locaux ont beau jeu de multiplier ses aventures ; la lutte des éléments dans la nature, le développement historique des familles royales et des nations, tout est occasion pour les poètes de raconter ses amours et ses métamorphoses.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Imago Mundi/encyclopédie/Zeus

Notes

[1] L’Attique est la région qui entoure Athènes. Elle est découpée en 139 dèmes et parallèlement, en trois grands secteurs : la ville (asty), la côte (paralia) et l’intérieur (mésogée). Les dèmes sont regroupés en trittyes qui elles-mêmes sont regroupées trois par trois, une de chaque secteur, pour constituer une tribu. Durant l’Antiquité, il s’agissait de l’une des plus importantes régions productrices d’huile d’olive ; huile qui était ensuite exportée par exemple vers l’Étrurie. La céramique d’Attique au 6ème siècle av. jc connaît également un certain succès. Des exportations massives de céramiques de cette région sont constatées toujours vers l’Étrurie à cette période.

[2] La Béotie est une région de Grèce centrale. Elle est bordée par l’Attique au sud-est, par le golfe d’Eubée à l’est, par la Phthiotide au nord, par la Phocide à l’ouest et par le golfe de Corinthe au sud. La capitale moderne est Livadiá, mot qui signifie prairie, pâturage, une réalité économique emblématique de la région. La capitale antique était Thèbes (actuelle Thiva).

[3] L’Arcadie est une région de la Grèce située au centre de la péninsule du Péloponnèse. Son relief est très montagneux, surtout au nord et elle est baignée à l’est par la mer Égée. Tirant son nom du personnage mythologique Arcas. L’Arcadie était un pays de villages, qui n’a jamais eu un poids fort dans la politique grecque. Mantinée et Tégée furent pourtant mêlées à l’expansion spartiate, principalement au 5ème siècle av.jc. Pendant longtemps l’Arcadie n’eut pas de gouvernement central : plus tard, Sparte ne pouvant plus s’y opposer, Megalopolis, capitale de toute l’Arcadie, fut bâtie en 370 avant jc. Ce pays fut d’abord gouverné par des rois,

[4] La Phocide est une région de Grèce centrale, à l’ouest de la Béotie, qui tire peut-être son nom des phoques du golfe de Corinthe, aujourd’hui disparus de la région.

[5] La Thessalie est une région historique et une périphérie du nord-est de la Grèce, au sud de la Macédoine. Durant l’antiquité cette région a, pour beaucoup de peuples, une importance stratégique, car elle est située sur la route de la Macédoine et de l’Hellespont. Elle possédait un important port à Pagases. Le blé et le bétail sont les principales richesses de la région et une ressource commerciale vitale. La Thessalie est aussi l’une des rares régions de Grèce où l’on peut pratiquer l’élevage des chevaux, d’où l’importante cavalerie dont disposaient les Thessaliens.

[6] La Troade est une ancienne région historique du nord-ouest de l’Asie mineure délimitée au nord par la Propontide, au sud par le golfe d’Adramyttion (qui donne sur l’île de Lesbos) et à l’Est par le mont Ida qui culmine à plus de 1700 m. Elle est quelquefois appelée Teucrie par les poètes, du nom de son premier roi Teucros. On y trouve les ruines de la ville de Troie. Cette région et l’Éolide faisaient partie de la Mysie.

[7] La Lydie est un ancien pays d’Asie Mineure, situé sur la mer Égée et dont la capitale était Sardes. Elle était connue par Homère sous le nom de Méonie. La Lydie est évoquée dans les légendes d’Héraclès et Omphale, ou de Tantale et Pélops. La Lydie était une région occidentale de l’Asie Mineure, bordée au nord par la Mysie, au sud par la Carie et à l’est par la Phrygie. Comprenant les vallées de l’Hermos et du Méandre, la Lydie était située sur le parcours des grandes routes commerciales, et disposait de nombreuses ressources minières propres.

[8] Argos est une ville d’Argolide dans le Péloponnèse, située près de Nauplie. Située au pied de deux acropoles remontant à l’antiquité Argos fut définitivement éclipsée par Sparte à partir du 6ème siècle av. jc. Elle ne participa pas aux guerres médiques. La rivalité avec Sparte explique qu’Argos ait adopté systématiquement un parti anti-laconien pendant la guerre du Péloponnèse, soit en restant neutre, soit en s’alliant à Athènes. La bataille de Mantinée, en 418 av. jc, finit par convaincre Argos de s’allier avec Sparte. Elle rompit cependant son traité au début de la guerre de Corinthe, en 395 av. jc. Pyrrhus s’attaqua à Argos en 272 avant notre ère, au cours de sa guerre contre le Macédonien Antigone II Gonatas. Il y fut tué, en recevant une tuile lancée depuis un toit par une vieille femme.

[9] Platées ou Platée est une cité de Béotie sur le versant nord du Cithéron, au sud-ouest de Thèbes, qui a joué un rôle important lors des guerres médiques. Au 6ème siècle av.jc, Platées est l’une des cités béotiennes qui préfèrent l’alliance avec Athènes à la domination de Thèbes au sein de la première confédération béotienne.

[10] Samothrace est une île de la mer Égée, dans la partie de la mer de Thrace, entre Imbros et Thasos à proximité des côtes de la Thrace. L’île est peuplée dès l’Antiquité et abrite le sanctuaire des Grands Dieux, un culte à mystères, sans doute d’origine préhellénique ou phénicienne, qui fait de l’île, aux yeux des Grecs, un lieu sacré. Sa position avancée vers la Thrace et l’Hellespont en fait un lieu de syncrétisme religieux.

[11] Enfers