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L’histoire pour le plaisir

Julien d’Éclane

vendredi 15 juin 2012

Julien d’Éclane (vers 386-454)

Évêque italien du 5ème siècle

Né en Apulie il fut l’une des principales figures du mouvement pélagien. Il était fils d’un évêque d’Apulie nommé Memorius, et sa mère s’appelait Juliana. Vers 404, il devint lecteur dans la cathédrale de son père, et peu après épousa une femme appelée Ia. Paulin de Nole, ami de la famille, composa à cette occasion un épithalame. Vers 410, Julien était devenu diacre, et vers 416/417, le pape Innocent 1er le consacra évêque d’Éclane en Campanie.

Zosime, successeur d’Innocent 1er, rouvrit le procès de Pélage et Célestius, condamnés par les évêques de la province d’Afrique dans un concile tenu à Carthage. En 418, il émit contre eux une “Epistula Tractatoria”* (circulaire d’excommunication). Julien d’Éclane fut l’un des 18 évêques italiens qui refusèrent d’y souscrire. En conséquence, il fut déposé de son siège en vertu d’un édit de l’empereur Honorius en mars 418, prononçant le bannissement de tous les “pélagiens”. Julien adressa 2 lettres au pape Zosime, dont l’une circula en Italie. Vers la même époque, il adressa aussi une lettre à Rufus, évêque de Thessalonique, où il accusait les adversaires de Pélage et Célestius d’être des “manichéens” ; c’est l’une des 2 lettres auxquelles répond saint Augustin dans son “Contra duas epistulas Pelagianorum”.

Julien composa une réfutation en 4 livres du “De nuptiis et concupiscentia” de saint Augustin, où il l’accusait à nouveau de manichéisme ; Augustin y répondit par le “Contra Julianum Pelagianum”. Julien fut chassé d’Italie en 421 et se réfugia avec d’autres pélagiens en Cilicie auprès de l’évêque Théodore de Mopsueste, celui-ci, que Marius Mercator accuse d’avoir été, par l’entremise de son disciple Rufin le Syrien, à l’origine du pélagianisme, écrivit en tout cas contre les “Dialogi in Pelagianos” de saint Jérôme une réfutation intitulée Contre ceux qui disent que l’homme pèche par nature et non par intention.

Le Contra Julianum Pelagianum parvint à Julien, qui en rédigea une réponse en 8 livres. Augustin, à son tour, y répondit dans un texte qu’il n’acheva pas, connu sous le nom “d’Opus imperfectum”. Après l’élection comme pape de Célestin 1er en septembre 422, il retourna en Italie, espérant se faire mieux entendre du nouveau pontife, mais celui-ci le repoussa et le força à un nouvel exil ; ayant gagné Constantinople, il fut également très mal reçu par le patriarche Attique.

L’élection comme patriarche de Constantinople, en avril 428, de Nestorius, disciple de Théodore de Mopsueste, lui ouvrit de nouvelles perspectives. Le patriarche commença effectivement par les défendre, lui et ses partisans, et écrivit même plusieurs lettres à leur sujet au pape Célestin, mais il finit par devoir se justifier lui-même de cette prise de position dans un discours public transmis en traduction latine par Marius Mercator. Ce dernier présenta en 429 à l’empereur Théodose II son “Commonitorium super nomine Caelestii”, où il récapitulait la querelle pélagienne, et Julien et ses partisans furent en conséquence expulsés de Constantinople par édit impérial. À la fin de 430, Célestin 1er tint un concile à Rome qui renouvela la condamnation du pélagianisme.

Julien semble avoir été présent au concile d’Éphèse en juin-juillet 431, mais il y fut nommément condamné. Il pu nourrir à nouveau des espérances avec l’élection comme pape de Sixte III en 432, le nouveau pontife s’étant montré dans le passé favorablement disposé envers les pélagiens ; mais à l’instigation notamment du prêtre Léon, collaborateur du pape qui fut son successeur sous le nom de Léon 1er, il fut à nouveau très mal accueilli et chassé. On n’entend plus ensuite parler de lui.