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Zosime (Pape)

mardi 30 septembre 2014

Zosime (Pape)

pape de 417 à 418

On ne sait que peu de chose sur sa vie si ce n’est qu’il est grec, que son père s’appellerait Abram et que sa famille serait d’origine juive, convertie au christianisme.

Successeur d’Innocent 1er, il fut élu unanimement le 9 mars 417. Zosime est un Grec, étranger à la mentalité romaine, pourvu de bonnes intentions mais dépourvu de tact et de diplomatie.

À cette époque, Célestius, qui partageait les idées de Pélage, déjà condamné par saint Innocent, vint à Rome et porta son appel de la condamnation prononcée contre lui-même par le concile de Carthage.

Zosime mit dans l’instruction de cette affaire toute la circonspection et toute la prudence d’un juge qui veut être convaincu. Il entendit l’accusé dans une assemblée composée de prêtres et d’évêques. Il lui fit même promettre de condamner tout ce qui serait condamné par le Saint-Siège. Néanmoins il ne leva point l’excommunication et prit un délai de 2 mois afin de pouvoir écrire en Afrique et en recevoir des réponses.

Le pape écrivit lui-même aux évêques d’Afrique, pour être parfaitement informé des motifs de leur jugement. Mais Célestius et Pelage trouvèrent des amis qui parvinrent à s’emparer de la religion du saint pontife, il les reconnut innocents et alla même jusqu’à punir 2 envoyés de Carthage, qui étaient venus à Rome pour soutenir la décision du concile.

Zosime reçut alors une lettre de Praïle, évêque de Jérusalem, successeur de Jean qui lui recommandait spécialement l’affaire de Pelage, pour lequel il était aussi affectionné que l’avait été son prédécesseur. Le pape, prévenu par cette lettre et par une profession de foi de Pelage qui y était jointe, en faveur des intentions de cet hérésiarque, écrivit aux évêques d’Afrique une seconde lettre plus forte que la première et dans laquelle il témoignait être persuadé de la sincérité de Pelage et blâmait même Héros et Lazare, qui avaient pour eux l’estime de saint Augustin.

Après la nouvelle lettre synodale du concile de Carthage du 1er mai 418 au pape, et après les mesures prises par l’empereur Honorius contre les pélagiens [1], Zosime reconnut le vrai caractère des hérétiques. Il écrivit alors une lettre à tous les évêques, spécialement à ceux d’Afrique, où il expliqua solidement la doctrine catholique sur le péché originel et la grâce de Jésus-Christ.

18 évêques refusèrent de la souscrire. À leur tête était Julien d’Eclane. Ces 18 réfractaires donnèrent le premier exemple de l’appel d’une constitution dogmatique du Saint-Siège au futur concile général. Tous les évêques d’Afrique tinrent un nouveau concile et, avec le secours et l’éloquence de saint Augustin, parvinrent à faire triompher la vérité. Zosime reconnut qu’il avait été trompé. Il ordonna un nouvel examen, et le premier jugement fut rétracté.

Prévenu de même en faveur de Patrocle , évêque d’Arles, Zosime accorda à ce siège, en 417, un droit de primatie pour les ordinations et les jugements, qui fut par la suite un grand sujet de contestation et qui ne fut pas soutenu par les papes, ses successeurs.

Il s’aliène les évêques de Gaule en tentant d’imposer son protégé à la tête des diocèses de Vienne et Narbonne. L’évêque de Marseille, Proculus, encourut l’indignation de ce pape pour avoir affecté les droits de métropolitain sur la deuxième Narbonnaise. Une autre contestation s’élevait entre lui et les évêques d’Afrique, au sujet d’un prêtre nommé Apiarius, qui appelait au Saint-Siège de l’excommunication prononcée contre lui par l’évêque, lorsqu’une maladie enleva le pape, le 26 décembre 418.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Nominis/Histoire des saints/ Saint Zozime/

Notes

[1] Le pélagianisme est le courant considéré comme hérétique par l’Église catholique, issu de la doctrine du moine Pélage. Pélage minimisait le rôle de la grâce et exaltait la primauté et l’efficacité de l’effort personnel dans la pratique de la vertu. Il soutenait que l’homme pouvait, par son seul libre arbitre, s’abstenir du péché, niait la nécessité de la grâce, le péché originel, les limbes pour les enfants morts sans baptême. En effet, pour le moine breton les hommes ne doivent pas supporter le péché originel d’Adam dans leurs actions et ne doivent donc pas se rédimer à jamais. Trois conciles s’étaient opposés à cette doctrine : ceux de Carthage, 415 et 417, et celui d’Antioche en 424. Le Concile oecuménique d’Éphèse, en 431, condamna cette hérésie en dépit des correctifs que Pélage inséra dans ses apologies. Le pélagianisme subsista jusqu’au 6ème siècle. Il fut surtout combattu par saint Augustin qui a tout fait pour que Pélage soit excommunié car il le considérait comme un disciple du manichéisme. En 426, l’Église catholique romaine excommunie Pélage.