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Proculus dit Procule de Marseille

mardi 22 juillet 2014

Proculus dit Procule de Marseille

Évêque de Marseille de 380 à 430

Au début de son ministère, il participe en 381 au concile d’Aquilée [1] où il s’agit de régler des questions relatives à l’arianisme [2]. Avec l’évêque d’Orange, il représente dans cette assemblée ses collègues des trois provinces de la Viennoise et des deux Narbonnaises. La grande province de la Narbonnaise avait été divisée une première fois en 284 en deux, la Narbonnaise sur la rive droite du Rhône et la Viennoise. Cette dernière province sera également divisée en deux en 381, la Viennoise et la Narbonnaise seconde.

Les villes de Marseille et d’Arles se trouvaient dans la Viennoise tandis qu’Aix-en-Provence se situait dans la Narbonnaise seconde.

Conformément au concile de Nicée de 325, il devait y avoir dans chaque cité un évêque et dans chaque province un évêque métropolitain avec juridiction sur les autres évêques. Il devait donc y avoir un métropolitain à Vienne et un à Aix-en-Provence.

Proculus ne reconnaît pas l’autorité de Vienne, chef lieu de la province, pas plus que celle d’Arles. En 398 le concile de Turin [3] rappelle le principe décidé à celui de Nicée, mais fait une exception pour Proculus en le reconnaissant comme métropolitain pour la Narbonnaise seconde bien que l’évêché de Marseille ne fasse pas partie de cette province. Aix-en-Provence, Apt, Gap, Fréjus et Antibes sont ainsi ses suffragants. Cette dérogation devait s’éteindre avec sa mort.

Il s’affronte avec le nouvel évêque d’Arles, Patrocle qui réclame la restitution des 2 paroisses, Saint-Jean-de-Garguier près de Gémenos et Ceyreste près de La Ciotat. Ces paroisses faisaient partie de celles d’Arles mais la proximité géographique les avait fait considérer comme les dépendances de Marseille. Le pape Zosime intervient en faveur de Patrocle par lettre du 22 mars 417, mais Proculus ne se soumet pas. La mort du pape Zosime le 26 décembre 418 met fin au conflit.

Il vivra encore une dizaine d’années puisque le pape Célestin se plaint en 428 aux évêques de la Viennoise et de la Narbonnaise que l’évêque Proculus se soit réjoui du meurtre de son frère Patrocle.

C’est durant le pontificat de Proculus, prélat énergique et entreprenant, qu’il faut faire remonter les 2 grandes fondations de cette époque, l’abbaye Saint-Victor de Marseille [4] et la première cathédrale de la ville.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Raoul Busquet, Histoire de Provence, Imprimerie nationale de Monaco, 1954, p. 83

Notes

[1] Le concile d’Aquilée s’est réuni en septembre 381 dans la ville d’Aquilée. Le pape Damase Ier étant en lutte contre l’antipape Ursin, ne pu s’y faire représenter. Ce concile condamna les évêques ariens Pallade et Sécondien et demanda à l’empereur Gratien de ne pas croire aux calomnies propagées par Ursinus contre Damase.

[2] Hérésie chrétienne qui a cours du 4ème au 6ème siècle sur l’instigation d’Arius, condamné par l’Eglise en 325 et en 381. Cette doctrine niant la consubstantialité du Fils avec le Père , c’est-à-dire niant l’essence divine de Jésus, se scinde ensuite en plusieurs tendances qui rencontrent un vaste écho dans l’Empire et hors de celui-ci.

[3] Le concile de Turin est un concile qui se tint à Turin, à la fin du 4ème siècle ou au début du 5ème siècle, sur la convocation de l’évêque de Milan, Simplicien, à la demande d’évêques de Gaule, afin de régler certains différends frontaliers.

[4] L’abbaye Saint-Victor de Marseille a été fondée au ve siècle par Jean Cassien, à proximité des tombes de martyrs de Marseille, parmi lesquels saint Victor de Marseille, qui lui donna son nom. L’abbaye prit une importance considérable au tournant du premier millénaire par son rayonnement dans toute la Provence.