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Héros d’Arles

mercredi 23 juillet 2014

Héros d’Arles (mort ap.420)

Archevêque d’Arles de 408 à 411

En 407, les troupes d’occupation romaines en Angleterre élisent comme empereur leur général en chef qui prend le nom de Constantin III. Constantin III passe à Trèves et à Lyon pendant l’été 407, puis marche sur Arles à la fin de cette même année, ou au début de 408. Il y entre et s’y installe comme empereur.

Il place alors sur les sièges épiscopaux de la région des hommes à lui, Lazarus à Aix et Héros à Arles. Ce sont les premiers moines évêques de l’épiscopat provençal.

Originaires de Touraine, Héros et Lazare sont des disciples de saint Martin. Si à Arles, cette prise de fonction semble s’être déroulée sans violence, tel n’est pas le cas à Aix, où le sang coule dans la cathédrale. Héros et Lazarus sont aussi des proches de l’évêque de Marseille, Proculus.

En 411, quand Constantin est assiégé dans la cité par Constance le général de l’empereur Honorius, Héros ne peut, ou ne veut, sacrifier Constantin lorsque la ville est livrée à la fin de l’été après un siège de plusieurs mois. Constantin abandonné par les arlésiens essaye de négocier sa vie sauve. Et en dépit des serments de Constance il n’est pas rassuré. Héros lui donne alors la protection de l’asile religieux et pour plus de sécurité, l’évêque d’Arles l’ordonne prêtre. Toutefois, ces précautions ne suffisent pas : Constantin est arraché de l’autel, et peu de jours après, sa tête expédiée à l’empereur légitime de Ravenne.

Quant à Héros, il est expulsé purement et simplement par la population. Son collègue d’Aix Lazarus est évincé par le même procédé. A Arles, Héros est aussitôt remplacé par une créature de Constance, Patrocle .

Chassés d’Arles et d’Aix, les deux évêques partent en Palestine où ils poursuivent Pélage lors de la crise du pélagianisme [1].

Pélage avait trouvé en Palestine un excellent accueil, notamment auprès de Jean II , l’évêque de Jérusalem. Mais Héros et Lazarus ainsi que Orose , qu’Augustin avait chargé d’une mission auprès de Jérôme, l’accusent d’hérésie, lui reprochant principalement d’avoir enseigné qu’il était possible à l’humain de vivre sans péché, et d’observer, avec sa seule force, les commandements de Dieu.

Après le concile de Jérusalem en 414 où ses adversaires ne peuvent obtenir la condamnation de Pélage, Orose obtient que l’affaire soit déférée à l’évêque de Rome. En Orient, Héros et Lazarus s’obstinent et produisent contre Pélage 12 chefs d’accusation qui sont produits la même année devant un concile tenu à Diospolis [2] et présidé par Euloge, évêque de Césarée.

N’étant pas présents, Héros et Lazare ne peuvent démontrer l’hérésie de Pélage.

Les dernières années d’Héros sont moins connues. On suppose qu’à l’instar de Lazarus il revient vers 415/417 en Provence. Lors de ce voyage de retour, Jean Cassien les aurait accompagnés.

La “Gallia Christiana novissima” signale son épitaphe et qu’il ne serait pas mort avant 420.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Paul-Albert Février/La Provence des origines à l’an mil/ 1989/ Editions Ouest-France

Notes

[1] Le pélagianisme est le courant considéré comme hérétique par l’Église catholique, issu de la doctrine du moine Pélage. Pélage minimisait le rôle de la grâce et exaltait la primauté et l’efficacité de l’effort personnel dans la pratique de la vertu. Il soutenait que l’homme pouvait, par son seul libre arbitre, s’abstenir du péché, niait la nécessité de la grâce, le péché originel, les limbes pour les enfants morts sans baptême. En effet, pour le moine breton les hommes ne doivent pas supporter le péché originel d’Adam dans leurs actions et ne doivent donc pas se rédimer à jamais. Trois conciles s’étaient opposés à cette doctrine : ceux de Carthage, 415 et 417, et celui d’Antioche en 424. Le Concile oecuménique d’Éphèse, en 431, condamna cette hérésie en dépit des correctifs que Pélage inséra dans ses apologies. Le pélagianisme subsista jusqu’au 6ème siècle. Il fut surtout combattu par saint Augustin qui a tout fait pour que Pélage soit excommunié car il le considérait comme un disciple du manichéisme. En 426, l’Église catholique romaine excommunie Pélage.

[2] anciennement Lydda