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Johannes Cassianus dit Jean Cassien

dimanche 27 avril 2014

Johannes Cassianus dit Jean Cassien (360/365-433 :435)

Johannes Cassianus dit Jean Cassien fondateur de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille

Né en Scythie [1], c’est un moine et homme d’Église méditerranéen qui a marqué profondément les débuts de l’Église en Provence au 5ème siècle. Il est le fondateur de l’abbaye de Saint-Victor de Marseille [2].

Il a laissé une œuvre doctrinale importante, dont les Institutions cénobitiques “De Institutis coenobiorum” et “de octo principalium vitiorum remediis”, écrit vers 420 et les Conférences Conlationes ou Collationes, ouvrages consacrés à la vie monastique, qui ont profondément influencé le monachisme occidental du 5ème siècle à nos jours, notamment en raison de leur reprise dans la règle de saint Benoît, mais aussi parce qu’ils s’appuyaient sur l’expérience que fit Cassien du grand monachisme oriental, celui des déserts de Palestine et d’Égypte. Cassien établit un pont entre le monachisme d’Orient et celui d’Occident.

Il part très jeune avec son ami Germain pour se rendre dans un monastère dans la Province de Syrie. Ce premier contact avec le monachisme cénobitique, qui dure seulement 2 ans, lui permet de s’enrichir de la tradition du monachisme palestinien, dépourvu de tradition mystique dont il ne gardera pas un grand souvenir.

Vers 390, il obtient la permission de quitter le monastère pour aller avec Germain en Égypte à la rencontre des anachorètes [3] de la Thébaïde [4]. Lorsque les moines adeptes d’ Évagre le Pontique , disciple d’Origène sont dispersés en 400 par l’évêque Théophile d’Alexandrie, Jean Cassien quitte l’Égypte et retourne brièvement à Bethléem avant de rejoindre Constantinople.

Les moines « origénistes » se rendent à Constantinople, et Jean Cassien reçoit les enseignements deSaint Jean Chrysostome qui l’ordonne diacre et lui donne la charge des trésors de sa cathédrale. Après l’exil de son maître spirituel en 404, il se rend à Rome ou il est chargé de solliciter l’intercession du pape Innocent 1er en faveur de l’évêque.

Vers 415, il revient de Palestine avec l’ancien évêque d’Aix-en-Provence Lazare .

Il se fixe par la suite en Occident et fonde, en 414 ou 415, 2 monastères à Marseille, Saint-Victor pour les hommes et Saint-Sauveur pour les femmes.

Selon la tradition, il aurait demandé à l’évêque de Marseille, Proculus , un ami de Lazare rencontré en Palestine, l’autorisation de fonder un monastère près de la grotte où reposaient les reliques de saint Lazare et de saint Victor. Il aurait même fait construire près de cette grotte, deux églises, l’une dédiée à saint Pierre et saint Paul, l’autre à saint Jean-Baptiste. On assure que 5000 moines y vivaient sous sa discipline.

Il a longtemps été considéré à l’origine du semi pélagianisme, doctrine condamnée lors du Concile d’Orange [5], en 529. Mais cela n’empêcha pas l’Église catholique et les Églises orthodoxes de l’en disculper du fait même de sa reconnaissance comme saint et Père de l’Église.

Jean Cassien s’est fortement inspiré de l’œuvre d’Evagre le Pontique, qu’il a probablement rencontré à Nitrie [6], notamment en ce qui concerne la prière et la théorie des huit principaux vices. Il est également influencé par Origène, dont il a lu le Traité des principes et dont il développe la doctrine des quatre sens de l’Écriture par saint Jean Chrysostome, saint Augustin, saint Basile et saint Jérôme.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Jean Cassien/Portail de Marseille/ Philocalie des Pères neptiques

Notes

[1] actuelle Roumanie

[2] L’abbaye Saint-Victor de Marseille a été fondée au ve siècle par Jean Cassien, à proximité des tombes de martyrs de Marseille, parmi lesquels saint Victor de Marseille, qui lui donna son nom. L’abbaye prit une importance considérable au tournant du premier millénaire par son rayonnement dans toute la Provence. L’un de ses abbés, Guillaume de Grimoard, fut élu pape en 1362 sous le nom d’Urbain V. À partir du 15ème siècle, l’abbaye entama un déclin irrémédiable.

[3] L’ermite ou l’anachorète est une personne (le plus souvent un moine) qui a fait le choix d’une vie spirituelle dans la solitude et le recueillement. Les ermites étaient à l’origine appelés anachorètes, l’anachorétisme (ou érémitisme) étant l’opposé du cénobitisme. L’ermite partage le plus souvent sa vie entre la prière, la méditation, l’ascèse et le travail. Dans l’isolement volontaire, il est à la recherche ou à l’écoute de vérités supérieures ou de principes essentiels.

[4] La Thébaïde, était une région méridionale de l’Égypte antique. Son nom provient de sa capitale Thèbes. On comprend sous cette appellation, tantôt seulement les sept nomes de la Haute-Égypte (Tentyra, Coptos, Thèbes, Hermonthis, Latopolis, Apollinopolis Magna, Ombos), tantôt les huit qui forment la partie sud de la Moyenne-Égypte (Diospolis Parva, Abydos, This, Chemmis, Aphroditopolis, Antaeopolis, Hypselis, Lycopolis), ainsi que la Grande Oasis, qui sous les Romains formait aussi un nome. Sous les Ptolémées, la Thébaïde forma un district administratif dirigé par l’Épistratège de Thèbes, qui avait également la responsabilité de la navigation sur la mer Rouge et l’océan Indien. Sous l’Empire romain, Dioclétien créa la province de Thébaïde, contrôlées par les légions. Elle fut ultérieurement divisée en Thébaïde supérieure pour la moitié méridionale avec Thèbes pour chef-lieu, et Thébaïde inférieure pour la moitié septentrionale avec pour chef-lieu Ptolémaïs. La partie habitée de la Thébaïde était entourée à l’est et à l’ouest de déserts dans lesquels se retirèrent les premiers ermites et anachorètes chrétiens, comme saint Macaire, saint Pacôme, saint Antoine l’Ermite ; cela explique le sens de « lieu isolé et sauvage », servant de retraite, que le mot a pris en français dans la langue littéraire.

[5] Le concile d’Orange de 529, est un concile régional qui a été présidé par l’archevêque d’Arles, Césaire d’Arles. Ce concile a condamné le semi-pélagianisme et a donné une formulation théologique de la grâce telle qu’elle avait été prônée par Augustin d’Hippone, contre ceux qui, comme Jean Cassien, Faust de Riez et Vincent de Lérins, donnaient un rôle plus important au libre arbitre.

[6] Nitrie est un haut-lieu du monachisme orthodoxe en Egypte, à partir du 4ème siècle. Le site monastique de Nitrie a été fondé vers 325 par Amoun, contemporain d’Antoine le Grand. Peu après, vers 338, Amoun se voit obligé de fonder Kellia (Les Cellules) – à 18 km sud de Nitrie –, comme un skite en dépendance de Nitrie, un lieu plus tranquille et plus solitaire que le centre monastique de Nitrie, où la population monastique était dans un continuel accroissement.