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L’histoire pour le plaisir

Jean Chrysostome

mercredi 7 septembre 2011

Jean Chrysostome (vers 344-407)

Archevêque de Constantinople

C’est un saint de l’Église catholique romaine, de l’Église orthodoxe et de l’Église copte. Sa famille, chrétienne, appartient à la bourgeoisie d’Antioche. Son père, officier dans l’armée syrienne, trouve la mort alors qu’il est encore enfant. Il est alors élevé par sa mère. Devenu adolescent, il aurait reçu, selon certains auteurs chrétiens du 5ème siècle, l’enseignement du célèbre orateur et professeur de rhétorique Libanios.

À 18 ans, il demande le baptême, après avoir rencontré l’évêque Mélétios. Il commence alors à suivre des cours d’exégèse auprès de Diodore de Tarse.

Après avoir terminé ses études supérieures, il reçoit les ordres mineurs, puis s’installe en ermite aux portes d’Antioche, et se consacre à la théologie. Il compose alors son traité Du Sacerdoce, influencé par les idées de Grégoire de Nazianze.

Durant l’hiver 380/381, il est ordonné diacre par Mélétios à Antioche. Quelques années plus tard, il est ordonné prêtre. Il devient alors prédicateur et directeur spirituel. Il poursuit son travail d’écriture, et rédige de nombreux traités. Il acquiert une certaine célébrité pour son talent d’orateur.

En 397, Nectaire, archevêque de Constantinople, trouve la mort. Au terme d’une bataille de succession acharnée, l’empereur Arcadius choisit Jean. Il s’élève alors avec une grande force contre la corruption des mœurs et la vie licencieuse des grands, ce qui lui attire beaucoup de haines violentes. Il destitue les prêtres ou les évêques, qu’il juge indignes, parmi lesquels l’évêque d’Éphèse, et ramène de force à leur couvent les moines vagabonds. Il s’attaque également aux hérétiques, aux Juifs et aux païens. Il tient un langage ordurier à l’égard des Juifs, les traitant de porcs.

Il impose son autorité aux diocèses d’Asie Mineure alentour. Répugnant à ses devoirs de représentation, il prend seul ses repas et impose un mode de vie frugal et austère à son entourage.

S’il jouit au départ de la faveur du couple impérial, il s’attire rapidement l’inimitié des classes supérieures et des évêques. Lorsque il ordonne le retour des reliques de saint Phocas, l’impératrice Eudoxie, épouse d’Arcadius, se charge en personne de porter la châsse à travers la ville, ce dont Jean la remercie ensuite vivement dans une homélie. En 399, son influence parvient à sauver l’eunuque Eutrope, disgracié et réfugié dans la cathédrale, et qui avait pourtant été un temps parmi ses adversaires. Cependant, l’inimitié de la cour impériale va croissant. Il finit par blesser vivement Eudoxie en lui reprochant l’accaparement d’une somme appartenant à la veuve Callitrope et des biens d’une autre veuve. Il aurait comparé l’impératrice à l’infâme reine Jézabel de l’Ancien Testament.

En 402, il est pris dans l’affaire de Théophile, patriarche d’Alexandrie, accusé publiquement de tyrannie et d’injustice par un groupe de moines, accusés d’êtres disciples d’Origène. Ces derniers font appel à Jean, qui tente de se récuser, mais doit finalement accepter de présider un synode, convoqué par l’empereur, devant lequel Théophile est censé se présenter. Théophile engage alors la lutte contre son juge, en rassemblant tous les mécontents. Arrivant finalement à Constantinople en juin 403, Théophile est accompagné de 29 évêques égyptiens. L’affaire se retourne alors contre Jean. Il est convoqué par ces évêques pour répondre des accusations formulées contre lui à un concile qui a lieu dans la villa du Chêne près de Chalcédoine. Il est alors déposé et condamné, condamnation ratifiée par Arcadius.

Il est aussitôt rappelé à la demande de l’impératrice qui, à la suite d’un mystérieux accident y voit un avertissement du Ciel. Cependant, les accusations reprennent contre lui. Il se montre peu diplomate, commençant un sermon par une allusion à Hérodiade réclamant la tête de Jean le Baptiste. Finalement, il est une 2ème fois condamné et exilé à Cucusus, en Arménie. Il est remplacé au siège du patriarcat le 26 juin 404 par un vieillard, Arsace, auquel succède très vite Atticus, un ennemi de Jean. Peu de temps après, il doit se réfugier au château d’Arabisse pour fuir une incursion des Isauriens. En 407, sur ordre impérial, il est envoyé à Pithyos, sur la mer Noire, aux confins de l’empire. Affaibli par la maladie, il meurt au cours du voyage près de Comana dans le Pont.

L’Église romaine est toujours restée fidèle à l’évêque Jean. Le pape Innocent 1er lui écrivit dans son exil pour le consoler. Il condamna le concile du Chêne qui l’avait déposé.

En 438, l’empereur Théodose II fait rapatrier les restes de Jean à Constantinople, qui sont déposés dans l’église des Saints Apôtres.