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L’histoire pour le plaisir

Paul Orose

mercredi 1er octobre 2014

Paul Orose (mort vers 418)

Prêtre et apologiste du 5ème siècle

Né à Bracara Augusta [1]. En 414, il quitte l’Hispania, occupée par les Suèves [2] depuis 409 pour rejoindre saint Augustin à Hippone [3] en Afrique. Il souhaitait le consulter au sujet de l’hérésie du priscillianisme [4].

Ce dernier l’envoya en Palestine vers 415, pour seconder Jérôme dans son combat contre le pélagianisme [5]. Orose participa au synode de Jérusalem en juillet 415 et publia contre cette hérésie “l’Apologeticus de arbitrii libertate”. La mission fut toutefois un échec, puisque les évêques orientaux ne condamnèrent pas Pélage.

De retour à Hippone, il rapportait avec lui un volumineux courrier pour les évêques d’Afrique et de Numidie [6], ainsi qu’un fragment des reliques du protomartyr Étienne, que Lucien de Kaphar Gamala avait découvertes à Jérusalem pendant la tenue du concile de Diospolis. Il rédige alors une Histoire contre les païens [7], car, en 414, Augustin d’Hippone lui avait demandé un dossier historique pour compléter les livres I-V de la Cité de Dieu.

En 414, Augustin d’Hippone demande à Orose de composer un recueil des malheurs du temps. En effet, dans la Cité de Dieu, l’évêque d’Hippone cherchait à prouver que le sac de Rome par Alaric en 410 n’était pas la conséquence de l’abandon du paganisme. Il fallait donc prouver que les hommes n’étaient pas plus heureux avant l’époque chrétienne.

Mais Orose, s’il conserve le “praeceptum augustinianum”, c’est-à-dire l’idée de raconter les malheurs du monde depuis son origine jusqu’à son époque, va détourner le projet augustinien en lui donnant trois axes méthodologiques originaux. Il intègre l’histoire des peuples orientaux, il associe, conformément au postulat d’Eusèbe de Césarée, l’histoire de l’Empire romain et celle du christianisme. En effet, comme le mal serait la conséquence du péché des hommes, plus le christianisme progresse moins l’homme subit les malheurs de l’histoire. Il situe les invasions barbares dans le cadre d’une eschatologie millénariste fondée sur des parallèles chronologiques entre Babylone, Rome, Carthage et la Macédoine. D’après son exégèse du livre de Daniel, il reste 2 siècles avant la fin du monde.

Pour lui ces 2 siècles seront des temps chrétiens [8] basés sur la concorde dans le cadre d’une christianisation universelle, notamment des Germains.

Bien que destinataire de la dédicace, Augustin d’Hippone ne pouvait approuver l’œuvre d’Orose pour plusieurs raisons. Orose confond la cité terrestre et la cité céleste, il affirme l’existence d’une action providentielle dans l’histoire politique, il associe l’histoire de l’Empire Romain à celle du Christianisme et il spécule sur la fin du monde.

C’est pourquoi, en 425 dans le livre XVIII de la Cité de Dieu, il réfute les idées historiques d’Orose.

Il est probablement mort vers 418, alors qu’il retournait dans la péninsule ibérique. On sait qu’il aborda aux Baléares et, la saison étant déjà bien tardive pour naviguer, il avait sans doute le projet de gagner Tarragone par mer, puis de finir son voyage jusqu’à Bracara Augusta par voie de terre. Il séjourna quelque temps à Minorque à la fin de 417, ne pu passer en Hispania comme il l’espérait, et décida de revenir en Afrique. Avant d’embarquer, il confia à l’évêque Sévère les reliques d’Étienne qui se révélèrent miraculeuses.

À partir de là, les traces d’Orose se perdent ; on n’a plus aucun témoignage de son existence, et il est probable qu’il disparut dans un naufrage au cours de la traversée.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Paul Orose/ Portail de l’histoire/ Écrivain romain du Ve siècle

Notes

[1] actuellement Braga

[2] Dans le cadre des Grandes Invasions, les Suèves se sédentarisent dans la région correspondant à l’actuelle Galice et au nord du Portugal au début du 5ème siècle. Ce royaume suève prend Bracara Augusta, actuelle Braga, comme capitale et existe de 410 à 584, année de son effondrement devant l’armée du royaume wisigoth dirigée par le roi Léovigild.

[3] Hippone est le nom antique de la ville d’Annaba, se trouvant au Nord-Est de l’Algérie. Elle devint l’une des principales citées de l’Afrique romaine. Saint Augustin fut évêque de la ville de 396 jusqu’à sa mort en 430. Au 5ème siècle, Hippone est devenue le foyer du christianisme sous l’épiscopat de Saint Augustin évêque de la ville de 396 jusqu’à sa mort en 430. Hippone est ensuite prise par les Vandales en 431 puis par les Byzantins en 533.

[4] Le priscillianisme est une des premières hérésies condamnées par la jeune Église de Rome. Certains la rapprochent de celle des pauliciens.

[5] Le pélagianisme est le courant considéré comme hérétique par l’Église catholique, issu de la doctrine du moine Pélage. Pélage minimisait le rôle de la grâce et exaltait la primauté et l’efficacité de l’effort personnel dans la pratique de la vertu. Il soutenait que l’homme pouvait, par son seul libre arbitre, s’abstenir du péché, niait la nécessité de la grâce, le péché originel, les limbes pour les enfants morts sans baptême. En effet, pour le moine breton les hommes ne doivent pas supporter le péché originel d’Adam dans leurs actions et ne doivent donc pas se rédimer à jamais. Trois conciles s’étaient opposés à cette doctrine : ceux de Carthage, 415 et 417, et celui d’Antioche en 424. Le Concile oecuménique d’Éphèse, en 431, condamna cette hérésie en dépit des correctifs que Pélage inséra dans ses apologies. Le pélagianisme subsista jusqu’au 6ème siècle. Il fut surtout combattu par saint Augustin qui a tout fait pour que Pélage soit excommunié car il le considérait comme un disciple du manichéisme. En 426, l’Église catholique romaine excommunie Pélage.

[6] La Numidie est d’abord un ancien royaume berbère, qui alterna ensuite entre le statut de province et d’état vassal de l’Empire romain. Elle est située sur la bordure nord de l’Algérie moderne, bordé par la province romaine de Maurétanie, de nos jours l’Algérie et le Maroc, à l’ouest, la province romaine d’Afrique, la Tunisie, à l’est, la mer Méditerranée vers le nord , et le désert du Sahara vers le sud. Ses habitants étaient les Numides.

[7] Historiae contra paganos

[8] Les tempora christiana sont une expression d’Augustin d’Hippone