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Léon 1er le Grand

samedi 19 septembre 2015 (Date de rédaction antérieure : 21 août 2011).

Léon 1er le Grand

Pape de 440 à 461

Né à Volterra  [1] en Toscane il joua un grand rôle dans la chrétienté des premiers siècles. Docteur de l’Église, défenseur de l’orthodoxie, il convoqua le concile de Chalcédoine en 451 [2].

Léon fut ordonné diacre puis archidiacre de Rome. A ce titre, il participa pendant près de 10 ans au gouvernement des affaires de l’Église sous les papes Célestin 1er et Sixte III. Ses conseils furent très écoutés notamment pour déjouer les ruses des hérétiques et pour faire cesser les dissidences entre les princes séculiers.

A la mort de Sixte III en 440, absent de Rome car envoyé en Gaule pour faire cesser une lutte entre 2 seigneurs, il fut élu pape par le clergé et le peuple romain sous le nom de Léon 1er. A cette époque, le vieil empire romain était sur le point de s’écrouler. Les lois n’étaient plus respectées, les hérésies reprenaient vigueur et nombreux étaient les princes de l’Église qui s’octroyaient les pleins pouvoirs. Dès le début de son pontificat, il montra ses qualités d’homme, de pasteur et de chef. Il entreprit de nombreuses réformes urgentes pour restaurer la primauté et la sûreté de Rome et mit en garde le peuple contre la contagion des erreurs manichéennes [3].

En 443, il réunit à Rome une assemblée d’évêques et de prêtres pour exhorter les sectes à se rétracter de leurs erreurs, beaucoup se convertirent et les récalcitrants furent punis. Il lutta avec la même ardeur contre les Pélagiens [4]. Il entreprit de rétablir la discipline et s’opposa aux abus d’autorité des églises d’Afrique et d’Orient. Il affirma la primauté du Saint-siège contre certains prélats usant à tort de leur pouvoir.

En 448,Eutychès, archimandrite [5] de Constantinople, proposa une théorie monophysite ne reconnaissant au Christ qu’une nature purement divine et parvint à réunir un concile pour y exposer sa doctrine. Alerté par Flavien l’évêque de Constantinople, Léon reconnaît le danger et adresse à Flavien en juin 449 une lettre dogmatique, dite Tome de Léon, par laquelle il expose la doctrine romaine des 2 natures du Christ, divine et humaine, réunies en une seule personne. En même temps des sanctions canoniques furent prises contre Eutychès. En 451, il fit reconnaître cette doctrine par le Concile de Chalcédoine.

En 452 Attila, après sa défaite aux Champs Catalauniques [6], réapparaît dans le Nord de l’Italie constituant une menace pour Rome. L’empereur, le Sénat et le peuple lui demandèrent d’intervenir auprès d’Attila. Le pape va au-devant d’Attila, et le convainc de rebrousser chemin sans entrer dans Rome.

En 455, le vandale [7] Genséric s’empara de Rome, pilla la ville en emportant un immense butin. Il obtint de ce dernier que ses vandales ne versent pas le sang et ne démolissent pas les édifices.

Léon mourut le 10 novembre 461 après avoir gouverné l’église pendant 21 ans. En 1751, Benoît XIV a déclaré Léon le Grand, docteur de l’Église.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de histoire de Saint Léon le Grand, pape et docteur de l’Église/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 789

Notes

[1] Volterra est une commune italienne d’environ 11 200 habitants située dans la province de Pise en Toscane Volterra est l’ancienne lucumonie Velathri étrusque. Elle était membre de la Dodécapole. Elle est devenue Volterrae après la guerre sociale.

[2] Le concile de Chalcédoine est le 4ème concile œcuménique et a eu lieu du 8 octobre au 1er novembre 451 dans l’église Sainte-Euphémie de la ville éponyme, aujourd’hui Kadıköy, un quartier chic de la rive asiatique d’Istanbul. Convoqué par l’empereur byzantin Marcien et son épouse l’impératrice Pulchérie, il réunit à partir du 8 octobre 451 343 évêques, un record, dont 4 seulement viennent d’Occident. Dans la continuité des conciles précédents, il s’intéresse à divers problèmes christologiques et condamne en particulier le monophysisme d’Eutychès et Dioscore sur la base de la lettre du pape Léon 1er intitulée Tome à Flavien de Constantinople (nom du patriarche de Constantinople, destinataire de la lettre du pape).

[3] L’acception contemporaine, au sens figuré et littéraire, correspond à une simplification des rapports du monde, ramenés à une simple opposition du bien et du mal.

[4] Le pélagianisme est le courant considéré comme hérétique par l’Église catholique, issu de la doctrine du moine Pélage. Pélage minimisait le rôle de la grâce et exaltait la primauté et l’efficacité de l’effort personnel dans la pratique de la vertu. Il soutenait que l’homme pouvait, par son seul libre arbitre, s’abstenir du péché, niait la nécessité de la grâce, le péché originel, les limbes pour les enfants morts sans baptême. En effet, pour le moine breton les hommes ne doivent pas supporter le péché originel d’Adam dans leurs actions et ne doivent donc pas se rédimer à jamais. Trois conciles s’étaient opposés à cette doctrine : ceux de Carthage, 415 et 417, et celui d’Antioche en 424. Le Concile oecuménique d’Éphèse, en 431, condamna cette hérésie en dépit des correctifs que Pélage inséra dans ses apologies. Le pélagianisme subsista jusqu’au 6ème siècle. Il fut surtout combattu par saint Augustin qui a tout fait pour que Pélage soit excommunié car il le considérait comme un disciple du manichéisme. En 426, l’Église catholique romaine excommunie Pélage.

[5] Un archimandrite est, dans les Églises de rite byzantin, un titre honorifique accordé aux higoumènes (supérieurs de monastère) ou aux recteurs (curés) de paroisses importantes. Cette dignité est aussi donnée à titre honorifique dans d’autres Églises catholiques orientales.

[6] La bataille des champs Catalauniques de 451 a opposé les forces coalisées, romaines et barbares, menées par le patrice romain Aetius d’une part, et l’armée des Huns, elle aussi composite et emmenée par Attila, d’autre part. Elle a longtemps été localisée aux environs de l’actuelle Châlons-en-Champagne, Duro Catalaunum à l’époque gallo-romaine, d’où provient le nom des « champs Catalauniques », mais cette localisation est l’objet de controverses. La bataille des champs Catalauniques marque l’avancée extrême en Occident des Huns, partis des steppes de la Volga vers 370 et établis en Pannonie (actuelle Hongrie) au début du 5ème siècle. La victoire relative d’Aetius, qui a peut-être bénéficié de sa bonne connaissance du peuple des Huns, écarte Attila de la Gaule, et est confirmée l’année suivante par l’échec de son attaque en Italie. Elle permet de maintenir une partie de la Gaule sous la domination directe de Rome, mais elle conforte aussi les peuples fédérés, notamment les Francs de Mérovée qui obtiennent le gouvernement de la Gaule belgique et les Wisigoths établis en Aquitaine.

[7] Les Vandales sont un peuple germanique oriental. Lors des Grandes invasions du 5ème siècle, leur migration les conduisit successivement en Gaule, Galice et Bétique en Espagne, Afrique du Nord puis dans les îles de Méditerranée occidentale Ils fondèrent également le « royaume vandale d’Afrique », ou « royaume de Carthage ». L’origine des Vandales est scandinave. Les Sillings seraient originaires du Nord du Jutland, les Hasdings du golfe d’Oslo qu’ils quittent pour le Jutland également : ils sont mentionnés pour la première fois par Tacite. Entre le 1er et le 3ème siècle, ils sont établis en Germanie orientale, dans une région située entre la Vistule et l’Oder, au bord de la mer Baltique.