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Attique de Constantinople

lundi 10 août 2015

Attique de Constantinople

Patriarche de Constantinople de mars 406 au 10 octobre 425

Né à Sébaste [1], il embrasse très tôt la vie monastique et reçoit son éducation d’un moine macédonien de cette région. Il monte ensuite à Constantinople où il est ordonné prêtre. Il s’oppose à Jean Chrysostome. Le successeur immédiat de Chrysostome, Arsace , meurt un an plus tard en 405, et il prend sa succession après quatre mois d’intrigues.

Avec les deux autres patriarches importants pour l’Orient, Théophile d’Alexandrie et Porphyre d’Antioche, il fait prendre des mesures sévères contre ceux qui ne reconnaissent pas son autorité. Comme un grand nombre d’évêques continuent à reconnaître Chrysostome comme évêque de Constantinople, beaucoup de chrétiens, même simples prêtres et laïcs, sont contraints à l’exil, et ceux qui, par souci de pacification, sont revenus sur leur soutien, doivent quitter leur siège pour des diocèses inhospitaliers dans la région de Thrace [2].

À la mort de Chrysostome le 14 septembre 407, une grande proportion des habitants de la capitale byzantine refusent toujours de reconnaître Attique et tiennent leurs assemblées, plus nombreuses que celles des églises, en plein air dans les faubourgs de la ville, et cela jusqu’à ce qu’ils obtiennent que le nom de Jean Chrysostome soit inscrit dans les diptyques. Il accepte et convainc également Cyrille d’Alexandrie de le faire à Alexandrie.

Durant son épiscopat, il fait en sorte d’étendre la juridiction de son Église sur des régions comme l’Illyrie [3]. Ceci provoque l’ire du pape Boniface 1er et d’Honorius, empereur d’Occident, si bien que le décret de Théodose II, sur ce point, n’est pas suivi d’effet, encore qu’il ait obtenu l’élection d’au moins un évêque de la région, Silvanos, à Philippopolis. Il fait de même pour la ville de Nicée de Bithynie [4], en 425, un an avant sa mort.

Attique a également poursuivi les courants hétérodoxes, comme les messaliens [5], en demandant à Amphiloque d’Iconium et aux évêques de Pamphylie [6] de les chasser ; également les pélagiens [7], à tel point que le pape Célestin 1er, malgré sa responsabilité dans le synode du Chêne, le qualifie de « successeur véritable de saint Chrysostome ». Ses écrits ont été cités comme ceux d’un docteur orthodoxe par les conciles d’Éphèse et de Chalcédoine.

Attique est toutefois davantage un homme d’action qu’un auteur littéraire. Du peu qu’il écrivit, il ne subsiste que quelques titres, comme un “Traité sur la virginité”, adressé aux filles de Théodose 1er, que l’on cita plus tard contre l’un de ses successeurs, Nestorius.

Socrate le Scolastique, qui est un témoin partial, lui attribue une nature avenante qui lui obtenait beaucoup d’affection. Ses amis appréciaient sa compagnie tandis que, envers ses adversaires, après les avoir repris avec grande sévérité, il se montrait conciliant s’ils se soumettaient.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Attique de Constantinople/ Portail des chrétiens d’Orient/ Patriarche de Constantinople

Notes

[1] Arménie Mineure

[2] La Thrace est une région de la péninsule balkanique partagée entre : la Bulgarie (Thrace du nord),la Grèce (Thrace occidentale ou Thrace égéenne) et la Turquie (Thrace orientale). Elle doit son nom aux Thraces, peuple indo-européen qui occupait la région dans l’Antiquité. Selon la mythologie grecque, le dieu Dionysos et le héros Orphée en sont originaires.

[3] L’Illyrie est un royaume fondé à Shkodra, Albanie actuelle, en 385 av.jc, par le roi Bardylis. Annexée par Rome durant l’Antiquité, elle désignera plus tard une région historique des côtes de la rive orientale de l’Adriatique, correspondant à peu près actuellement à l’ouest de la Croatie, de la Slovénie, de la Bosnie-Herzégovine, du Montenegro de l’Albanie et du Kosovo.

[4] Nicée aujourd’hui Iznik en Turquie est une cité fondée vers 300 av. jc, tour à tour grecque, byzantine et ottomane du nord-ouest de l’Anatolie. Elle est surtout connue comme ayant été le siège des premier et deuxième concile de Nicée (les premier et septième conciles des débuts de l’Église chrétienne), le lieu où fut rédigé le symbole de Nicée (datant du premier concile), et la capitale de l’Empire de Nicée après la conquête de Constantinople par les croisés en 1204 jusqu’à ce qu’elle soit reprise par les Byzantins en 1261.

[5] Les euchites ou messaliens sont une secte gnostique apparue vers 360 en Mésopotamie (région d’Édesse), et qui s’est répandue ensuite en Syrie et en Asie Mineure.

[6] La Pamphylie est le nom donné dans l’Antiquité à une région historique du sud de l’Asie Mineure située entre la Lycie au sud, la Cilicie à l’est, la Pisidie au nord et la Phrygie à l’ouest.

[7] Le pélagianisme est une doctrine développée à partir de la deuxième moitié du 4ème siècle par l’ascète breton Pélage, Célestius, Julien d’Eclane et leurs disciples, caractérisée par l’insistance sur le libre arbitre de l’homme. Le pélagianisme, professant que la liberté règle les rapports entre l’homme et Dieu, s’attire l’opposition de l’épiscopat africain marqué par l’idée de la grâce d’Augustin d’Hippone, qui obtient la condamnation de ce courant par l’empereur Honorius, puis par le 16ème concile de Carthage en 418, avec l’approbation du pape Zosime. Deuxième hérésie chrétienne combattue par Augustin après le donatisme, cette doctrine religieuse naturaliste et rationaliste peut être rapprochée de la doctrine de la grâce chez Abélard.