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Robert Knolles ou Robin Kanolle

vendredi 21 octobre 2022, par lucien jallamion

Robert Knolles ou Robin Kanolle (1325-1407)

Chef militaire anglais

Il fut l’un des grands capitaines de la guerre de Succession de Bretagne [1] et du début de la guerre de Cent Ans [2].

Né dans le Cheshire [3], Robert Knolles fait ses premières armes sur le continent à l’occasion de la guerre de Succession de Bretagne, prenant parti pour le duc Jean IV contre le prétendant Charles de Blois que favorise le roi de France. En 1351, il participe au Combat des Trente [4] au cours duquel il est vaincu et capturé.

Libéré contre rançon, il réussit en 1355 à s’emparer du château de l’île d’Yeu [5]. Au printemps 1356, il seconde Henri de Lancastre, lors de sa chevauchée à travers la Normandie [6] pour rejoindre le Prince Noir en Poitou [7]. L’ost [8] du roi de France Jean II les fait cependant reculer. Knolles parvient tout de même, avec sa troupe, à prendre Domfront [9].

Après la bataille de Poitiers en 1356 [10], il met ses hommes, environ 1000 Anglo-Gascons, au service de Charles II de Navarre lors de sa tentative de prise du pouvoir en 1358.

Il s’empare de Châteauneuf [11] et ravage la vallée de la Loire. Puis, suivant le chemin du sel entre Loire et Yonne [12], il prend à la fin de 1358 le château de Malicorne-en-Gâtinais [13]. Il ne l’a pas sitôt pris qu’il doit repousser Arnaud de Cervole et ses 2 000 hommes, que Charles V avait recrutés.

Cervole vient de visiter le pape en Avignon et, passant par la sente des Bourguignons, doit rejoindre le roi à Meaux [14] avec ses troupes. Dans les environs de Saint-Sauveur-en-Puisaye [15], il apprend la présence de Knolles à Malicorne et décide de l’attaquer. Mais, malgré les renforts des habitants des villages voisins, plusieurs assauts n’ont pas raison de la pugnacité de Knowles et Cervole doit repartir sur une défaite.

Il fait de Malicorne son quartier général et s’en sert comme base pour piller les environs, prenant plusieurs châteaux. Il pousse une pointe jusqu’à Auxerre [16] en janvier 1359, mais est repoussé. Revenant à Malicorne, il se concerte avec le capitaine navarrais de Ligny-le-Châtel [17] et d’autres capitaines retranchés dans les environs de Troyes [18]. Entre-temps la population auxerroise, toute à son succès, fait l’erreur de renvoyer les troupes des gentilshommes qui l’ont défendue, ce qui permet à Knolles et à ses alliés de prendre Auxerre le 10 mars 1359. Pour cet exploit, il est fait chevalier. Malicorne ne suffisant pas à contenir tout son riche butin, il doit en déposer une partie à Châteauneuf-Val-de-Bargis [19].

Robert Knolles prend Cusset [20] puis assiège Saint-Pourçain. Mais il doit fuir devant l’armée des nobles bourbonnais, auvergnats et foréziens. Cette période lui gagne sa réputation de personnage cruel et sans scrupule.

Plus tard dans l’année, le connétable [21] Robert de Fiennes vient à Auxerre négocier avec les Anglo-gascons. À la demande des Auxerrois, il obtient des Anglais, contre de larges quantités de vin, le libre passage par le pertuis de Régennes des bateaux chargés de vin et autres marchandises. Selon cet accord, les Anglais détruiront la Motte Chanlay à Tannerre, Ligny-le-Château, Malicorne et Régennes à leur départ de ces places fortes en contrepartie ils s’engagent à ne prendre aucune ville, château ni place forte pendant un an et à ne pas faire la guerre aux lieux rançonnés.

Le 24 octobre 1360, le traité de Brétigny [22] est ratifié, ce qui oblige Robert Knolles à quitter les lieux. Ce qu’il fait de fort mauvais gré car les Auxerrois lui doivent toujours la rançon de 40 000 florins qu’ils lui ont promise en échange de la sauvegarde de leur cité. Ni le roi Jean ni Édouard III d’Angleterre ne daignent le soutenir dans ses efforts pour mettre la main sur ce pactole. Fâché, il quitte Malicorne après avoir détruit village et château, ainsi que tout ce qui était à portée de sa main aux alentours.

Knolles retourne en Bretagne et assiste à nouveau Jean IV dans sa lutte pour la possession du duché. Il s’empare de Ménétréol-sous-Sancerre [23] en 1361 mais échoue devant Sancerre [24]. En septembre 1364, il participe à la bataille d’Auray [25] au cours de laquelle Charles de Blois est tué et Bertrand Du Guesclin capturé.

En 1367, il accompagne en Castille [26] le Prince Noir et John Chandos, partis au secours de Don Pèdre le Cruel dit Pierre Ier de Castille. Ils y remportent la bataille de Najera [27] contre Henri de Trastamare, soutenu par Bertrand Du Guesclin, qui est de nouveau capturé. En 1369, il assiste le Prince Noir, malade, en Aquitaine [28]. En 1370, la guerre contre la France reprend.

Édouard III le met à la tête d’une armée. En juillet, il débarque à Calais [29] avec 3 000 hommes dans le but de mener une nouvelle chevauchée afin de forcer le roi Charles V à accepter les termes du traité de Brétigny-Calais. Comme dans toute chevauchée, Robert Knolles pratique alors un pillage méthodique. Il attaque sans succès Arras [30], Reims [31], Troyes puis revient vers Paris qu’il assiège et dont quelques faubourgs éloignés sont incendiés. Charles V, fortement marqué par la défaite de Poitiers [32] où son père avait été fait prisonnier, applique une stratégie de refus de la bataille en s’enfermant derrière les murailles de Paris.

Robert Knolles, malgré sa grande expérience, voit alors son autorité contestée par ses lieutenants, qui, issus de haute noblesse, acceptent mal d’être commandés par un capitaine de basse extraction. Son armée se décompose alors en plusieurs bandes, ce qui permet à Du Guesclin de lui infliger des défaites à Pontvallain [33] et en Champagne [34].

Knolles retourne alors en Bretagne où il fait face à la mutinerie de certains de ses hommes, fatigués de se battre pour un maigre butin. Il abandonne alors la partie et se réfugie dans son château de Derval [35] que lui avait offert Jean IV et qu’il avait lui-même pris de force à la Maison de Rougé [36].

En 1373, Knolles sort de sa retraite pour aider Jean IV, de nouveau en lutte contre Charles V. Le temps des victoires est cependant passé. Du Guesclin parvient à conquérir une grande partie du duché et Knolles doit rentrer en Angleterre.

En 1377, il est l’un des commandants de la flotte envoyée contre les Espagnols. En 1380, sous les ordres de Thomas de Woodstock, comte d’Essex [37] et de Buckingham [38], il reprend cependant pied en Bretagne et aide Jean IV à reconquérir son duché. En 1381, à la demande du nouveau roi Richard II, il sort à nouveau de sa retraite pour mater la révolte des paysans menée par Wat Tyler et John Ball (prêtre) .

Robert Knolles, qui avait sans doute beaucoup à se faire pardonner, a dédié une partie de son immense fortune à des œuvres de charité : construction d’un collège et d’une aumônerie à Pontefract [39], fondation d’un hôpital anglais à Rome, restauration des églises de Sculthorpe et de Harpley.

Il meurt à Sculthorpe dans le Norfolk [40] le 15 août 1407.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Nicolas Savy, « The Chevauchée of John Chandos and Robert Knolles : Early March to Early June, 1369 », Journal of Medieval Military History, Boydell Press, vol. 7 « The Age of the Hundred Years War »,‎ 2009

Notes

[1] La guerre de Succession de Bretagne, ou guerre des deux Jeanne, qui dura de 1341 à 1364, est l’une des guerres secondaires qui ont eu lieu au cours de la guerre de Cent Ans. Elle se déclenche en 1341 à la mort du duc Jean III de Bretagne. Jeanne de Penthièvre et Jean de Montfort deux prétendants au duché se disputent l’héritage et impliquent leurs conjoints respectifs Charles de Blois et Jeanne de Flandre dans le différend.

[2] La guerre de Cent Ans est un conflit entrecoupé de trêves plus ou moins longues, opposant, de 1337 à 1453, la dynastie des Plantagenêt à celle des Valois et, à travers elles, le royaume d’Angleterre et celui de France. Le terme même de « guerre de Cent Ans » est une construction historiographique établie au 19ème siècle, pour regrouper cette succession de conflits.

[3] Le Cheshire, anciennement appelé « comté de Chester », est un comté en grande partie rural dans le nord-ouest de l’Angleterre. Son chef-lieu administratif est la ville de Chester, bien que Warrington soit la ville la plus peuplée du comté. Cheshire avoisine le Merseyside et Grand Manchester dans le nord, Derbyshire dans l’est et Shropshire et Staffordshire dans le sud. À l’ouest du comté se trouvent deux districts gallois, Flintshire et Wrexham.

[4] Le combat des Trente est un épisode de la guerre de Succession de Bretagne qui se déroula le 26/27 mars 1351 sur le territoire actuel de la commune de Guillac (Morbihan), entre Josselin et Ploërmel, près du « chêne de la lande de Mi-Voie ». À la suite d’un défi lancé par Jean IV de Beaumanoir, un combat est organisé entre trente partisans de Charles de Blois et trente partisans de Jean de Montfort.

[5] Le Vieux Château est un château fort édifié au 14ème siècle sur l’île d’Yeu (commune de L’Île-d’Yeu), couvrant trois siècles de l’histoire insulaire.

[6] Le duché de Normandie est un état féodal qui a existé de 911 à 1469, d’abord comme principauté largement autonome, puis, après sa conquête par le roi de France en 1204, comme partie du domaine royal ou comme apanage. Louis XI supprime le duché en 1469. Toutefois, il subsiste pour sa partie insulaire (les îles Anglo-Normandes) comme dépendance de la couronne britannique. Le duché de Normandie fait partie, comme l’Aquitaine, la Flandre ou la Catalogne, de ces principautés qui émergent au milieu du Moyen Âge avec l’affaiblissement du pouvoir royal carolingien. En 911, débordé par les raids des Vikings, le roi des Francs Charles le Simple confie à l’un de leurs chefs, Rollon, les pays autour de la Basse-Seine. Cette concession est l’embryon du duché de Normandie.

[7] Le Poitou était une province française, comprenant les actuels départements de la Vendée (Bas-Poitou), Deux-Sèvres et de la Vienne (Haut-Poitou) ainsi que le nord de la Charente et une partie de l’ouest de la Haute-Vienne, dont la capitale était Poitiers. Il a donné son nom au Marais poitevin, marais situé dans l’ancien golfe des Pictons, sur la côte occidentale de la France, deuxième plus grande zone humide de France en superficie après la Camargue ; le marais s’étend de l’Atlantique aux portes de Niort et du sud de la Vendée au nord de La Rochelle.

[8] Le terme ost ou host désignait l’armée en campagne à l’époque féodale et le service militaire que les vassaux devaient à leur suzerain au Moyen Âge. Dès le haut Moyen Âge, le service d’ost ou ost s’imposait à tous les hommes libres (« homines liberi »), appelés plus tard vavasseurs.

[9] Le château de Domfront est un ancien château fort, du 11ème siècle, aujourd’hui ruiné, dont les vestiges se dressent sur la commune déléguée de Domfront au sein de la commune nouvelle de Domfront en Poiraie dans le département de l’Orne. Le château au cours de son histoire dû subir 13 sièges.

[10] Lors de la guerre de Cent Ans, après leur éclatante victoire à la bataille de Crécy en 1346, les Anglais se sont solidement établis en Guyenne et mènent régulièrement des raids dans le sud de la France. En 1355 déjà, le roi de France Jean II manquant de fonds n’avait pu les combattre. Il réunit en 1356 les états généraux qui lui accordent ce dont il a besoin pour lever une armée. La bataille a lieu à Nouaillé-Maupertuis près de Poitiers. Quoique numériquement très supérieures, Jean II conduit ses troupes par une tactique irréfléchie et se fait prendre.

[11] Châteauneuf-sur-Loire est une commune française située dans le département du Loiret. Châteauneuf s’est développée depuis au moins le haut Moyen Âge, comme lieu d’échanges et halte sur la route fluviale de la Loire. La bourgade est incluse dans le domaine royal dès les premières décennies des Capétiens, et le roi Henri 1er y fonde une forteresse au milieu du 11ème siècle.

[12] Le chemin du sel entre la Loire et l’Yonne reliait la Loire près de Châteauneuf, à Auxerre, l’Yonne et la région de Basse-Bourgogne. Il permettait d’éviter le long trajet en bateau devant contourner la Bretagne pour aller de la Loire à la Seine puis remonter la Seine jusqu’à Auxerre.

[13] Malicorne est une ancienne commune française située dans le département de l’Yonne au nord de la Bourgogne. Elle est devenue le 1er janvier 2016 une commune déléguée de la commune nouvelle de Charny Orée de Puisaye.

[14] Meaux fut dès le 10ème siècle la possession des comtes de Champagne qui s’appelaient aussi comtes de Meaux ; elle revint à la couronne sous Louis X. En 1235, le capitulaire de Thibaut IV de Champagne (conservé à la médiathèque de Meaux) mentionne l’existence du canal Cornillon, qui sert à la fois de défense du marché de Meaux qui se tient sur la presqu’île formée par la boucle de la Marne, et aussi de passage pour les bateaux, leur évitant de passer sous le pont encombré par des moulins.

[15] Saint-Sauveur-en-Puisaye est une commune française située dans le département de l’Yonne. Elle est localisée au cœur de la région naturelle de la Puisaye et constitue une place réputée pour la poterie.

[16] Auxerre est une commune française située dans le département de l’Yonne, dont elle est le chef-lieu. Auxerre est une capitale culturelle et touristique, au cœur de la Bourgogne, dans la vallée de l’Yonne. L’Auxerrois et le Sénonais sont réunis à la Bourgogne de Boson et de Richard le Justicier. Lorsque le duc Henri 1er de Bourgogne meurt le 15 octobre 1002 sans héritier de sang, il nomme son fils adoptif Otto-Guillaume pour lui succéder. Le roi Robert II, qui veut reprendre le duché, s’allie à Richard de Normandie mais échoue devant Auxerre le 10 novembre 1003 et devant Saint-Germain (fin novembre 1003) ; de dépit, il met la Bourgogne à sac jusqu’à la Saône. En 1015, le concile d’Héry met fin à cette guerre de succession de la Bourgogne : le duché est attribué à Robert II et Otto-Guillaume reçoit le comté de Dijon, avec le comté d’Auxerre divisé en trois baronnies soumises à la double souveraineté du comte évêque Hugues de Chalon et du comte Otte-Guillaume. 1039 voit renaître les guerres de Bourgogne. L’évêque devient indépendant du comte Renaud sur arbitrage de saint Bernard, et suzerain d’une partie de la ville. Les différends qu’il soutient, notamment en 1166 contre le comte de Chalon, incitent le comte Guillaume IV à protéger les faubourgs de la ville. Dans la 5e année de son gouvernement, soit vers 1166, une deuxième enceinte fortifiée est hâtivement construite (sur 4 km), appuyée à la rive gauche de l’Yonne, comme la première, mais englobant largement abbayes et monastères. En 1183, l’évêque de la ville Hugues de Noyers prend la tête de la répression armée du mouvement égalitaire des Capuchonnés. À la fin du 12ème siècle et au début du 13ème siècle Auxerre reçoit plusieurs fois des chartes d’affranchissement : en 1188, en 1194, en 1215 et 1223.

[17] Ligny-le-Châtel est une commune française située dans le département de l’Yonne

[18] La vicomté de Troyes était le titre et le fief alors situé à Troyes dans la Champagne, où elle avait son siège. Au 13ème siècle le fief était partagé entre la famille comtale, Jeanne de Plancy, Jean II de Dampierre. Le siège de la vicomté était à Troyes entre la porte de Croncel et l’église Saint-Nicolas de Troyes. Les revenus provenaient des halles de Châlons, le minage des grains, le forage des vins, des droits de tonlieu sur la porte de Croncels et de Saint-Jacques à Troyes. La plupart des terres étaient à Villechétif

[19] Châteauneuf-Val-de-Bargis est une commune française située dans le département de la Nièvre

[20] Cusset est une commune française, intimement liée à sa voisine Vichy et située sur les contreforts de la Montagne bourbonnaise, dans le département de l’Allier,

[21] Le connétable sous l’Ancien Régime apparaît dès la dynastie mérovingienne. Son rôle se cantonnait à la gestion des écuries royales. Mais suite à l’effritement du pouvoir royal, ce dernier prend de l’ampleur envers tous les corps d’armée. Sous les Capétiens, le connétable de France est le « chef souverain des armées de France ».

[22] Le traité de Brétigny est conclu le 8 mai 1360, au château de Brétigny, (un hameau dépendant de la commune de Sours près de Chartres), entre les plénipotentiaires du roi Édouard III d’Angleterre et ceux de Charles, fils du roi Jean II de France Le 24 octobre 1360, les rois Jean II et Édouard III, accompagnés de leurs fils aînés, ratifient cet accord à Calais ce qui permet une trêve de neuf ans dans la guerre de Cent Ans.

[23] Ménétréol-sous-Sancerre est une commune française située dans le canton de Sancerre dans le département du Cher

[24] Sancerre est une commune française située dans le département du Cher. Sancerre se situe à la limite orientale du département du Cher et de la région Centre-Val de Loire, limitrophe du département de la Nièvre et de la région Bourgogne dont elle est séparée par la Loire. Le canal latéral à la Loire traverse le territoire communal.

[25] La bataille d’Auray du 29 septembre 1364 est la dernière bataille de la guerre de Succession de Bretagne, guerre régionale qui s’inscrit dans la rivalité franco-anglaise de la guerre de Cent Ans. Elle oppose une armée anglo-bretonne aux ordres de Jean III de Montfort à une force franco bretonne soutenant le parti de Charles de Blois

[26] Le royaume de Castille est un ancien royaume du Moyen Âge qui trouve ses origines au nord de la péninsule Ibérique, dans l’actuelle Espagne. À la fin du Moyen Âge, le royaume de Castille s’étend depuis le golfe de Gascogne au nord jusqu’à l’Andalousie au sud et comprend la majeure partie du centre de la péninsule Ibérique. En 1037, date à laquelle Ferdinand 1er fonde le Royaume uni de Castille et León. En 1058, Ferdinand est à l’origine d’une série de guerres contre les Maures, se lançant à la conquête de ce qui allait devenir la Nouvelle-Castille (bataille d’Alarcos et bataille de Las Navas de Tolosa). La région s’agrandit particulièrement sous le règne d’Alphonse VI (1065-1109) et d’Alphonse VII (1126-1157). Sous Alphonse X, la vie culturelle du royaume se développe, mais une longue période de conflits internes suit. En 1469, le mariage de Ferdinand II d’Aragon (plus tard Ferdinand V de Castille) et d’Isabelle 1ère de Castille initie l’union des royaumes d’Aragon et de Castille et, par la suite, de l’ensemble de l’Espagne.

[27] La bataille de Nájera (parfois appelée bataille de Navarrete) eut lieu le 3 avril 1367, pendant la première guerre civile de Castille. En application du traité de Libourne signé avec Pierre le Cruel et Charles le Mauvais, le Prince Noir pénètre par la Navarre en Castille avec son armée et la certitude de remporter la victoire sur les troupes franco-castillanes. Bertrand Du Guesclin possède l’expérience nécessaire pour vaincre le Prince Noir : il l’avait combattu à plusieurs reprises, il connaît parfaitement la valeur des tactiques employées par le prince de Galles. Mais Henri de Trastamare refuse d’écouter ses conseils avisés, qui consistent à harceler l’adversaire et à tendre des pièges à cet ennemi talentueux en matière de stratégie et de tactique militaire. Pour Henri II de Castille, la victoire serait acquise par une unique bataille. Le 3 avril 1367, Henri II de Castille dispose son armée et livre bataille aux Anglais. C’est une déconfiture totale.

[28] L’Aquitaine est le nom donné depuis au moins le 1er siècle av. jc à une région ancrée sur la façade Atlantique et le versant nord des Pyrénées. En 507, Clovis, appelé par les évêques de Novempopulanie, l’intègre au royaume des Francs, en battant Alaric II, roi des Wisigoths, à la bataille de Vouillé. 671 voit l’indépendance de l’Aquitaine, dirigée par le duc Loup 1er de Vasconie. Entre 719 et 732, les ducs Eudes et son fils Hunald 1er détiennent l’Albigeois où ils ont des biens. Eudes combat les Sarrasins en Albigeois. En 721, le duc Eudes bat le Califat omeyyade à la Bataille de Toulouse. 732 voit la défaite du duc d’Aquitaine et l’invasion de la Vasconie par l’émir Abd el Rahman, arrêté à la bataille de Poitiers par Charles Martel, qui commence la réunion de l’Aquitaine sous contrôle des Vascons au royaume franc. 742 et 743 voient les campagnes des fils de Charles Martel, Carloman et Pépin le Bref, contre l’Aquitaine et la Vasconie (et la Bavière). Entre 760 et 768, Pépin le Bref entreprend chaque printemps des expéditions sanglantes contre le duc Waïfre, fils d’Hunald 1er. Le 2 juin 768, ce dernier est finalement tué par un des siens, Waratton, sur ordre de Pépin. En 778, l’armée de Roland, piégée par le wali de Saragosse, a été défaite par les Vascons dans les montagnes basques de Roncevaux en revenant de Pampelune. Puis Charlemagne crée en 781 pour son fils Louis le Débonnaire alors âgé de 3 ans, le royaume d’Aquitaine englobant les territoires du Rhône à l’Atlantique.

[29] Calais est une commune française, sous-préfecture du département du Pas-de-Calais. Sa proximité avec l’Angleterre fait de Calais une place militaire stratégique. L’histoire de la ville est marquée par plusieurs sièges

[30] Arras est une commune française, capitale historique et administrative du département du Pas-de-Calais. Historiquement, Arras était sous l’Ancien Régime la capitale de la province d’Artois, un grand centre religieux et une cité prospère connue pour ses fabrications drapières. Au 9ème siècle, Arras devient la résidence privilégiée des comtes de Flandre qui y établissent une châtellenie héréditaire. En 1025, l’évêque d’Arras, Gérard de Cambrai, réunit en l’église Sainte‑Marie un synode pour lutter contre une hérésie, qui sera réprimée.

[31] Reims est une commune française qui se situe dans le département de la Marne. Elle est de loin la ville la plus peuplée du département de la Marne, mais elle n’en est pas le chef-lieu. On avance souvent que Châlons-en-Champagne aurait pris cette place sous la Révolution française par la volonté des parlementaires révolutionnaires d’effacer l’importance historique de Reims, ville des sacres, car Châlons était le siège des intendants de Champagne sous l’Ancien Régime ainsi que par sa position centrale dans le département. Reims est ainsi la sous-préfecture la plus peuplée de France et la commune la plus peuplée du pays à ne pas être préfecture de département.

[32] La bataille de Poitiers a été livrée au cours de la guerre de Cent Ans le 19 septembre 1356 à Nouaillé-Maupertuis, près de Poitiers en Aquitaine. Le roi de France Jean II le Bon cherche à intercepter l’armée anglaise conduite par Édouard de Woodstock, prince de Galles, qui est en train de mener une chevauchée dévastatrice. Par une tactique irréfléchie, Jean II conduit ses troupes, quoique numériquement très supérieures, au désastre et se fait prendre, ainsi que son fils Philippe et de nombreux membres éminents de la chevalerie française. Les conséquences de la défaite française sont catastrophiques pour la couronne des Valois. Le pays est nominalement dirigé par l’héritier du trône, le dauphin Charles. Celui-ci doit affronter la Grande Jacquerie en 1358, qui conteste les privilèges de la noblesse, celle-ci ayant perdu de son prestige à Poitiers. La première phase de la guerre de Cent Ans s’achève par une indéniable victoire anglaise, qui est confirmée par la signature du traité de Brétigny en 1360.

[33] La bataille de Pontvallain est une victoire de l’armée française contre les Anglais, le 4 décembre 1370, pendant la guerre de Cent Ans, à Pontvallain, dans le comté du Maine.

[34] La Champagne est une ancienne province française à l’origine un comté palatin qui recouvrait l’actuelle région administrative Champagne-Ardenne, le sud du département de l’Aisne et la majeure partie du département de Seine-et-Marne jusqu’à la Brie mouvante, située entre le cours supérieur de l’Yerres et la via Agrippa, et la Brie française. Au nord, la frontière changeante avec la Principauté de Liège incluait Sugny, excluant Givet. Son terroir a donné son nom au vignoble de Champagne.

[35] Le château de Derval, aujourd’hui qualifié de tour Saint-Clair est un ancien château fort, aujourd’hui en ruine, dont les vestiges se dressent sur la commune française de Derval dans le nord du département de la Loire-Atlantique.

[36] La famille de Rougé olim des Rues est une famille subsistante de la noblesse française dont la filiation certaine remonte à 1375 et qui selon de nombreux auteurs est issue de la famille de Rougé citée dès le 11ème siècle. Elle donna plusieurs officiers généraux, ainsi que des hommes politiques (pairs de France, députés, sénateurs).

[37] Le titre de comte d’Essex a été attribué à plusieurs familles ou personnalités. La plus connue et certainement la plus liée à ce titre a été Robert Devereux (1566- 1601), 2ème comte d’Essex. Le comté d’Essex est situé au nord-est de Londres.

[38] Le titre de comte de Buckingham a été créé plusieurs fois dans la pairie d’Angleterre. La ville de Buckingham se situe dans le Buckinghamshire, au nord-ouest de Londres.

[39] Le château de Pontefract se dressait autrefois dans le Yorkshire de l’Ouest, en Angleterre. Il fut le théâtre de l’assassinat de Richard II d’Angleterre, avant de faire l’objet de sièges spectaculaires au cours de la Première Révolution anglaise.

[40] Le Norfolk est un comté situé en Angleterre, constituant la partie septentrionale de la région d’Est-Anglie. Sa ville principale et son centre administratif est Norwich. Il compte également plusieurs bourgs comme King’s Lynn, Thetford, Wymondham, Dereham ou encore Fakenham.